Simone Signoret : biographie courte, dates, citations

BIOGRAPHIE DE SIMONE SIGNORET - Simone Signoret est née le 25 mars 1921 à Wiesbaden. Elle est morte le 30 septembre 1985 à Autheuil-Anthouillet.

Biographie courte de Simone Signoret - A la mort de Simone Signoret, la France entière a salué une actrice atypique, sûre d'elle et de ses convictions politiques (marquées à gauche). Toute sa vie, elle a lutté contre les apparences, acceptant les années qui passaient sur son visage et balayant d'un geste les critiques que le gotha ne manquait pas de lui adresser. Plus que tout autre, Signoret faisait de l'âge une force, gagnait en sagesse et talent ce qu'elle perdait en beauté. Une attitude pragmatique à l'image de ses débuts, moins portés par la vocation que par un certain opportunisme.
Née à Wiesbaden en 1921, dans la France de l'entre-deux guerres, Henriette Charlotte Simone Kaminker a passé son enfance à Neuilly-sur-Seine. Elle obtient son baccalauréat alors que la France est occupée et, pour manger, alterne les petits boulots : sténo-dactylo, professeur d'anglais... et figurante. Sous le nom de sa mère, Signoret, Simone débute timidement sous la direction de Jean Boyer dans Le Boléro (1941) et Le Prince charmant (1942). L'argent qu'elle gagne lui permet juste de joindre les deux bouts et de subvenir aux besoins de sa famille. "J'étais sans aucun doute la plus grande des gourdes, disait-elle, ne connaissant absolument rien du métier..."

Une rencontre décisive

En 1943, sa route croise celle du réalisateur Yves Allégret. C'est lui qui la propulsera au sommet en lui offrant le premier rôle des Démons de l'Aube. Elle l'épouse l'année suivante et lui donne une fille, Catherine. Simone Signoret va alors enchaîner les rôles, sous la direction de son mari (Dédée d'Anvers, Manèges) ou non (MacadamL'Impasse des deux anges). Mais elle devra attendre 1951 pour entrer de plain pied dans l'Histoire du 7ème Art : sous la direction de Jacques Becker, elle devient l'inoubliable Casque d'or, prostituée foudroyée par un amour impossible. A l'époque, le public français boudera ce mélo passionnel. La postérité réparera l'injustice quelques années après, élevant le film au rang de classique et assurant la célébrité de son actrice. La même année, elle fait la connaissance d'un autre Yves, Montand cette fois-ci, tombe dans ses bras et l'épouse. Cette idylle durera contre vents et marées, rien ne semblant pouvoir l'ébranler, ni l'exposition médiatique, ni les infidélités de Montand avec Marilyn Monroe.
 
En comparaison de ses partenaires de jeu, Simone Signoret tourne peu, mais bien. A raison d'un film par an, elle réserve ses apparitions aux meilleurs cinéastes français de l'après-guerre, et devient une actrice parmi les plus courtisée. Elle s'illustre notamment chez Marcel Carné (Thérèse Raquin), Luis Bunuel (La Mort en ce jardin) et surtout Max Ophüls (elle est incroyable dans La Ronde). Le grand public la retrouve également dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot, où elle rivalise de sournoiserie. Après une période de creux à la fin des années 1950 (la profession lui reproche son soutien au Parti communiste), sa carrière repart de plus belle avec son Oscar pour Les Chemins de la haute-ville (elle est la deuxième française à recevoir cette récompense après Claudette Colbert). Elle tourne à deux reprises avec René Clément (Le Jour et l'heure, Paris Brûle-t-il), l'Américain Sydney Lumet (M15 demande protection, La Mouette) mais aussi, fidèle à ses engagements, avec le très controversé Costa-Gavras (Compartiments tueurs et surtout L'Aveu avec Yves Montand). Signoret est aussi remarquable dans L'Armée des Ombres de Melville et ne dépareille pas au milieu d'un casting prestigieux (son dernier regard !).

Une légende du cinéma français

Dans les années 1970, ses apparitions se raréfient encore. Elle enchaîne Le Chat (toujours avec Montand) et La Veuve Couderc, deux films à succès de Pierre Granier-Deferre. En 1977, elle tourne de nouveau avec son mari dans Police Python 357, puis obtient un César pour le rôle-titre de La Vie devant soi. Malgré sa santé déclinante, Simone Signoret se produit encore dans quelques films (Chère inconnue, L'Etoile du Nord) et téléfilms. Elle décède le 30 novembre 1985, à moitié aveugle, des suites d'un long cancer. A sa disparition, le milieu du cinéma salue une immense comédienne et, l'année suivante, Chris Marker lui dédie un  film-hommage projeté au Festival de Cannes. Marguerite Duras dira de cette battante : "C'était une reine. Elle a sorti la France de ses gonds, elle l'a faite internationale."

Simone Signoret : dates clés

25 mars 1921 : Naissance de Simone Signoret
Naissance de Henriette Charlotte Simone Kaminker à Wiesbaden. Pendant la guerre, elle empruntera le nom de sa mère, Signoret, pour faire de la figuration et surtout éviter les questions des nazis quant à l'origine de son nom de famille...
1 janvier 1944 : Simone Signoret épouse Yves Allégret
Pendant qu'elle fait de la figuration, Simone Signoret rencontre le réalisateur Yves Allégret qui lui offre son premier grand rôle dans Les Démons de l'aube. Elle tombe amoureuse de lui et l'épouse en 1944. Ils divorceront 5 ans plus tard.
16 avril 1946 : Naissance de la fille de Simone Signoret
De l'union d'Yves Allégret et de Simone Signoret naît une fille, Catherine Allégret. Baignant dans le milieu du cinéma, elle deviendra elle aussi une actrice célèbre et reconnue.
22 décembre 1951 : Simone Signoret épouse Yves Montand
Après son divorce avec Allégret, Signoret rencontre un autre Yves, Montand cette fois-ci. Elle l'épouse le 22 décembre 1951. Leur union durera jusqu'à la mort de Signoret, bravant le temps, les rumeurs et surtout les tendances volages de Montand (qui aura une liaison avec Marilyn Monroe). L'actrice dira à ce propos : "Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il le faut".
16 avril 1952 : Sortie de Casque d'Or
Avec la sortie de Casque d'Or, Simone Signoret accède aux sommets du cinéma français. De l'avis général, ce rôle fut son plus grand, celui pour lequel elle est restée dans l'histoire du 7ème Art. A noter que le film, peu vu à sa sortie, doit sa réputation à la postérité.
4 avril 1960 : Simone Signoret remporte un Oscar
Alors au creux de la vague (on lui reproche ses penchants communistes), Simone Signoret signe un retour sur le devant de la scène avec un Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans "Les Chemins de la haute-ville". Plus connu sous le nom de "Room at the top", ce film de Jack Clayton est un magnifique mélodrame. Signoret est la seconde française à remporter ce prix après Claudette Colbert en 1934. A noter qu'elle remportera le prix d'interprétation au Festival de Cannes pour le même rôle...
1 avril 1978 : Signoret remporte un Cesar
Simone Signoret remporte son unique Cesar pour "La Vie devant soi", d'après le livre de Romain Gary. A noter qu'elle sera nominée, 4 ans plus tard pour son rôle dans "l'Etoile du Nord".
1 septembre 1978 : Simone Signoret publie son autobiographie
Vers la fin de sa vie, Simone Signoret entreprend de rédiger son autobiographie : "La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était". Elle s'y livre sans fard mais sans complaisance, et répond à un "besoin de tout dire". Le résultat est admirable de franchise et de simplicité.
30 septembre 1985 : Décès de Simone Signoret
Simone Signoret décède le 30 septembre 1985 à Autheuil-Anthouillet (Normandie). Presque aveugle, elle a succombé à un cancer du pancréas. L'actrice est inhumée au cimetière parisien du Père Lachaise.

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