Test PCR, sérologique, salivaire et antigénique : quel test doit-on faire ?

Test PCR, sérologique, salivaire et antigénique : quel test doit-on faire ? TEST COVID - Les tests de dépistage continuent de se diversifier. Au Canada, il est désormais possible de faire un test pour potentiellement détecter le coronavirus par le biais d'un bain de bouche ! D'autres méthodes existent, le point.

[Mis à jour le 22 septembre 2020 à 16h27] Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les tests de dépistage sont au cœur du débat. Sont-ils efficaces  ? Rapides ? Adaptés à tout le monde ? Les questions ne cessent de fuser. Au Canada, un nouveau type de test a été mis au point pour les enfants, adolescents et jeunes adultes âgés de quatre à dix-neuf ans : sous forme de bain de bouche ! Bien plus agréable que les tests PCR avec un écouvillon dans le nez, ils ont été autorisés par l'Etat de Colombie-Britannique du pays à la feuille d'érable. Les résultats de ces tests ont été comparés à ceux des PCR, et ils sont très proches, ce qui démontre l'efficacité de ce dépistage au bain de bouche. Le responsable de la Santé dans cet Etat, le docteur Henry, a expliqué au micro de CNN le procédé de ce nouveau test indolore. "C'est un nouveau gargarisme salin où vous mettez un peu de solution saline normale, donc de l'eau stérile, dans votre bouche et vous la faites tourner un peu et vous la crachez dans un petit tube" expose-t-il. Elle doit être gardée pendant trente secondes dans la bouche. Pour réaliser ce test, quelques conditions en plus de l'âge sont à remplir. Il est recommandé d'éviter de manger, boire, se brosser les dents, ou encore de mâcher un chewing-gum quelques heures avant le test de dépistage. L'extension de ce test aux adultes pourrait avoir lieu rapidement.

Détecter le Covid-19 est possible grâce à différents tests de dépistage. Certains sont faits par le biais de prises de sang, d'autres avec un écouvillon dans le nez. Il n'est pas forcément évident de s'y retrouver sachant que des tests ne sont pas accessibles à tout le monde. Voici le bilan détaillé de toutes les méthodes de dépistage possibles.

Les tests virologiques (PCR)

Ils permettent de déterminer si une personne est porteuse du Covid-19 au moment du dépistage. Le test est pratiqué par des laborantins, infirmiers, médecins au moyen d'un prélèvement par voie nasale ou salivaire. Ce test au coronavirus n'est pas le plus plaisant pour les patients puisque la personne habilitée va insérer un écouvillon, une sorte de long coton-tige, dans le nez afin d'y prélever des cellules nasales. Attention, ce test permet seulement de savoir si vous êtes porteur du Covid-19 au moment du test.

Les tests sérologiques

Ces derniers permettent de rechercher si une personne a développé une réaction immunitaire après avoir été en contact avec le virus. Ces tests sont pratiqués au moyen de prises de sang traditionnelles ou de kits de prélèvements rapides. La liste des dispositifs jugés "fiables" est disponible sur le site du ministère de la Santé. Ils sont remboursés par la sécurité sociale lorsqu'ils entrent dans le cadre des indications définies par la Haute Autorité de Santé. Il existe deux façons de réaliser ce test, par prise de sang ou par simple prélèvement d'une goutte de sang. Le premier nommé est un test ELISA et ne sera pas remboursé s'il n'est pas prescrit sur ordonnance, le résultat du test devra également attendre quelques heures. Le second  s'appelle le test TROD. Ce dernier est réalisable dans votre pharmacie avec un prix non négligeable de 10 à 15 euros (pas remboursé). "C'est un test immunologique qui permet de détecter la réaction du corps à l'infection virale (...) S'il y a présence d'anticorps, ça va apparaître sur la plaque, il y aura un petit trait horizontal" qui confirmera la contamination, a expliqué à l'AFP le pharmacien Pierre Fritz installé à Strasbourg.

Les tests salivaires

Comment fonctionnent-t-ils ? Grâce au prélèvement de quelques gouttes de salive, mélangées à un réactif, vous pouvez savoir si vous êtes positif au Covid-19. Pour l'heure cette forme de dépistage est toujours en cours d'étude mais Olivier Véran s'est montré optimiste le 27 août dernier lors d'un long point presse. "Si l'intérêt actuel se porte beaucoup sur l'élaboration d'un médicament ou vaccin contre le coronavirus, "l'innovation concerne aussi la biologie médicale de manière à faciliter les tests. Je pense notamment aux tests salivaires qui pourraient être demain des tests rapides, faciles. "Des études sont en cours à Paris mais également en Guyane et dans d'autres endroits en France pour répondre à une question: trouve-t-on autant de virus dans la salive qu'au fond des fosses nasales?" 

Au cours d'une conférence de presse en ligne ce vendredi 18 septembre, la Haute autorité de santé (HAS) a jugé fiable le recours aux tests salivaires de dépistage du Covid. Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) a toutefois indiqué que ce test serait uniquement pour les personnes présentant des symptômes car avec ce test "on raterait plus de 75% " des infections en raison de performances insuffisantes" explique-t-elle.

Quels sont les essais sur les tests salivaires ? 

Un essai baptisé "Covisal" a démarré fin juillet en Guyane afin de valider le fait que la salive soit un bon échantillon pour réaliser un test au Covid. Il consiste à prélever deux fois en prélevant du mucus dans le nez et en recueillant de la salive les personnes symptomatiques se présentant aux urgences du CHU de Cayenne pour suspicion de Covid-19.

Un second essai baptisé de son côté " Salicov " doit bientôt être lancé à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avec pour objectif d'évaluer l'intérêt des prélèvements salivaires dans le cadre d'un dépistage. C'est dans ce protocole que des tests salivaires déjà autorisés aux Etats-Unis et ceux développés par d'autres chercheurs non homologués pourraient avoir une validation en France.

Enfin, un troisième essai "EasyCov" est également en cours d'investigation. Il s'agit d'un test salivaire rapide qui est développé par le CNRS et le CHU de Montpellier. Des résultats intermédiaires devraient être communiqués à la fin du mois de septembre. La technique de ce test salivaire consiste à chauffer le tube contenant la salive et des réactifs à 65 °C pour rendre lisible la signature génétique du virus. Il suffit d'une heure pour obtenir le résultat, contre plusieurs heures pour la RT-PCR : si c'est jaune c'est positif, si c'est orange c'est négatif. Le coût sera autour de 30 à 35 euros.

Les tests antigéniques

Un résultat en 15 minutes ! C'est en tout cas la promesse de ce nouveau test qui est utilisé dans les hôpitaux de l'AP-HP depuis le mercredi 9 septembre. Le test, toujours réalisé par un prélèvement avec un grand coton-tige dans le nez, recherche les protéines du virus et non son ADN comme les tests PCR. Pour cela, les particules sont mélangées avec un réactif et le résultat est obtenu au bout de quinze ou vingt minutes. Un test prometteur qui permettrait de diagnostiquer plus de monde et de désengorger les laboratoires. En revanche, si ce dernier est fiable, Jean-Michel Pawlotsky, chef du service biologie et pathologie de l'hôpital Henri Mondor de Créteil, explique qu'il est moins "sensible" et qu'il pourrait "y avoir des négatifs chez des sujets qui ont des quantités de virus relativement faibles."

Un arrêté du mercredi 16 septembre stipule que les tests "antigéniques" sont dorénavant autorisés à grande échelle, mais seulement pour les personnes asymptomatiques. "Des opérations collectives de dépistage par des tests rapides nasopharyngés d'orientation diagnostique antigéniques peuvent être autorisées par le ministre chargé de la Santé, sur proposition des directeurs généraux des agences régionales de santé intéressés, [...] afin notamment de décharger les laboratoires de biologie médicale de certaines patientèles et d'améliorer les délais de transmission des résultats des tests RT-PCR" précise le texte. Les individus présentant des symptômes ou étant des "cas contacts" ne peuvent pas se faire dépister par ce biais. L'arrêté ajoute que le test est un "élément d'orientation diagnostique n'ayant pas vocation à se substituer au diagnostic réalisé par [...] RT-PCR".  Si une personne est déclarée positive après s'être faite dépistée à l'aide de cette méthode d'examen, un test RT-PCR doit être effectué.

Les auto-tests

Pour l'heure, la France interdit toujours ce qu'on appelle l'auto test. Une entreprise alsacienne espère pourtant bientôt commercialiser, au grand public, des auto tests rapides de diagnostic du Covid-19. Le principe de ce test au coronavirus est simple et ressemble comme deux gouttes d'eau au TROD : il faut se piquer le bout du doigt, prélever une goutte de sang, la déposer sur un petit test, et ajouter deux gouttes de diluant. L'auto test est toujours en cours d'homologation.

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