Vallée d'Aspe

Vallée d'Aspe Avec la vallée d'Ossau, la vallée d'Aspe constitue une étape indispensable entre Pau et le Parc national des Pyrénées. Plus escarpée et plus aride que l'Ossau, ses paysages rudes et sans concession semblent drainer moins de touristes malgré un charme certain.

Pourtant, derrière les villages rustiques qui semblent veiller jalousement sur leur indépendance, des traces de constructions ferroviaires ou défensives indiquent que la vallée cache l'histoire d'un axe de communication important entre les deux versants des Pyrénées.

Une vallée chargée d'histoire

Si le gave d'Aspe s'est frayé un chemin dans la vallée, il empreinte parfois de véritables gorges, notamment entre Etsaut et Urdos. Pourtant, l'axe routier est confortable et accueille sans difficulté les poids lourds. En fait, la vallée a fait parlé d'elle au long des années 1990 lors de la construction du tunnel du Somport, ouvert depuis 2003. Ce projet, au cœur du Parc National des Pyrénées, a fait grincer quelques dents et ouvert de vives polémiques.

Mais la vallée d'Aspe, derrière sa façade rude et ses reliefs abrupts est un axe de longue date. Le col du Somport, malgré un fort dénivelé, est bien aménagé et ouvert toute l'année. Mais surtout, la vallée a accueilli à partir du début du vingtième siècle la ligne ferroviaire internationale Pau - Saragosse aux solutions audacieuses, comme le tunnel hélicoïdal de 1 800 mètres. Son histoire tumultueuse a d'ailleurs laissé de nombreuses traces : tunnels et ponts s'enchaînent sur un parcours constitué d'ouvrages d'art sur la moitié du trajet côté français. Avant sa fermeture définitive après un accident en 1970, la ligne a subi quelques interruptions. La guerre civile espagnole mit un premier terme à son exploitation et Franco ira jusqu'à murer le tunnel par peur des intrusions françaises. La ligne aurait également servi à faire transiter de l'or lors de la Seconde Guerre dans une zone décrétée interdite par les Allemands.

Plus ancien, le fort du Portalet prouve l'intérêt stratégique de la zone au XIXe. Déjà au XVe, Louis XI se méfiait de cette zone où les frontières du royaume n'avaient pas l'évidence d'un fleuve? Mais c'est l'armée Romaine qui, en passant par le col du Somport dès l'Antiquité, avait, faute d'ouvrir la voie, prouver le rôle capital de la vallée d'Aspe.

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QUE VOIR EN VALLÉE D'ASPE

Itinéraires

La nationale 134 qui suit le gave depuis Oloron-Sainte-Marie pénètre véritablement dans la vallée d'Aspe à hauteur du village d'Escot. C'est également un point d'entrée idéal pour ceux qui viennent de vallée d'Ossau via le col de Marie Blanque, bien connu des cyclistes.

Escot ouvre une succession de villages typiques dans une vallée souvent très escarpée. Pour autant, pas d'inquiétude quant à la route, large et bien aménagée, et ce jusqu'en Espagne et après. Sarrance peut faire l'objet d'une première étape. Le site est connu pour le pèlerinage qui s'y tient en septembre, et se distingue par son église. C'est dans ses terres que Marguerite de Navarre s'inspira et écrivit une partie de son Heptaméron. Elle accompagnait alors Louis XI qui fit un détour jusqu'à Sarrance pour prier lors d'un trajet entre Hendaye et Toulouse. Cette excursion du roi en 1461 en dit long sur l'ancienneté et l'importance du pèlerinage.

Le cirque de Lescun

Parmi les villages suivants, les villages de Bedous et Accous constituent d'agréables étapes avant de s'écarter plus sérieusement du gave pour atteindre le village de Lescun et son magnifique cirque.

Un train pas comme les autres

En redescendant sur la N134 pour se diriger vers le Somport, la vallée semble encore se rétrécir entre Etsaut et Urdos. On suit alors les vestiges d'une ligne de chemin de fer abandonnée depuis plus de trente ans, la liaison Pau - Saragosse. A mi-chemin entre les deux villages, alors que la vallée devient un véritable étranglement rocheux, se dresse le Fort du Portalet.

Construit sur le flanc d'une falaise, ce fort est le fruit de près de trente ans de travaux lors de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Destiné à prévenir les tentatives d'invasions venues d'Espagne, il ne servira finalement que cinquante ans. Il avait prouvé son efficacité en 1875 mais, entre temps, la ligne de chemins de fer et son tunnel prouvaient les bons rapports entre les deux pays. Les vestiges de cette dernière sont d'ailleurs particulièrement visibles aux abords du Portalet.

Une prison pour les temps de guerre

Le service que reprit le fort en 1940 ne fut pas loyal pour la France : une garnison allemande y prit place ainsi que des prisonniers politiques tels que Léon Blum, Edouard Daladier ou encore Paul Reynaud après le procès de Riom. Pétain leur succéda en 1945. Racheté par un particulier puis par la communauté de commune de la vallée d'Aspe, il doit être restauré dans les années à venir. Pour l'instant, on le distingue furtivement le long de la route faute d'aménagements pour s'en approcher.

Le col du Somport

Après la traversée d'Urdos, la route mène vers le tunnel du Somport mais il serait dommage de ne pas emprunter le col. La large route dotée de trois voies et peu empruntée depuis l'ouverture du tunnel en 2003 permet une ascension aisée et bien plus tranquillisante pour de nombreux cols, et ce en toute saison puisque le col ne connaît pas de période de fermeture. A 1650 mètres d'altitude le paysage ouvre sur les Pyrénées aragonaises.

Canfranc

Une petite excursion sur le versant espagnol est alors conseillée : la descente mène tout droit vers Canfranc et sa monumentale gare. Inaugurée en 1928, elle était alors la plus grande gare d'Europe, et elle reste aujourd'hui encore parmi les plus imposantes. Passagers et marchandises devaient transiter par cette gare pour changer de train, l'écartement des voies n'étant pas le même dans les deux pays. Mais depuis trente ans, c'est une gare fantôme, où seule une infime partie reste en activité côté espagnol. Depuis 1970 et l'écroulement d'un pont, plus aucun train ne vient de France. L'ouverture du tunnel routier a mis à mal les rumeurs de remise en service de la ligne espérée par de nombreux habitants. Toutefois, l'aile espagnole subit actuellement des travaux.

A partir de Canfranc, on peut revenir immédiatement en France via le récent tunnel du Somport, long de plus de huit kilomètres. Cependant, il serait dommage de ne pas franchir la vingtaine de kilomètres qui sépare Canfranc de Jaca.

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