Rika Zaraï : sa carrière, ses tubes... Biographie d'une chanteuse culte

Rika Zaraï : sa carrière, ses tubes... Biographie d'une chanteuse culte BIOGRAPHIE DE RIKA ZARAI. Âgée de 82 ans, l'interprète de "Alors je chante" est morte dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 décembre 2020.

Biographie courte de Rika Zaraï. Née le 19 février 1938 à Jérusalem d'un père russe et d'une mère polonaise, Rika Gozman, dite Rika Zaraï, était tombée dans la musique dès le plus jeune âge. À sept ans, elle avait commencé à prendre des leçons de piano. Excellant dans ce domaine, Rika Zaraï avait décroché à 15 ans le premier Prix du conservatoire. Son bac en poche à 17 ans, celle qui avait devancé d'un an l'appel au service militaire en obtenant de le faire dès sa sortie du bac ne s'était pas pour autant éloignée de sa passion pendant cette période. Rika Zaraï a en effet dirigé un groupe musical de l'armée. Elle y a même monté une comédie musicale, intitulée Cinq sur cinq, qui fut un véritable succès dans les camps militaires. Celui qui deviendra son premier mari, Yohanan Zaraï, en était le compositeur. De leur relation, naîtra une fille, Yaël, en 1959.

À la fin de son service militaire et dans le but de poursuivre ses études musicales, Rika Zaraï avait rejoint la France. C'est le producteur Eddie Barclay qui finira par lui donner sa chance. À l'époque, alors qu'elle chantait dans des cabarets, lui cherchait des chanteurs "avec accent". Une rencontre décisive qui a littéralement propulsé sa carrière. Premier single, radio, médias... En 1961, Bruno Coquatrix, alors directeur artistique de l'Olympia, qu'elle avait rencontré plus tôt et qui avait refusé de l'engager tant qu'elle ne parlait pas français, tient sa promesse et lui fait faire la première partie de Jacques Brel à l'Olympia. C'est à cette occasion qu'elle rencontrera celui qui deviendra son collaborateur, puis son producteur et enfin son second et dernier mari, Jean-Pierre Magnier, qui était alors l'un des musiciens de Jacques Brel. Casatschok, Alors je chante, Sans chemise, sans pantalon ou encore Balapapa, les succès se sont ensuite enchaînés jusqu'à son terrible AVC en juin 2008 qui, la paralysant à moitié, avait plus ou moins mis un terme à sa carrière. Rika Zaraï avait donc toutefois pu faire une dernière apparition publique en février 2020, à l'occasion de La Nuit de la déprime, sur les planches des Folies bergères. Comme un adieu à ses fans.

La mort de Rika Zaraï, un choc

La terrible nouvelle a été annoncée mercredi 23 décembre à midi par l'ambassade d'Israël en France sur Twitter. La chanteuse qui s'était fait connaître pour ses titres Sans chemise, sans pantalon ou Alors je chante était âgée de 82 ans. Elle est morte dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 décembre. "Profondément attristés de la disparition de Rika Zaraï, qui a conquis le cœur des Français avec son bel accent de sabra. Elle a chanté Israël et Jérusalem avec passion et dévouement", a rappelé l'ambassade d'Israël en France, rendant ainsi hommage à "l'une des plus belles voix d'Israël en français".

Rika Zaraï, victime d'un AVC en 2008

La chanteuse souffrait quotidiennement depuis juin 2008 et un terrible AVC qui l'avait laissée à moitié paralysée. Des problèmes de santé qui l'avaient tenue loin de son public pendant près de onze ans. Rika Zaraï n'avait en effet pu revenir sur le devant de la scène qu'à l'occasion de la Nuit de la déprime, aux Folies Bergères, en février 2020. C'est en fauteuil roulant qu'elle était venue chanter sur les planches.

Son combat contre la paralysie, elle s'en était confiée à cette occasion dans les colonnes du Parisien. "On m'a dit cent fois que je ne pourrais plus chanter, mais je n'ai jamais perdu l'espoir. Aujourd'hui, même si j'ai du mal à tenir debout longtemps, c'est surtout la mémoire qui m'inquiète, car elle a du mal à fixer les choses…", expliquait celle qui racontait avoir commencer sa lutte "dès le surlendemain de [son] AVC". "J'ai commencé à travailler avec un orthophoniste pour retrouver la parole. J'étais à moitié paralysée, la moitié de ma langue était paralysée. C'était affreux. Bavarde comme je suis, je ne pouvais vivre comme ça", racontait encore Rika Zaraï qui, pour pouvoir remonter sur scène, avait dû répéter son texte pendant trois semaines, sa mémoire étant la plus compliquée à gérer. Sa paralysie aura été la "chose la plus épouvantable" qu'elle ait vécue de ses propres dires. "Soudain, tu n'es plus rien et je ne souhaite ça à personne." Rika Zaraï redoutait plus que tout d'être à nouveau frappée par un AVC.

Rika Zaraï, "ambassadrice de la chanson israélienne"

Les messages se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux pour rendre hommage à Rika Zaraï. Jean-Pierre Pernaut, jeune retraité du 13 Heures de TF1 s'est dit "très triste d'apprendre la mort de Rika". Même émotion pour Jean-Pierre Foucault qui se souvient de "sa première interview". "Merci Rika de m'avoir écouté puis répondu avec tendresse. Repose en paix !", a-t-il ajouté sur Twitter, avec une photo en compagnie de l'artiste. "Triste nouvelle. Rika Zaraï a été une véritable ambassadrice de la chanson israélienne en Europe pendant de nombreuses années ", a quant à lui réagi l'ambassadeur d'Israël en Belgique, Emmanuel Nahshon.

De son côté, Laurence Boccolini s'est dite dévastée par la nouvelle : "Tu m'avais dit au téléphone il y a quelques mois : 'On se voit vite ?'... Ce rendez-vous raté me brise le cœur. J'avais hâte de te revoir... Je t'aimais énormément pour ta grande gentillesse, ton intelligence ta patience et l'oreille attentive que tu as eue pour moi il y a bien longtemps lors d'une période difficile... Tu trouvais les mots et tu te préoccupais vraiment des autres. Ce matin, je suis effondrée. J'ai une douce pensée pour ton époux et ta famille. Tu vas beaucoup me manquer ...LOVE YOU ("JE T'AIME", en français ndlr.)", a-t-elle publié sur Instagram. Enfin, l'Institut national de l'audiovisuel a aussi tenu à lui rendre hommage en publiant cette vidéo où elle interprète l'un de ses titres les plus populaires, "Sans chemise, sans pantalon", en 1976.