Ecole et Covid : 1 180 classes et 6 structures fermées selon les dernières données

Ecole et Covid : 1 180 classes et 6 structures fermées selon les dernières données ECOLE ET COVID. Découvrez le dernier point de situation du ministère sur la circulation du Covid-19 dans les écoles, mais aussi les infos sur la fin du masque obligatoire et les nouvelles règles du protocole sanitaire à l'école.

[Mis à jour le 15 octobre 2021 à 11h55] Le dernier point de situation du ministère de l'Education nationale a été publié ce 15 octobre selon des chiffres arrêtés au 14 octobre. D'après les données, la circulation du Covid-19 est de plus en plus faible dans le milieu scolaire malgré des indicateurs en légère hausse dans plusieurs départements comme en Lozère. Dans le détail, ce sont 5 écoles et 1 collège qui sont fermés alors que 1 180 classes sont fermées ( 1 254 la semaine dernière). Le nombre de cas est également en diminution avec 3 383 cas sur la semaine écoulée contre 3 869 la semaine dernière

Par ailleurs, on compte désormais 79 départements dans lesquels le port du masque n'est plus obligatoire dans les écoles primaires (en classe, à la cantine, à la récréation) à dater de ce lundi 18 octobre. Une mesure qui concerne donc des dizaines de milliers d'élèves. Le 30 septembre, un décret publié au Journal officiel désigne en effet, pour pouvoir figurer dans cette liste, les conditions suivantes : présenter un taux d'incidence inférieur à 50 cas pour 100 000 habitants pendant au moins cinq jours consécutifs. Consultez la liste précise des départements dans notre page "Fin du masque obligatoire". A noter que les départements de l'Ile-de-France et ceux de la région Paca ne sont pas encore concernés. Pour l'heure, la mesure de la fin du masque obligatoire ne s'applique pas aux enseignants, qui doivent le conserver lorsqu'ils se trouvent dans la structure de l'établissement.

Le port du masque dans les collèges, "ce serait l'étape suivante" (Jean-Michel Blanquer)

Le 23 septembre, sur LCI, le ministre de l'Education nationale a évoqué la question de la fin du port du masque obligatoire dans les collèges. Il a ainsi abordé cette possibilité pour plus tard dans l'automne, déclarant : "Ce serait l'étape suivante. C'est trop tôt pour dire [quand]. On fait tout en fonction de la situation sanitaire. Si cela continuait à s'améliorer en octobre ou novembre, ce serait quelque chose que l'on pourrait envisager".
Pour expliquer la décision du gouvernement de rendre le port du masque non-obligatoire uniquement pour les écoles primaires, le ministre a par ailleurs indiqué que "la contrainte pour les enfants petits est plus forte que pour des enfants plus âgés. C'est la raison pour laquelle on commence par le primaire". Autrement dit, les enfants plus jeunes supportent moins bien de porter un masque toute la journée. Pour ce qui est des enseignants, Jean-Michel Blanquer a dit souhaiter que les professeurs de maternelle puissent ôter le masque, ainsi que, si possible, les instituteurs d'école élémentaire. Une décision n'ayant pour l'instant pas encore été officialisée.  

  • De quelle façon les règles du pass sanitaire ont-elles changé pour les ados au 30 septembre ? Depuis le 30 septembre, les mineurs de 12 ans et deux mois à 17 ans sont obligés de présenter un pass sanitaire pour se rendre dans des lieux publics tels que la piscine, le cinéma, ou le musée (y compris en sortie scolaire). Les gymnases de loisir et les stades sont concernés, les trains et cars de longue distance également. A noter toutefois que le pass sanitaire n'est toujours pas requis au collège et au lycée. Pour connaître les exceptions à la règles et les subtilités de l'extension du pass sanitaire aux adolescents, consultez notre page spéciale "Pass sanitaire". 
  • Que sait-on sur le nouveau protocole sanitaire qui a commencé a être expérimenté début octobre ? Le 28 septembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé l'expérimentation d'un nouveau protocole sanitaire dans les écoles primaires "d'une dizaine de départements" français. Alors qu'on est sur une "courbe baissière" (en dessous des 2000 classes fermées) du nombre de cas de Covid-19 selon le ministre, le test a été lancé début octobre. Il prend la forme d'un nouveau protocole sanitaire, et concerne les écoles primaires d'une "dizaine de départements". Révélé dès le 27 septembre par franceinfo, le protocole, concrètement, "consiste à chaque fois qu'il y a un cas positif à tester toute la classe et à ne renvoyer à la maison que ceux qui sont positifs". Et si un parent d'élève refuse de faire tester son enfant ? Ce dernier sera alors "considéré comme positif".    
    Une expérimentation qui fait écho aux préconisations du Conseil scientifique d'isoler non pas tous les cas contacts d'une classe, mais uniquement les cas réellement identifiés comme positifs au sein de cette même classe. Autre info importante, l'expérimentation a lieu "dans des départements variés pour pouvoir comparer", a précisé le ministre, avant de détailler : "La semaine prochaine [cette 1ère semaine complète d'octobre, NDLR], certains départements seront sans masque, donc ce sera aussi intéressant de pouvoir comparer d'un département à l'autre l'effet de ce type d'expérimentation".

► Plus d'informations sur cette expérimentation dans notre page dédiée aux fermetures de classes

Fermetures de classes, vaccination, autotests, protocole sanitaire... Le récap'

Le protocole sanitaire évolue

Si le masque tombe dans les départements où la situation s'améliore, c'est en réalité le protocole sanitaire scolaire contre le Covid-19 qui change, une nouvelle fois, dans son ensemble. Le ministère de l'Education avait décliné quatre niveaux, cet été, selon l'intensité de circulation du virus. Le niveau 1 s'applique à partir du 4 octobre dans les départements où le taux d'incidence est sous les 50 pour 100 000 habitants depuis au moins cinq jours, le niveau 2 prévaut dans les autres(voir dans le tableau ci-dessous). Pour plus de détails, consultez notre page dédiée au protocole covid à l'école.

© Ministère de l'Education nationale

Où en sont les fermetures de classes ? 

Plusieurs semaines après la rentrée, combien de classes sont vides et fermées pour cause de Covid ? De la maternelle au lycée, de nombreux parents et enseignants s'interrogent chaque semaine sur ce décompte clé. Selon les données du bilan hebdomadaire du ministère de l'Education, arrêtées au jeudi 14 octobre à 13h et publiées le lendemain, on compte 1 180 classes fermées contre 1 254 la semaine dernière (pour rappel, dès le 1er cas de Covid dans le 1er degré) sur 527 200, soit 0,22% contre 0,24% la semaine dernière. Du côté des structures scolaires *, le ministère dénombre 6 fermetures (contre 4 la semaine dernière), sur 59 650 établissements scolaires au total, soit une proportion de 0,007% : 5 écoles (sur 48 950), 1 collège (sur 6 950) et 0 lycée (sur 3 750). 

* publiques et privées sous contrat

Le point de situation hebdomadaire du ministère de l'Education livre aussi : 

  • le nombre de cas de Covid confirmés chez les élèves : 3 382 élèves sur la dernière semaine écoulée contre 3 869 la semaine dernière, sur 12 223 000 élèves, soit 0,03% (+534 en 24h)
  • le nombre de cas de Covid confirmés chez les personnels : 236 sur les 7 derniers jours, sur 1 201 500 personnels, soit 0,02% (+49 en 24h)

Le virus circule-t-il plus à l'école qu'ailleurs ?

D'après un récent rapport cité par franceinfo, l'école est un lieu où le virus se propage fortement. Ledit rapport émane du groupe de réflexion Terranova, proche du centre-gauche. Il estime qu'il y aurait "30 % de risques de plus de contracter le virus" lorsqu'on est au contact d'enfants scolarisés. Un risque qui monterait même à "40 %" si les enfants sont en crèche. Pour Terranova, les protocoles mis en place dans les établissements scolaires ne sont donc pas suffisants.  

Dans un récent avis, le conseil scientifique Covid-19 assurait toutefois pour sa part que "les écoles ne semblent pas constituer des amplificateurs de transmission : la circulation du virus en milieu scolaire reflète plutôt celle qui est observée au sein de la collectivité", comme montré par une étude publiée fin février dans le British Medical Journal. Cela ne veut pas pour autant dire que les établissements scolaires ne jouent pas de rôle dans la propagation du virus. A la mi-mars, le conseil scientifique rappelait ainsi que le risque majeur est celui de la transmission du Covid-19 par les élèves à leurs parents ou grands-parents. Cette transmission est, selon l'étude ComCor menée par l'Institut Pasteur, plutôt "le fait des collégiens ou lycéens" que des écoliers de primaire. Le protocole sanitaire conserve donc toute son importance jusqu'à la fermeture des écoles, en particulier au moment des repas.

Un pass sanitaire est-il demandé dans les écoles ? 

Le gouvernement a été clair sur ce point, au global, le pass sanitaire s'applique aux mineurs de 12 à 17 ans dans les mêmes conditions que pour les adultes, mais il n'est pas nécessaire de présenter le document pour se rendre dans un établissement scolaire. La vaccination n'est donc pas obligatoire, mais ne pas être vacciné pourra amener un élève à être soumis à des mesures différentes de celles fixées pour les mineurs avec un schéma vaccinal complet.

Autotests et tests salivaires : comment ça marche ?

Alors que les tests deviennent payants pour tous les Français mi-octobre, ils restent gratuits en milieu scolaire pour les enfants et les adultes, a confirmé le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer le 13 septembre dans Le Parisien. A la clé : deux autotests gratuits par semaine, souligne-t-il. D'après des données citées par le Conseil scientifique Covid-19 dans un avis du 19 avril intitulé "Les autotests : une opportunité de santé publique", un dépistage hebdomadaire chez 75 % des élèves est susceptible d'entraîner une réduction de 50 % des contaminations.

Depuis le 10 mai, l'organisation du dépistage par autotests dans les collèges et les lycées est décidée à l'échelle de chaque établissement. Un lieu dédié est choisi à l'intérieur du bâtiment puis, classe par classe, les élèves viennent pratiquer leur autotest, sur le temps scolaire, sous la supervision d'un personnel médical, de médiateurs ou de volontaires. Plus d'un millier de médiateurs a par ailleurs été recruté pour aider au dépistage.

Des tests salivaires ont également été mis en place dans les écoles élémentaires au printemps dernier. L'objectif du gouverment à la rentrée était de 600 000 tests salivaires, comme précisé par Jean-Michel Blanquer sur RTL le 27 août. Objectif affiché par le gouvernement : "avoir la vie la plus normale pour les enfants". 

Des autotests seront-ils bientôt proposés aux écoliers ?

La Haute autorité de santé (HAS) autorise désormais les autotests pour les moins de 15 ans. Les collèges sont également concernés, et les élèves ont pu y pratiquer des autotests dès le 10 mai. A la question "Allez-vous les proposer aux écoliers ?", le ministre de l'Education a répondu dans le JDD, toujours le 2 mai : "Pour l'école primaire, notre stratégie repose sur les tests salivaires. (...) Le fait de tester dès maintenant tous les professeurs deux fois par semaine dans les écoles, collèges et lycées doit déjà permettre d'identifier les cas positifs et ainsi couper la chaîne de contamination au plus tôt".

Dépister plus, isoler seuls les cas positifs : un avis du Conseil scientifique contredit le protocole sanitaire

Autre info très importante du moment : d'après un avis du 13 septembre, le Conseil scientifique considère que seuls les enfants testés positifs devraient être renvoyés chez eux en cas de contamination constatée au collège et au lycée. Il préconise en outre des tests systématiques et hebdomadaires à l'école primaire, une mesure qui ne fait pas partie du protocole sanitaire du ministère de l'Education nationale. Pour rappel, actuellement, à l'école primaire, la fermeture d'une classe est actée à partir d'un seul cas de Covid-19. Et en cas de contamination au collège ou au lycée, l'ensemble des élèves de la classe doit s'isoler toute une semaine. 

Selon Le Monde (article abonnés), qui a pu consulter l'avis du Conseil scientifique du 13 septembre (ce dernier n'a pas été rendu public), les experts du Conseil scientifique estiment qu'au sein des collèges et des lycées, ce sont tous les élèves d'un même niveau (et pas uniquement ceux d'une même classe, au vu du large brassage des adolescents) qui devraient être dépistés dès le lendemain de la détection d'un cas avéré de Covid-19. 

Pour le Conseil scientifique, il s'agirait, rapporte Le Monde, d'une stratégie "gagnant-gagnant" (...) censée éviter les fermetures de classes dans le primaire, et le 'tri' entre élèves vaccinés et non-vaccinés dans le secondaire" sachant que les élèves non-vaccinés sont souvent issus de milieux plus défavorisés.  Cet avis s'alarme également des conséquences du variant Delta, plus contagieux et qui "fait redouter une épidémie pédiatrique à la rentrée, dans un contexte de non-vaccination chez les moins de 12 ans et de couverture vaccinale partielle chez les 12-17 ans", selon un autre extrait cité par Le Monde.  

Vaccins pour les adolescents : que sait-on ?

Au 28 septembre, 72,3 % des 12-17 ans avaient reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, selon Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé. La vaccination des plus de 12 ans est mise en place au sein même des collèges et lycées depuis le 2 septembre. Dans Le Parisien le 13 septembre, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer précisait : "D'ici la fin septembre, tous les élèves auront eu une proposition via leur établissement, et l'on espère dépasser les trois-quarts de vaccinés très vite". La vaccination est ouverte à l'ensemble des adolescents de plus de 12 ans depuis le 15 juin. Pour la Haute autorité de santé (HAS), cela relève d'un intérêt aussi bien collectif qu'individuel.

Par ailleurs, les laboratoires allemand BioNTech et américain Pfizer ont affirmé le 20 septembre que leur vaccin contre le Covid était "sûr" pour les enfants de 5 à 11 ans. Administré en dose réduite à des participants à des tests figurant dans cette catégorie d'âge, le sérum a entraîné une réponse immunitaire similaire à celle enregistrée dans l'une de leurs précédentes études chez des jeunes de 16 à 25 ans avec une dose plus forte, selon les laboratoires. Pfizer et BioNTech ont indiqué qu'ils allaient transmettre les résultats ci-dessus aux différentes agences de régulation des médicaments dans le monde. A l'heure où les jeunes de moins de 12 ans sont les seuls à ne pas pouvoir être vaccinés en France (sauf cas exceptionnels), l'information est de taille. Que faut-il en penser ? "On doit rester prudent", estimait le 20 septembre sur france info l'infectiologue Odile Launay. "Pour l'instant, nous n'avons pas de données". 

Universités et covid

A la rentrée de septembre : Les établissements d'enseignement supérieur ont rouvert dans des conditions normales. Le 10 mars dernier, la ministre de l'enseignement supérieure Frédérique Vidal avait par ailleurs informé d'un gel des droits d'inscription à l'université à la rentrée 2021, pour la deuxième année consécutive, ainsi qu'un gel des loyers des résidences Crous (les résidences universitaires) "parce qu'on n'est pas encore sûrs que cet été va être tout à fait normal pour les emplois étudiants".

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