Samuel blessé dans Koh Lanta : "J'aurais pu aller beaucoup plus loin" [INTERVIEW]

Samuel blessé dans Koh Lanta : "J'aurais pu aller beaucoup plus loin" [INTERVIEW] Blessé au tendon d'Achille, Samuel a serré les dents trois jours avant de céder à la douleur et d'être contraint d'abandonner Koh Lanta. Il nous raconte sa déception d'avoir dû quitter l'aventure et son parcours pour se remettre d'aplomb.

Au sein de l'équipe violette représentant du Nord et de Paris, Samuel faisait figure d'élément le plus fort physiquement et peut-être mentalement. Le préparateur mental, qui refusait la moindre stratégie, a cependant connu une grande déconvenue lorsque, lors de l'épreuve de confort de l'épisode 2, il se blesse au niveau du tendon d'Achille. Cachant d'abord sa douleur à ses coéquipiers, il finit par appeler le médecin qui décide qu'il est plus prudent pour lui de quitter l'aventure. Une conclusion qui laisse Samuel sur sa faim mais qui lui a permis de mieux se soigner comme il nous le raconte dans cette interview.

Comment vous sentiez-vous dans l'équipe violette depuis le début de l'aventure ?

Honnêtement, un peu surpris d'être dans l'équipe du Nord mais ça n'est plus un scoop, je l'ai dit au début dans l'émission. En même temps il y a tellement de choses qui vous surprennent quand vous arrivez sur l'île que ça faisait partie du package. Après, je me sentais plutôt bien dans l'équipe, l'ambiance était plutôt bonne. Mis à part qu'on voyait Adrien essayer d'entrée de jeu de créer des alliances. Je ne suis pas un grand fan de ce genre de stratégies d'entrée de jeu, c'est pour ça que je me suis mis un peu en retrait de ça. Assez vite, mes coéquipiers m'ont donné le leadership de l'équipe. Quand j'ai compris un peu ma place et mon rôle, j'avais à cœur d'essayer de fédérer et de créer un groupe le plus homogène et surtout le plus compétitif possible. Quand on a vécu le premier conseil, on n'a certainement pas envie d'y retourner, même si on se sent pas forcément en danger.

"Je voulais rester digne de la personne que je suis"

On vous a vu éviter sciemment les stratégies en vue du premier conseil. C'est une méthode que vous auriez gardée si vous étiez resté plus longtemps ?

Pour être honnête, je ne présage de rien parce que je ne sais pas. En revanche, je fonctionne un peu au mérite. Au-delà du mérite, parce que je pense que l'élimination de Marie-France n'est pas une question de mérite pur, c'est surtout une question de qualités nous permettant d'être performants. Concrètement, sur le camp, il n'y avait rien à redire sur Marie-France. D'ailleurs on l'a vu quand elle a réintégré l'aventure avec les Oranges. C'est quelqu'un qui a beaucoup d'énergie, qui bouge, qui est très sympa. Elle n'avait pas du tout un caractère difficile. J'ai jugé ça sur notre compétitivité, tout simplement. Ensuite, pour la suite de l'aventure, je me suis dit que je ne ferais pas du tout d'alliance parce que je voulais essayer d'aller le plus loin possible en restant intègre. En revanche, à la vue de la stratégie d'Adrien, je pense que j'aurais monté une contre-stratégie contre lui. Maintenant que je le connais en dehors du jeu, je sais que c'est une personne extrêmement sympa. Mais à l'époque je n'avais pas créé beaucoup d'affinités avec lui. On sentait qu'en backstage, il créait des affinités pour s'en servir par la suite. Mais j'étais très proche de Lola et d'Angélique. Je pense que dans Koh Lanta il faut faire des stratégies. Mais l'important pour moi c'était de rester digne de la personne que je suis et ne pas retourner ma veste au moindre coup de vent.

Expliquez-nous comment vous vous êtes blessé.

Déjà il faisait extrêmement froid, on ne s'en rend pas trop compte à la télé. On a passé une nuit pourrie. On arrive, il pleut. Je me blesse au bout de la quatrième ou cinquième pierre que je vais chercher. Pour rester au fond de l'eau, on a besoin d'avoir une inclinaison très importante qui sollicite beaucoup le tendon d'Achille parce qu'on travaille vraiment sur la plante de pied. Sur un appui pas fait comme un autre, j'en sais rien, je sens une décharge énorme pas au niveau du tendon mais au niveau de l'insertion du tendon. Une décharge qui me remonte presque jusque dans la fesse. Quand on est très sportif comme moi, on se connaît par cœur et on sent que ce n'est pas très très bon. Après avec l'adrénaline, j'ai éteint un peu le cerveau et je me suis dit que ça allait passer. Malheureusement, les jeux et les jours ont passé et c'était devenu ingérable. Tant que j'étais en mouvement, ça pouvait passer mais dès que je m'arrêtais, c'était mort. Je n'ai pas voulu inquiéter mes coéquipiers donc je ne leur en ai pas parlé. On était déjà tellement pas bons qu'ils n'avaient pas besoin de ça pour leur miner le moral. Si on leur avait dit que l'élément entre guillemets fort de leur équipe est blessé, ça aurait eu des effets pas très intéressants sur la performance. Mais au bout d'un moment j'ai été obligé de sortir de la cabane tellement j'avais mal. Il fallait que je crie, que je pleure, j'avais vraiment extrêmement mal. J'ai poussé au max jusqu'au radeau. Je suis content parce qu'il a plutôt bien fonctionné vu qu'ils sortent quand même deuxièmes de l'eau. Finalement, il a pas été si mal que ça ! Je ne voulais pas me voir avec l'image de quelqu'un comme Adrien qui s'assoit et qui dit "de toute façon, si on perd ça sera pas de ma faute." C'est pas du tout mon caractère, je préférais aller loin et pousser et me faire encore plus mal pour aller jusqu'au bout et leur permettre d'échapper à l'îlot de l'exil voire même de remporter le jeu. En tout cas j'ai donné 100% sur ce moment-là.

"J'ai eu une rupture partielle du tendon d'Achille"

Au moment où vous partez sur la civière avec le médecin, vous avez pensé que votre aventure était terminée ?

Je connais bien le fonctionnement du jeu et je savais que tant que je n'appelais pas le docteur, la décision était entre mes mains. Tant que je ne l'appelle pas, c'est moi qui décide si je reste ou pas, sauf si c'est vraiment très grave. A partir du moment où je l'appelle, je sais que c'est le corps médical qui aura cette responsabilité. Très clairement, j'avais l'intention de revenir mais je me connais bien et je sais que ce genre de blessures ne passent pas même avec des anti-douleurs. D'ailleurs, quand je suis revenu en métropole, j'ai fait des examens complémentaires et je remercie le médecin de m'avoir arrêté à ce moment-là parce que j'avais une rupture partielle du tendon d'Achille. S'il m'avait écouté, je serais peut-être rentré dans le jeu mais j'aurais peut être fini avec un an d'arrêt, une grosse opération et des complications par la suite. Mais sur la civière, je me dis que c'est mort. Ensuite, je me dis qu'ils vont peut être me faire un truc de fou qui me permettra de revenir mais, quand Denis rentre, je comprends que c'est fini.

Aujourd'hui, votre blessure va mieux ?

Oui, ça va mieux. Ça a été long et compliqué. Je ne recours de manière convenable que depuis un petit mois et demi. Ça fait quand même huit à dix mois de convalescence et de kinésithérapie pour essayer que ça revienne. Mais c'est vrai que le tendon d'Achille, surtout au niveau de l'insertion, c'est des blessures qui sont longues à cicatriser et à guérir. J'ai jamais été blessé de ma vie, que ce soit dans l'armée ou dans le sport donc je pense que mes muscles et mes tendons ne doivent pas avoir l'habitude de cicatriser très vite. C'était quand même très contraignant. Mais par les temps qui courent et les choses qui nous sont arrivées à tous ces derniers jours, je pense que ça amène somme toute à relativiser l'abandon dans Koh Lanta. C'était difficile à digérer, surtout quand on est un compétiteur comme moi mais ça permet quand même de remettre les choses dans l'ordre et de se dire qu'il y a bien plus grave dans la vie.

"Je suis resté sur ma faim"

Vous aimeriez retenter votre chance à Koh Lanta si c'était possible ?

Demain ! Sincèrement, je pense qu'on a un peu tous la même réaction. Dès qu'on rentre, on dit "plus jamais" parce que c'est contraignant ne serait-ce qu'en termes de travail et pour la famille. C'est une aventure qui est extrêmement compliquée, même pour moi qui ai un background assez développé en matière de survie et d'aventure. C'est extrêmement prenant et marquant. Comme toutes les choses qu'on a du mal à obtenir et qui ont été extrêmement difficiles, c'est ce qui fait nos meilleurs souvenirs. Mais par contre il faut laisser un peu de temps. A chaud, c'est difficile de dire qu'on y retournerait demain parce que le corps humain et le cerveau n'aiment pas souffrir, c'est logique. Or, là on va à l'inverse de ça. Après concrètement je suis resté sur ma faim parce que je pense qu'il y avait de la place pour aller beaucoup plus loin. Je ne serai pas assez présomptueux pour dire que j'aurais pu remporter Koh Lanta mais en tout cas, j'aurais pu aller beaucoup plus loin. En général, c'est rarement les meilleurs physiquement qui gagnent. Ce qui était bien sur le coup, c'est que je n'étais pas le meilleur ! (rires)

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