Saint-Valentin 2021 : quelle est l'origine de cette fête ?

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Saint-Valentin 2021 : quelle est l'origine de cette fête ? SAINT-VALENTIN - Dans la Rome antique, Valentin de Terni était connu pour marier les croyants. Il vivra une histoire d'amour qui donnera naissance au mythe. Voici tout ce qu'il faut savoir sur l'origine et les croyances derrière cette fête.

[Mis à jour le 22 décembre 2020 à 17h08] De la Saint-Valentin, on connaît le message, les cadeaux, les repas... Mais qu'en est-il de son histoire ? La célébration amoureuse puise sa source dans la Rome antique. Tradition millénaire revenant chaque année à la date du 14 février, elle a d'abord existé sous forme de Lupercales, des rites païens ayant lieu à la fin de l'année (fin février chez les Romains) et destinés à se purifier. Ces festivités ont bien changé puisqu'elles sont passées de païennes à chrétiennes et que la célébration de la nature environnante a été remplacée par des fleurs, des restaurants et des présents d'amoureux...

Qui est Saint Valentin ?

Mais qui dont était ce Valentin qu'on célèbre chaque 14 février ? Il faut remonter plusieurs siècles en arrière, au IIIe siècle de notre ère, pour découvrir le parcours très romancé de cet homme, dont on peine encore à savoir s'il était prêtre ou moine. Aux balbutiements du christianisme, dans une Rome antique qui persécutait les chrétiens, Valentin de Terni était connu pour marier les croyants. Des unions qui ne plaisaient guère à l'empereur Claude II le Gothique, qui préférait que les hommes se tournent vers ses guerres plutôt que vers les femmes et la construction d'un foyer. Selon la légende, c'est le souverain lui-même qui va ordonner l'arrestation de Valentin.

Selon la légende, Valentin va se lier d'amitié avec Julia, la fille de son geôlier ou d'un magistrat chargé de sa surveillance selon les versions. Aveugle de naissance, elle va tomber amoureuse du prisonnier, qui lui racontait la beauté du monde tandis qu'elle lui apportait des vivres. Au contact de Valentin, Julia va finalement retrouver l'usage de ses yeux un soir où une lumière jaillit de la cellule. Par ce miracle et par ses mots, Valentin serait parvenu à convertir la jeune romaine au christianisme, ainsi que toute sa famille. Courroucé par la publicité de ces événements, Claude II ordonnera l'exécution de Valentin. En guise de martyr, il sera roué de coups et décapité sur la voie Flaminia, le 14 février 269.

Histoire de la Saint-Valentin

La tradition de la Saint-Valentin n'a  pas commencé avec le mythe de Valentin de Terni, construit de toutes pièces par la papauté après sa mort. Elle est bien un héritage de la Rome Antique, mais trouve ses origines dans un autre événement : les Lupercales. Organisées tous les 15 février, les Lupercales célèbrent alors Faunus Lupercus, dieu de la fécondité, des bergers et des troupeaux. Rite de purification, organisé à la fin de l'année romaine (qui commence le 1er mars), cette fête païenne se déroule en trois étapes. Tout d'abord, les prêtres sacrifient un bouc dans la grotte du Lupercal (au flanc du Mont Palatin), où, selon la légende, la louve allaita les fondateurs de Rome Romulus et Rémus. Ils enduisent ensuite de jeunes gens issus de familles nobles du sang du sacrifice dans un cérémonial qui symbolise la purification des bergers.

S'ensuit la "course des luperques", pendant laquelle les prêtres et les jeunes gens, couverts de la peau des bêtes sacrifiées, courent dans les rues de la ville et fouettent les passants avec des lanières découpées dans la peau du même animal. Les femmes, en particulier, se placent sur leur trajet, dans l'espoir d'avoir une grossesse heureuse et un accouchement sans douleur. Enfin, les célébrations se terminent par un grand banquet, au cours duquel les jeunes hommes tirent au sort leur compagne pour la soirée. Une pratique qui entraîne parfois la formation de couples durables et mène, pourquoi pas, au mariage.

Un événement chrétien

La Saint-Valentin n'aurait ensuite été instituée par l'Eglise que pour contrer les fêtes païennes. L'hypothèse, soutenue par de nombreux historien, n'est attestée par aucune source écrite de l'époque. Seul fait certain : à la fin du Ve siècle, les Lupercales sont l'un des derniers rites païens encore observés dans une Rome majoritairement chrétienne. Le pape Gélase Ier envoie alors une "lettre contre les Lupercales" au sénateur Andromaque, qui manifestait un certain attachement à cette fête traditionnelle. Dans cette lettre, il critique les comportements immoraux qui ont lieu pendant cette célébration, se moque des superstitions des chrétiens qui honorent les démons pour écarter le mauvais sort et souligne que ces célébrations n'ont pas empêché les épidémies vingt ans plus tôt. Cependant, contrairement aux idées reçues, le pape n'a pas interdit cette fête païenne : il s'est contenté de montrer la contradiction qu'il y a entre la foi chrétienne et la célébration des Lupercales. Gélase choisit en 496 de commémorer, le 14 février, Saint Valentin, qui devient le saint patron des amoureux. Et donnera lieu à une fête potentiellement des plus romantiques.

Cupidon, le dieu de l'amour

Dans la mythologie romaine, Cupidon est l'équivalent du dieu grec de l'amour Eros. Désir amoureux personnifié, Cupidon (du latin cupido, le désir) est souvent représenté sous la forme d'un enfant, armé d'un arc et d'un carquois rempli de flèches, fidèle compagnon de sa mère Vénus, déesse de l'amour et de la beauté.

Il est également connu pour être le héros de la légende de Psyché. Selon ce mythe, Psyché est une princesse si belle que les habitants du royaume délaissent le culte de Vénus à son profit. Furieuse, la déesse décide de punir la jeune fille et ordonne à Cupidon de lui inspirer une passion pour l'être le plus laid qu'il peut trouver. Mais le jeune dieu s'éprend de la princesse et ne peut accepter ce que sa mère lui demande. Après avoir envoyé un oracle au roi, qui lui demande d'abandonner sa fille sur un rocher isolé, il fait enlever Psyché par la brise de Zéphyr qui l'emporte jusqu'à un palais somptueux, situé dans une vallée inconnue. Il la rejoint tous les soirs, pendant son sommeil, sous une apparence humaine, et lui fait promettre de ne jamais chercher à connaître son apparence. Malheureusement, sur l'injonction de ses sœurs, Psyché cède à la curiosité et éclaire le visage de son mari alors qu'il est endormi. Une goutte d'huile tombée sur son corps le réveille : il se lève et s'envole. Inconsolable, Psyché part à la recherche de son mari et doit surmonter une série d'épreuves imposées par Vénus. A leur issue, Cupidon, qui regrette sa femme, obtient de Jupiter la permission d'emmener Psyché jusqu'au mont Olympe, où elle devient immortelle et met au monde une fille du nom de "Volupté".

La face sombre de la Saint-Valentin

Dans l'ouvrage "Saint-Valentin, mon amour !", aux éditions Les Liens qui libèrent, l'historien et sociologue Jean-Claude Kaufmann nous raconte la Saint-Valentin des temps anciens. Et prouve que le "mythe" de Saint Valentin, en tant que personnage chrétien, a été largement détourné à des fins politiques et religieuses (lire ci-dessous). De quoi surprendre ceux qui abhorrent cette fête souvent jugée trop mièvre ou archi-commerciale. 

Selon Jean-Claude Kaufmann, il existe plusieurs saints du nom de Valentin qui ont été, à l'origine, protecteurs du "vignoble contre le phylloxéra", "des vaches", "de la maladie" et même de "la culture des oignons"... Mais pas de l'amour. Et il y a pire. Jean-Claude Kaufmann fait l'inventaire des traditions pour le moins douteuses voire totalement abjectes qui ont, au fil des siècles, abouti à la naissance de la Saint-Valentin telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'auteur de "Saint-Valentin, mon amour !" cite notamment le culte de l'ours, qui fut célébré au Moyen-Age, loin du romantique Valentin qu'on nous présente depuis. Considéré comme l'animal le plus proche de l'homme et à la sexualité débridée, il fut l'objet de bien des théories comme celle de  l'évêque Guillaume d'Auvergne, qui écrivait en 1231 que "lorsqu'une femme s'accouple avec un ours, elle donne naissance à un bébé humain".

Plus loin encore dans l'horreur, l'auteur rappelle que lors des fêtes antiques des Lupercales, à l'origine de la Saint-Valentin, il s'agissait de "purifier" les femmes en leur fouettant les fesses ou le ventre pour s'assurer de les rendre fécondes. Au XVe siècle, dans une société où la sexualité était bridée et le mariage solidement encadré, une autre tradition procédait par des viols collectifs, acceptés par la société. "De jeunes hommes se rendaient chez la victime, pendant la nuit, faisaient du chahut sous ses fenêtres pour l'appeler, en la traitant de 'ribaude'. Puis, comme elle se taisait, on enfonçait sa porte", écrit Jean-Claude Kaufmann, qui indique que le phénomène était si massif que la moitié des hommes avait déjà participé à ce type de viol et que les victimes, dépucelées avant le mariage, n'avaient d'autre choix que la prostitution. Plusieurs extraits de l'ouvrage ont été compilés ce matin par France Info

Quels sont les meilleurs poèmes de Saint-Valentin ?

Que vous soyez touché(e) au cœur par la flèche de Cupidon, amoureux en secret ou juste poète à vos heures perdues, la Saint-Valentin est le moment ou jamais de déclarer sa flamme ! Et pourquoi ne pas le dire avec des vers ? Si vous êtes moyennement inspiré, vous pouvez par exemple déclamer ces mots de Carol Arnauld, ex-chanteuse, auteure et compositrice française dans sa "Chanson d'amour"  (1988) aux accents universels :

"J'ai du mal à trouver les mots 
Qui seraient pour toi les plus beaux, 
Qui te ressembleraient un peu 
Auraient la couleur de tes yeux.

Oui, j'ai du mal à trouver les mots, 
Les mots d'amour, les mots qu'il faut, 
Pour te dire que je ne sais pas 
Je ne sais pas vivre sans toi."

Si vous ne vous sentez décidément pas l'âme de Rimbaud, vous pouvez aussi recopier l'une des œuvres d'un poète amoureux. L'un de ceux que Louis Aragon a écrit pour Elsa, par exemple, devenue sa muse pour la vie (vous pouvez notamment piocher dans le recueil "Les Yeux d'Elsa", 1942). "La lettre", de Georges Sand, figure aussi en tête de liste des poèmes parfaits à ressortir pour l'occasion.

Pour rester dans l'esprit érotique à la mode en cette Saint-Valentin 2019, pourquoi ne pas réciter à votre amour ces quelques vers de Victor Hugo - un quatrain coquin écrit par l'auteur pour une célèbre actrice de son époque, Alice Ozy :

Platon disait, à l'heure où le couchant pâlit :
-Dieux du ciel, montrez-moi Vénus sortant de l'onde !
Moi, je dis, le cœur plein d'une ardeur profonde :
-Madame, montrez-moi Vénus entrant au lit ! 

ET AUSSI : Envoyez une carte de Saint-Valentin à l'élu de votre coeur !