Marais poitevin

Marais poitevin Dédale de voies d'eau où la lumière perce au milieu des frênes, saules et autres peupliers, le Marais poitevin offre l'image d'une nature authentique et d'un écosystème fragile. Pourtant, le Marais est le fruit atypique d'une interaction entre la nature et l'homme et, au-delà de la superbe et vulnérable, la Venise verte, il possède de nombreux visages.

Recouvrant le golfe des Pictons qui amenait l'Atlantique aux portes de Niort, le Marais présente en effet de vastes étendues céréalières et une façade maritime.

Un territoire gagné sur la mer

Le golfe du Poitou ou encore des Pictons (peuple gaulois qui occupait alors la région) formait à l'Antiquité un triangle dont le sommet partait de Niort et le coté opposé allait de Longeville à Esnande. Composé de petites îles, il devint progressivement marécageux par les dépôts de l'océan et des alluvions. Ceux-ci furent amenés des "bassins versants", c'est-à-dire des territoires alentours faits de plaines calcaires, par de multiples cours d'eau qui irriguent encore le pays : la Sèvre Niortaise, la Vendée, l'Autize...

Alors que les habitants se concentraient dans les îles et tentaient de maîtriser en partie les cours d'eau, des moines s'installèrent dès le VIIème siècle à Saint-Michel-en-l'Herm et entamèrent des travaux de canalisation des eaux. Mais c'est surtout à partir du XIIIe siècle, au terme de la Guerre de Cent ans, que la monarchie encourage les travaux d'aménagement des religieux. On retrouve des vestiges de cette présence avec l'Abbaye de Maillezais mais aussi dans le nom de certains canaux, comme celui des Cinq Abbés. Plus tard, Henry IV encourage les investissements hollandais des huguenots. En 1643, les premiers travaux d'assèchement massifs sont terminés.

Un système complexe

Les digues protégeant de la mer, équipées de portes à flot, permettent d'évacuer l'eau douce tout en ne laissant pas remonter l'eau de l'océan. Leur efficacité est renforcée par la présence de digues intérieures qui permettent de contenir l'eau provenant des bassins versants, notamment en temps de crue. La partie ouest, recueillant ces eaux douces, reste marécageuse : c'est le marais mouillé. Le marais desséché, parsemé de canaux drainants, peut alors être consacré à l'agriculture. La baie de l'Aiguillon constitue la partie maritime du Marais, où l'on peut admirer le Marais en devenir, progressant sur la mer, jusqu'au jour où il rejoindra peut-être l'île de Ré.

Le Marais mouillé voit ses terres sortir de l'eau à partir de Napoléon premier. Mais il reste une zone véritablement marécageuse, recouverte en hiver par la crue, "l'évaïe". Son réseau de canaux, rigoles, conches, biefs et fossés fait de lui un territoire unique, un patchwork de prairies aux formes et tailles diverses.

Un équilibre fragile

Les travaux d'aménagement du Marais Poitevin ne s'arrêtent pas avec les huguenots mais se poursuivent aujourd'hui encore. Le Marais mouillé, accident de parcours dans une entreprise d'assèchement, repose sur un équilibre fragile où l'homme est parvenu à reconstruire un écosystème riche et varié. Cependant, les passionnés doivent défendre avec ferveur leur zone de paradis face aux menaces qui pèsent sur lui : conflit avec les intérêts agricoles asséchant le marais par irrigation ou cherchant à limiter l'évaïe, présence invasive d'animaux ou de plantes extérieurs tels que le ragondin ou la jussie. Cette situation a d'ailleurs abouti en 1996 à la perte du classement en Parc Naturel régional.

Les amateurs de grand air et de calme pourront tout de même apprécier les jeux de lumières des rayons qui percent à travers les arbres, admirer les hérons cendrés ou pourprés et repérer les traces laissées par des loutres trop farouches pour être approchées.

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QUE VOIR AU MARAIS POITEVIN

Musées

Installée dans l'ancienne « maison de la coutume » où les bateliers devaient s'affranchir d'une taxe, la Maison des Marais Mouillés est consacrée à l'histoire et la tradition du site. Outre la présentation de l'intérieur Maraîchin typique, ou de la fabrication des plates, le musée propose une animation de vingt minutes consacrée à l'histoire du Marais, le Maraiscope.

La visite incluant le visionnage de cette animation à des horaires fixes, il est nécessaire de se présenter au musée au moins une heure avant la fermeture.

Lieu : Place de la Coutume - 79510 Coulon

Tarif : adulte : 5 euros, enfant : 2,50 euros, étudiants : 3,80 euros. En groupe : adulte : 4 euros, enfant : 2,20 euros, étudiants : 3 euros.

Ouvert : pendant les vacances scolaires : tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 19h. Mai, juin, septembre : tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 19h, de 10h à 13h et de 14h à 19h le week-end. Juillet et août : tous les jours de 10h à 20h. Novembre : de 14h à 19h. Hors vacances scolaires : tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h et de 14h à 19h. Fermé en décembre et en janvier.

Curiosités naturelles

Pour beaucoup, le Marais poitevin est synonyme de « Venise verte », un espace d'apparence sauvage quadrillé par de nombreuses conches et rigoles recouvertes de lentilles et dont les terres ne sont accessibles qu'en barque. En réalité, le marais est un vaste système que l'on a coutume de découper en trois sous-ensembles : le marais maritime, qui correspond à la baie de l'Aiguillon, le marais desséché, vaste plaine agricole s'étendant sur la Vendée, et enfin le marais mouillé.

Espace le plus remarquable et le plus menacé, le marais mouillé se divise en trois ensembles, le marais de l'Autize, le marais sauvage et enfin la Venise verte. Le marais mérite un séjour essentiellement grâce à cette dernière. Cependant, pour les amoureux de la nature et ceux qui souhaitent comprendre toutes les subtilités de cette région, il est indispensable d'en découvrir les multiples visages.

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