Chèque alimentaire : CAF, Covid, pour qui... Tout savoir

Chèque alimentaire : CAF, Covid, pour qui... Tout savoir CHEQUE ALIMENTAIRE. Promis en décembre par Emmanuel Macron, le chèque alimentaire pour les plus démunis n'a toujours pas dévoilé ses contours. Le ministre de l'Agriculture s'est dit favorable à prioriser les jeunes âgés de 18 à 25 ans.

A quelle échéance le gouvernement va-t-il enfin rendre ses décisions sur le chèque alimentaire ? Depuis le début de l'année, le gouvernement planche sur le dispositif, idée défendue par la Convention citoyenne pour le climat. Objectif affiché, permettre l'acquisition de "produits durables (issus de l'agro écologie, des circuits courts)", pouvait-on ainsi lire dans le rapport final de la convention. A la mi-décembre, le président de la République avait alors promis de mener à bien ce projet devant les citoyens de la convention : "Vous avez raison. On va le faire". Ce projet intervient alors que l'aide alimentaire est de plus en plus sollicitée. Faute de revenus suffisants, le budget alimentaire de nombreux foyers est mis à mal en raison de la crise sanitaire du coronavirus. Etudiants, familles monoparentales, travailleurs précaires... Nombreux sont les Français qui sont venus grossir les rangs de l'aide alimentaire. Qui va avoir droit au chèque alimentaire ? Quel en sera le montant ? Qui sera chargé de l'attribution : le CCAS, la CAF ? Pour l'heure, ces questions n'ont pas encore été tranchées. 

Le chèque alimentaire, pour qui ? 

Le chèque alimentaire est un dispositif qui s'adresse aux personnes les plus démunies. Quels en seront les critères ? Y aura-t-il un seuil de revenu fiscal de référence à ne pas dépasser ? Pour l'heure, ces questions n'ont pas encore été arbitrées. A ce stade, plusieurs pistes sont sur la table. Le ministère de l'Economie défend l'idée que le dispositif soit confié aux centres communaux d'action sociale (CCAS), visant ainsi 5 millions de bénéficiaires, piste également présentée par les citoyens de la Convention citoyenne dans leur rapport. 

Le ministre de l'Agriculture, lui, penche plutôt pour une aide à destination "des jeunes ou des familles avec enfants à revenus modestes", sous forme de chèque ou de carte. L'idée est également portée par le député de Paris, Mounir Mahjoubi, qui défend un projet proche de celui de Julien Denormandie. 

Les associations caritatives, elles, estiment que le nombre de bénéficiaires potentiels est bien supérieur, à 8 millions. Selon une enquête de l'institut CSA, plus d'un million de Français ont fait appel aux banques alimentaires depuis le début de la crise de la crise sanitaire en mars dernier. "Avoir moins d'un million de bénéficiaires ne serait pas utile ; la véritable cible se situerait entre six et huit millions", estime le député Mounir Mahjoubi dans un entretien récent à Ouest-France. 

Les 18-25 ans, premiers concernés par le chèque alimentaire ? Et les étudiants ?

Les jeunes seront-ils les premiers bénéficiaires du chèque alimentaire d'Emmanuel Macron ? Invité de Jean-Jacques Bourdin le 21 avril, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'y est dit favorable, tout en indiquant que les arbitrages n'avaient pas encore été faits. "Aujourd'hui, nous n'avons pas terminé le travail", a-t-il reconnu, et ce, alors que les décisions devaient être rendues fin mars. "Aujourd'hui, le nombre de personnes concernées par cette inégalité nutritionnelle est de 8 millions de personnes. Moi, ma priorité, parmi eux, ce sont les jeunes, les 18-25 ans". Il a confirmé que le montant de 50 euros est sur la table. 

Quel rôle va jouer la CAF dans la distribution des chèques alimentaire ? 

La Caisse des allocations familiales n'attribue pas de chèques alimentaire à l'échelle nationale. A l'échelon local, certains dispositifs d'aides alimentaires peuvent être mis en place. Il est conseillé de contacter le service action sociale de sa caisse. Sur son site dédié, la Caf de Saône-et-Loire mettait notamment en avant la mise en place d'une aide ponctuelle en avril 2020, afin d'aider les plus démunis à acheter des produits alimentaires de première nécessité. Le dispositif s'adressait alors aux bénéficiaires de prestations familiales, des APL, du RSA et de la prime d'activité. 

Les CCAS distribuent-ils déjà le chèque alimentaire ? 

Les CCAS pourraient avoir un rôle central dans l'attribution du futur chèque alimentaire. Le ministère de l'Economie défend en tout cas l'idée que les centres communaux d'action sociale assure la distribution (lire plus bas). Dans les faits, les CCAS jouent déjà un rôle déterminant auprès des plus précaires. Ils peuvent en effet délivrer des aides, soit sous forme d'aides en nature (les colis alimentaires), soit d'aide financière (aide à la restauration scolaire, les bons ou chèques alimentaire, chèque d'accompagnement personnalisé...). 

Vous souhaitez savoir si votre commune octroie des bons alimentaires ? Tournez-vous vers votre CCAS, car les dispositifs varient d'une localité à l'autre. Dans le département de la Somme, par exemple, le CCAS de la ville d'Albert a mis en place des bons d'une valeur de 25 euros depuis juin 2020. Le nombre de bons varie en fonction de la composition du foyer de 4 à 7 bons "distribués pour une période de 2 mois renouvelables". 

Quel sera le montant du chèque alimentaire ?

Le montant du chèque alimentaire n'est pas encore connu. Pour l'heure, seul le député de Paris, Mounir Mahjoubi, a présenté une proposition chiffrée, avec un chèque dont le prix serait compris entre 30 et 60 euros par mois par famille. "Le budget total pourrait alors s'élever de quelques centaines de millions à deux milliards d'euros", indique le député à Ouest-France. "Après, cela viendra en confrontation avec d'autres propositions, comme des allocations spécifiques pour la période Covid. C'est tout l'objet des discussions qui ont lieu au niveau gouvernemental". Le puissant syndicat agricole FNSEA propose quant à lui un dispositif qui permettrait de dépenser 5 euros par jour. 

Invité de Jean-Jacques Bourdin le 21 avril, Julien Denormandie a avancé le montant de 50 euros par mois. 

Quels produits pourra-t-on acheter avec le chèque alimentaire ? Uniquement du bio ?

Là aussi, la liste doit faire l'objet d'arbitrages prochainement. Dans leur rapport, les citoyens de la Convention citoyenne pour le climat défendent un dispositif permettant d'acheter "des produits durables (issus de l'agro écologie, des circuits courts)". "Le terme "durable" est habituellement utilisé comme désignant les 50% de produits devant entrer dans la composition des repas dans la restauration collective (...) issu de la loi EGALIM", peut-on lire. 

"Le groupe LREM propose d'offrir des chèques alimentaires (...) [qui] permettraient d'acquérir des produits vertueux tels que précisés dans la loi Egalim : des produits frais à signe de qualité – type bio ou labels – avec une priorité sur les fruits et légumes", explicite Mounir Mahjoubi auprès du quotidien régional Ouest-France. "Ouvrir à d'autres produits plus chers ne serait pas forcément significatif dans le panier de la famille. Pour nous, 85 % de l'argent investi devra ensuite revenir aux agriculteurs. Nous avons cependant bien conscience que dans certaines circonscriptions populaires et urbaines, qui ont peu de vente en circuits courts ou à la ferme, rien ne sera possible si on ne travaille pas avec la grande distribution". 

Le scénario défendu par Bercy, qui propose d'attribuer cette compétence aux CCAS, est également sur cette ligne. "L'Etat payerait donc la différence entre un panier alimentaire normal et un panier répondant aux critères durables (bio, label rouge, IGP, etc.) définis par la loi Egalim de 2018", peut-on lire dans Les Echos.

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