Lundi de Pâques 2020 : férié ou pas ? Histoire et signification

Lundi de Pâques 2020 : férié ou pas ? Histoire et signification LUNDI DE PÂQUES 2020 - Lundi 13 avril 2020 sera férié car c'est le lundi de Pâques, qui suit le week-end pascal. Signification de cette fête, de son origine et de son histoire... Retrouvez toutes les informations dans notre dossier.

[Mis à jour le 27 mars 2020 à 16h43] Le lundi de Pâques se fête le lendemain du dimanche de Pâques, c'est pourquoi il a une date mobile. Il a lieu ce lundi 13 avril 2020. Le lundi de Pâques est un jour férié qui se déroule sur la semaine qui suit le dimanche de la Résurrection, appelée "Octave de Pâques", jadis entièrement fériée.

En France, depuis le Concordat, seul le lundi est férié, et non toute la semaine. Véritable symbole de la religion chrétienne depuis plus de 2 000 ans, le lundi de Pâques est associé à la fête de Pâques qui célèbre la résurrection de Jésus et rassemble chaque année des milliers de fidèles de tous les continents. Mais il n'est pas obligatoire d'être chrétien pour se sentir concerné par les récits de Pâques, qui évoquent la victoire de la vie sur le chaos.

Quelle est la date du lundi de Pâques ?

Le lundi de Pâques se caractérise par une date mobile, comme les autres jours de Pâques et à l'image d'événements comme l'ascension, la pentecôte ou encore la Toussaint. Cette date clé de la période de Pâques change chaque année et selon les pays. Cette année, elle a lieu le lundi 13 avril 2020.

Quelle est la signification du lundi de Pâques ?

Cette fête païenne n'est pas seulement l'occasion de manger du chocolat ! Pour connaitre les raisons de cette ferveur chrétienne, mais aussi populaire, il faut revenir un peu en arrière. L'explication est à rechercher dans la tradition catholique qui poussait les Français, depuis le Moyen-Âge, à célébrer l'"Octave de Pâques". Il s'agit concrètement d'une période de huit jours, commençant le dimanche de Pâques et s'achevant le dimanche "in albis", durant laquelle les fidèles étaient invités à se rendre chaque jour à la messe pour entendre la même prière, celle de la Résurrection du Christ. Le caractère répétitif de cette tradition avait une signification bien précise, puisqu'elle solennisait la liturgie catholique et rappelait à tous que le retour du Christ se prolonge au-delà de la fête pascale. Cette huitaine est aussi l'occasion pour tous ceux qui le souhaitent de se rendre à Rome pour l'un des pèlerinages les plus importants de l'année. Mais après la Révolution, l'administration de plus en plus prononcée de l'Etat français, tout comme les exigences de l'économie vont remettre peu à peu en cause cette pratique. En 1801, Napoléon décide de légiférer sur cette tradition lors de l'instauration du Concordat. L'organisation des pratiques religieuses en France est placée sous l'autorité du Premier Consul, les privilèges du clergé catholique sont abolis, Napoléon met fin à l'autorité de Rome sur l'épiscopat français.

Pourquoi le lundi de Pâques est un jour férié ?

Le lundi de Pâques férié est un geste de Napoléon après le concordat. Le futur empereur choisit de mettre fin à la longue période pascale durant laquelle la majorité des Français chômaient. Désormais, la semaine suivant le dimanche de Pâques ne sera plus fériée, seul le premier lundi le restera, en signe de compensation et de compromis vis-à-vis de l'Église. La décision arbitraire de Napoléon Bonaparte de conserver férié le deuxième jour de l'Octave de Pâques a été suivie par de nombreux pays européens, et s'est propagée peu à peu. Le lundi de Pâques est ainsi férié dans l'ensemble des pays européens, excepté au Portugal.

Autre reliquat de l'histoire, trois jours avant le lundi de Pâques, le "Vendredi saint" est férié dans trois départements de l'est de la France : dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et dans la Moselle. Pourquoi ? Parce qu'en 1892, cette partie de la France, annexée en 1871 par l'Empire allemand a instauré pour l'ensemble de son territoire le Vendredi saint férié. Ce jour de repos n'est pas qu'une tradition, il s'agit désormais d'un droit inscrit dans le Code du travail, à l'article L3134-13.

Napoléon et l'église : une relation conflictuelle

Napoléon 1er a toujours entretenu avec l'Église et la papauté des relations conflictuelles. Pour renforcer son pourvoir et voyant le clergé comme une menace, Bonaparte tentera de soumettre le religieux au pouvoir civil. C'est de cette volonté que nait le concordat, censé trouver un équilibre entre la monarchie de droits divins et l'anticléricalisme qui a prévalu pendant la révolution. Mais les papes qui vont se succéder pendant son règne verront d'un très mauvais œil cette tentative de soumettre l'église de France à l'État, alors qu'elle n'a d'ordres à recevoir que de Rome. Le conflit (et le blocus) avec la Grande-Bretagne et les guerres avec les monarchies voisines seront d'autres motifs de désaccords.

Mais ce qui va réellement rompre les relations de Napoléon avec la papauté reste sa tentative d'instrumentalisation de l'Église. Napoléon Bonaparte va d'abord négocier avec le pape Pie VII, souvent présenté comme un modéré. Il parviendra même à le faire venir à Paris en 1804, pour son couronnement impérial, contre l'avis de la Curie. Lors du sacre, Napoléon se posera lui même la couronne sur la tête, refusant que ce soit Pie VII qui le couronne. Les historiens racontent par ailleurs que Napoléon et son épouse Joséphine, déjà mariés civilement, ne s'étaient mariés religieusement que quelques heures plus tôt, n'ayant pas jugé utile de le faire jusqu'ici. Le sacre de Napoléon sera considéré comme une humiliation par la Curie romaine.

Malgré plusieurs tentatives de conciliation à partir de 1804, les deux parties s'éloignent à partir de 1806. De nombreux sujets rendent napoléon et le pape irréconciliables, notamment le fait de Rome ne respecte pas le blocus imposé par Napoléon à ses ennemis. Rome est occupée par l'empereur, qui était aussi roi d'Italie, en 1808. Des provinces papales sont annexées. Pie VII finit par excommunier l'empereur puis sera enlevé par le lieutenant Radet. Le souverain pontife devient prisonnier de Bonaparte. Pie VII, mis en résidence surveillée pendant 6 ans, ne sera libéré et réhabilité qu'en 1814, après la défaite de Napoléon. Plusieurs historiens pensent que ce conflit avec l'église a précipité sa chute.