Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : un camion dans la foule, le bilan de l'attaque meurtrière

Attentat du 14 juillet 2016 à Nice : un camion dans la foule, le bilan de l'attaque meurtrière Le 14 juillet 2016, 86 personnes perdaient la vie sur la promenade des Anglais, à Nice le jour de la fête nationale. Retour sur cette attaque qui a marqué la ville à jamais.

​​​​​​Attentat de Nice : que s'est-il passé le 14 juillet 2016 ? 

Un camion a foncé sur la foule le jeudi 14 juillet 2016, en plein feu d'artifice, sur la Promenade des Anglais, à Nice. Un homme, seul, à bord d'un camion de location blanc, a fauché des centaines de personnes pendant une course folle de 45 secondes, avant d'être abattu par la police. Le directeur adjoint de la police niçoise a été tué, comme plusieurs touristes et étrangers allemands, américains, marocains, russes, tunisiens... Lors du raid meurtrier, un passant qualifié d'"héroïque" a alors sauté sur la cabine pour tenter de neutraliser le chauffeur à mains nues. "C'est alors que le tueur à fait usage de son arme, en tirant en direction de l'homme, qui est descendu de la cabine", écrit le Figaro. Un jeune Niçois a également tenté de stopper l'engin à l'aide de son scooter, qu'il a jeté sous les roues du poids lourd. L'homme a finalement été tué par "deux policiers de la sécurité publique qui étaient, eux aussi, visés". Le camion compte au moins une cinquantaine d'impacts de balles.

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Quel est le bilan de l'attentat du 14 juillet à Nice ?

Selon le ministère de l'Intérieur, qui a adressé un bilan à la presse le lundi 18 juillet 2016, 86 personnes sont décédées, 434 personnes ont été blessées lors de l'attentat de Nice. Une dizaine d'enfants faisaient partie des victimes. On compte parmi les victimes des Allemands, deux élèves et une professeure de Berlin. Ils étaient venus fêter le baccalauréat lors d'un voyage scolaire. On compte aussi deux Américains. Une étudiante russe du nom de Viktoria Savchenko est aussi décédée. Une Arménienne et un Ukrainien ont également été tués lors de l'attaque.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel : qui est le terroriste de Nice ?

L'auteur de l'attentat du 14 juillet 2016, décédé, est Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Niçois de 31 ans, de nationalité tunisienne, père de famille en instance de divorce. Des armes avaient été retrouvées par la police dans le véhicule, dont la majorité s'est avérée factice. Le terroriste a tout de même utilisé une vraie arme automatique pour tirer depuis le fourgon, notamment lorsque les policiers et un passant héroïque ont tenté de l'arrêter.

Le terroriste était chauffeur livreur, marié et père de famille et avait été condamné en 2016 à 6 mois de prison avec sursis pour violence avec arme. Il était en revanche inconnu des services de renseignement et n'avait jamais fait l'objet d'une fiche pour radicalisation. L'AFP avait par ailleurs diffusé des témoignages de voisins qui évoquaient un homme "silencieux" et "solitaire". Selon son père, l'auteur de la tuerie de Nice Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait traversé des "périodes difficiles" et souffrait de troubles psychiatriques qui l'avaient forcé à consulter un psychiatre et à suivre un traitement. Le procureur avait indiqué que le terroriste "s'était rendu à plusieurs reprises sur la Promenade des Anglais" ce que l'on peut interpréter comme une volonté d'effectuer des repérages avant de commettre son forfait.

Y a-t-il eu une revendication après l'attentat de Nice ?

Une revendication de Daesh a été émise au sujet de l'attentat de 2016 à Nice. L'attentat a été revendiqué près de 30 heures après l'attaque, par l'Etat islamique. Le groupe terroriste a publié sa revendication via son organe de propagande Amaq. Dans son communiqué, l'EI présentait le terroriste de Nice comme "un soldat". Pour autant, l'enquête n'a pas permis d'établir la véritable nature des liens entretenus entre Mohamed Lahouaiej Bouhlel et le groupe EI. L'homme a été présenté comme un déséquilibré s'étant radicalisé très rapidement avant son passage à l'acte. Les enquêteurs ont par ailleurs trouvé dans son ordinateur des "photos en lien avec l'islam radical, en particulier des combattants arborant le drapeau du groupe terroriste Daech" ainsi que "des couvertures du journal Charlie Hebdo, des photos de Ben Laden".

​​​​Les images de Nice après l'attentat du 14 juillet

Un an après l'attentat, Paris Match a diffusé des images extraites de la vidéosurveillance de la police niçoise, capturées le soir du 14 juillet 2016. Plusieurs associations de victimes se sont indignées de la publication des ces photos "publiées sans précaution aucune, portant atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches", dénonçant par l'intermédiaire de leur avocat une volonté de "créer une atmosphère morbide et voyeuriste", "pour faire du sensationnel". Le maire de Nice, Christian Estrosi a jugé que ces images étaient "insoutenables et abjectes". Finalement, le numéro de Paris Match avait été autorisé à rester en kiosque. Il a été estimé que les images publiées par l'hebdomadaire ne troublaient pas l'ordre public, mais également que "le retrait des kiosques du numéro litigieux ne saurait constituer une mesure efficiente, dès lors que le numéro litigieux est déjà en vente." En revanche, Paris Match a reçu interdiction de publier à nouveau deux photos de l'attentat, que ce soit sur papier ou sur internet. Ces deux clichés porteraient, selon la justice, "atteinte à la dignité humaine". On y apercevait en effet des silhouettes de victimes de l'attentat de Nice.

Que montraient les photos de Paris Match publiées un an après l'attentat ?

Le dossier de Paris Match était composé de deux parties. La première était consacrée à la soirée du drame, intitulée "Soudain le camion kamikaze". De nombreuses photos d'illustration montraient le camion engagé sur la promenade des Anglais. Deux d'entre-elles montraient l'engin en train de percuter plusieurs personnes. Des victimes apparaissaient sur les images, sur la calandre ou sous les roues du camion, mais celles-ci étaient trop floues pour permettre leur identification. Paris Match a publié par ailleurs l'image de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le terroriste, mort dans la cabine, après qu'il a reçu 12 balles tirées par la police. Sur un autre cliché, on découvrait les armes retrouvées dans le camion. Certaines de ses images auraient été placées sous scellés par les enquêteurs. La seconde partie du dossier était consacrée aux témoignages des victimes, avec des photos de ceux qui ont accepté de répondre aux questions de Paris Match. Sur une image, l'une des victimes apparaissait dans un fauteuil roulant, le buste et les jambes recouverts d'appareils de maintien.

Olivier Royant, le directeur de la rédaction, avait publié un court texte pour justifier la publication des photos controversées. "Notre rédaction a voulu rendre hommage aux victimes en allant à leur rencontre un an après, dans un devoir de mémoire, pour que la société n'oublie pas". Il considérait alors que les images "largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, et encore ces jours-ci dans des émissions de télévision à grande audience", étaient "des vues de loin, des plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité [...] publiées dans un souci de compréhension des événements". olivier Royant ajoutait : "Paris Match entend défendre bec et ongles le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s'est passé exactement. Il exercera avec responsabilité mais avec fermeté sa liberté d'informer qui est un fondement de la démocratie".