Anne Hidalgo : sondages, programme... une candidature qui patine

Anne Hidalgo : sondages, programme... une candidature qui patine HIDALGO. La maire de Paris Anne Hidalgo se présente à l'élection présidentielle 2022. Mais la dynamique ne s'enclenche pas derrière la candidate du Parti socialiste, à la peine dans les sondages.

L'essentiel
  • Investie par le Parti socialiste, Anne Hidalgo se présente à l'élection présidentielle pour la première fois de sa carrière politique. La maire de Paris s'est entourée de la jeune garde du PS pour composer son équipe de campagne (Johanna Rolland, Mathieu Klein, Michaël Delafosse...) et s'appuie sur les soutiens de personnalités historiques du parti à la rose (François Hollande, Martine Aubry, Bernard Cazeneuve...). 
  • Hausse des salaires, principalement ceux des enseignants, baisse de la TVA à 5,5% sur les carburants, diminution de la vitesse sur les autoroutes, droite de vote à 16 ans, ISF climatique... la candidate à l'Elysée multiplie les propositions à quelques mois du scrutin. 
  • Les intentions de vote pour Anne Hidalgo sont pourtant faibles. Les instituts de sondage ne la créditent que de 4 à 6% des voix, tout juste le plafond minimal pour obtenir un remboursement des frais de campagne (5%). Malgré ces scores, elle refuse toute alliance avec l'écologiste Yannick Jadot.
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Anne Hidalgo à 5% dans le dernier sondage

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Chronique de campagne du 30 novembre. 14h47. Le dernier sondage réalisé par Harris Interactive pour Challenges et publié mardi 30 novembre 2021, crédite Anne Hidalgo de 5% d'intentions de vote au premier tour qu'importe le candidats de la droite. Un tel score la positionnerait en 7e place, loin derrière Emmanuel Macron et la droite, mais également derrière Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.

Anne Hidalgo ne parvient pas à faire décoller sa candidature. La prétendante à l'Elysée serait en passe de réaliser, au mieux, le même score que Benoît Hamon en 2017 (6,36%), qui était le plus faible résultat obtenu par le Parti socialiste pour un scrutin présidentiel. Malgré des soutiens de poids, la campagne s'annonce rude pour Anne Hidalgo, taxée de "parisianisme".

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Anne Hidalgo candidate à l'élection présidentielle

Après s'être déclarée candidate mi-septembre à Rouen (Seine-Maritime), Anne Hidalgo a été investie par le Parti socialiste le 14 octobre, après avoir battu Stéphane Le Foll lors d'une primaire interne qui n'en avait que le nom. La maire de Paris semblait désignée d'avance pour représenter les socialistes lors du scrutin présidentiel. Si lors des élections municipales de 2020, elle avait annoncé qu'elle ne souhaitait pas briguer l'Elysée, l'élue de 62 ans s'est finalement lancée dans la course et entend aller au bout de son ambition avec son propre projet.

Quel est le programme d'Anne Hidalgo pour la présidentielle ?

Désormais officiellement dans la course à l'Elysée, Anne Hidalgo dévoile petit à petit son programme, notamment dans son prochain livre. Parmi les propositions formulées, une mesure choc : doubler le salaire des enseignants ou, plus précisément, "multiplier par deux au moins le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves". Une ambition qu'elle juge "possible", même si il s'agirait "pour commencer, d'aligner a minima le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d'un bac + 5". Augmenter le SMIC de 150 euros est également inscrit à son programme, tout comme l'abaissement de la TVA à 5,5% sur les carburants (contre 20% actuellement). Elle prône également une baisse de la vitesse sur les autoroutes, le droit de vote à 16 ans, le droit à mourir dans la dignité et veut "empêcher la fermeture de 5 700 lits d'hôpitaux". La candidate a par ailleurs annoncé faire de la santé mentale une "grande cause du quinquennat".

Ces annonces s'inscrivent dans la volonté d'Anne Hidalgo de soumettre aux Français des "propositions très fortes" sur l'école, la santé et le logement, "pour tenir à nouveau la promesse républicaine d'égalité", comme elle l'avait assuré au Point. Par ailleurs, elle n'exclut pas "[d']imaginer bien sûr un revenu pour celles et ceux qui assistent un parent, un enfant malade ou qui, par leur action, associative par exemple, font œuvre utile pour la société." La maire de Paris veut également donner davantage de poids à l'Assemblée nationale et au Sénat dans le pouvoir de nomination, promeut "une réforme des institutions" et souhaite "transférer plus de pouvoirs".

Si tous les détails de son programme ne sont pas encore connus, Anne Hidalgo en essaime les grandes lignes directrices : "un projet qui rassemble autour des valeurs de la République", s'inscrivant dans une gauche "humaniste, républicaine et écologiste" comme elle l'a confié au Point. Laïque convaincue, elle ne "fer[a] pas campagne sur le wokisme".

Quels sont les résultats des sondages pour Anne Hidalgo ?

L'annonce de son investiture et le lancement officiel de sa candidature n'ont rien changé. Anne Hidalgo est à la peine dans les sondages depuis qu'elle est testée. La maire de Paris atteint péniblement, au maximum, les 6% d'intentions de vote et chute, selon les enquêtes, à 4% des suffrages. Elle se positionnerait ainsi derrière Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Son score pourrait ne pas dépasser celui de Benoît Hamon en 2017 (6,36%).

Biographie d'Anne Hidalgo

Native de San Fernando, en Andalousie (Espagne), le 19 juin 1959, Anne Hidalgo arrive en France en 1962 avec ses parents - des républicains espagnols - et sa grande sœur. Après avoir fui Franco, la famille s'installe à Lyon (Rhône) dans le quartier populaire de Vaise, mais personne ne parle Français. Celle qui est jusqu'ici prénommée Ana devient Anne en 1973 lorsqu'elle obtient la nationalité française. Elle est alors âgée de 14 ans.

Au cours de ses études, Anne Hidalgo décroche une maitrise de sciences sociales du travail et un DEA de droit social et syndical. En 1982, elle intègre même le concours national de l'inspection du travail, une rareté pour une femme à l'époque. Après deux ans de formation, et à tout juste 23 ans, elle occupe un premier poste à Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Elle gravit les échelons un à un et prend la direction de l'Institut national du travail en 1989. Au cours de cette période, elle voit arriver ses deux premiers enfants (en 1986 et 1988), nés d'une première union.

Les années 1990 marquent un tournant dans sa carrière. En 1993, Anne Hidalgo intègre la délégation à la formation professionnelle du ministère du Travail, puis part en 1995 et 1996 à Genève comme chargée de mission au Bureau international du travail. Entre temps, elle intègre le Parti socialiste (1994). A son retour en France, elle devient chargée de mission auprès du directeur des ressources humaines de la Compagnie générale des eaux. Puis Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi, la fait entrer en politique en tant que conseillère technique à son cabinet. Nous sommes en 1997 : une année marquée par sa rencontre avec son actuel mari, Jean-Marc Germain (lire plus bas). S'en suivent deux autres cabinets ministériels jusqu'en 2002 : celui du secrétariat d'Etat aux Droits des femmes et à la Formation professionnelle puis du ministère de la Justice.

En 2001, le nom d'Anne Hidalgo apparaît pour la première fois dans une campagne pour les élections municipales à Paris. Candidate dans le 15e arrondissement, elle est battue par la droite mais entre au Conseil de Paris. Mieux, le maire d'alors Bertrand Delanoë (PS) la nomme première adjointe. Sept ans plus tard, le scénario est le même : la droite conserve le 15e au second tour mais le maire sortant rempile pour un mandat et maintien la Franco-espagnole (elle a la double nationalité depuis 2004) dans ses fonctions. En 2014, désignée dauphine de Bertrand Delanoë, elle est élue maire de Paris, puis confortée à nouveau en 2020.

Anne Hidalgo s'est également présentée deux fois aux élections législatives, en 2002 (12e circonscription) et en 2008 (13e), sans jamais remporter le scrutin. Elle fut par ailleurs conseillère régionale entre 2004 et 2014 et est, depuis 2016, première vice-président de la métropole du Grand Paris.

Anne Hidalgo maire de Paris

Elue maire de Paris depuis 2014, Anne Hidalgo est autant admirée que critiquée dans ses fonctions. Diriger la capitale, une immense tâche pour l'ancienne adjointe à l'urbanisme, qui n'a pas augmenté les impôts, bien que la dette communale se soit envolée à plus de 6 milliards d'euros.

Côté logements, le mandat d'Anne Hidalgo a été marqué par l'atteinte d'un seuil de 23% de logements sociaux alors que, dans le même temps, les prix de l'immobilier n'ont pas cessé d'augmenter (10 000€/m² en moyenne). L'encadrement des loyers et la régulation d'AirBnb ont aussi été mis en place.

Sur le plan des mobilités, l'élue a mené (et mène toujours) un combat pour repousser les voitures hors de Paris, la dernière mesure instaurée étant la généralisation des 30km/h dans la capitale, après avoir piétonnisé les berges de Seine. Les pistes cyclables se sont aussi considérablement développées, tout comme les services de mobilités en libre-service (vélo, trottinettes, voitures électriques), non sans créer quelques tensions entre piétons, cyclistes et automobilistes. Anne Hidalgo est également la maire qui a porté la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques 2024, avec succès, malgré un coût exorbitant.

Les opposants de la future candidate à la présidentielle lui reprochent d'avoir "enlaidi" la capitale au cours de son mandat et les remarques d'habitants lors de la campagne des élections municipales ont beaucoup tourné autour de la propreté. Le hashtag #saccageparis a d'ailleurs été abondamment partagé sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Il est également reproché à Anne Hidalgo une gestion clanique des dossiers, quand d'autres saluent son courage.

Qui est le mari d'Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain ?

Depuis 1999, Anne Hidalgo partage sa vie avec Jean-Marc Germain. Le couple s'est rencontré en 1997 lorsque tous les deux travaillaient au cabinet de Martine Aubry, alors ministre de l'Emploi et de la Solidarité. Ensemble, ils ont un fils en 2002, Arthur Germain, qui s'est fait connaître pour sa traversée de la Manche, puis se marient en 2004.

Jean-Marc Germain était lui aussi un homme politique. Âgé de 55 ans, polytechnicien, il passe de cabinet de ministère en cabinet de ministère à la fin des années 1990, avant de rejoindre Martine Aubry à la mairie, puis à la Métropole de Lille de 2004 à 2012. Il la suit également lorsqu'elle devient première secrétaire du Parti socialiste (2008-2012).

En 2012, il se présente aux élections législatives, sur la 12e circonscription des Hauts-de-Seine. Il est élu député, puis perd son siège en 2017. Depuis, il est chargé de mission à l'INSEE.