Bergues

Bergues Derrière ses fortifications complexes mêlant remparts et canaux, Bergues semble avoir résisté aux assauts du temps. Ses petites maisons traditionnelles se partagent les ruelles étroites tandis que le carillon du beffroi sonne toujours les heures sur la vaste place de la République. Pourtant, vaillante place forte jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, elle fut détruite à 80%.

La petite cité flamande doit désormais son charme aux artisans de sa reconstruction qui ont mis leur audace au service de l'authenticité.

Une place forte convoitée

L'histoire de Bergues débute au IXe siècle sur une petite colline de vingt-deux mètres, le Groenberg (« Mont vert »), duquel elle tire son nom. Dominant les marécages alentours, elle est fortifiée dès la fin du siècle par Baudouin le Chauve, comte de Flandres. A partir de 900, elle accueille les reliques d'un évangélisateur de la région et en adopte le nom, devenant Bergues Saint-Winoc.

Au cœur de terres convoitées par les Français, Anglais et Néerlandais, Bergues a subi de nombreux sièges tout au long de son histoire. Elle fut détruite à sept reprises par des incendies entre la fin du XIVe et le début du XVIe siècle. Au XVIIe siècle, Vauban renforce les murailles.

Un dernier siège, en 1944

La Révolution Française s'attache à effacer les traces de la religion en dépouillant Bergues de la mention « Saint-Winoc » et en détruisant l'abbaye du même nom. L'élection de Lamartine comme député au milieu du XIXe siècle fait à nouveau entrer Bergues sur la scène nationale.

Malheureusement, cette destinée pacifique ne sied pas à la ville et le XXe siècle se charge de lui rappeler qu'elle reste avant tout une place forte. A une trentaine de kilomètres du front, elle subit quelques destructions pendant la guerre 1914-18. Mais surtout, en 1940, elle résiste durant huit jours au siège allemand grâce à son système de fortification issu de Vauban, facilitant ainsi l'évacuation de troupes vers l'Angleterre. Quatre ans plus tard, les Allemands, installés dans la ville, bénéficieront également de l'efficacité de l'enceinte. Mais ils se vengent de la perte de la cité en dynamitant le beffroi.

Détruite à 80% à la fin du conflit, Bergues s'engage dans une reconstruction audacieuse qui mise sur l'identité flamande de la cité. Ainsi, le beffroi reconstruit en 1961 suit les grandes lignes de son prédécesseur du XIVe siècle tandis que les remparts sont intégralement conservés. Désormais, elle profite d'une retraite méritée où seuls les touristes prennent d'assaut ses remparts.

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VOYAGE À BERGUES

Carte d'identité

Population (2010) : 3 886 habitants

Superficie : 1,32 km²

Gentilé : Berguois, Berguoises ou Berguennards, Berguennardes

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QUE VOIR À BERGUES

Musées

Etabli au sein d'un des plus beaux édifices de la ville, le Mont-de-piété, le musée municipal de Bergues offre une sympathique collection de peintures flamandes et françaises. Outre le superbe Joueur de Vielle de Georges de la Tour, le musée propose quelques œuvres de Jan Van den Hoeck, ou encore Van Dick et Cossiers, et une importante collection de dessins.

Itinéraires

Après avoir longé les canaux des plaines alentours, on entre dans Bergues par l'une des quatre portes percées dans les fortifications. Une fois à l'abri de ses murs, on se dirige naturellement vers les tours qui indiquent le poumon de la ville : le beffroi et la flèche de l'église. A partir de ce point, un agréable parcours d'environ deux heures nous attend : on découvre progressivement le petit centre harmonieux et les puissant remparts qui lui assurent sa sérénité.

Au coeur du castrum

Pour débuter la visite, l'idéal est de se perdre dans les quelques petites rues du centre, entre le beffroi et le canal intérieur. Reprenant la forme circulaire du castrum (camp fortifié) à l'origine de la ville au Xème siècle, le quartier concentre les principaux monuments civils et religieux, ainsi que les commerces. On croise notamment l'église Saint-Martin, exemple de reconstruction d'après-guerre. Construite sur plan différent de l'ancienne, elle jouxte quelques ruines. A proximité, le raffiné Mont-de-Piété retient plus longuement l'attention grâce aux éléments décoratifs de la façade sud.

Place de la République, l'hôtel de ville attire l'oeil surtout grâce à son « géant ». Vêtu à la mode XIXème et coiffé d'un haut-de-forme, il rappelle le rôle de la bourgeoisie lors de l'élection de Lamartine en 1833. Le député de Bergues et futur candidat malheureux aux présidentielles de 1848 bénéficie d'ailleurs d'un portrait sculpté dans la façade de ce même bâtiment. En revanche, nulle trace de ses poèmes?

Un superbe beffroi

L'édifice qui retient le plus l'attention reste le magnifique beffroi qui surplombe la ville. L'ouvrage précédent a été dynamité par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais Paul Gélis dirigea une reconstruction qui, à défaut de vouloir reproduire à l'identique l'ancien monument, s'en est largement inspiré. Les briques de sable s'élèvent au-dessus de l'office de tourisme et accueillent un carillon de cinquante cloches qui égrène les quarts d'heure du matin au soir.

Moyennant un prix raisonnable et le courage de grimper les 193 marches, il est possible de monter au sommet et de contempler d'un coup d'oeil l'ensemble de la ville. Attention cependant, la plate-forme est quelque peu étroite et il faut se contorsionner pour en faire le tour. Lors de la montée, vous pouvez souffler en admirant l'exposition de carillons et en vous attardant sur les panneaux expliquant les fortifications de la ville. Cela vous permettra de mieux préparer la suite de votre visite !

Le Groenberg

En sortant du beffroi, empruntez la rue du Collège pour vous diriger vers les deux tours de l'ancienne abbaye Saint-Winoc. Peu animé, le quartier Groenberg a pourtant eu une importance majeure pour la ville. A cinq cent mètres du castrum, il fut à partir du XIème siècle le centre du pouvoir lorsque l'abbaye Saint-Winoc y fut édifiée. Le castrum et le Groenberg furent entourés par la même enceinte à partir du XVème siècle. Mais, de l'abbaye, seules la Tour carré et la Tour pointue survécurent à la Révolution. Elles sont en effet des points de repère pour la navigation.

L'empreinte de Vauban

Après avoir traversé le petit jardin public à gauche des tours, rejoignez les fortifications en tournant à droite. Des chemins permettent de traverser les remparts et de passer à l'extérieure de l'enceinte. Dirigez-vous vers le sud-est (à droite) pour contourner la Couronne Saint-Winoc.

Le chemin alterne entre la courtine et les fossés. Durant la première partie du parcours, dans lequel on croise plus de lapins que de visiteurs, la main de l'homme a tracé de grands espaces verts parfaitement géométriques entrecoupés de canaux qui précédent les remparts. Profitez de ces quelques minutes de marche au grand air avant de pénétrer à nouveau dans la ville pour rejoindre les remparts sud. Le chemin qui suit est en effet étroit et un peu déroutant. Cependant, la vue se dégage pour les curieux qui profitent de l'ouverture dans la tour des Couleuvriniers. Elle permet de s'échapper des remparts afin d'observer la courtine médiévale ainsi que le canal et la porte de Cassel.

De facture classique, la porte de Cassel est flanquée d'un soleil rayonnant (l'emblème de Louis XIV) sur le fronton triangulaire extérieur. Elle et son pont-levis datent du XVIIème siècle. Ils ouvrent vers le rempart ouest que l'on longe de l'intérieur. On croise alors la tour Nekestor puis la porte de Bierne. Erigée au XVème siècle, elle est dotée de deux puissantes tours à l'esthétique parfaitement médiévale.

A hauteur de la porte de Dunkerque, on peut monter sur les remparts nord. On rejoint alors une courtine du XIIIème siècle et la tour de Dampierre toute aussi ancienne et dont la particularité est d'être en briques rouges.

Quelques pas plus loin, les portes d'Hondschoote donnent accès au port et à la Promenade du canal du Roy. Séparé de la ville par le canal de Basse Colme, le chemin est pris entre deux autres canaux défensifs et offre un bel espace de repos.

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