Ecole et Covid : port du masque, vaccination des ados... Ce qu'on sait

Ecole et Covid : port du masque, vaccination des ados... Ce qu'on sait ECOLE ET COVID. Le port du masque n'est plus obligatoire en cours de récréation et les adolescents de 12 ans à 17 ans peuvent se faire vacciner depuis le 15 juin. Il y a toutefois des nuances à connaître sur ces mesures. Linternaute.com fait le point.

[Mis à jour le 18 juin 2021 à 17h20] Quelles sont les dernières infos sur le Covid en lien avec l'école ? Depuis le 17 juin, le port du masque n'est plus obligatoire en extérieur dans les cours de récréation des écoles, collèges et lycées. Il reste en revanche obligatoire de garder son masque aux abords des écoles, notamment à l'entrée et à la sortie des enfants, ce qui crée des rassemblements de parents importants au même endroit. Le masque reste également obligatoire à l'intérieur des écoles, de la crèche à l'université, pour tous les personnels et élèves à partir de 6 ans, comme mentionné par le protocole sanitaire actuel. Il doit par ailleurs s'agir d'un masque chirurgical ou en tissu de catégorie 1. 

Vaccination, autotests, fermetures de classe... Le récap' des infos clés dans cette page.

Autotests : comment ça marche ?

Dans son interview au JDD du 2 mai, Jean-Michel Blanquer a donné des précisions sur l'organisation du dépistage par autotests dans les lycées à partir du lundi 10 mai  : "Ce sera décidé à l'échelle de chaque établissement. On peut imaginer une approche assez simple : On choisit un lieu dédié à l'intérieur du lycée puis, classe par classe, les élèves viennent pratiquer leur autotest, sur le temps scolaire, sous la supervision d'un personnel médical, de médiateurs ou de volontaires. Nous avions déjà recruté 1 700 médiateurs pour aider au dépistage". 

  • Quel impact peuvent avoir les autotests sur l'épidémie ?

D'après des données citées par le Conseil scientifique Covid-19 dans un avis du 19 avril intitulé "Les autotests : une opportunité de santé publique", un dépistage hebdomadaire chez 75 % des élèves entraînerait une réduction de 50 % des contaminations. Sur ce point, le ministre de l'Education a confié au Journal du Dimanche le 2 mai : "C'est l'objectif fixé. Bien sûr, il faut l'accord de la famille. Mais je pense qu'elles vont jouer le jeu. Elles l'ont fait pour les tests salivaires : on a aujourd'hui 75 % d'approbation. Avec un taux de positivité, avant les vacances, qui avoisinait les 0,4 %". 

  • Bientôt des autotests au collège et en primaire ?

La Haute autorité de santé (HAS) autorise par ailleurs désormais les autotests pour les moins de 15 ans. A la question "Allez-vous les proposer aux collégiens et écoliers ?", le ministre de l'Education a répondu dans le JDD, toujours le 2 mai : "Pour l'école primaire, notre stratégie repose sur les tests salivaires. Nous développerons peut-être les autotests pour des classes de collège, fin mai, en plus des tests salivaires. Nous avons toujours été pragmatiques en analysant les retours de terrain. Il faut donc d'abord bien déployer cela au lycée. Le fait de tester dès maintenant tous les professeurs deux fois par semaine dans les écoles, collèges et lycées doit déjà permettre d'identifier les cas positifs et ainsi couper la chaîne de contamination au plus tôt".   

  • Qu'en pense le Conseil scientifique ?

Pour rappel, dans un avis rendu public le 22 avril, le Conseil scientifique explique que l'école doit être le lieu prioritaire des autotests de dépistage du Covid-19. "Pour les enfants des collèges et lycées, l'ATAG [autotest antigénique] est adapté" et devra faire l'objet d'un apprentissage en établissement, puis se faire " à domicile sous le contrôle des parents ". "Il apparaît qu'un rythme de un à deux tests par semaine avec une participation d'au moins 75 % des élèves permette d'avoir un impact très significatif sur le risque de diffusion scolaire du virus" insistent également les membres de l'instance. 

Vaccins pour les adolescents : que sait-on ?

Le chef de l'Etat Emmanuel Macron l'a annoncé le 2 juin : la vaccination est ouverte à l'ensemble des adolescents de plus de 12 ans à partir du 15 juin. Pour la Haute autorité de santé (HAS), cela relève d'un intérêt aussi bien collectif qu'individuel. Le professeur Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil et président du Conseil national professionnel de pédiatrie, a réagi à la question de la vaccination des adolescents auprès de franceinfo, le 2 juin.  

  • Quel est l'intérêt de vacciner aussi les adolescents ? 

Pour le Professeur Robert Cohen, "Pour eux, ce serait probablement une clef pour un retour à une vie normale. Ça veut dire, par exemple, une école avec une fréquentation normale, après les demi-jauges qu'on a connues, mais aussi une meilleure vie sociale". Le spécialiste relativise pour autant : "Toutefois, on ne va pas vacciner les adolescents à la place des adultes. Vacciner les adultes est plus efficace car ils ont plus de risques de faire des formes graves (...)". 

  • Si un ado veut se faire vacciner et que ses parents ne sont pas d'accord, peut-il quand même recevoir l'injection ? 

Selon le Pr Robert Cohen, "La vaccination des adolescents suppose leur accord et celui de leurs parents. C'est le cas pour tous les vaccins". L'expert précise espérer que les familles se mettent d'accord en faveur du vaccin. 

  • La vaccination des adolescents français est-elle réellement prioritaire, par rapport à celle des adultes des pays défavorisés en pénurie de vaccins ? 

"C'est une vraie question (...)" répond le Pr Cohen. "Je ne suis pas sûr que les adolescents soient le problème essentiel aujourd'hui. On peut imaginer que des variants vont survenir dans d'autres pays. Nous l'avons bien vu avec les variants brésilien, sud-africain ou encore indien, par exemple. On ne peut pas fermer nos frontières tout le temps. Je pense que ce problème se posera encore plus quand la question sera (...) de vacciner les enfants. Là, le poids de ce qui se passe dans les autres pays sera assez considérable".

Taux d'incidence du Covid : où en est-on ?

Géodes, l'observatoire cartographique de Santé publique France, publie des données hebdomadaires sur le taux d'incidence (pour 100 000 hab.) du Covid-19 chez les différentes classes d'âge. Pour rappel, le taux d'incidence est le nombre de nouveaux malades sur une période donnée (appelé l'incidence), que l'on rapporte à une population donnée (c'est ce qui en fait un taux). Les taux d'incidence estimés pour le Covid-19 s'expriment non pas en pourcentage mais en "100 000". Mais pour quoi faire ? Le taux d'incidence permet de mesurer la dynamique de l'épidémie : si le taux augmente, c'est qu'elle progresse. Le seuil d'alerte fixé par département en France l'a été à 50 / 100 000 par le gouvernement (pour la population générale), avec un seuil d'alerte maximal à 250 / 100 000. 

Quel taux d'incidence chez les 6-10 ans ? (école primaire)

Quel taux d'incidence chez les 11-14 ans ? (collège)

Quel taux d'incidence chez les 15-17 ans ? (lycée)

Protocole sanitaire

Le protocole sanitaire scolaire contre le Covid-19 a subi de nombreuses modifications depuis sa mise en application au printemps 2020. Retrouvez ses dernières mesures, ainsi que les plus emblématiques, sur notre page dédiée au protocole covid à l'école.

Des demi-jauges pour qui ?

En plus du déconfinement national, le lundi 3 mai a marqué la rentrée scolaire en présentiel des collégiens et lycéens, une semaine après les écoliers de primaire. Les collégiens ont donc en majorité repris le chemin des classes, avec l'aménagement suivant : les classes de 4e et 3e des 15 départements les plus touchés * par l'épidémie de Covid-19 sont en demi-jauge. Les lycéens de l'ensemble de l'Hexagone sont quant à eux retournés en cours en demi-jauge. 

NB. : les collégiens de 4e et 3e en demi-jauges retournent en cours en classe entière progressivement, à partir du lundi 31 mai

le Nord, l'Aisne, l'Oise, les Yvelines, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine, le Val d'Oise, le Val-de-Marne, l'Essonne, Paris, la Sarthe, la Loire, le Rhône et les Bouches-du-Rhône   

Cas de covid et fermeture

Le ministère de l'Education communique chaque vendredi sur le nombre de cas de coronavirus dans les établissements scolaires. D'après le dernier point de situation en date, celui du vendredi 11 juin *, on compte :

  • 6 884 cas de Covid confirmés chez les élèves (cumul sur sept jours), sur 12 400 000 élèves, soit 0,05% (contre 0,09% sur la semaine précédente), soit +979 en 24h
  • 418 cas de Covid confirmés chez le personnel (cumul sur sept jours), sur 1 162 850 personnels, soit 0,04% (contre 0,08% sur la semaine précédente), soit +68 en 24h

* données arrêtées au jeudi à 13h

Tests salivaires pour les élèves et personnels

(du lundi 31 mai au lundi 7 juin 2021)

  • 581 184 tests Covid proposés
  • 293 948 tests réalisés
  • 0,16% de tests positifs (contre 0,22% la semaine précédente)

"30% de risques en plus" de contracter le Covid-19 au contact d'enfants scolarisés

D'après un récent rapport cité par franceinfo, l'école est un lieu où le virus se propage fortement. Ledit rapport émane du groupe de réflexion Terranova, proche du centre-gauche. Il estime qu'il y aurait "30 % de risques de plus de contracter le virus" lorsqu'on est au contact d'enfants scolarisés. Un risque qui monterait même à "40 %" si les enfants sont en crèche. Pour Terranova, les protocoles mis en place dans les établissements scolaires ne sont donc pas suffisants.  

Dans son dernier avis, le conseil scientifique Covid-19 assurait toutefois que "les écoles ne semblent pas constituer des amplificateurs de transmission : la circulation du virus en milieu scolaire reflète plutôt celle qui est observée au sein de la collectivité", comme montré par une étude publiée fin février dans le British Medical Journal. Cela ne veut pas pour autant dire que les établissements scolaires ne jouent pas de rôle dans la propagation du virus. A la mi-mars, le conseil scientifique rappellait ainsi que le risque majeur est celui de la transmission du Covid-19 par les élèves à leurs parents ou grands-parents. Cette transmission est, selon l'étude ComCor menée par l'Institut Pasteur, plutôt "le fait des collégiens ou lycéens" que des écoliers de primaire. Le protocole sanitaire conserve donc toute son importance jusqu'à la fermeture des écoles, en particulier au moment des repas.

►Pour en savoir plus, consultez notre page dédiée au Covid chez l'enfant

Combien de fermetures de classes et d'écoles ?

Selon le dernier point de situation fourni par le ministère de l'Education, le vendredi 11 juin (données arrêtées au jeudi 10 juin à 13h), 19 structures scolaires * - (sur 61 500, soit 0,04%, contre 0,04% la semaine précédente) étaient fermées à cause de la pandémie de Covid-19 cette semaine-là. 2 709 classes (sur 528 400, soit 0,51%, contre 0,97% la semaine précédente) étaient également fermées ** sur cette même semaine. Un chiffre influencé par le renforcement du protocole sanitaire et les fermetures automatiques de classe dans toute la France à partir d'un seul cas de Covid (qu'il implique un variant ou non).

* Publiques et privées sous contrat

** Dans des  structures scolaires ouvertes

► Pour en savoir plus sur les fermetures des écoles, consultez notre page dédiée

Universités et covid

  • Depuis mercredi 19 mai, l'enseignement supérieur a pu redémarrer avec une jauge à 50% des effectifs. 
  • A partir du mercredi 9 juin, les établissements d'enseignement supérieur pourront effectuer l'organisation de leurs examens en présentiel ou en distanciel.
  • A la rentrée de septembre : il est prévu que les établissements d'enseignement supérieur rouvrent dans des conditions normales. 
    Le 10 mars dernier, la ministre de l'enseignement supérieure Frédérique Vidal a par ailleurs informé d'un gel des droits d'inscription à l'université à la rentrée 2021, pour la deuxième année consécutive, ainsi qu'un gel des loyers des résidences Crous (les résidences universitaires) "parce qu'on n'est pas encore sûrs que cet été va être tout à fait normal pour les emplois étudiants".

Quelle situation prévaut dans les universités au global ?

Les travaux pratiques sont maintenus dans les établissements ; les examens et les concours se tiennent avec un protocole renforcé ; les restaurants universitaires continuent à fonctionner, mais uniquement pour des repas à emporter ; et les bibliothèques universitaires restent ouvertes mais sur rendez-vous et dans le respect d'une jauge.
En parallèle, les étudiants se plaignent d'être déconsidérés, d'isolement, de difficultés à rester motivés dans leurs études ou encore de précarité. Les témoignages négatifs se sont multipliés ces dernières mois, depuis le démarrage du deuxième confinement, notamment sur les réseaux sociaux via le mot-dièse #étudiantsfantômes.

Covid-19 et Bac 2021

Pour le Bac 2021, afin, selon le ministre de l'Education de "tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat général et technologique", c'est le contrôle continu qui va être privilégié, que ce soit pour les élèves de Première ou de Terminale. Une mesure "à titre exceptionnel", alors que le nouveau bac devait entrer pleinement en vigueur cette année. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) initialement prévues en Première et en Terminale sont annulées. Elles sont remplacées par du contrôle continu, autrement dit par la prise en compte des notes du bulletin scolaire. Cette mesure concerne l'histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n'est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l'enseignement scientifique pour la voie générale. 
Les épreuves terminales du bac pour les enseignements de spécialité sont également remplacées par du contrôle continu. Ce sont les moyennes obtenues pour chaque matière de spécialité tout au long de l'année qui compteront à la place, et celles des deux premiers trimestres pour le dossier Parcoursup.
Seules les épreuves du Grand oral et de l'écrit de Philosophie auront lieu en présentiel, en juin prochain, a confirmé le gouvernement le 22 avril. Les épreuves de remplacement du bac 2021 auront quant à elles lieu en juin 2021.

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