Retraite complémentaire : tout ce que vous devez savoir

Retraite complémentaire : tout ce que vous devez savoir Si vous travaillez, vous cotisez à la fois pour le régime de retraite général et le régime de retraite complémentaire. En tant que salarié par exemple, vous recevrez une retraite du régime général de la Sécurité sociale et une retraite complémentaire de l'Agirc-Arrco à l'âge de la retraite.

Le système de retraite français est aujourd'hui composé de deux régimes obligatoires : le régime général de base et le régime complémentaire. Tous deux fonctionnent par répartition. En d'autres termes, les pensions qui sont versées aux retraités sont financées grâce aux cotisations des actifs. Si vous travaillez, vous cotisez sur vos revenus, aussi bien pour le régime de base que pour le régime complémentaire. Ces cotisations sont reversées à des caisses de retraite en fonction de votre statut (salarié, profession libérale, fonctionnaire...). A l'âge de la retraite, vous avez accumulé des droits qui permettent le versement d'une pension. Si vous êtes salarié par exemple, vous devez recevoir une retraite du régime général de la Sécurité sociale et une retraite complémentaire de l'Agirc-Arrco. 

Au 1er novembre 2019, les retraités du secteur privés devraient bénéficier d'une revalorisation de 1% de leur pension grâce à un accord entre les partenaires sociaux. Les régimes complémentaires devraient toutefois être amenés à disparaître dans le cadre la réforme des retraites portée par le Haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye. Pour rappel, cette réforme doit être soumise aux parlementaires en 2020 pour une mise en oeuvre prévue en 2025. 

Revalorisation des retraites complémentaires en 2019

A partir du 1er novembre 2019, les ex-salariés vont bénéficier d'une revalorisation de leur retraite complémentaire. Les partenaires sociaux sont en effet parvenus à un accord en mai dernier. Résultat, les pensions complémentaires vont augmenter en fonction du niveau de l'inflation, et ce, jusqu'en 2022. En se fondant sur le niveau de l'inflation actuel, l'Agirc-Arrco évalue cette hausse à 1%. Elle pourrait toutefois être plus élevée, puisque l'accord permet éventuellement de majorer de 0,2% supplémentaires. 

Les retraites complémentaires de l'Agirc-Arrco

Ces retraites complémentaires sont versées, en plus de la retraite de base, aux ex-salariés du privé. En tant que salarié actif, vous cotisez donc à la fois pour la retraite de base et la retraite complémentaire de l'Agirc-Arrco. Les cotisations que vous versez au cours de votre carrière vous permettent d'acquérir des points. Ces derniers servent au calcul de la pension de votre retraite complémentaire. Sachez qu'il est possible d'obtenir des points durant des périodes d'inactivité, sous certaines conditions. Pour simuler le montant de votre future retraite, vous pouvez vous rendre sur le site de l'Agirc-Arrco et vous connecter grâce à France connect (en utilisant votre numéro fiscal notamment). Il vous sera demandé de remplir votre situation et activité actuelles, ainsi que le montant de vos revenus mensuels (en brut ou en net). Vous obtenez alors une estimation du montant de votre retraite (pension de la retraite de base inclue) mensuelle, si vous partez à la retraite à 62 ans.

Il est possible de demander à bénéficier de la retraite complémentaire à partir de l'âge légal de 62 ans. Pour en faire la demande, vous devez vous rendre sur le site de l'Agirc-Arrco, idéalement six mois avant la date effective de départ à la retraite. Le montant de la pension dépend à la fois du nombre de points que vous avez acquis en cotisant durant votre carrière et de la valeur de service du point. Cette dernière est fixée à 1,2588 euros en 2019. Si vous avez acquis 4500 points au total, vous pourrez alors percevoir 7 130,59 euros par an. Les pensions de retraite peuvent être majorées dans certains cas, si vous avez encore des enfants à charge par exemple. Sachez qu'elles peuvent également être minorées, notamment via le système de malus. 

Le bonus malus sur les retraites complémentaires

Le système de malus est entré en vigueur le 1er janvier dernier. Il correspond à une minoration du montant de votre pension dans le cas de figure où vous demandez à bénéficier d'une retraite à taux plein et d'une retraite complémentaire. L'objectif est d'inciter les salariés à poursuivre leur activité.  Dans le détail, cette mesure concerne les personnes nées à partir de 1957. Si vous êtes concernés, vous risquez de voir le montant de la pension réduit de 5 ou 10%, en fonction du taux de CSG (lui-même déterminé en fonction de votre revenu fiscal de référence), durant trois ans. Imaginons que vous êtes dans ce cas de figure et disposez d'un revenu fiscal de référence s'élevant à 12 000 euros. Votre taux de CSG réduit s'élève donc à 3,8%. Vous verrez ainsi un malus de 5% s'appliquer durant trois ans sur votre pension. Seuls les chômeurs en fin de droit percevant l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) et les futurs retraités reconnus en incapacité partielle de 20% sont exonérés de ce malus. Aucun assouplissement n'est prévu pour les chômeurs indemnisés par l'assurance-chômage. 

Les retraites complémentaires des fonctionnaires

Si vous êtes fonctionnaire, vous bénéficiez également d'une retraite complémentaire, appelée retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Comme pour les salariés, les cotisations vous permettent d'acquérir des points. Le montant de la pension dépend à la fois du nombre de points acquis au cours de votre carrière et de la valeur du point, qui varie d'une année sur l'autre.

Vous souhaitez faire une simulation ? Rendez-vous sur le site de la Retraite additionnelle de la Fonction publique. Vous pourrez calculer les points que vous avez acquis et ainsi déterminer le montant de votre retraite complémentaire. La demande de retraite complémentaire intervient en même temps que celle pour la retraite de base et doit être effectuée auprès de votre direction des ressources humaines.  Si vous travaillez dans la fonction publique, en tant qu'agent non contractuel, votre régime de retraite complémentaire est l'Ircantec. Il fonctionne également par points. Le nombre de points acquis et la valeur du point déterminent le montant de votre pension. Si par exemple vous partez à la retraite ce mois-ci et totalisez 4 800 points, votre retraite complémentaire s'élève à 192,12 euros par mois.

Les autres retraites complémentaires

Les retraites complémentaires ne sont pas seulement réservées aux fonctionnaires et aux salariés. D'autres régimes existent en fonction de votre secteur et de votre statut. Si au cours de votre carrière, vous avez exercé une activité non salariée, vous avez sans doute cotisé à d'autres régimes de retraites, comme ceux-ci : 

  • Mutuelle sociale agricole pour les exploitants agricoles non-salariés
  • Sécurité sociale des indépendants pour les artisans, commerçants et industriels indépendants
  • IRCEC pour les artistes et auteurs d'œuvres originales
  • CNAVPL pour les professions libérales (médecins, vétérinaires, infirmiers, etc.) qui comporte dix caisses différentes

Pour rappel, la retraite complémentaire n'est pas nécessairement gérée par un organisme spécifique. Dans certains cas, et notamment pour les salariés rattachés à des régimes spéciaux (EDF, RATP…), le régime de base assure également la retraite complémentaire.

Le paiement des retraites complémentaires

En général, le versement de la pension de retraite complémentaire est mensuel. Si vous bénéficiez d'une retraite complémentaire de l'Agirc-Arrco, sachez par exemple que le prochain versement pour le mois de juillet interviendra le lundi 1er juillet. Dans certains cas, la pension peut être versée de manière trimestrielle ou annuelle. C'est notamment le cas des retraités qui bénéficient d'une faible pension, qui la reçoivent en une seule fois par an.

Pour les fonctionnaires, la pension peut être versée sous forme de capital ou de capital fractionné, et donc éventuellement sous la forme d'un versement mensuel. Le mode de versement de votre retraite dépend du nombre de points que vous avez obtenu tout au long de votre carrière. Pour rappel, les pensions de retraite du régime général de la Sécurité sociale, elles, sont versées par la Caisse nationale d'assurance vieillesse à la fin de la période pour laquelle elles sont dues. Pour le mois de juin 2019 par exemple, la date de paiement est prévue le 9 juillet prochain. 

Pension de réversion de la complémentaire retraite

Lorsque le bénéficiaire d'une retraite complémentaire retraite décède, une fraction de sa pension peut, éventuellement, être reversée à son conjoint, sans condition de ressources. A l'Agirc-Arrco par exemple, la pension de réversion est accordée au conjoint, à condition d'avoir été marié avec la personne qui est décédée. Son montant correspond à 60% de la retraite complémentaire. Sachez que des conditions d'âge peuvent être appliquées. Pour bénéficier de cette pension, le bénéficiaire doit contacter la caisse de retraite de la personne décédée ou le Centre d'information retraite (CICAS).

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