Marine Le Pen : sondages en berne, Zemmour le poil à gratter... Une campagne chamboulée

Marine Le Pen : sondages en berne, Zemmour le poil à gratter... Une campagne chamboulée LE PEN. C'est une troisième campagne présidentielle pleine de remous pour Marine Le Pen. Promis au second tour comme en 2017, la candidate du RN voit ses plans bousculés par l'émergence d'Eric Zemmour, alors que sa candidature est en perte de vitesse. Sa présence au second tour n'est pas certaine.

L'essentiel
  • Arrivée au second tour face à Emmanuel Macron en 2017, Marine Le Pen est repartie en campagne dans l'optique de défier à nouveau le chef de l'Etat. Elle entend 'afficher comme la véritable alternative au président en instaurant un clivage entre le "mondialisme" qu'incarne Emmanuel Macron à ses yeux et le "souverainisme" qu'elle veut incarner.
  • La campagne de Marine Le Pen se heurte à la percée politique d'Eric Zemmour. Les nombreux sondages la donnent au coude-à-coude avec le polémiste, tantôt devant, tantôt derrière le polémiste, rendant incertaine sa présence au second tour. Un mano a mano qui rebat les cartes, alors que, sans le presque-candidat, elle talonnerait Emmanuel Macron avec environ 25% des voix au premier tour.
  • Si l'ancienne présidente du Rassemblement national a assoupli son discours sur certaines thématiques, elle a affirmé sa volonté d'inscrire "la priorité nationale" dans la Constitution, qu'elle souhaite mettre en oeuvre dans divers domaines tels que l'emploi, l'octroi d'allocations ou la prise en charge médicale.
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Marine Le Pen devant Eric Zemmour dans le dernier sondage

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Chronique de campagne du 30 novembre. 14h52. Le dernier sondage, réalisé par Harris Interactive pour Challenges et publié mardi 30 novembre, crédite Marine Le Pen de 19 ou 20 % des intentions de vote, selon le candidat de la droite. Un score nettement supérieur à Eric Zemmour qui l'enverrait au second tour face à Emmanuel Macron.

La candidature d'Eric Zemmour apparaît comme une véritable menace pour la leader de la droite nationaliste, puisque le polémiste a déjà été donné devant la candidate RN dans plusieurs sondages réalisés pour Challenges par Harris Interactive. Eric Zemmour attire sur lui une bonne partie de l'électorat traditionnel de l'extrême droite. Pour Marine Le Pen, cette campagne présidentielle consiste à contenir la dynamique autour d'Eric Zemmour, plus radical qu'elle sur les sujets d'identité et d'immigration. En dépit des petites phrases de son entourage à l'encontre du polémiste, la candidate du RN est fragilisée et n'apparaît plus forcément comme la mieux placée derrière le chef de l'Etat pour accéder au second tour de cette élection. Si la tendance venait à se confirmer, cela constituerait un revers politique majeur pour elle.

Pour Marine Le Pen, "ce qui est urgent, ce n’est pas Marseille en grand, mais plutôt Marseille en ordre"

Chronique de campagne du 19 novembre.13h05. "Ce qui est urgent, ce n’est pas Marseille en grand, mais plutôt Marseille en ordre." Au micro de France Bleu Provence, Marine Le Pen, requinquée par le dernier sondage réalisé par BVA pour RTL et Orange qui la crédite de 19 % d’intentions de vote au premier tour de la prochaine présidentielle, s’est montrée offensive, ce vendredi 19 novembre. Deux mois après le passage à Marseille d’Emmanuel Macron, la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle s’est interrogée sur le milliard et demi d’euros dégagés pour la cité phocéenne. Pour elle, "dépenser de l’argent public pour rétablir de l’urbanisme correct, pour assainir les villes et les rues qui sont sales et dégradées, c’est une très bonne chose. Mais encore faut-il qu’il n’y ait pas derrière des voyous qui viennent à nouveau tout dégrader".

Marine Le Pen entend faire revenir l’ordre si elle est élue : "Si on ne met pas les voyous, qui dégradent tout et pourrissent la vie de la population, hors d’état de nuire, alors tout cet argent, ce sera du liquide déversé sur du sable." Cette mise au point faite, la candidate à la présidentielle 2022 a indiqué qu’elle ne reviendra pas sur cet engagement de l’État mais entend "mettre en place un plan sévère pour remettre de l’ordre à Marseille". En déplacement dans les Bouches-du Rhône ce vendredi et ce samedi, Marine Le Pen ira à la rencontre des policiers du commissariat de la division nord, dans le 15e arrondissement de Marseille. L’occasion de mettre l’accent sur la question sécuritaire, elle qui compte "mettre fin à l’anarchie qui s’est installée sur le laxisme et la perte d’autorité de l’État".

Priorité nationale et réouverture de Fessenheim au programme

Priorité nationale et réouverture de Fessenheim au programme - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©MUSTAFA SEVGI/SIPA

Chronique de campagne du 15 novembre. 12h42. Marine Le Pen veut reprendre le dessus. Bousculée depuis la rentrée par Eric Zemmour, le candidate du RN continue d'avancer, faisant fi des sondages, dont le dernier (Odoxa), publié par L'Obs vendredi 12 novembre 2021, l'envoie confortablement au second tour. La prétendante à l'Elysée déroule son programme, comme ce lundi 15 novembre, au micro de Franceinfo. La finaliste du dernier scrutin présidentiel met une nouvelle fois en avant sa volonté de priorité nationale "essentiellement à l'embauche et au logement", voulant par ailleurs "réserve[r] les allocations familiales exclusivement aux Français", et demander "cinq ans d'équivalent temps plein de travail en France" aux étrangers pour pouvoir prétendre au RSA ou aux APL.

Militant pour une retraite pour tous à 1000 euros avec un départ à la retraite dès 60 ans, notamment dans les secteurs manuels, elle plaide par ailleurs pour la réouverture de Fessenheim et "demande un moratoire sur [son] démantèlement parce qu'en mars 2022, le démantèlement arrivera à un point de non retour, c'est-à-dire à un point où on ne pourra pas, plus jamais, rouvrir Fessenheim". Si elle est élue, Marine Le Pen dit vouloir "faire l'union [...] de Zemmour à Montebourg", bien que le premier soit, à ses yeux, "ni un adversaire, ni un partenaire, c'est un concurrent".

Marine Le Pen se livre dans "Une ambition intime" sur M6

Marine Le Pen se livre dans "Une ambition intime" sur M6 - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©

Chronique de campagne du 7 novembre. 20h50. Marine Le Pen se dévoile, une nouvelle fois, ce dimanche soir. La candidate du Rassemblement nationale à l'élection présidentielle a reçu, chez elle, Karine Le Marchand, dans le cadre de l'émission "Une ambition intime". Diffusée sur M6, elle dresse le portrait d'une élue vivant en colocation, mais également avec ses chats. Une facette méconnue de l'ex-présidente du RN, qui avait déjà reçue l'animatrice il y a cinq ans avant le premier tour. Sa sœur Marie-Caroline, sa nièce Nolwenn et sa mère Pierrette témoignent, se laissant aller à quelques confidences, comme sur le surnom de Marine Le Pen, donné par sa mère. Il est également question de 2017, du débat avec Emmanuel Macron ou encore des départs de Marion Maréchal et Florian Philippot... autant de sujets commentés par l'ex-compagne du maire RN de Perpignan, Louis Alliot.

Marine Le Pen rend visite aux soignants de Mulhouse et fait des promesses pour l'hôpital public

Marine Le Pen rend visite aux soignants de Mulhouse et fait des promesses pour l'hôpital public - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©SICCOLI PATRICK/SIPA

Chronique de campagne du 05 novembre. 16h33. Après la visite d'Anne Hidalgo aux soignants de Saint-Vallier (Drôme), c'est au tour de Marine Le Pen de rencontrer des infirmières et médecins de Mulhouse (Haut-Rhin), "pour leur témoigner [s]on soutien". Ce jeudi 4 octobre, la candidate du Rassemblement National (RN) a tenu une table ronde avec les soignants de l'hôpital Emile Muller, centre hospitalier qui avait été frappé de plein fouet par la première vague de l'épidémie de coronavirus. Appuyant sur le fait que "la situation de l'hôpital aujourd'hui est un véritable crève-cœur pour les Français que nous sommes", elle a affirmé que l'hôpital était "le premier désert médical de France".

Les causes, selon la candidate à la présidentielle ? Déjà, "la sur-bureaucratie dans l'hôpital avec dix échelons administratifs", les fraudes avec "des milliards d'euros qui sont distraits de son fonctionnement", et les conditions de travail des soignants qui se dégradent "à vitesse grand V". Marine Le Pen a également évoqué "le poids de l'immigration qui est incontrôlée. Lorsque 400.000 personnes entrent sur le territoire français, il faut augmenter le nombre de lits : ce n'est pas le cas et pire encore, on en détruit dans des proportions très importantes, y compris d'ailleurs en plein cœur de la pandémie", a-t-elle notamment avancé.

Par ailleurs, Marine Le Pen a avancé que 15 000 suspensions auraient eu lieu parmi le personnel soignant, pour non-vaccination - là où Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l'Autonomie, en identifiait 7 930 le 20 octobre dernier et où Olivier Véran, ministre de la Santé, affirmait le 26 octobre le retour au travail de deux tiers des soignants suspendus après vaccination. La candidate RN a enfin promis : "Elue présidente, je rebâtirai l'hôpital public". Et d'ajouter : "Nous présenterons un plan baptisé 'Aime la santé' dans les trois prochaines semaines, une déclinaison thématique d''Aime la France'."

Marine Le Pen veut "revenir sur la culture du laxisme"

Marine Le Pen veut "revenir sur la culture du laxisme" - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©SICCOLI PATRICK/SIPA

Chronique de campagne du 29 octobre. 12h33. La lutte contre la délinquance, Marine Le Pen en fait son cheval de bataille. Au lendemain de son déplacement à Alençon où elle est venue soutenir les policiers visés par des tirs de mortiers en début de semaine, la candidate du RN à la présidentielle veut "revenir sur la culture du laxisme" dont elle incombe la responsabilité "aux politiques qui ne donnent pas des instructions", comme elle l'a déclaré sur CNews vendredi 29 octobre 2021. Pour sa troisième campagne élyséenne, elle veut "massivement créer des places de prison" et "revenir sur la culture du laxisme, celle qui consiste à considérer que la prison est une mauvaise solution". Celle qui a cédé la présidence du parti à la flamme jusqu'à l'issue du scrutin milite pour une application des peines, mêmes courtes. "Si vous avez moins de six mois de prison ferme, vous ne faites jamais de prison. Je crois que c'est une erreur", affirme-t-elle, estimant "que les peines courtes, même si c'est 15 jours, un mois ou un mois et demi, c'est efficace parce que ça rompt avec le sentiment d'impunité". Pour autant, Marine Le Pen envisage de les faire exécuter dans "des structures adaptées : ça coûtera moins cher et ce sera plus rapide à mettre en place". 

Marine Le Pen convaincue d’être devant Eric Zemmour au premier tour

Marine Le Pen convaincue d’être devant Eric Zemmour au premier tour - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©

Chronique de campagne du 19 octobre. 14h25. Comme à gauche, l’union, ce n’est pas pour tout de suite à droite. Si Robert Ménard veut s’ériger en principal entremetteur entre Marine Le Pen et Eric Zemmour pour une alliance des deux candidats nationalistes, le second a rétorqué qu’il ne s’était pas déclaré candidat à la présidentielle, quand la première, de son côté, refuse de se positionner, convaincue que c’est elle qui défiera Emmanuel Macron. "Je serai en tête. Le rapport de force ne s’inversera pas", a-t-elle affirmé sur France 2, mardi 19 octobre 2021. En dépit des appels du pied du maire de Béziers (Hérault), et quand bien même deux sondages donnent le polémiste devant la candidate du parti à la flamme, cette dernière ne veut pas céder : "je vais venir dire au second tour à l’ensemble des Français, qui sont attachés à la Nation, qui sont attachés à résoudre les problèmes, de venir me rejoindre pour constituer un gouvernement d’union nationale". Pour sa troisième campagne présidentielle, Marine Le Pen lance encore : "Qui va défendre les Français de la classe moyenne, les Français modestes ? Qui, à part moi ? Personne".

Au Rassemblement national, "la question migratoire passe derrière le pouvoir d'achat"

Au Rassemblement national, "la question migratoire passe derrière le pouvoir d'achat" - Marine Le Pen - Présidentielle 2022 ©

Chronique de campagne du 18 octobre. 19h05. Le Rassemblement national tente de se refaire une santé dans les sondages. En nette perte de vitesse depuis l’apparition d’Eric Zemmour dans les intentions de vote, Marine Le Pen poursuit sa campagne et ses porte-paroles développent les propositions du camp nationaliste. Dans une interview à L’Express, Louis Aliot a redit le cap fixé par la cheffe de file du parti à la flamme, même si le thème de l’immigration reste au coeur de ses discours : "la question migratoire passe derrière le pouvoir d'achat". Le premier édile de Perpignan estime que, "en tant que maire, je vois que mes concitoyens sont préoccupés par des questions du quotidien : sécurité et pouvoir d'achat. L'immigration est une question première et sous-jacente mais elle doit se conjuguer avec les préoccupations immédiates du quotidien". Ainsi, le premier édile de Perpignan n’hésite pas à faire le lien "entre l'immigration et les questions de dépense et de santé, via l'Aide médicale d'Etat par exemple".

Le quotidien, particulièrement ces derniers jours, c’est l’énergie. Ainsi, l’ex-conjoint de Marine Le Pen a estimé que "l’essence n’est pas un produit de luxe ou de loisir", alors que les prix s’envolent. Le parti milite une baisse de la TVA sur le gaz, l’électricité ou encore le carburant, de 20 à 5,5 %. Côté énergies renouvelables, Louis Aliot propose de développer le solaire. Pour autant, pas question de fermer les centrales nucléaires. "Nous voulons insister sur le fait qu'il n'y a pas plus respectueux du développement durable que le nucléaire". Sur le plan social, l’ex-conjoint de Marine Le Pen a par ailleurs indiqué, sans le nommer, qu’un retour de l’ISF ne serait pas à exclure : "Il est impensable qu'on ne demande pas un effort à ceux qui en ont le plus. Je suis donc favorable à cette correction des inégalités, qui me paraît fraternelle dans une nation." Nation qu’il souhaite française avant d’être européenne, excluant cependant toute sortie de l’Union européenne. "Nous avons trop toléré la mise en avant des textes européens sur la Constitution. Nous proposons donc de revenir aux sources de notre démocratie, ce qui n'empêche pas la coopération européenne".

Un débat Bardella-Zemmour en projet, Marine Le Pen en comité restreint

Chronique de campagne du 8 octobre. 18h58. Comment inverser une tendance qui est venue tout renverser en seulement quelques semaines ? La question mouline dans les têtes pensantes des hautes sphères du Rassemblement national. Les résultats, mercredi 6 octobre 2021, du sondage Harris Interactive pour Challenges, plaçant Eric Zemmour au second tour devant Marine Le Pen, a fait l’effet d’une bombe. Alors, depuis, les déclarations à l’encontre du polémiste se multiplient du côté des cadres du parti à la flamme, remettant sur le tapis d’anciennes déclarations et prises de positions de l’essayiste, quand la leader du parti d’extrême-droite parle d’emballement et affiche sa sérénité. Mais dans les arcanes du parti, on veut "aller tuer Eric Zemmour" a-t-il été confié à L’Opinion. "On ne peut pas le laisser nous attaquer comme ça jusqu’en décembre."

Alors, que faire ? A Marine Le Pen de dérouler son programme, la bataille médiatique se jouera avec des fusibles. L’idée d’un débat entre Jordan Bardella, président du RN par intérim, et Eric Zemmour a émergé au sein du parti. Exit la possibilité que la dernière finaliste de la présidentielle mette les gants face au polémiste sous le feu des caméras : "il pourrait affirmer l’avoir gagné (le débat, ndlr) et dire : elle doit se ranger derrière moi. C’est trop dangereux", craint-on du côté du parti nationaliste. Devant la tempête Zemmour, Marine Le Pen s’enferme en comité restreint et travaille en laissant passer la vague, espérant qu’elle ne devienne qu’écume. Un "QG bis" de campagne s’est créé dans un appartement en plein Paris, entre le Champ-de-Mars et les Invalides rapporte Le Monde, où seuls quelques très proches de la fille de Jean-Marie Le Pen sont autorisés à pousser la porte. Un resserrement des troupes pour travailler, quand d’autres sont envoyés au front en pompiers de service pour éteindre le feu. Neuf porte-paroles ont été nommés par la candidate. Un affolement alors même qu’Eric Zemmour n’est pas officiellement dans la course à l’Elysée.

Face à la menace Zemmour, le flegme de Marine Le Pen

Chronique de campagne du 7 octobre. 17h31. Du fauteuil à la chaise bancale. En quelques semaines, Marine Le Pen est tombée de son piédestal. Celle qui s’érigeait en candidate anti-système, seule alternative à Emmanuel Macron promise à défier le chef de l’État au second tour, a vu ses certitudes voler en éclats après avoir passé plusieurs années dans une confortable assise qui lui dessinait le même scénario qu’en 2017. Et avec le même résultat, dans l’ombre d’un débat d’entre-deux tours complètement raté. C’est là où le bât blesse. Et lorsqu’une figure médiatique a émergé sur ses plate-bandes en la personne d’Eric Zemmour, son entreprise de dédiabolisation du Rassemblement national a volé en éclat. Son potentiel électoral a, lui aussi, fondu aussi vite que son rival est monté. Alors que Marine Le Pen travaille à proposer un programme économique et sociétal viable, moins rigide sur les questions européennes ou d’immigration, Eric Zemmour, lui, s’est voulu plus radical, axant son discours sur l’identité française et les flux migratoires, terrain duquel le Rassemblement national s’est légèrement extirpé au fil du temps, tournant la page du Front national pour se présenter dans un costume de présidentiable. Mais voilà qu’un tiers des électeurs frontistes de 2017 décamperait pour rejoindre le polémiste. De quoi porter ce dernier au second tour de la présidentielle selon un sondage Harris Interactive pour Challenges, paru le 6 octobre. Marine Le Pen absente du second tour ? Une première depuis avril 2017, où Alain Juppé recueillait plus de voix que le RN. Autrement, il faut remonter… à avril 2013 !

Pour autant, pas de quoi inquiéter celle qui a laissé la présidence du parti à Jordan Bardella le temps de mener campagne : "Je ne suis pas chamboulée. Je suis calme, mais c'est aussi parce que j'ai beaucoup d'expérience", explique-t-elle à l’aube de sa troisième bataille élyséenne. D’autant qu’il ne s’agit là que d’un sondage. Un plus récent, commandé par BFMTV à Elabe et diffusé ce même 6 octobre, la propulse au second tour avec trois points d’avance sur son rival (16%). Apparaissant sereine devant les caméras, Marine Le Pen continue de dérouler son programme. Les dernières mesures en date : baisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur l’essence, l’électricité et le gaz. De quoi faire des économies de "340-350 euros" par an selon ses calculs. Un programme mis en forme avec l’aide d’un ancien de Saint-Cyr et de HEC, passé par Bercy. Son nom : Renaud Labaye. Ancien collaborateur parlementaire de Stéphane Ravier et de David Rachline, il a ensuite accompagné Marine Le Pen à l’Assemblée, avant d’être promu directeur de cabinet de la candidate. Un profil connaisseur des arcanes des ministères essentiel pour le RN. Au milieu des tumultes, Marine Le Pen affiche son flegme devant la menace Zemmour : "C’est peut-être moins sexy, il y a moins d’ivresse qu’avec la radicalité, mais c’est redoutablement plus efficace pour régler les problèmes des Français."

Sébastien Chenu parle d'un "emballement déraisonnable avec les sondages"

Chronique de campagne du 6 octobre. Après l'annonce, les réactions. Sébastien Chenu, député RN du Nord, déplore, au micro de BFM TV, "un emballement déraisonnable avec les sondages" après la parution d'une dernière étude réalisée par Harris Interactive pour Challenges plaçant Marine Le Pen en troisième position (15%) derrière Eric Zemmour (17%), lequel se qualifierait pour le second tour. Malgré ces résultats, l'élu "croi[t] qu'il faut garder la tête froide. Les instituts de sondage se sont beaucoup trompés, nous ont beaucoup enterrés", rappelant que "Marine Le Pen, dans d'autres sondages, est devant Eric Zemmour". Sébastien Chenu ne se veut pas alarmiste, malgré une dilution de l'électorat frontiste depuis plusieurs semaines : "Nous sommes assez loin de ce que les Français décideront et même de la campagne électorale". 

"S'il y a quelqu'un de mieux placé que moi, je lui céderai la place" assurait Marine Le Pen en 2017

Chronique de campagne du 6 octobre. Les archives d'internet ont encore frappé. Alors qu'un sondage Harris Interactive pour Challenges place pour la première fois Marine Le Pen en troisième position, derrière Eric Zemmour, et donc hors course pour le second tour, une interview de la candidate du RN sur BFM TV a ressurgi sur les réseaux sociaux. Le 22 septembre 2017, celle qui a été battue il y a quelques mois par Emmanuel Macron lâche devant Jean-Jacques Bourdin : "Ce qui m’importe, c’est la défense de la France, c’est de porter nos idées. Si un jour, même demain, il y a quelqu’un de mieux placé que moi pour le faire, qui est mieux placé que moi pour rassembler les millions de Français qui sont nécessaires pour opérer le redressement de notre pays et retrouver notre liberté, alors je lui céderai la place. C’est clair". Reste à connaître sa position, quatre ans plus tard, à la lecture du dernier sondage.

Marine Le Pen battue par Eric Zemmour selon un sondage

Chronique de campagne du 6 octobre. Le dernier sondage, réalisé par Harris Interactive pour Challenges et publié le 6 octobre, crédite Marine Le Pen de 15% des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle 2022. Pour la première fois, la candidate du Rassemblement national (même si elle n'est plus officiellement présidente de cette formation politique) est donnée en troisième position derrière Emmanuel Macron... et Eric Zemmour. La candidature d'Eric Zemmour apparaît donc comme une véritable menace pour la leader de la droite nationaliste, puisque le polémiste attire sur lui une bonne partie de l'électorat traditionnel de l'extrême droite.

Pour Marine Le Pen, cette campagne présidentielle consiste à contenir la dynamique autour d'Eric Zemmour, plus raidcal qu'elle sur les sujets d'identité et d'immigration. En dépit des petites phrases de son entourage à l'encontre du polémiste, la candidate du RN est fragilisée et n'apparaît plus comme la mieux placée derrière le chef de l'Etat pour accéder au second tour de cette élection.Si la tendance venait à se confirmer, cela constituerait un revers politique majeur pour elle.

Marine Le Pen ouvre la porte à une immigration en cas de manque de main d'oeuvre

Chronique de campagne du 1er octobre. 14h30. En difficulté dans les sondages face à la poussée d'Eric Zemmour, Marine Le Pen s'attaque également au sujet de l'immigration, un thème très souvent utilisé par le polémiste. En conférence de presse à Mérignac ce 28 septembre, la présidente du Rassemblement national s'est montrée pour l’immigration en cas de pénuries de main-d’œuvre. "Je ne suis pas idéologue. […] Donc, si demain, mon pays, la France, avait besoin de faire appel à de l’immigration, soit". 

"Mais si demain on a besoin, je n’ai pas de problème avec ça. Il n’y pas dans mon opposition à l’immigration, je ne sais quelle xénophobie qui ferait que je serais opposée idéologiquement à l’immigration. Mais en l’occurrence, je pense que la France n’est pas du tout, du tout, dans cette situation" a également précisé Marine Le Pen. Malgré cette prise de position, la candidate à la présidentielle estime qu'il existe aussi d'autres alternatives. "C’est ce message-là que je souhaite porter en France, dans les secteurs qui sont en tension, parfois, la seule solution, ce n’est pas l’immigration. Il y a d’autres solutions à mettre en place (...) Avec 6 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres, la France n’a pas besoin de faire appel à l’immigration et doit, au contraire, mettre en place des solidarités à destination de ses propres compatriotes."

Marine Le Pen en chute dans les sondages

C’est l’un des principaux enseignements du dernier sondage Harris Interactive réalisé pour Challenges et diffusé mardi 28 septembre 2021 : Marine Le Pen est en chute libre dans les sondages. La candidate d’extrême-droite, retirée de la présidence du Rassemblement national le temps de la campagne, perd trois nouveaux points dans les intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2022. Celle qui s’est hissée au second tour face à Emmanuel Macron en 2017 ne recueillerait que 16% des suffrages, contre 22% deux semaines auparavant et même 27% au début de l’été. Malgré cette chute vertigineuse, cela serait toutefois suffisant pour défier, une nouvelle fois, le chef de l’Etat. Mais l’issue serait similaire à 2017, bien que 46% des votes seraient en sa faveur au second tour.

Comment expliquer cette baisse de Marine Le Pen dans les sondages ? Le principal élément réside dans la percée d’Eric Zemmour, désormais crédité de 13% des voix et qui ne cesse de progresser. Un fait d’autant plus marquant qu’un électeur sur cinq ayant glissé un bulletin lepéniste lors du précédent scrutin élyséen mettrait, cette fois, le nom du polémiste dans l’enveloppe.

En savoir plus

Quel est le programme de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen a promis de "remettre la France en ordre en assurant la protection des Français". Plusieurs axes sont déjà mis en avant dans son programme. Tout d'abord, à l'image de son père Jean-Marie, la candidate RN souhaite inscrire la préférence nationale dans la Constitution. Concrètement, cela consiste à réserver des avantages aux personnes ayant la nationalité française par rapport aux étrangers. Pour appliquer cette mesure, Marine Le Pen compte mettre en place un référendum. Sa loi serait également "constitutionnelle sur l'immigration". "En réalité le problème principal, c'est le problème de l'immigration. C'est sur ce sujet de l'immigration que les jurisprudences abusives, bien souvent d'ailleurs plus que les textes internationaux, ont privé les Français, les pouvoirs publics, de la possibilité d'agir", explique-t-elle.

Parmi les mesures capitales de son programme, la retraite à 60 ans divise. Pourtant, la candidate à la présidentielle ne veut pas lâcher le morceau. "Je maintiens et je maintiendrai" a-t-elle lancé à Fréjus le 12 septembre. Sur Europe 1, elle a également insisté sur "la condition des quarante annuités. Il est naturel d'imaginer que celui qui a porté des pierres toute sa vie ou qui est plâtrier a plus besoin de partir à la retraite à 60 ans qu'un avocat ou un comptable". Selon le cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, le coût d'une telle réforme s'élèverait à 40 milliards d'euros par an. Pour y parvenir, la députée mise sur la création d'emplois, la lutte contre la fraude sociale et l'arrêt de l'immigration.

La jeunesse est également un enjeu important dans son programme. Elle met notamment en avant un triptyque "protéger, projeter, transmettre." Elle souhaite favoriser l'entrepreneuriat des jeunes (l'exonération "totale" d'impôt sur cinq ans), leur formation (un chèque formation pour les entreprises) ou encore des "prêts publics plafonnés à taux zéro" à destination des "jeunes familles" dont le "capital restant dû (sera) effacé dès le troisième enfant". Pour le volet "transmettre", Marine Le Pen a annoncé une "évolution de la fiscalité sur les donations et successions".

Quels sont les résultats des derniers sondages ?

Marine Le Pen est très régulièrement présentée comme l'alternative numéro 1 à Emmanuel Macron, elle est donnée par tous les instituts de sondage de la 2e place au premier tour. Au deuxième tour, Marine Le Pen serait battue par le président sortant avec autour de 45% des intentions de vote. Voici l'évolution des sondages mise en graphique par le média Contexte.

La candidature d'Eric Zemmour, un obstacle ?

Pas encore candidat, Eric Zemmour perturbe déjà la campagne de Marine Le Pen. Testé dans le sondage Harris du 28 septembre, le polémiste était crédité de 13% des voix, faisant chuter la candidate à 16%. L'enquête d'opinion a par ailleurs montré qu'un électeur sur cinq de Marine Le Pen en 2017 avait l'intention de voter Eric Zemmour au premier tour.  Une perte de voix qui la fragiliserait, alors que les candidats LR sont en embuscade, entre 12 et 14%. "Je n'ai rien contre Marine Le Pen, je la connais bien, je l'aime bien (...). Mais tout le monde sait, elle-même le sait, qu'elle ne peut pas gagner. Je pense que son débat en 2017 a montré cruellement ses lacunes. (...) C'est une situation de rêve pour Emmanuel Macron" expliquait le polémiste sur l'antenne de BFM TV mercredi 15 septembre. Le maire de Béziers Robert Ménard souhaitait mettre les deux personnalités autour de la table. Mais la rencontre n'a pas eu lieu, se terminant en un débat Zemmour-Mélenchon.

Malgré les perturbations engendrées par l'entrée d'Eric Zemmour dans le jeu politique, Marine Le Pen s'affichait confiante auprès du Figaro : "J'ai vu beaucoup de candidats susciter l'intérêt médiatique et finalement s'essouffler. Moi, je représente la persistance, la pugnacité. La campagne est longue, je n'ai pas d'inquiétude". Le Dauphine rapporte également des propos de sérénité de la part de la candidate : "On peut aussi considérer que l’existence d’un candidat Zemmour à la présidentielle – qui, à mon avis, fera beaucoup moins que ce qu’on lui accorde aujourd’hui – est en fait un réservoir de voix pour moi."

Marine Le Pen - Biographie

Une jeunesse marquée par la politique

La fille de Jean-Marie Le Pen, née dans une famille de trois enfants, trois filles, conserve encore quelques secrets et des blessures dans sa biographie, qui resurgissent de temps à autre au détour d'interviews et de confidences. Elle a par exemple connu dès on plus jeune âge le goût du combat politique, mais aussi ses conséquences, comme quand un attentat a désintégré la maison familiale, en 1976, obligeant les Le Pen à déménager et à se protéger. Une expérience qui l'a amenée jusqu'à aujourd'hui à protéger sa vie privée, ses maris, son ex-compagnon Louis Aliot, ou encore ses enfants, tenus à l'écart des médias.

De cette prise de conscience, Marine Le Pen a tiré un autre enseignement, politique cette fois : la fille de Jean-Marie Le Pen, qui a monté les échelons au sein du parti de son père pendant des années, a pris conscience du "plafond de verre" qui le réduisait aux seconds rôles et de la nécessaire dédiabolisation du FN dès 2002. Elle s'est employée dès lors à faire oublier les outrances et les dérapages, la ligne pétainiste et parfois révisionniste du mouvement pour lui offrir un nouveau visage. Et cette "dédiabolisation", entamée dès 2011 pour tenter de rendre respectable le premier parti d'extrême droite de France, l'a forcée à quelques compromis avec les Gala, Paris Match et autres Karine Le Marchand lors de la dernière campagne pour l'élection suprême. La patronne frontiste a en outre voulu personnaliser son parti à l'extrême n'hésitant pas à jouer de temps à autres la carte du portrait plus intime, quitte à lever un peu le voile sur sa vie et ses états d'âme.

Des traumatismes et des surprises

La présidente du FN doit tout à son père en politique. C'est dans son sillage qu'elle s'est faite connaître, qu'elle a tissé ses réseaux et qu'elle a appris. Dès l'âge de 13 ans, elle assistait Jean-Marie Le Pen dans une campagne électorale. Mais Marine Le Pen a aussi eu une jeunesse difficile, confrontée aux animosités que suscitait son père, Jean-Marie Le Pen homme de scandales et de controverses. Lorsqu'elle avait 8 ans, l'appartement dans lequel elle vivait avec sa famille, Villa Poirier, dans le XVe arrondissement de Paris, a été la cible d'une attaque à la bombe, qui détruisit une grande partie de l'habitation. Elle restera très marquée par cet événement, et évoque parfois dans les médias cet instant où son lit d'enfant s'est retrouvé "plein de verre". Elle fera sa scolarité au lycée Florent-Schmitt de Saint-Cloud pour étudier ensuite le droit et devenir avocate.

La suite, étonnante, est notamment racontée par les journalistes David Doucet et Mathieu Dejean, auteurs de "La politique malgré elle, la jeunesse cachée de Marine Le Pen" (édition La Tengo), sorti en 2016. Leur enquête dans le passé de Marine Le Pen confirme que ses études furent peu brillantes, que la future prétendante à l'Elysée avait un goût immodéré pour la fête, qu'elle a défendu en tant qu'avocate des sans-papiers (notamment un Algérien, Nour-Eddine Hamidi) et qu'elle n'envisageait absolument pas de carrière politique. Pour lui succéder, Jean-Marie Le Pen pensait avant tout à son aînée, Marie-Caroline, jusqu'à ce que celle-ci rejoigne le félon Bruno Mégret, lors de la scission de 1998. C'est à cause de cette trahison, mais aussi parce que sa carrière d'avocate piétinait que Marine Le Pen se résoudra à travailler au FN. D'abord comme petite main.

Qui sont les membres de la famille de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la fille de Jean-Marie Le Pen et de Pierrette Le Pen. Elle a deux soeurs plus âgées qu'elle, Marie-Caroline et Yann Le Pen. Ses deux parents se séparent alors qu'elle est âgé de 17 ans. Elle se mariera en 1997 au dirigeant d'entreprise Franck Chauffroy, avec qui elle aura 3 enfants : d'abord une fille, Jehanne, née en 1998, puis un garçon et une fille, jumeaux, Louis et Mathilde, nés seulement un an plus tard. L'année suivante, en 2000, elle divorce et se remarie en 2002 avec l'ancien conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, Eric Iorio. Après un nouveau divorce en 2006, elle se met en couple à partir de 2009 avec Louis Aliot, alors secrétaire général du FN, qui deviendra en 2011 vice-président du parti. Le couple a annoncé sa séparation le 11 septembre 2019.

Avec ses parents, Marine Le Pen a toujours eu une relation compliquée. Le Front national l'a démenti à l'époque, mais Marine Le Pen a par exemple claqué la porte du parti début 2005. Membre du bureau exécutif tentant de lisser l'image du FN depuis la cinglante défaite de 2002, elle était alors scandalisée par les propos de Jean-Marie Le Pen qui, interviewé par l'hebdomadaire français d'extrême-droite Rivarol en janvier, relativisait l'occupation allemande. Jean-Marie Le Pen avait plus précisément qualifié l'occupation ennemie de "pas si inhumaine", provoquant un véritable tollé. Fâchée, Marine Le Pen aurait même quitté pendant quelques jours la villa de Saint-Cloud avec ses enfants, où elle vivait alors en voisinage avec son père (elle vit aujourd'hui hors de Montretout, à la Selle-Saint-Cloud). 

Avec sa mère, les relations ont été tout aussi complexes pendant quinze ans. Pierrette Lalanne, la première femme de Jean-Marie Le Pen, a provoqué le scandale dans les années 1980 en posant en soubrette dans Playboy, alors que son mari s'apprêtait à briguer la présidence de la République. Le couple était alors en instance de divorce et la provocation faisait office de vengeance. Pierrette le Pen a quitté le domicile familial quand Marine Le Pen, avait 16 ans. "Elle est partie du jour au lendemain. Ma sœur est venue me chercher au collège et m'a dit 'maman est partie'", raconte la présidente du FN. Pendant quinze ans, Pierrette n'a plus donné de nouvelles directes. "Je me suis retrouvée avec mon père avec qui je n'avais pas des relations du quotidien", continue Marine Le Pen. Quinze ans plus tard, leur mère s'étant rapprochée de Marie-Caroline, l'aînée, ce fut le temps des retrouvailles, à propos desquelles la chef de file des frontistes dit : "Vous ne voyez pas votre mère pendant 15 ans. Vous la revoyez et c'est comme si vous l'aviez vue hier". Si Marine Le Pen avoue n'avoir jamais eu de réelle explication sur cette interminable absence, elle dit aujourd'hui entretenir "une super relation" avec sa mère. Voir aussi : La famille Le Pen en images.

La famille Le Pen au grand complet en 1984 à Montretout. © CHANCE/SIPA

Qui est le compagnon de Marine Le Pen ?

Jusqu'en septembre 2019, Marine Le Pen était en couple avec Louis Aliot, figure du FN puis du RN. Les deux cadres frontistes avaient officialisé leur relation en 2010. C'est Louis Aliot qui a annoncé leur rupture le 11 septembre 2019. Ce Toulousain, âgé de 48 ans, fut d'abord chiraquien, avant d'adhérer au Front national en 1988. Il se fera élire conseiller régional de Midi-Pyrénées dix ans plus tard puis sera nommé coordinateur de campagne de Jean-Marie Le Pen en 2001. Louis Aliot deviendra ensuite l'assistant parlementaire européen du patriarche en 2004.

Louis Aliot a aussi été rémunéré comme assistant parlementaire de Marine Le Pen entre 2011 et 2013. Selon le Canard Enchaîné, il touchait alors 5000 euros brut pour un mi-temps. L'Organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf) avait, en 2013, épinglé Marine Le Pen pour cette collaboration. La dirigeante du RN avait alors argué du fait que sa relation avec Louis Aliot ne pouvait être qualifiée de "relation stable", puisqu'elle n'était ni mariée ni pacsée. Louis Aliot a été député européen entre 2014 et 2017, année qui le voit entrer à l'Assemblée nationale aux côtés de Marine Le Pen. Il est aussi conseiller municipal de Perpignan depuis 2014.

Qui sont les enfants de Marine Le Pen ?

Marine Le Pen est la maman de Jehanne, prénom orthographié comme l'était "Jeanne d'Arc" dans les temps anciens, née en 1998, ainsi que des jumeaux Louis et Mathilde, nés en 1999. Plusieurs passages leur sont consacrés dans l'autobiographie de Marine Le Pen, "A contre flots", publiée en 2006. Mais difficile d'en savoir plus sur eux tant Marine Le Pen a toujours veillé à maintenir le plus grand secret sur sa progéniture. Et même quand une information fuite, il est tout aussi difficile d'en dire plus dans la presse : Marine Le Pen n'hésite pas à saisir les tribunaux quand, par exemple, on dévoile le nom de famille de ses enfants.

Il faut dire que, fille de Jean-Marie Le Pen, elle a plusieurs fois été témoin de la haine que peut susciter sa famille... Et manque rarement de le rappeler. Marine Le Pen a levé un petit coin du voile lors de la dernière campagne présidentielle, indiquant que son fils Louis était "une baraque" passionné par le rugby. "Mon fils joue assez bien et régulièrement, c'est une baraque !", avait-elle ainsi lâché sur France Bleu en avril. "Ma fille était capi­taine de l'équipe qu'elle a constituée dans son inter­nat", avait-elle ajouté.

En octobre 2018, l'AFP et BFMTV ont rapporté qu'une fille de Marine Le Pen et un de ses cousins avaient été violemment agressés, à Nanterre. Il était question d'une "bagarre" lors de laquelle les deux jeunes membres de la famille Le Pen ont été "frappés au visage", sans qu'on connaisse pour autant la cause exacte de l'altercation. La fille de Marine Le Pen, dont le prénom n'a pas été cité, a "reçu des coups de poing" et "a été transportée par les pompiers à l'hôpital". "Tirée par les cheveux, mise au sol et rouée de coups", elle a subi une de fracture du nez. Les hommes à l'origine des coups, deux individus de 32 et 47 ans, ont été condamnés en février 2019 à 15 mois de prison assortis de 7 mois de sursis simple pour agression aggravée.

Quelles sont les idées de Marine Le Pen ?

Si Marine Le Pen a longtemps milité et fait campagne pour son père, elle a nettement infléchi la ligne politique du Front national depuis qu'elle a pris la tête du parti. Certains lui ont reproché d'avoir fait bien trop de place aux idées défendues par l'ancien chevènementiste Florian Philippot, un temps pressenti pour devenir un pilier, si ce n'est le Premier ministre du gouvernement de Marine Le Pen, mais démissionnaire du FN à la rentrée 2017, au cours d'un règlement de comptes sanglant. D'aucuns jugent que la ligne économique s'est bien trop éloignée du franc libéralisme revendiqué autrefois par son père, dans les années 1980.

Reste que la matrice idéologique du RN est toujours articulée sur quelques fondamentaux : la priorité nationale en matière d'emploi et d'aides sociales, la restriction à l'extrême de l'immigration, une vision de la Nation très identitaire, fondée sur une vision idéalisée et traditionaliste de la France, la dénonciation de l'Union européenne et des institutions de la République. La question de la sortie de l'euro a, elle, fait l'objet d'un grand débat interne au FN dans l'entre-deux tours de la dernière présidentielle. En janvier 2019 Marine Le Pen a finalement tranché, déclarant que l'euro est "un boulet", mais qu'en sortir n'est "plus une priorité". Revoir le programme de Marine le Pen pour l'élection de 2017

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