Débarquement de Normandie : 6 juin 1944, le D-Day les Alliés débarquent

Débarquement de Normandie : 6 juin 1944, le D-Day les Alliés débarquent Le débarquement sur les plages de Normandie des troupes alliées le 6 juin 1944 est un événement clé de la Seconde Guerre mondiale. Il marque le début de la libération de la France et le retrait progressif des forces d'occupation allemandes.

Résumé du débarquement de Normandie - Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), qui oppose les Alliés aux combattants de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon, etc.), le débarquement de Normandie, ou D-Day, est l'événement qui va permettre la libération de la France. Le pays est en effet occupé par les Allemands depuis le 22 juin 1940. De plus, avec 15 000 blockhaus et de nombreux pièges, les Allemands ont construit le mur de l'Atlantique en fortifiant les côtes françaises pour empêcher toute aide extérieure. Pensé au début de l'année 1944, le débarquement a pour objectif d'attaquer l'occupant par surprise pour libérer une zone stratégique d'accès au littoral nord. L'opération Neptune débute par le parachutage de combattants chargés de prendre le contrôle de certains points stratégiques et le bombardement des défenses côtières allemandes. Au petit matin du 6 juin 1944, les forces alliées, Américains, Britanniques et Canadiens principalement, plus de 156 000 hommes, débarquent en masse sur cinq plages de Normandie. Les plages sont conquises dès le premier jour, l'opération est un succès.

Quand le débarquement de Normandie a-t-il eu lieu ?

Le débarquement de Normandie s'est déroulé le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie entre Cherbourg et Le Havre. Le plan initial prévoyait le déclenchement de l'attaque, l'opération Neptune, le 1er mai 1944, mais les préparatifs n'étaient pas au point et surtout la météo capricieuse obligeait à retarder les opérations. C'est finalement une éclaircie météorologique annoncée au soir du 5 juin qui va précipiter le coup d'envoi lancé par le général Eisenhower, commandant en chef des armées alliées. Opération favorisée, il faut le préciser, par une duperie des Alliés (opération Fortitude) incitant les Allemands à attendre un potentiel débarquement dans le Nord-Pas-de-Calais. De fait, sur la côte normande, ils ne restent que 50 000 soldats allemands.

Quels étaient les combattants du débarquement ?

Le front ouvert par les Alliés ce 6 juin 1944 met en scène 156 000 hommes, pour l'essentiel Américains, Britanniques, Canadiens et Français (un peu plus de 3 000 Français, soit près de 2 % des effectifs). C'est une véritable armada qui se déploie constituée de 5 divisions d'infanterie, 3 divisions aéroportées et 200 000 véhicules dont environ 10 000 avions. Par mer, grâce aux 200 bâtiments de guerre, ce sont 133 000 hommes qui débarquent le jour J, soit 59 000 Américains, 54 000 Britanniques, 21 000 Canadiens et 177 Français. Par air, ils sont 23 000 hommes, dont 13 000 parachutistes américains et 10 000 Britanniques. En face, les Allemands sont évalués à moins de 150 000 hommes, dont seulement 50 000 dans la zone du débarquement, et une seule division blindée à proximité des plages. L'aviation allemande comporte moins de 500 appareils et la marine environ 45 bâtiments et 35 sous-marins.

Sur quelles plages a eu lieu le débarquement de Normandie ?

L'opération Neptune débute avec le positionnement de deux sous-marins britanniques à proximité des cinq grandes plages normandes dont les noms sont codés. Les premiers débarquements ont lieu sur Utah Beach à 6h30, à l'ouest entre Sainte-Marie-du-Mont et Quinéville, où l'objectif est de gagner rapidement le port de Cherbourg. Omaha Beach, dite "la sanglante" en raison du nombre de pertes américaines, comprend les communes de Colleville, St-Laurent-sur-Mer et Vierville-sur-Mer. Les Britanniques débarquent quant à eux sur Gold Beach, à proximité d'Arromanches où un gigantesque port artificiel est monté pour permettre l'approvisionnement des troupes alliées sur terre. Juno Beach est la plage d'ancrage de 14 000 jeunes Canadiens dont la moitié périra sous la défense allemande. Sur le flanc est, Sword Beach permet de libérer immédiatement Ouistreham. Avec Juno Beach, le site d'Omaha Beach fut le plus meurtrier pour les soldats américains : le bilan reconstitué fait état de 850 tués, 2200 blessés et 720 disparus. Des cimetières provisoires sont improvisés pour les soldats dès le début de l'opération par les Alliés.  Les corps des parachutistes tués sont par exemple enveloppés dans leur toile de parachute, un aumônier américain se tenant auprès d'eux.

La carte des plages du débarquement

Le débarquement de Normandie, dont on visualise les plages sur cette carte, a fait partie d'une opération visant à réaliser dans le Nord-Ouest de la France une "tête de pont" des Alliés suffisamment étendue. En géostratégie militaire, une "tête de pont" représente un périmètre conquis dans lequel des troupes militaires peuvent manœuvrer librement afin de poursuivre leurs conquête territoriale, et qui sert ensuite de base d'appui logistique ou de zone stratégique de repli. Les plages sur lesquelles ont débarqué les Alliés en Normandie ont ainsi servi de tête de pont afin de libérer l'Europe du joug nazi.

Carte du débarquement en Normandie
Carte des plages du débarquement © Normandie Tourisme

Les parachutistes du débarquement de Normandie

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, 300 éclaireurs sont parachutés dans les marais de la presqu'île du Cotentin, avec pour mission de baliser les terrains d'atterrissage des planeurs qui suivent. Au total, ce sont 23 500 parachutistes de trois divisions aéroportées qui sont lâchés derrière les lignes allemandes, avec pour objectif essentiel de dégager Utah Beach et de bloquer l'accès au pôle stratégique de Cherbourg. À l'intérieur des terres, la Résistance est avertie du débarquement grâce au fameux message codé émis par la BBC "Les sanglots longs des violons de l'automne (…)". Pour compléter cette stratégie, au matin du 6 juin à 5h30, les avions alliés bombardent les fortifications allemandes sur les cinq plages et les falaises environnantes.

Parachutiste du débarquement
Big Jim accroché à Sainte-Mère-Église © David Vincent/AP/SIPA

Un parachutiste américain est resté dans l'histoire à Sainte-Mère-Église. Le parachute de John Steele est en effet resté accroché au clocher de l'église de la petite commune normande dans la nuit du 5 au 6 juin. Son unité qui avait pour but de prendre la ville en vue du débarquement allié, a été parachutée au-dessus, mais le soldat américain a joué de malchance. Ne réussissant pas à se détacher, il décide de faire le mort jusqu'à ce qu'un soldat allemand vienne le décrocher. John Steele est finalement fait prisonnier, mais il réussi à s'évader trois jours plus tard. Le souvenir de cet épisode est relaté dans le film Le Jour le plus long. Sainte-Mère-Église conserve également un mannequin surnommé "Big Jim" accroché à son église.

Combien de morts comptabilise le débarquement ?

Selon les chiffres du mémorial de Caen, le débarquement de Normandie comptabilise 10 470 tués, blessés ou portés disparus. Les cimetières blancs sur les falaises, notamment celui d'Omaha Beach qui à lui seul concentre 3/5 des pertes alliées, témoignent du prix de ces actions souvent chaotiques. Les Américains déplorent 3 400 morts et disparus, les Britanniques 300 et les Canadiens 335. À la sortie des opérations, les officiels avouent qu'ils s'attendaient à davantage de morts… En face, les pertes allemandes sont évaluées entre 4 000 et 9 000. Par ailleurs, ce jour-là, les bombardements des villes normandes et des nœuds de communication causent la perte de 2 500 civils.

Quelles sont les conséquences du débarquement ?

Dès le lendemain du débarquement de Normandie, Bayeux est la première ville clé libérée. Avec le débarquement, a débuté la bataille de Normandie (opération Overlord) qui se termine le 1er septembre 1944 avec la libération de Dieppe. De nombreuses batailles se dérouleront tout l'été partout en Normandie pour récupérer les principales villes. Paris est libérée dès le 25 août 1944. L'opération Overlord est une réussite totale selon les officiels, puisque les Alliés réussissent à pénétrer le territoire français, contraignant les forces allemandes à se replier vers l'est. Dans les semaines qui suivent, les Alliés progressent vers l'intérieur du pays. Parallèlement, la Résistance française participe activement et facilite la libération de la France. Un second débarquement est programmé en Provence le 15 août 1944 qui permet une avancée à partir du sud du pays. A l'est de l'Europe, l'armée russe progresse de la même façon. Les Alliés avancent ainsi petit à petit jusqu'en Allemagne. Le Reich capitule le 8 mai 1945.

Chronologie du débarquement de Normandie

Au début du mois de juin 1944, au sud de l'Angleterre, les Alliés se préparent pour la plus grande opération logistique jamais vue. A Southampton, Newhaven ou Weymouth, camions, armes, munitions et hommes sont chargés à bord de milliers d'embarcations, du destroyer à la péniche.

Mardi 6 juin 1944, 1 heure du matin - Les hommes de la 101e division aéroportée américaine survolent la Manche à bord d'un C-47. A partir d'1h20, les parachutistes se jettent dans les ténèbres. Plus de 6 000 hommes atterrissent autour de Carentan et de Sainte-Mère-Eglise. Ils doivent détruire des ponts et s'emparer des routes pour protéger le débarquement marin à Utah beach, prévu pour le petit matin. Souvent mal largués, les hommes s'organisent en petites bandes et tentent de se regrouper avant le lever du jour.

Mardi 6 juin 1944, 5 heures - Le jour qui se lève est maussade. Les hommes se préparent pour l'Heure-H. En fin de nuit, beaucoup sont passés des navires de transports aux barges de débarquement. En tout, ce sont plus de 1200 vaisseaux de guerre et 700 bateaux de soutien qui stationnent à 10 milles nautiques puis s'avancent vers les côtes. D'ici la tombée de la nuit, 156 000 soldats américains, britanniques, canadiens, ou membres de la France libre poseront le pied sur le sable normand.  

Mardi 6 juin, petit matin - La bannière étoilée flotte au dessus de la Manche. Ce sont 59 000 soldats américains qui se préparent à mettre le pied sur le sol normand. Les navires se suivent en files régulières à l'approche des côtes. Chacun d'eux est relié à un ballon captif par un câble d'acier. Celui-ci permet d'éviter le passage des avions ennemis à basse-altitude.

Mardi 6 juin 1944, 6h30 - C'est l'heure-H. Navires et barges se précipitent vers Omaha et Utah Beach. Les premiers chars roulent sur le sable tandis que les soldats progressent dans l'eau froide.

Mardi 6 juin 1944, 7h30 - L'embarcation, un LCVP ("Landing craft, vehicule, personnel") approche à 12 noeuds de la côte avant de ralentir au contact du sable. Le feu ennemi gronde et les hommes avancent vers la plage. Les garde-côte ont de l'eau jusqu'à la taille et leur paquetage sur le dos.

Mardi 6 juin 1944, dans la matinée - Les canons du cuirassé USS Nevada tirent leurs lourdes charges en direction de la batterie d'Azeville, puissante casemate du Mur de Normandie située tout près d'Utah Beach (cette poche de résistance allemande ne tombera que le 9 juin). La précision des tirs du navire devient légendaire, en atteignant des cibles situées à plus de 30 kilomètres. 

Mardi 6 juin 1944, vers 11 heures - Un LCI (Landing Craft Infantry) débarque d'autres soldats. Les tirs allemands se sont calmés autour du Widerstandsnest 62, un élément du mur de l'Atlantique situé à proximité d'Omaha Beach. A cet instant, les combattants allemands manquent peut-être de munitions... 

Mardi 6 juin 1944, mi-journée - Les renforts arrivent à Omaha Beach, près de Saint-Laurent-sur-Mer. Trois LCVP débarquent, contenant chacun 200 hommes. La plage est constellée de combattants et couverte d'une fumée blanche. Elle naît des explosions et des incendies allumés dans l'herbe pour aveugler l'artillerie allemande. Quelques positions stratégiques situées le long de la côte ont déjà été prises. 

Mardi 6 juin, mi-journée - Les renforts continuent d'arriver à Omaha Beach mais les obstacles s'accumulent. La progression des véhicules est rendue difficile. Six heures après la marée basse, la mer est au plus haut : les soldats arrivent sur un monticule de galets puis doivent franchir une zone de 200 mètres de marécages. Au loin, on aperçoit les hommes grimpant en file indienne le talus d'une cinquantaine de mètres de hauteur qui domine la plage. Sur le plateau, ils doivent s'emparer des villages de Saint-Laurent, Vierville ou Colleville. Ce dernier est attaqué par les premiers groupes de soldats américains à 13 heures.

Mardi 6 juin 1944, 13h30 - "Caen sous les bombes". Les stratèges britanniques et américains sont unanimes : Caen doit tomber dès le premier jour. La cité est un important nœud ferroviaire vers Paris et possède un aérodrome vital pour les Alliés au moment d'établir une solide tête de pont sur le continent. Les bombardiers commencent à pilonner la ville en début d'après-midi. Mais il faudra près de deux mois pour conquérir Caen. 

Mardi 6 juin, après-midi - "Sword Beach, cible des Britanniques". Depuis le matin, la seconde armée britannique s'est battue à Sword Beach, une plage longue de huit kilomètres entre Ouistreham et Saint-Aubin-sur-Mer. C'est la plus à l'est des cinq plages du débarquement et c'est d'ici que les troupes doivent se diriger en direction de Caen.

Mercredi 7 juin, 9h40 - "Le naufrage de l'USS-Tide". Les soldats entendent une explosion retentir au large d'Utah Beach. Le dragueur de mines USS-Tide vient de sauter sur un des explosifs bordant la côte. Cinq hommes sont morts, le navire prend l'eau et penche dangereusement. Les hommes à bord parviennent à être transbordés sur d'autres bateaux avant que l'USS-Tide ne sombre au large de Barfleur.

Vendredi 9 juin 1944 - Des soldats de la Wehrmacht ont été surpris près de Ravenoville, dans la Manche, à quelques kilomètres d'Utah Beach. Les Allemands, qui attendaient une attaque sur le Pas-de-Calais, furent surpris par l'ampleur du débarquement. Mais leur résistance fut souvent désespérée et des exactions sont commises dans les deux camps. Il faudra près de deux mois aux Alliés pour s'assurer le contrôle de la Normandie.

Samedi 10 juin 1944 - Le plus dur commence peut-être pour les Alliés. Ils craignent en effet que l'Allemagne ne regroupe ses forces pour contrer leur offensive. Le ravitaillement et la construction d'un port provisoire débutent pendant que les soldats continuent de se battre dans le bocage. Des dizaines d'embarcations continuent d'accoster à Omaha Beach. 

Août 1944 - Saint-Lô, la préfecture de la Manche est une ville martyr. Comme la plupart des villes normandes, elle a subi batailles de rues et bombardements massifs. On estime que la Bataille de Normandie, décisive pour la Seconde guerre mondiale aurait causé la mort de plus de 50 000 civils.

XXe siècle