Attentat de Nice : que s'est-il passé le 14 juillet 2016 ?

Attentat de Nice : que s'est-il passé le 14 juillet 2016 ? ATTENTAT DE NICE. Le 14 juillet 2016, 86 personnes perdaient la vie et plus de 450 autres était blessées par le passage d'un camion bélier sur la promenade des Anglais à Nice. Retour sur l'attentat terroriste dont le procès s'ouvre en septembre 2022.

​​​​​​C'est un jour tragique qui a meurtri Nice. Depuis le 14-Juillet 2016, la fête nationale est marquée par le deuil dans la préfecture des Alpes-Maritimes après qu'un attentat terroriste a fait 86 morts et plus de 450 blessés sur la promenade des Anglais. En 2022, six ans après les faits, une œuvre commémorative a été installée à l'endroit de l'attaque et surtout le procès de l'attentat de Nice a lieu, de septembre à décembre. Six ans ont passé mais les souvenirs sont toujours vifs et douloureux pour les victimes et leurs familles et certaines se préparent à témoigner lors du procès. Que s'est il passé le soir du 14-Juillet 2016 ? Retour sur l'attentat de Nice.

Attentat de Nice : que s'est-il passé le 14 juillet 2016 ? 

Il est autour de 22h30, le 14 juillet 2016, quand un camion bélier blanc de 19 tonnes fonce sur la foule de 30 000 personnes amassées sur la promenade des Anglais pour admirer le feu d'artifice de la fête nationale. Seul le conducteur, un homme tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, est à bord du véhicule. Il fauche volontairement des centaines de personnes pendant une course folle de 45 secondes avant d'être abattu par deux policiers de la sécurité publique près de l'hôtel Negresco. Sur son passage, le véhicule utilitaire fait 86 morts dont une quinzaine d'enfants et plus de 450 blessés parmi lesquels des Français mais aussi des étrangers allemands, américains, marocains, russes, tunisiens, ukrainiens... Avant d'être neutralisé, l'assaillant ouvre le feu à plusieurs reprises sur la foule et les forces de l'ordre. Il tire notamment sur des passants qui tentent de l'arrêter.

Quel est le bilan de l'attentat du 14 juillet à Nice ?

Le bilan de l'attentat de Nice a été livré deux jours après l'attaque terroriste, le 18 juillet 2016, par le ministère de l'Intérieur faisant état de 86 morts et de 458 personnes blessées. Une dizaine d'enfants faisaient partie des victimes. Parmi elles, beaucoup sont françaises mais au total on compte des victimes de 19 nationalités différentes. Le 14 juillet 2022, à l'occasion de la commémoration de l'attentat de Nice, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti indiquait que près de 2 500 personnes avaient été indemnisées et reconnues victimes de l'attaque terroriste.

Qui est Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l'auteur de l'attentat de Nice ?

L'auteur de l'attentat du 14 juillet 2016, décédé après son assaut, est Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, arrivé à Nice en 2006. L'homme était chauffeur livreur, marié et père de famille et avait été condamné en 2016 à 6 mois de prison avec sursis pour violence avec arme. Il était notamment accusé par sa femme de violences conjugales et était en instance de divorce. La violence est un trait de caractère qui revenait régulièrement dans les portraits du terroriste tenus par les membres de sa famille dont son père. Ce dernier expliquait que son fils avait traversé des "périodes difficiles" et souffrait de troubles psychiatriques qui l'avaient forcé à consulter un psychiatre et à suivre un traitement.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel était en revanche inconnu des services de renseignement et n'avait jamais fait l'objet d'une fiche pour radicalisation. D'après l'enquête la radicalisation du terroriste avait été rapide et n'était apparue que quelques mois avant l'attentat de Nice mais avait déjà entrainé des changements de comportement. L'homme auparavant désintéressé de la religion s'était subitement mis à "fréquenter la mosquée, à écouter des récitations du Coran, à se laisser pousser la barbe, à se montrer critique à l'égard des tenues vestimentaires portées par ses amis ou du fait qu'ils écoutent de la musique, à ne plus consommer d'alcool et à adopter une attitude plus distante à l'égard des femmes", selon les conclusions de l'information judiciaire. Des contenus radicaux proches de l'idéologie de Daesh avaient été retrouvés dans les affaires personnelles et le téléphone du terroriste. Des armes avaient aussi été trouvées dans les effets personnels de l'homme notamment dans le véhicule ayant servi à l'attaque, il s'agissait pour la majorité d'armes factices mais une vraie arme automatique figurait dans le fourgon.

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L'attentat de Nice a-t-il été revendiqué comme un acte terroriste ?

L'attentat de Nice a été revendiqué par Daesh dans les heures qui ont suivi, l'Etat islamique s'est exprimé à ce sujet 30 heures après l'attaque sur les ondes de leur radio de propagande Amaq. Dans son communiqué, l'EI présentait le terroriste de Nice comme "un soldat". Pour autant, l'enquête n'a pas permis d'établir la véritable nature des liens entretenus entre Mohamed Lahouaiej Bouhlel et le groupe EI. L'homme a été présenté comme un déséquilibré s'étant radicalisé très rapidement avant son passage à l'acte. Les enquêteurs ont par ailleurs trouvé dans son ordinateur des "photos en lien avec l'islam radical, en particulier des combattants arborant le drapeau du groupe terroriste Daech" ainsi que "des couvertures du journal Charlie Hebdo, des photos de Ben Laden".

​​​​Les images de Nice après l'attentat du 14 juillet

Un an après l'attentat, Paris Match a diffusé des images extraites de la vidéosurveillance de la police niçoise, capturées le soir du 14 juillet 2016. Plusieurs associations de victimes se sont indignées de la publication des ces photos "publiées sans précaution aucune, portant atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches", dénonçant par l'intermédiaire de leur avocat une volonté de "créer une atmosphère morbide et voyeuriste", "pour faire du sensationnel". Le maire de Nice, Christian Estrosi a jugé que ces images étaient "insoutenables et abjectes". Finalement, le numéro de Paris Match avait été autorisé à rester en kiosque. Il a été estimé que les images publiées par l'hebdomadaire ne troublaient pas l'ordre public, mais également que "le retrait des kiosques du numéro litigieux ne saurait constituer une mesure efficiente, dès lors que le numéro litigieux est déjà en vente." En revanche, Paris Match a reçu interdiction de publier à nouveau deux photos de l'attentat, que ce soit sur papier ou sur internet. Ces deux clichés porteraient, selon la justice, "atteinte à la dignité humaine". On y apercevait en effet des silhouettes de victimes de l'attentat de Nice.