Île de Sein

Île de Sein Chaque jour, quels que soient le temps et l'état de la mer, après avoir bravé le terrible raz de Sein, le bateau d'Audierne assure le lien entre l'île de Sein et le continent. "Qui voit Sein voit sa fin" dit le dicton, auquel souscrivent parfois les touristes éprouvés par la traversée. L'île de Sein, c'est le dernier sol breton face à l'océan.

Une langue de terre à fleur d'eau, battue par les vents et les tempêtes, un esquif de 2 km de long, pas plus large de 30 m par endroits, et dont le point le plus haut culmine à 6 m. Une terre rude et inhospitalière, où s'accrochent pourtant avec fierté 250 habitants. Un bien bel endroit pour se ressourcer quelques jours entouré du mugissement des vagues.

Une terre de légendes

Sitôt entrée dans l'histoire, l'île de Sein est auréolée de légendes. Elle est mentionnée pour la première fois par un géographe latin en l'an 43 de notre ère : il présente l'île comme étant habitée par des druidesses, neuf vierges qui ont le pouvoir de déchainer les flots, de métamorphoser les espèces et de guérir les maladies. La tradition bretonne en fait également le lieu de sépulture des druides. Île vouée à la mort, on y verrait parfois naviguer le Bag Noz - le bateau de la nuit : à la barre, une âme en peine, qui cherche à capturer un mortel pour le remplacer à son poste et pouvoir enfin reposer en paix.

Bien que christianisée dès le Ve siècle par Guénolé, l'île conserva durant des siècles les rites païens en l'honneur du Soleil et de la Lune. Lorsque le père Le Nobletz s'y rendit en 1613, il rencontra la résistance des habitants qui l'accueillirent le couteau tiré. Pourtant, trente ans plus tard, les Sénans forment une communauté chrétienne pieuse et soudée, conduite sous la direction morale de leur recteur. Henri Queffélec a brossé un portrait de l'un d'eux dans son roman, Un recteur de l'île de Sein.

QUE VOIR AU ÎLE DE SEIN

Itinéraires

Pas de route ici - on ne compte d'ailleurs en tout et pour tout qu'une voiture - mais un unique chemin cimenté qui part bravement du bourg pour filer à l'autre extrémité de l'île : guère plus de 20 min à pied.

  • La promenade commencera par le village, le temps peut-être de réserver sa table pour l'heure du déjeuner. Paquet de maisons grises et blanches, serrées épaule contre épaule derrière la muraille, des éperons de digues pour garder la mer à distance, tout dans le bourg raconte la peur des éléments. Il faut contrer le vent ! Les maisons lui tournent le dos, et on ferme les volets les jours de tempête. Les ruelles étroites mènent toutes à la mer en un dédale coupe-vent : certaines venelles sont si exiguës qu'on y passe tout juste, car il suffisait pour les habitants qu'on puisse y faire rouler les barriques.
  • Le musée du Sauvetage (ouvert tous les jours en juillet-août 10h-13h et 15h-18h) propose une passionnante et émouvante introduction au rôle des Sénans dans le sauvetage en mer, rappelé par une collection de photos. On y verra aussi quelques pièces de costume parmi lesquelles le jibilinenn, la coiffe noire des femmes de l'île.
  • Le musée du Souvenir (ouvert de juin à septembre tous les jours 10h-12h et 14h-16h), installé dans l'ancien abri du marin, retrace l'histoire de l'île depuis le XIXe siècle au travers de cartes postales et de documents. Il présente une section particulière consacrée au rôle des Sénans dans la France libre.
  • L'église Saint-Guénolé, trapue pour ne pas tenter le vent, fut construite au début du XXe siècle au prix de la sueur des îliens, les pierres déchargées sur le port étaient portées sur la tête des femmes. En avant de sa face sud se dressent deux curieux menhirs qui semblent poursuivre leur tête-à-tête depuis la période mégalithique. On les appelle Ar Bregourien, "les causeurs".

La chapelle Saint-Corentin occupe le site d'une première église du XVIIIe siècle. Ruinée, elle fut entièrement reconstruite avec les matériaux d'origine dans les années 1970. Elle abritait autrefois une statue du saint dont on orientait la crosse dans la direction des vents souhaités. S'il ne répondait pas comme il fallait, on le mettait en pénitence, couvert de goémon.

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