Caen

Caen Port maritime situé à plus de dix kilomètres des côtes, ville de patrimoine malgré la destruction du trois quarts de ses murs en 1944, la capitale de la Basse-Normandie sait assumer et dépasser les contradictions apparentes. Lorsque, du haut du chemin de ronde du Château Ducal, on tente de compter les nombreux clochers qui pointent à l'horizon, on a en effet quelques difficultés à imaginer que la ville n'était qu'un tas de ruine il y a 60 ans.

Et pour cause, si la ville a restaurée ses monuments après les bombardements, elle a fait aussi le choix de puiser dans ce qui a toujours fait sa beauté et sa richesse : la pierre de Caen. De surcroît, elle a su s'imposer des contraintes qui ont sauvé son harmonie, par exemple en limitant à cinq le nombre d'étages des immeubles. Ainsi, ce sont toujours les clochers qui strient l'horizon, et non les grandes barres de béton ou de verre.

Le mariage de Guillaume

Outre le château, l'attrait touristique de Caen réside en grande partie dans ses nombreuses églises avec comme point culminant les Abbaye-aux-Hommes et Abbaye-aux-Dames, fruits d'un geste d'apaisement de Guillaume le Conquérant auprès du Pape après s'être marié à la Mathilde de Flandre. Parents au cinquième degré, ceux-ci ne respectaient pas un éloignement minimal de sept degrés selon les canons de l'Eglise.

Caen sait rappeler son rôle passé au cœur du pays Normand, notamment grâce au Musée de la Normandie. Mais le présent n'est pas en reste. Symbole du dynamisme culturel de la ville, le Musée des Beaux-Arts accueille des expositions provisoires d'importance et laisse chacun libre d'accéder gratuitement à son patrimoine.

Histoire

  • L'empreinte du Conquérant

Si les origines de Caen plongent dans l'Antiquité, la ville n'acquit son importance qu'au XIe siècle lorsque Guillaume le Bâtard décida d'en faire une citée ducale. Le but est alors de maîtriser les territoires alentours, trop éloignés de Rouen. Outre les deux abbayes, Guillaume, devenu roi d'Angleterre et désormais nommé "le Conquérant", y fait construire le château Ducal.

Ville anglaise, Caen reviendra rapidement dans les mains des Français au début du XIIIe et opposera une résistance farouche aux Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Cependant, elle devra s'incliner et compter ses morts.

  • Huguenots, va-nu-pieds et Charlotte Corday

Les guerres de religions n'épargneront pas la ville qui subira notamment la destruction d'une partie de ses monuments religieux et la profanation de la tombe de Guillaume le Conquérant. Les ossements de ce dernier seront dispersés dans la ville, et seul un fémur restera du grand homme.

Au XVIIe siècle, la ville de Caen sera quelque peu affectée par la Fronde mais surtout sera un des centres de la révolte des va-nu-pieds, mouvement populaire écrasé dans le sang par Richelieu. Un siècle et demi plus tard, la Révolution fera de Caen un des sièges des Girondins. Elle est d'ailleurs la patrie de Charlotte Corday, l'assassin de Marat.

  • Les blessures de la guerre

Mais Caen ne revint au centre de l'histoire qu'en 1944 et dans la douleur : clé de la pénétration vers Paris, la ville est chèrement acquise par les Alliés. Durant plus d'un mois et demi, les bombardements se succédèrent pour finir par dévaster les trois quarts de la ville. Une entente entre les forces de la résistance et les Alliés permet de sauver beaucoup de vies et un monument majeur : l'Abbaye aux Hommes, qui était alors devenue un refuge. Le Mémorial de Caen, musée le plus complet sur la Seconde Guerre mondiale, sait d'ailleurs conserver ces tristes souvenirs, mais en l'honneur de la paix.

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VOYAGE À CAEN

Carte d'identité

Population (2010) : 108 954 habitants        

Superficie : 25,7 km²

Gentilé : Caennais, Caennaises

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QUE VOIR À CAEN

Monuments

Guillaume le Conquérant a laissé son empreinte au cœur de la ville qu'il semble avoir façonné. Encore Duc de Normandie, il fait de Caen sa ville d'élection, et décide d'y construire un château. Après son mariage avec Mathilde de Flandres, il y fit construire les deux superbes abbayes qui encadrent encore le centre ville : l'Abbaye-aux-Hommes et l'Abbaye-aux-Dames.

  • Une multitude d'églises

En tout point de la ville, ces deux monuments disposent de nombreux ambassadeurs pour relayer le message chrétien : les églises Saint-Jean, Saint-Sauveur, Notre-dame de la Gloriette, Saint-Pierre mais aussi Saint-Nicolas, Saint-Julien ou encore le collégial Saint-Sépulcre font pointer leur clochers aux quatre coins du vieux Caen et en son centre. Face à une telle abondance, il faut les ruines du vieux Saint-Etienne, de Saint Sauveur et de Saint-Gilles pour nous rappeler que la ville fut en partie rasée lors des bombardements de 1944. En conservant avec soin ses ruines comme ultime souvenir et en restaurant ce qui pouvait encore l'être, Caen a rendu un fervent hommage à son patrimoine et à son fondateur.

  • Le cœur historique

D'ailleurs, Guillaume trône encore au centre de la ville grâce à son château Ducal. Après la perte de son donjon, ce dernier parait étrangement horizontal, comme limité à ses remparts. Du haut de son chemin de ronde, le panorama sur la ville et ses clochers confirme la prédominance de l'architecture religieuse. Mais il donne aussi à voir un exemple parfaitement conservé d'architecture moyenâgeuse profane : la Maison des Quatrans, au sud-ouest des remparts.

A proximité du château, l'hôtel d'Escoville offre à voir une magnifique cour intérieure tandis que la tour Leroy défend l'entrée d'un port qui a depuis longtemps reculé.

Musées

Innovante en terme de muséologie ou d'ouverture de ses collections, Caen affirme et assume son statut de capitale culturelle de la région.

Musée majeur, le Mémorial de Caen est le site le plus complet de France sur la Seconde Guerre mondiale. Plus qu'un musée sur la guerre, il se propose d'être un « musée pour la paix » comme en témoigne la sculpture représentant un pistolet au canon noué, intitulée « Non violence ».

Au cœur du Château, les deux grands musées de la ville ont fait le choix de la gratuité : les belles collections permanentes du musée des Beaux-arts et du musée de la Normandie sont donc accessibles à tous. Symboles de la naissance et de la puissance de la ville, les remparts construits par Guillaume le Conquérant abritent ainsi le cœur de la culture et de la personnalité caennaise. Tandis que le Musée de Normandie plonge ses racines jusqu'à la préhistoire et rend hommage à la culture populaire traditionnelle, le musée des Beaux-arts rend la part belle à l'art contemporain.

Lorsqu'en 1985 le maire de Caen projette la construction d'un musée du souvenir dans la ville de Caen, il pense le consacrer à la Bataille de Normandie. Mais, quand François Mitterrand inaugure le musée le 6 juin 1988 ,  le projet a mûri et dépasse son cadre initial. Certes, le musée retrace l'histoire de la Seconde Guerre mondiale mais sans se limiter à la Bataille de France et pour célébrer la paix. Après la construction de la galerie des prix Nobel et son extension achevée en 2002, le Musée poursuit cette volonté d'ouverture.

Aujourd'hui, loin d'être un musée du Débarquement et de la bataille de Caen, le Mémorial de Caen est un véritable musée de l'histoire du vingtième siècle. Il propose trois espaces, consacrés respectivement à la Seconde Guerre mondiale, à la Guerre froide et à la paix. Comptez au minimum trois heures pour profiter de toute la richesse de ce musée.

Réputé pour ses collections du XVIe et du XVIIe siècles, le Musée des Beaux-arts de Caen propose un espace original fait de salles monumentales, de galeries et de cabinets. Périodes et thèmes organisent un espace labyrinthique qui, grâce à différentes portes, permet de jouer avec la chronologie et de passer des toiles anciennes aux espaces contemporains. L'accès à la collection permanente est gratuit.

Occupant le Logis des gouverneurs du château Ducal, le musée de Normandie s'attache à reconstituer l'identité normande depuis les premières occupations du sol jusqu'à l'époque contemporaine. Le musée s'attache donc aux premières occupations des terres avant de s'attarder sur les traditions et la vie populaire à partir du XVIIIe siècle. Comptez une heure de visite pour découvrir l'histoire d'un territoire et d'un peuple de la préhistoire à nos jours. L'entrée est gratuite.

  • Musée de la Poste et des techniques de communication

Au sien d'une maison à pans de bois du XVIe siècle dans la rue Saint-Pierre, le musée de la Poste retrace l'histoire des communications et des PTT sur trois niveaux. Il propose également des expositions temporaires.

Itinéraires

Bien que de taille raisonnable, Caen se prête à trois petits itinéraires autour de ces trois quartiers historiques : Bourg l'abbesse, Bourg l'abbé et le centre. A partir des hauteurs de l'Abbaye aux Dames, on profite des petites rues calmes pour redescendre vers le port. 

A l'opposé, le quartier de Bourg l'abbé est bien plus austère et monumental : à proximité de  l'Abbaye aux Hommes, on découvre le Palais de Justice ou encore les ruines de l'église Saint-Etienne-le-Vieux. 

Enfin, surveillé par le château, le cœur de la ville propose une ambiance plus populaire, plus animée autour de nombreux monuments.

QUE FAIRE À CAEN

Sortir

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