Dalida : ses chansons, sa vie, sa mort... Retour sur la vie tragique de la chanteuse

Dalida : ses chansons, sa vie, sa mort... Retour sur la vie tragique de la chanteuse BIOGRAPHIE DE DALIDA. Dalida est née le 17 janvier 1933 au Caire et morte le 2 juillet 1987 à Paris. D'origine égyptienne, elle fut l'une des chanteuses françaises les plus célèbres.

Biographie courte de Dalida - Elle est l'une des chanteuses françaises les plus célèbres et les plus populaires. Dalida a traversé les époques et les modes en chanson jusqu’à devenir une idole et une icône transgénérationnelle. Vingt ans après sa mort, l’amour de son public est resté intact et de nouvelles générations découvrent aujourd’hui la carrière de la diva égyptienne, à travers des rééditions d’anciens albums, des compilations et autres albums de remixes. Son frère Orlando, gardien du temple de Dalida, aura contribué à préserver la mémoire de sa sœur et à en faire une artiste intemporelle.

Issue d’une fratrie italienne de trois enfants, Dalida, de son vrai nom Yolanda Gigliotti, naît le 17 janvier 1933, au Caire, en Egypte. Elle est la seule fille du couple Gigliotti. Dès l’enfance, elle nourrit déjà un mal être intérieur. Une maladie des yeux, contractée quelques mois après sa naissance, a développé un strabisme et l’oblige à porter des lunettes. La jeune fille est complexée et souffre du regard des autres. A l’adolescence, Yolanda s’affirme et prend des cours de théâtre à l’école. Elle se découvre une nouvelle passion et révèle un certain talent pour la comédie.

Après une opération chirurgicale visant à atténuer son strabisme, la jeune Yolanda se présente à un concours de beauté. Le jury est séduit et lui offre le titre de Miss Ondine du Caire. C’est la révélation ! En 1954, elle réitère l’expérience avec le concours national et obtient le titre de Miss Egypte. Dès lors, une nouvelle vie l’attend et lui fait entrevoir de nouveaux horizons. Sous le pseudonyme de Dalila, elle débute une carrière au cinéma et connaît quelques succès dans des séries B égyptiennes. Mais, elle se sent bientôt à l’étroit dans ce costume et s’imagine un autre destin de star.

Dalida, ses débuts dans la chanson

Le soir de Noël de l’année 1954, elle débarque seule à Paris où elle espère faire carrière. Avec de faibles moyens, elle commence à prendre des cours de chant et débute à la Villa d’Este, célèbre cabaret parisien, où Bruno Coquatrix, le patron de l’Olympia, la remarque. Il l’invite à participer à l’émission "Numéro 1 de demain", un concours de jeunes chanteurs amateurs. Lucien Morisse, le directeur de programmes de la station de radio Europe 1 est présent, accompagné d’Eddy Barclay, patron de la maison de disques Barclay. Lucien Morisse est subjugué par la beauté de la jeune chanteuse et décide de devenir l’homme qui va façonner sa carrière. Eddy Barclay, qui a également saisi tout le potentiel de la jeune chanteuse, la signe sur son label. Avec l’appui d’Europe 1, qui matraque le titre toutes les heures, Yolanda  Gigliotti, rebaptisée Dalida, rencontre le succès avec son troisième 45 tours, Bambino, en 1956. Elle foule la scène de l’Olympia la même année en première partie de Charles Aznavour. Puis en 1957, elle est la première artiste à recevoir un disque d’or.

Dès lors, la carrière de Dalida est lancée. Sous la bienveillance de Lucien Morisse, elle enregistre coup sur coup des succès dont Gondolier et Prima Donna. Elle fait la une des magazines et obtient l’Oscar de Radio Monte Carlo sept ans de suite. Dalida enchaîne les tournées et monte sur la scène de Bobino.

Le mariage de Dalida et Lucien Morisse

Parallèlement à ce conte de fées, elle entame une idylle avec son manager Lucien Morisse. Le mariage est célébré le 8 avril 1961, mais sera de courte durée. Lucien Morisse en demande toujours plus à Dalida. La vie de la chanteuse n’est rythmée que par le travail et l’amour ne tarde pas à se tarir. Deux mois après cette union, elle rencontre un peintre et quitte son mari.

Pendant cette période, la chanteuse est soumise à la pression des médias qui annoncent, avec l’arrivée des Yéyés, la fin du phénomène Dalida. Elle prend le contrecoup des critiques et surfe avec succès sur la nouvelle vague. En 1961, elle fait salle comble pendant plus d’un mois à l’Olympia et réussit à séduire un public plus jeune avec ses nouveaux titres : Petit Gonzalez et Itsy Bitsy Petit Bikini se vendent très bien. L’image de Dalida s’adapte au fil des succès et des tournées. Elle se teint en blonde le 4 août 1964. A la suite de son divorce, Bruno, le frère cadet de Dalida, débarque à Paris et prend en main la carrière de la star.

Dalida face au suicide de Luigi Tenco

En 1966, la maison de disque RCA lui présente un jeune auteur compositeur, Luigi Tenco. Celui-ci lui compose une chanson pour le festival de San Remo. Déjà, la passion est en marche et les amoureux projettent de se marier. Cette idylle sera une première tragédie dans la vie de la chanteuse. La chanson n’est pas sélectionnée par le jury. Luigi Tenco, d’un tempérament angoissé et torturé, accuse le coup. Sous l’effet de l’alcool et des tranquillisants, il se suicide dans sa chambre. Cette nouvelle anéantit la star qui tente quelques mois plus tard de mettre fin à ses jours. Elle restera cinq jours dans le coma. A sa sortie de l’hôpital, Dalida se tourne vers la spiritualité et la psychanalyse et songe même un temps à arrêter sa carrière. Cette épreuve la changera à jamais. En 1970, un nouveau drame la frappe. Son ancien mari, Lucien Morisse, se suicide.

Ces épreuves changent l’artiste. Sur scène, Dalida apparaît en longue robe blanche, telle une madone. La presse la surnomme "Sainte Dalida". Désormais, elle se tourne vers un nouveau répertoire, plus grave. Elle interprète des textes de Léo Ferré, de Jacques Brel ou de Charles Aznavour. Elle délivre des interprétations poignantes des titres Je suis malade, Avec le temps et Il venait d’avoir 18 ans, qu’elle parvient à transcender sur scène. Ce changement de registre surprend la profession mais continue à charmer son public. Sur la scène de l’Olympia, elle fait un triomphe.

Derrière les paillettes, une femme blessée

Elargissant son répertoire, l’artiste s’aventure là où on ne l’attend pas. Avec Alain Delon, avec qui elle eut une brève aventure dans les années 60, elle chante les querelles de couples dans Paroles Paroles. Puis, arrive Gigi L’Amoroso, chanson à moitié chantée, à moitié parlée, qui lui vaut un succès mondial. Au milieu des années 70, Dalida cultive le show à l’hollywoodienne. Elle est l’importatrice de la vague disco en France avec J’attendrai. Cette période disco lui permet de conquérir le cœur du public américain. Lors de son show, le 29 novembre 1978, dans la célèbre salle du Carnegie Hall, elle fait preuve d’un grand professionnalisme et est encensée par la presse. A son retour en France, Dalida poursuit sa période disco avec le titre Monday Tuesday.

Dalida poursuit les tournées en France et à l’étranger et se produit au Palais des Sports du 5 au 20 janvier 1980, dans un spectacle digne des plus grands shows de Broadway, où s’enchaînent chorégraphies et changements de costumes. En 1985, elle retourne dans son pays d’origine. Elle révèle ses talents d’actrice dans le film Le sixième jour de Youssef Chahine. Ce retour aux sources la bouleverse et Dalida se replie de plus en plus sur elle-même. Elle enchaîne toujours les tubes mais sur le plan sentimental c’est une femme brisée qui accumule les déceptions.

Une star engagée 

Au cours de sa carrière, Dalida s'est engagée en faveur de plusieurs causes. Elle militait notamment contre l'homophobie, un combat que l'on retrouve dans sa chanson Pour ne pas vivre seul en 1972. Dans sa chanson, Dalida chantait le fait que "pour ne pas vivre seules, des filles aiment des filles et l'on voit des garçons épouser d'autres garçons".  Un texte qui avait été immédiatement adopté par la communauté gay, qu'elle a également fasciné par ses déceptions amoureuses. Quelques années plus tard, c'est une nouvelle fois au travers de ses textes que Dalida avait séduit la communauté gay. Son titre Depuis qu'il vient chez nous sorti en 1978 évoquait l'homosexualité bien qu'elle ne soit jamais nommée.

En 1985, Dalida s'est engagée aux côtés de son amie Line Renaud en faveur du sida. Avec Line et Bernadette Chirac, elle avait organisé un gala et avait réussi à récolter des fonds pour aider la recherche. Plusieurs artistes populaires tels que Thierry le Luron ou Nana Mouskouri se sont par la suite ajoutés au trio. Enfin Dalida s'est aussi engagée en faveur des radios libres avec son ami Max Guazzini.

La mort de Dalida

Le 3 mai 1987, Dalida, de son vrai nom Yolande Gigliotti, se donne la mort dans son appartement parisien, rue d'Orchampt à Montmartre. Elle avait 54 ans et laisse pour seules paroles derrière elle le mot suivant : "La vie m'est insupportable. Pardonnez-moi." Au sommet de sa gloire c'est avec une des somnifères ingérés avec un verre de whisky que Dalida s'est donnée la mort. Ses funérailles se tiennent en l'église de la Madeleine le 7 mai 1987, en présence de quelque 40 000 personnes. La chanteuse est ensuite inhumée au cimetière de Montmartre, à Paris.

"Dalida avait tout réussi sauf sa vie privée ! Elle le disait elle-même : ' J'ai réussi dans la vie mais pas ma vie. ' Pourquoi ? Parce qu'elle a invariablement choisi des hommes qui, au bout d'un moment, n'acceptaient plus d'être 'Monsieur Dalida'. Elle a toujours fait passer sa carrière avant tout. C'est son public qui avait la première place, ses compagnons venaient après ! Avec chacun d'eux, elle a été heureuse, très heureuse même, mais pendant un certain temps seulement. Par la suite, il y avait toujours quelque chose qui clochait…", confiait son frère Orlando à France Dimanche en 2019.

Un film sur Dalida

En plus de la chanson, Dalida s'est illustrée tout au long de sa carrière au cinéma, en jouant dans de nombreux films, comme L'Inconnue de Hong Kong de Jacques Poitrenaud avec Serge Gainsbourg ou dans Le Sixième Jour de Youssef Chahine. Mais trente ans après sa mort, en 2017, c'est elle qui a été mise à l'honneur par Lisa Azuelos dans le film qui porte son nom, Dalida. La célèbre chanteuse est interprété par l'actrice et mannequin italienne Sveva Alviti. Le film est un succès en France et attire près de 800 000 spectateurs dans les salles obscures.

Dalida : dates clés

17 janvier 1933 : Naissance de Yolanda Gigliotti dans le quartier de Choubrah du Caire (Egypte)
 
24 décembre 1954 : La veille de Noël, Dalida s'envole pour la France
La même année, elle remporte l'élection de Miss Egypte 1954. Elle fait également ses premiers pas d'actrice au Caire.
19 septembre 1957 : Dalida reçoit un disque d’or pour Bambino
Le premier titre de Dalida s’intitule "Madonna". Elle devra attendre son troisième 45 tours pour obtenir les faveurs du public. Matraqué pendant des mois sur Europe 1, Bambino est le premier disque d’or de la chanson française. Il récompense l’artiste pour 300 000 exemplaires vendus.
1 janvier 1958 : Elle obtient l'Oscar de Radio Monte Carlo et les Bravos du Music Hall
 
4 août 1961 : Mariage avec Lucien Morisse
 
1 décembre 1961 : Premier Olympia en vedette
 
1 janvier 1966 : Bruno, alias Orlando, le frère cadet de Dalida, devient son agent artistique
 
26 janvier 1967 : Luigi Tenco, le compagnon de Dalida se suicide dans sa chambre d'hotel
Dalida tentera de mettre fin à ses jours quelques temps plus tard mais en ressortira indemne.
15 janvier 1974 : Dalida chante Gigi L'Amoroso
Sur la scène de l'Olympia à Paris, Dalida présente à la fin de son concert une nouvelle chanson qui dure 7 minutes 30 : "Gigi l'amoroso". Le titre devient le plus grand succès de la chanteuse, en parvenant en tête des hit-parades dans 12 pays.
1 février 1975 : Prix de l'Académie du disque français pour l'album "J'attendrai
 
1 janvier 1981 : Dalida est la première artiste au monde à recevoir un disque de diamant
L'industrie du disque la récompense pour l'ensemble de sa carrière. A cette époque, elle a vendu plus de 80 millions de disques à travers le monde et obtenu 55 disques d'or, interprétés en sept langues.
1 janvier 1986 : Tournage du film "Sixième jour" de Youssef Chahine en Egypte
 
3 mai 1987 : Décès de Dalida
En vendant plus de 120 millions de disques à travers le monde, la carrière de Dalida a été couronnée de succès pendant plus de 30 ans. Cependant, la vie sentimentale de la chanteuse et le suicide de plusieurs de ses amants la laisse dans un état de détresse immense. La diva égyptienne, ne supportant plus la solitude, met fin à ses jours dans la nuit du 2 au 3 mai 1987, dans sa maison de Montmartre. Elle laisse pour seule explication à ce geste un mot à son entourage "La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi.".
24 avril 1997 : Inauguration de la Place Dalida
Le maire de Paris, Jean Tibéri, inaugure la place Dalida dans le quartier de Montmartre, près de la rue d’Orchampt où la chanteuse résidait. Un buste en bronze de l’artiste est érigé à cet endroit. Cette place vient commémorer les dix ans de la mort de chanteuse.

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