IVG : où, comment, dans quel délai... ce que dit la loi

IVG : où, comment, dans quel délai... ce que dit la loi Chaque année, plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG), médicamenteuses ou par aspiration, sont réalisées en France, et quelque 20 000 en Belgique. Voici ce qu'il faut savoir sur les délais, la loi et les méthodes.

Même si l'IVG a encore des détracteurs, les risques de complications restent rares. Les séquelles psychologiques de l'intervention étant plus difficiles à mesurer, elles continuent à faire débat. Celles-ci peuvent varier d'une femme à une autre, en fonction de son parcours et des motifs à l'origine de sa décision d'avorter. Que ce soit en France ou en Belgique, une IVG est précédée d'au moins un rendez-vous permettant à la femme enceinte de prendre sa décision. Certains sites Internet et certaines associations peuvent avoir une position biaisée. Il appartient donc à chaque femme de s'écouter et de se demander si elle s'estime prête ou non à accueillir un enfant et à l'élever dans des conditions décentes.

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IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée dans un centre de santé ou à domicile, par l'intermédiaire d'un médecin ou d'une infirmière. La méthode consiste à prendre deux médicaments à 24 ou 48 h d'intervalle. Aucune anesthésie, ni intervention chirurgicale n'est nécessaire. Des saignements, des troubles gastro-intestinaux, des douleurs abdominales, de la fièvre et des frissons peuvent apparaître. La plupart des femmes témoignent de douleurs équivalentes à des douleurs menstruelles.

IVG par aspiration

L'IVG par aspiration, ou chirurgicale, consiste à aspirer l'embryon avec une canule introduite dans l'utérus. Des contractions utérines peuvent survenir après l'opération. L'intervention est pratiquée par un médecin dans un établissement de santé et dure une quinzaine de minutes, qui sont suivies d'une courte période de repos. La patiente bénéficie d'une anesthésie locale ou générale. L'IVG par aspiration comporte des risques, comme n'importe quelle autre opération chirurgicale.

Les délais pour l'IVG selon les pays

En France et en Belgique, les délais sont identiques : l'IVG médicamenteuse peut être réalisée jusqu'à la cinquième semaine de grossesse, soit au maximum sept semaines après le début des dernières règles, tandis que l'IVG par aspiration peut être réalisée jusqu'à la douzième semaine de grossesse, soit au maximum 14 semaines après le début des dernières règles. L'avortement est toléré au-delà de 12 semaines si la grossesse menace la vie de la femme ou si l'enfant à venir est atteint d'une maladie grave et incurable. Plus de la moitié des pays d'Europe ont fixé ces mêmes limites, rappelle le site Touteleurope.eu. Sur le Vieux continent, l'amplitude des délais maximum pour avorter vont de 10 semaines au Portugal à 24 semaines (au Royaume-Uni et au Pays-bas).

L'IVG et la loi

En France, le projet de loi sur l'IVG porté par Simone Veil a été adopté le 29 novembre 1974 par 284 voix contre 189. En 2014, la notion de détresse de la femme, comme condition du recours à l'IVG, a été supprimée. En Belgique, une loi permettant l'IVG sous certaines conditions a été votée en 1990, au terme d'une grave crise constitutionnelle. Le roi de l'époque avait en effet refusé de signer la loi pour des raisons de conscience. Il n'a pas régné pendant 36 heures, le temps que le gouvernement adopte le projet.

IVG en France

Toutes les femmes peuvent avoir recours à l'IVG en France. Toutefois, les mineures non émancipées doivent obtenir l'autorisation d'une personne majeure de leur choix. L'IVG est remboursée à 100 % par l'assurance maladie sur la base d'un tarif de 500,14 euros à 664,05 euros pour l'IVG chirurgicale et de 187,92 euros à 193,16 euros pour l'IVG médicamenteuse. L'avortement est plutôt bien accepté dans la société française : près de 75 % des Français sont favorables à cette pratique, contre 48 % en 1975, selon un sondage IFOP réalisé en 2014.

IVG en Belgique

En Belgique, toutes les femmes sans condition d'âge peuvent avorter et l'intervention est prise en charge par l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI). Les femmes qui ne sont pas assurées peuvent trouver de l'aide dans les centres de planning familial. L'avortement reste néanmoins inscrit dans le Code pénal comme un "délit contre l'ordre des familles et la moralité publique", bien que la loi l'autorise si les délais sont respectés et que la femme enceinte est dans un état de détresse.

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