Gay Pride 2021 : une Marche des Fiertés revendicative à Paris

Gay Pride 2021 : une Marche des Fiertés revendicative à Paris GAY PRIDE - Pour la première fois depuis sa création, La Marche des Fiertés s'est élancée depuis la banlieue, en Seine-Saint-Denis. Quelles étaient les principales revendications des participants ce samedi 26 juin ?

[Mis à jour le 28 juin 2021 à 18h35] La Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles et Transexuelles (LGBT), anciennement appelée Gay Pride, a changé de trajet à Paris, après un défilé au petit format et un événement virtuel l'an dernier en raison du contexte sanitaire. Pour la première fois depuis sa naissance en 1977, la Gay Pride parisienne a eu pour point de départ une ville de banlieue, Pantin en Seine-Saint-Denis (93) samedi 26 juin pour rejoindre place de la République à Paris. "Leurs fiertés et leur besoin de visibilité ne s'arrêtent pas au périf" avait expliqué l'Inter-LGBT, l'association organisatrice en Île-de-France.

Le but était que "la marche ressemble aux bénévoles et gens qui l'organisent, qui n'habitent pas tous un duplex dans le Marais mais en banlieue", affirme Matthieu Gatipon-Bachette, porte-parole de l'Inter-LGBT. "Ce départ en dehors de Paris est historique et crée un trait d'union entre personnes racisées et vie gay de Paris, qui fait suite à l'évolution de la communauté vers plus de convergence des luttes", avait précisé Erwan Passey, président de Queer Pantin à nos confrères de 20 Minutes.

La Marche des fiertés qui s'est élancée depuis l'église de Pantin à 15 heures, après un regroupement à partir de 13h30, n'avait ni chars, ni podium en raison du contexte sanitaire, mais les participants ont pu brandir les drapeaux LGBTQ +  dans un esprit festif et revendicatif, paillettes aux yeux, visage maquillé aux couleurs de l'arc-en-ciel. "La majorité des promesses qu'on nous a fait ne sont pas tenues comme l'ouverture à la PMA (procréation médicalement assistée), l'interdiction des thérapies de conversion, ou encore l'amélioration des conditions des personnes transgenres", avait déclaré Matthieu Gatipon, porte-parole de l'Inter-LGBT.

"Je voudrais qu'on accepte enfin l'idée qu'une famille, ce n'est pas forcément un papa et une maman. Ça fait trente ans que ce n'est plus le cas, et malgré ça, l'Assemblée en débat encore aujourd'hui", a expliqué Florence, femme lesbienne de 37 ans, à nos confrères de Libération qui se sont rendus sur place. Les personnes transgenres manifestaient également pour leurs droits, à l'image de Lucas, homme trans et gay de 20 ans, qui déplorait d'être exclu du projet de loi. "Moi, par exemple, j'ai fait mon changement d'état civil. Je peux porter un enfant. Or, aujourd'hui, si je fais un bébé, pour être déclaré père, je devrais accoucher sous X et adopter mon enfant ensuite. Ce n'est pas normal."

Quelle est l'histoire de la Gay Pride ?

C'est en juin 1969, après une violente descente de police au sein du Stonewall Inn, bar gay mythique de New York, que le premier défilé de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres a été organisé outre-Atlantique. Ces manifestations, qui ont tourné alors à l'émeute pendant plusieurs jours, marquent le début de la lutte pour l'égalité des droits LGBT. La Gay pride va bientôt naître de ces violences avec, dès l'année suivante, une parade dans les rues de la ville organisée par Brenda Howard, bisexuelle considérée aujourd'hui comme pionnière de ce combat. D'autres défilés placés sous le signe des "fiertés" auront lieu au même moment à Los Angeles ou San Francisco, puis, quelques années plus tard, en Europe, à commencer par l'Allemagne.

La Gay Pride va arriver en 1981 à Paris. Cette manifestation accessible à tous et gratuite rassemblera progressivement plus d'un demi million de personnes dans la capitale. Et elle a parcouru, en France aussi, bien du chemin. Selon un sondage Ifop publié l'année dernière, 83% des Français estiment désormais que les Marches des fiertés ont contribué à faire avancer les droits en faveur des personnes LGBT. En 2019, ce n'est pas une Marche des fiertés, mais des dizaines qui ont été organisées dans toute la France tout au long du mois de juin. A Nancy, Lille, ou encore Saint-Denis, elles rassemblaient des dizaines de milliers de personnes.

En savoir plus sur le site officiel de la Marche des Fiertés LGBT, qui rassemble les associations organisatrices de l'événement.

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