Maximilien de Robespierre : biographie d'un révolutionnaire

Maximilien de Robespierre : biographie d'un révolutionnaire BIOGRAPHIE DE MAXIMILIEN DE ROBESPIERRE - Homme politique et révolutionnaire français, il fut une figure de la Terreur. Biographie.

Biographie courte de Maximilien de Robespierre - Né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais) et mort le 28 juillet 1794 à Paris, à 36 ans. Cet avocat, élu député du Tiers-Etat aux Etats généraux de 1789, membre du club des Jacobins et chef des Montagnards, fut l'une des plus grandes figures de la Révolution française. Défenseur de l'abolition de la peine de mort et de l'esclavage, et défenseur du suffrage universel, ce fut l'instigateur de la Terreur après son entrée au Comité de salut public en 1793. Attaqué de toute part, il est guillotiné à Paris, le 28 juillet 1794.

Enfance, formation et discours de jeune avocat

Maximilien Marie Isidore de Robespierre est le fils aîné de Maximilien Barthélémy François de Robespierre, avocat au conseil supérieur d'Artois, et de Jacqueline Marguerite Carraut, fille d'un brasseur d'Arras. Son père vient d'une famille de gens de robe artésiens. Il a une sœur Charlotte, née en 1760, une autre sœur Henriette-Eulalie-Françoise née en 1761, un frère Augustin né en 1763 et un deuxième frère, Benjamin, né et mort le même jour en 1764. Lorsqu'il a six ans, sa mère décède le 15 juillet 1764, puis quelques années après, les enfants sont abandonnés par leur père. Les deux filles sont donc accueillies par leurs tantes paternelles et les garçons par leur grand-père maternel.

En 1765, Maximilien entre au collège d'Arras. Il obtient en 1769 une bourse de 450 livres annuelles de l'abbaye de Saint-Vaast, puis entre au collège Louis-le-Grand à Paris. Il est reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet 1780. L'année suivante, le 15 mai, obtenant son diplôme de licence, il s'inscrit donc sur le registre des avocats du Parlement de Paris. Il retourne ensuite à Arras et s'installe avec sa sœur Charlotte. Inscrit au Conseil provincial d'Artois le 8 novembre 1781, il commence à plaider à partir du 16 janvier 1782, et est nommé juge au tribunal épiscopal le 9 mars de la même année. 

Là-bas, il se distingue avec des discours célèbres tels que celui sur l'affaire du paratonnerre de M. de Vissery, prononcé pour défendre un autre avocat, qui avait établi un conducteur électrique sur la cheminée de sa maison en 1780, appareil dont ses voisins souhaitaient la destruction. Le 15 novembre 1783, Robespierre est accueilli à l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, et participe à plusieurs concours académiques. Il devient directeur de l'Académie le 4 février 1786. Etant pour l'égalité des sexes et la mixité dans les sociétés savantes, il y fait entrer deux femmes de lettres. Maximilien de Robespierre ne s'est jamais marié, mais a eu quelques relations. A la veille de la révolution, il participe à la vie politique de sa province. 

Robespierre l'Incorruptible

Sa première grande fierté est d’être élu député du Tiers état aux Etats généraux de 1789. Maximilien de Robespierre devient alors une grande figure démocrate, fervent révolutionnaire défendant notamment l’abolition de l’esclavage, le droit de vote pour un plus grand nombre de personnes, la fin de la monarchie et surtout l’égalité des droits. On lui prête rapidement le surnom d’ "Incorruptible", dû au fait qu'il mène une vie digne et honnête. Il fait partie du club des Jacobins (appelé également "société des amis de la Constitution", à l’origine de la Révolution) depuis sa création. Mirabeau dit de lui : "Il ira loin, il croit tout ce qu'il dit !". Robespierre s'oppose à la déclaration de guerre face aux Girondins et désigne en La Fayette l'homme le plus dangereux. Ses principes révolutionnaires se durcissent suite à la fuite du roi à Varennes. Il croit tout de même en une monarchie constitutionnelle. 

Robespierre club des jacobins
Robespierre prononçant un discours au club des Jacobins © MARY EVANS/SIPA

Membre de la Convention montagnarde

Robespierre, considéré par tous comme une figure de la Révolution, est élu à la Convention nationale où il siège avec ses collègues Montagnards, comme Danton ou Marat. Ils s'opposent vivement aux Girondins, prétextant notamment qu'ils sont l'armée des riches et qu'ils ne comprennent pas la misère du peuple. Le 31 mai 1793, les Girondins sont renversés par les Montagnards. Seuls ces derniers sont alors au pouvoir et peuvent enfin imposer leurs idées pour maintenir les efforts de la Révolution.

Maximilien de Robespierre, figure de la Terreur

Le 27 juillet 1793, Robespierre est au sommet lorsqu’il entre au Comité de salut public. Mais rapidement, les idées divergent et certains, comme Danton et Desmoulins, prônent l’apaisement de cette période de Terreur - nom donné à la répression révolutionnaire qui débuta avec la création du Tribunal d'exception et des comités de surveillance, en mars 1793. Surnommés les "Indulgents", Danton et Desmoulins sont considérés comme une menace par Robespierre. Ils sont arrêtés et guillotinés le 5 avril 1794. Il en est de même pour les "Enragés", qui eux souhaitent plus de condamnations et de mises à mort. Robespierre et Saint-Just ordonnent leur condamnation quelques jours avant, le 24 mars 1794. Le régime de la Grande Terreur est à son apogée en juin 1794, lorsque Robespierre est élu président de la Convention nationale.

Robespierre terreur
Les leaders de la Terreur - Robespierre, Danton et Marat © MARY EVANS/SIPA

La mort de Robespierre 

Maximilien de Robespierre est destitué de la Convention le 27 juillet 1794. En effet, avec l'intensification de la Terreur et les nombreuses mises à mort, plusieurs dantonistes, Jacobins et membres de la Convention nationale s'inquiètent d'être tués. Ils décident alors de conspirer contre Robespierre. Ainsi, ce dernier est arrêté avec Saint-Just et son frère cadet Augustin. La Commune permet leur libération, mais la Convention déclare Maximilien de Robespierre hors-la-loi et il est rattrapé peu de temps après. Le Tribunal révolutionnaire le condamne le 28 juillet et le fait guillotiner l’après-midi même. Le gouvernement révolutionnaire et la Terreur prennent fin quelques mois plus tard.

Mort de Robespierre
28 juillet 1794 : Robespierre guillotiné © MARY EVANS/SIPA

Un personnage controversé

Maximilien de Robespierre suscite, aujourd’hui encore, de nombreux débats entre historiens, politiques et passionnés d’Histoire. Certains se battent et rappellent que Robespierre fut le premier à parler de liberté et d’égalité, quand d’autres soutiennent que l’homme a transformé la Révolution en période sanguinaire. En 2011, le Conseil de Paris a refusé que le nom de Robespierre soit donné à une rue ou une place de la capitale.

Maximilien de Robespierre : dates clés

6 mai 1758 : Naissance de Maximilien de Robespierre
Maximilien de Robespierre naît le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais).
21 janvier 1763 : Naissance d'Augustin Robespierre, frère cadet de Maximilien
L'homme politique français Augustin Bon Joseph de Robespierre, né à Arras (Pas-de-Calais) est le frère cadet de Maximilien (1757-1794), dit également Robespierre le jeune. D'une fratrie de cinq enfants, issue de la petite bourgeoisie, avocat comme son aîné, il le rejoignit après les journées révolutionnaires du 10 août 1792. Siégeant ainsi à la Convention en tant que député de Paris (1792-94), au sein des "Montagnards", il accompagna la dictature jacobine, prônée par le Comité de salut public de Saint-Just (1767-1794) et de Maximilien, qui promulgua la Terreur (juin 1793-juin 1794). Partageant le sort de son frère, il fut guillotiné dans la journée du 10 Thermidor an II (28 juillet 1794), avec 21 autres condamnés, sur la place de la Révolution.
31 mai 1793 : Les Girondins renversés par les Montagnards
A l'appel de Robespierre, des sans-culottes parisiens guidés par Varlet et Roux, chef de fil des Enragés, encerclent la Convention et réclament la mise en accusation des députés de la Gironde qui gouvernent le pays. Ils leur reprochent leur incapacité à faire face à l'invasion étrangère et les soupçonnent de préparer le retour de la monarchie. Le 2 juin, les 25 députés girondins seront arrêtés et envoyés à la guillotine. A la faveur de ce Coup d'Etat parisien, les députés de la Montagne prendront le pouvoir et installeront la Grande Terreur.
5 avril 1794 : Danton et Desmoulins à l’échafaud
Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles et Fabre d'Eglantine sont arrêtés, jugés par un tribunal révolutionnaire puis guillotinés. Robespierre et Saint-Just, qui dominent la Convention, entendent ainsi chasser les "indulgents" du pouvoir.
10 juin 1794 : La Convention décrète la Terreur
La Terreur, la répression révolutionnaire qui commença avec la création du Tribunal d'exception et des comités de surveillance en mars 1793, se durcit avec la loi du 22 prairial an II. Celle-ci supprime la défense et l'interrogatoire préalable des accusés, ne laissant au tribunal que le choix entre l'acquittement et la mort. En juillet, les députés, craignant d'être à leur tour victimes de la Terreur, feront arrêter Robespierre et ses partisans. En octobre 1795, la Convention sera dissoute et laissera place au Directoire.