Révolution française : la France met fin à la monarchie absolue en 1789

Révolution française : la France met fin à la monarchie absolue en 1789 La Révolution française a mis fin à l'absolutisme en écartant le roi Louis XVI du pouvoir. Symbolisée par la prise de la Bastille en 1789, la Révolution va profondément changé le cours de l'histoire en France et en Europe.

Résumé de la Révolution française - Période charnière de l'histoire de France, la Révolution française a mis fin à l'absolutisme. Après avoir été brièvement une monarchie constitutionnelle, la France devient une république à la mort de Louis XVI. Elle est gouvernée par la Convention nationale, le Directoire et enfin le Consulat après le coup d'État du 18 brumaire. Symbole de la fin de la monarchie absolue dans l'Hexagone, la Révolution française de 1789 est l'une des périodes les plus importantes de l'Histoire de France. Fruit de grands bouleversements politiques et sociaux, la Révolution française est encore aujourd'hui symbolisée par les célébrations du 14 juillet, date à laquelle les révolutionnaires se sont attaqués à la Bastille. Partout dans le monde, des révolutions populaires ont été engagées à partir des idées transmises par la Révolution française.

Pourquoi la Révolution française a-t-elle eu lieu ?

Après les règnes fastueux de Louis XIV et de Louis XV, la France attend beaucoup du roi Louis XVI lorsqu'il monte sur le trône en 1774. Le pays connaît notamment une importante crise financière. Les choses s'aggravent avec un hiver 1788 particulièrement rigoureux. Les paysans, les artisans et les commerçants sont les plus touchés. Le coût des denrées alimentaires comme le pain augmente. Le peuple (ou tiers état) se tourne vers Louis XVI qui décide de réunir les états généraux. Tandis que la noblesse et l'Église persistent à vouloir conserver leurs privilèges, le tiers état rédigent des cahiers de doléances qui réunissent les demandes du peuple.

Etats généraux
Convocation des états généraux en 1789 © ABECASIS/SIPA

Quel est le but des états généraux convoqués en 1789 ?

En 1789, Louis XVI convoque les états généraux pour tenter de trouver une solution à la crise économique qui touche le royaume. Le 4 mai 1789, l'assemblée des états généraux se réunie à Versailles avec environ 1 150 députés : 291 appartenant au clergé, 270 appartenant à la noblesse et 578 appartenant au tiers état. À l'ordre du jour, le déficit du budget de la France qui est annoncé dans un discours qui ne cache rien de la situation financière désastreuse du pays. Pour procéder aux premiers votes, le roi confirme que les suffrages s'effectueront par ordre et non par député. Le tiers état refuse cette modalité et choisit de constituer une Assemblée nationale plus juste le 17 juin 1789. Le roi, pour montrer son désaccord, fait fermer la salle où se réunissent les députés. La nouvelle assemblée se réunit donc dans la salle du jeu de paume et fait le serment de rédiger une Constitution pour la France.

Pourquoi la prise de la Bastille a-t-elle lieu ?

Se sentant menacé par l'Assemblée nationale, Louis XVI finit par reconnaître sa légalité, mais il fait aussi venir 20 000 soldats à Paris. Le 9 juillet, le renvoi de Necker, ministre des Finances, provoque les premières agitations parisiennes. La prise de la Bastille constitue le grand événement de la Révolution française. Le 14 juillet 1789, après avoir pillé la caserne des Invalides, le peuple parisien s'attaque à la forteresse convertie en prison pour tenter de récupérer d'autres armes en vue d'une plus grande révolte. Après une longue journée consacrée à défendre son édifice, le marquis de Launay n'a d'autre choix que de capituler.

Comment la Révolution met-elle fin à l'absolutisme de Louis XVI ?

Durant l'été 1789, la "Grande Peur" se propage dans toute la France. Des rumeurs parlent de mercenaires engagés par la noblesse pour maintenir l'ordre. Les paysans se rebellent et s'en prennent aux nobles. Pour mettre fin à cette jacquerie, les députés votent l'abolition des privilèges le 4 août 1789. Ils font disparaître la dîme et les corvées. Les paysans ont la possibilité de racheter les terres qu'ils cultivaient pour un seigneur. Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est également votée par l'Assemblée. En juillet 1790, c'est la Constitution civile du clergé qui est ratifiée. Elle va séparer les représentants de la religion catholique en deux catégories, les prêtre jureurs (qui ont prêté serment) et les réfractaires. En octobre 1789, Louis XVI est contraint par le peuple d'habiter le palais de Tuileries à Paris. Il tente de fuir le pays le 21 juin 1791, mais il est stoppé à Varennes. En septembre 1791, une monarchie constitutionnelle (monarchie où les pouvoirs du roi sont limités) est finalement ratifiée.

Pourquoi le roi est guillotiné sous la Révolution ?

Les défaites se succèdent dans la guerre contre la Prusse et Louis XVI en est rendu responsable suite au manifeste de Brunswick. Le peuple parisien se soulève à nouveau et marche sur les Tuileries le 10 août 1792. Le roi, accusé de trahison, se réfugie à l'Assemblée. Sous la pression populaire, les députés votent l'abolition de la monarchie et la naissance de la Première République avec la création de la Convention nationale (nouveau régime politique). Ils envoient le roi en prison le 13 août 1792. À la fin de l'année 1792, le procès de Louis XVI s'ouvre en France. Il est reconnu coupable de "conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État". Pour beaucoup, sa condamnation constitue le moyen le plus sûr de ne pas voir réapparaître la royauté. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est donc conduit sur l'échafaud place de la Révolution à Paris pour être guillotiné. La décapitation de Louis XVI se déroule quelques jours seulement après le vote de sa condamnation.

La régime de la Terreur sous la Révolution française

La Révolution française entraîne une instabilité politique dans le pays qui s'éternise pendant plusieurs années avant que la Première République (1792-1804) ne parvienne finalement à s'imposer. Entre 1793 et 1794, la France connaît ce que les historiens ont baptisé "le régime de la Terreur". Le gouvernement révolutionnaire, mis en place pour contrer les révoltes et les insurrections encouragées par les autres monarchies européennes, se transforme en État d'exception prêt à employer la force militaire pour faire face aux crises intérieures et extérieures. La France doit notamment combattre une coalition de pays européens, puis intervenir dans les guerres de Vendée ou la guerre des Chouans. Avec la Terreur, une loi des suspects est mise en place. Les tribunaux révolutionnaires ont ainsi tout pouvoir pour exercer une justice expéditive contre toutes celles et ceux étant perçus comme ennemis de la Révolution. En juin 1794, Maximilien de Robespierre est à la tête de la Convention nationale et la Terreur est encore renforcée. Robespierre est stoppé par une conspiration en juillet 1794. Son exécution met un terme à la Terreur. En 1795, une nouvelle Constitution est votée et le Directoire remplace la Convention nationale.

Combien de morts y a-t-il eu pendant la Révolution ?

Le nombre de morts pendant la Révolution française fait l'objet de nombreux (et vifs) débats entre les historiens. Rares sont ceux qui s'accordent sur un chiffre plus ou moins précis pour évoquer le bilan humain de cette période de l'Histoire de France. Il faut dire que la destruction de nombreuses archives ne les aide pas dans leur mission. Nombreux sont toutefois ceux qui s'accordent sur un bilan d'environ 40 000 morts au cours de la seule période de la Terreur. La Révolution française dans son ensemble aurait fait entre 600 000 et 800 000 morts. La guerre de Vendée et les chouanneries seraient responsables de plus de 200 000 morts.

Quelles sont les conséquences de la Révolution française ?

Les conséquences de la Révolution française sont d'abord politiques avec la fin de l'Ancien régime et l'instauration progressive de la Première République. La Révolution française a également eu des répercussions sur le plan sociétal avec, entre autres, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui accorde à l'ensemble des citoyens les mêmes droits et la même liberté. La séparation des pouvoirs est une autre avancée qui découle de la Révolution française. Elle est également à l'origine de certains symboles de la France comme la Marseillaise ou le drapeau tricolore. L'instabilité engendrée par la Révolution va créer un climat favorable au coup d'état 18 brumaire (9 novembre 1799) et à l'entrée en scène de Napoléon Bonaparte.

Révolution frANçaise : dates clés

8 août 1788 - Louis XVI convoque les états généraux
L'impossibilité de la monarchie à faire face à la crise financière, amène Louis XVI à convoquer les états généraux. Ceux-ci n'avaient pas été réunis depuis 1614. Sous la pression de l'opinion publique, le roi accepte le doublement des représentants du tiers état. Les 1 150 députés des trois ordres se réuniront à Versailles en mai 1789 et, bien qu'ils n'aient pas les mêmes objectifs, ils parviendront à former la première Assemblée nationale.
5 mai 1789 - Ouverture des états généraux
Alors que les caisses du royaume sont vides, Louis XVI se résout à convoquer les états généraux à Versailles. Selon le contrôleur général des Finances, Loménie de Brienne, seule une assemblée des délégués de tout le pays peut imposer des réformes (modifier l'assiette de l'impôt) aux privilégiés et au Parlement. A la différence des précédents états généraux de 1614, le nombre de représentants du tiers état est doublé. Les députés formeront une "Assemblée nationale" et commenceront à remettre en cause les institutions monarchiques.
17 juin 1789 - La première Assemblée Nationale
Le Tiers état décide par 490 voix contre 90 de constituer une Assemblée nationale. Elle menace de suspendre la collecte des impôts au cas où on l'empêcherait de mener à bien sa mission de représentation et dénie au roi le droit de veto sur ses décisions. Elle réclame également le "vote par tête", plus représentatif du peuple français. Le 19 juin, le clergé rejoindra cette Assemblée. Le 9 juillet, l'Assemblée sera déclarée "constituante".
23 juin 1789 - "Nous ne sortirons que par la force des baïonnettes"
Le 20 juin 1789, les députés se réunissent dans la salle du jeu de paume et prêtent alors serment de ne jamais se séparer avant l'existence d'une constitution écrite. Trois jours plus tard, Mirabeau répond à un député qui souhaite faire sortir tiers-état de la salle : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes."
27 juin 1789 - Louis XVI plie devant les tiers état
Louis XVI invite les deux ordres privilégiés, le clergé et la noblesse, à se joindre à l'Assemblée nationale. Quatre jours plus tôt, il avait demandé aux trois ordres de délibérer séparément et il avait cassé toutes les décisions fiscales du tiers-état. Celui-ci avait alors été rejoint par la majorité des députés du clergé et une cinquantaine de députés de la noblesse menés par le duc d'Orléans. Louis XVI, n'osant recourir à la force, se soumet en enjoignant les députés récalcitrants de se joindre à la nouvelle Assemblée.
9 juillet 1789 - Proclamation de l'Assemblée Constituante
Le 9 juillet 1789, l'Assemblée constituante est officiellement proclamée, quelques semaines seulement après l'initiative des députés des états généraux représentant le tiers état de se constituer en Assemblée nationale dans le but de rédiger une Constitution. L'Assemblée constituante siégera jusqu'au 30 septembre 1791.
11 juillet 1789 - Louis XVI renvoie Necker
Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le roi de France qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. La décision royale provoque une insurrection dans la capitale car Necker est fortement apprécié des Français. L'agitation parisienne conduira à la prise de la Bastille le 14 juillet et au rappel de Necker.
14 juillet 1789 - Prise de la Bastille
Les Parisiens se révoltent, exaspérés par les restrictions et l'inaction du roi. Le 14 juillet 1789, les révolutionnaires parisiens s'attaquent à la Bastille avec la ferme intention de renforcer leur armement. Bien que l'événement soit militairement peu significatif, la prise de la Bastille marque pour beaucoup le début de la Révolution française et constitue l'un des symboles forts de cette période.
4 août 1789 - Abolition des privilèges et des droits féodaux
L'Assemblée nationale constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges. La prise de la Bastille et les menaces de réaction nobiliaire avaient provoqué des révoltes dans les campagnes. Les paysans s'en étaient pris aux maisons seigneuriales, tout en proclamant leur fidélité au roi. Les députés, inquiets par ses soulèvements, décident d'abolir les restes de féodalités : corvée, dîme, juridiction seigneuriale, etc. L'Assemblée se prépare alors à rédiger une grande Déclaration des droits.
26 août 1789 - Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Après six jours de discussion, le texte définitif de "La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen" est voté par Assemblée nationale constituante. L'article 1 proclame : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit". Puis le texte définit les droits naturels et imprescriptibles de l'homme : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. Avec cette Déclaration, la liberté n'a d'autre limite que celle des intérêts d'autrui.
5 octobre 1789 - Les Parisiennes réclament du pain
Le 5 octobre 1789, plusieurs milliers de femmes prennent la direction de Versailles pour exprimer devant le roi leur mécontentement face aux coûts excessifs de certaines denrées comme le pain. Cette marche des femmes sur Versailles obligera Louis XVI à signer les décrets d'abolition des privilèges et à déménager au Palais des Tuileries. La famille royale devient en quelque sorte prisonnière des Parisiens.
1er novembre 1789 - Talleyrand propose la confiscation des biens du Clergé
Talleyrand, évêque d'Autun, fait une proposition à l'Assemblée constituante pour que soient mis à la disposition de la Nation les biens du clergé. Le 2 novembre 1789, le décret est adopté par l'Assemblée et les biens du clergé sont confisqués pour rembourser les dettes de l'État. Plus tard, Talleyrand prêtera serment à la Constitution Civile du Clergé.
30 novembre 1789 - La Corse devient française
A l'Assemblée Constituante, le député corse Antoine-Christophe Salicetti déclare : "La Corse fait partie intégrante de l'empire français". L'île qui était jusqu'alors une province autonome, est rattachée à la France. En 1790, la Corse deviendra un département.
15 janvier 1790 - Création de 80 départements carrés
Un décret de l'Assemblée Constituante fixe à 83 le nombre de départements. Cette nouvelle division du royaume vient remplacer les 34 généralités ou provinces en vigueur sous l'Ancien Régime. La taille des départements est définie de telle façon que chaque citoyen peut se rendre à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum. Les députés projetaient en premier lieu d'établir des circonscriptions géométriques à l'image des Etats américains, mais l'idée sera abandonnée et les limites des départements seront fixées selon celles des anciennes provinces.
26 février 1790 - Création de 83 départements français
L'Assemblée Constituante vote un décret récapitulant les noms et les limites des départements. Il est décidé que la France sera divisée en 83 départements et que le chef-lieu de chacun d'entre eux se situera en leur milieu afin qu'il soit accessible à tous les habitants.
24 octobre 1790 - La France adopte le drapeau tricolore
L'assemblée constituante décrète officiellement le drapeau tricolore, drapeau français, en substitution au drapeau blanc. Le drapeau tricolore apparaît dans la toute jeune république française. Il est largement inspiré par la cocarde que les révolutionnaires arborent depuis 1789. Il reprend le bleu et le rouge, couleurs de la ville de Paris, et le blanc, couleur royale.
27 novembre 1790 - Le clergé français doit fidélité à la nation et au roi
L’Assemblée Constituante vote l’adoption d’un décret réformant le statut du clergé. Chacun de ses membres devra dorénavant porter serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi. Un refus de leur part engendrera leur révocation. L’Assemblée avait déjà décidé de l’élection des évêques et des curés par tous. Le pape condamnera ces lois tandis qu’environ 45% des ecclésiastiques refuseront de s’y plier.
21 juin 1791 - Louis XVI arrêté à Varennes
Louis XVI et une partie de la famille royale entendent fuir le palais des Tuileries pour se rendre à Montmédy afin d'engager une contre-révolution. Dans cet épisode intitulé "la fuite de Varennes", le roi, sa femme et leurs enfants échouent. Louis XVI est arrêté à Varennes-en-Argonne dans la nuit du 21 au 22 juin 1791. Cet évènement est considéré comme une trahison envers les Français. Le roi a perdu leur confiance.
17 juillet 1791 - Fusillade du Champ-de-Mars
Après l'arrestation du roi à Varennes, des milliers de personnes se rassemblent sur le Champ-de-Mars pour faire entendre leur voix pour la déchéance du roi et la proclamation d'une République. Les constituants ordonnent à la garde nationale de tirer sur les manifestants. Sous le commandement de La Fayette, une cinquantaine de personnes sont tuées. L'Assemblée constituante n'est pas non plus prête à écarter Louis XVI, et le roi, qui vient de perdre ses fonctions, reprend ses droits à la mi-juillet.
14 septembre 1791 - Louis XVI et la monarchie constitutionnelle
Le 14 septembre 1791 marque l'entrée en vigueur de la Constitution française du 3 septembre 1791. À cette occasion, Louis XVI est invité à prêter serment et devient le roi des Français sous un régime de monarchie constitutionnelle qui rompt avec l'ancienne monarchie absolue d'avant la Révolution.
16 septembre 1791 - Annexion d'Avignon
L'Assemblée constituante vote l'annexion à la France d'Avignon et du Comtat Venaissin. La "ville des Papes", industrielle et marchande, avait choisi dès les premiers évènements de la Révolution française de s'opposer à la papauté, contrairement aux autres cités du Comtat, plus rurales et plus conservatrices. Le décret du 14 septembre met un terme au débat.
20 avril 1792 - Louis XVI déclare la guerre à l'Autriche
Le roi et l'Assemblée législative déclarent la guerre à l'empereur François II d'Autriche. Celui-ci et son allié, le roi de Prusse, prennent aussitôt l'offensive. Au début, à la joie des contre-révolutionnaires, les armées françaises reculent. Mais, un élan patriotique imprévu se manifeste, scellant l'alliance du peuple en armes et de la Révolution et provoquant la chute de la royauté. Louis XVI sera condamné pour trahison politique et exécuté le 21 janvier 1793.
25 avril 1792 - Première utilisation de la guillotine
La guillotine est inaugurée lors de l'exécution à Paris de Nicolas-Jacques Pelletier, un voleur de grand chemin. En 1789, le docteur Joseph Guillotin présente sa machine à décapiter à l'Assemblée constituante. En 1791, un décret fixe que "tout condamné à mort aura la tête tranchée". Pendant la Terreur, de septembre 1793 à juillet 1794, près de 50 guillotines seront installées en France et quelques 20 000 personnes seront exécutées. La guillotine fonctionnera pour la dernière fois en 1977 et la peine de mort sera abolie en 1981.
25 avril 1792 - Le chant de Rouget de Lisle
Le 25 avril 1792, Joseph Rouget de Lisle, officier militaire, poète et auteur dramatique français écrit un chant patriotique dans un contexte de guerre militaire avec l'Autriche. Ce chant patriotique, ou chant de guerre révolutionnaire, sera repris par les fédérés marseillais à leur entrée dans Paris en juillet 1792. La chanson est ensuite intitulée "La Marseillaise" et choisi comme hymne national de la France.
20 juin 1792 - Les sans-culottes aux Tuileries
A l'initiative de Santerre, un brasseur du faubourg Saint-Antoine, les Parisiens marchent sur le palais des Tuileries le jour de l'anniversaire du serment du Jeu de paume. Ils veulent que le roi retire son veto aux décrets pour la déportation des prêtres réfractaires et la création d'un camp de gardes nationaux. Le roi coiffe le bonnet rouge et boit à la santé de la Nation mais ne cède pas. Les Parisiens reviendront un mois plus tard avec plusieurs bataillons de fédérés et prendront d'assaut le palais des Tuileries.
30 juillet 1792 - Les Marseillais entrent à Paris en chantant
Les hommes de l'armée révolutionnaire originaires de Marseille font leur entrée à Paris après plusieurs jours de marche. À cette occasion, ils entonnent le célèbre "Chant de guerre pour l'armée du Rhin" qui n'est autre que la Marseillaise écrite par Rouget de Lisle quelques mois plus tôt. La chanson devient "chant national" en 1795.
10 août 1792 - Le manifeste de Brunswick
Dans une lettre, le duc de Brunswick, chef de l'armée prussienne, annonce qu'il détruira Paris si la vie de la famille royale française est menacée. Rapidement le roi est accusé de trahison et d'avoir comploté avec l'ennemi pour désorganiser l'armée française. Le 10 août 1792, les sans-culottes, accompagnés des fédérés marseillais, s'emparent des Tuileries et contraignent la famille royale à se réfugier à l'Assemblée. Le même jour, l'Assemblée législative abolit la monarchie française en nommant un conseil exécutif provisoire afin de remplacer le Conseil du roi et ses ministres. Le roi est emprisonné le 13 août.
2 au 7 septembre 1792 - Massacres de septembre
Face aux rumeurs de complots royalistes ou d'invasion prussienne, les Révolutionnaires entrent dans les prisons et massacrent les détenus royalistes, les prêtres réfractaires et tous les prisonniers susceptibles de semer le trouble. La princesse de Lamballe, surintendante de la maison de la Reine, est assassinée lors de ces évènements.
20 septembre 1792 - Bataille de Valmy, victoire française
L'armée française emmenée par les généraux Dumouriez et Kellermann l'emporte face aux Prussiens du duc de Brunswick. Cette victoire surprise donne un coup d'arrêt à l'invasion de la France révolutionnaire par les puissances monarchistes. Depuis l'emprisonnement de Louis XVI, en août 1792, les Prussiens avaient envahi l'Est de la France sans difficultés. Valmy est la première victoire militaire de la République. Goethe qui assista à la canonnade en dit alors : "D'aujourd'hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l'histoire du monde.
22 septembre 1792 - Abolition de la Monarchie française
Dès sa première séance, la Convention, qui exerce le pouvoir législatif, abolit la royauté après les interventions de Collot d'Herbois et de l'abbé Grégoire qui déclare : "Les rois sont dans l'ordre moral ce que les monstres sont dans l'ordre physique. Les cours sont l'atelier du crime, le foyer de la corruption et la tanière des tyrans. L'histoire des rois est le martyrologe des nations". Le lendemain, l'An I de la République est proclamé.
6 novembre 1792 - Bataille de Jemmapes
L'armée révolutionnaire Française, constituée de 40 000 volontaires, remporte une éclatante victoire contre l'Autriche en Belgique. Le Duc de Saxe-Tesch doit évacuer le pays et le général Dumouriez en prend possession pour la France.
10 décembre 1792 - Le procès de Louis XVI
Le 3 décembre 1792, la Convention nationale prend la décision de juger le roi Louis XVI. Le procès du monarque s'ouvre une semaine plus tard et s'achève le 26 décembre 1792. Le 15 janvier 1793, les députés votent à la majorité la condamnation à mort de Louis XVI accusé, entre autres, d'avoir fui à Varennes et d'avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple.
21 janvier 1793 - Mort de Louis XVI
Six jours après le verdict de son procès, Louis XVI est emmené sur la place de la Révolution pour y être guillotiné. Avec la Prise de la Bastille, la mort de Louis XVI constitue l'un des grands événements marquants de la Révolution française et de l'Histoire de France.
23 février 1793 - La Convention décide la conscription de 300 000 hommes
L'armée révolutionnaire a besoin d'augmenter ses effectifs militaires, d'autant plus qu'un débarquement des anglais est toujours possible. A la tête de la Convention, les Girondins ont donc décidé de réagir : 300 000 hommes sont contraints de venir grossir ses rangs. Cette conscription massive est mal accueillie comme à Lyon. Elle représente également l'élément déclencheur de la guerre de Vendée.
10 mars 1793 - Création du Tribunal révolutionnaire
La Convention instaure un tribunal extraordinaire appelé "Tribunal révolutionnaire". Le procureur de la République, Fouquier-Tinville, décide si les suspects doivent être poursuivis. Le but de cette "cour de justice" est de combattre contre "toute entreprise contre-révolutionnaire, toute attentat à la liberté, tout complot royaliste". Le tribunal révolutionnaire remplira son office jusqu'au 31 mai 1795.
10 mars 1793 - Révolte de Machecoul
Contestant la conscription de 300 000 hommes du 23 février 1793, plusieurs villes (Chemillé, Saint-Florent-le-Vieil, Tiffauges...) se soulèvent contre la Convention nationale au début du mois de mars 1793. Le 11 mars 1793 au petit matin, une foule prend d'assaut la ville de Machecoul pour exiger l'arrêt de la campagne de recrutement de nouveaux militaires.
14 mars 1793 - Cholet aux mains des Vendéens
Le 14 mars 1793 marque la date de la première bataille de Cholet. Dans le contexte de la guerre de Vendée, les insurgés, beaucoup plus nombreux, parviennent à prendre la ville de Cholet aux Républicains (les "Bleus"). Les Vendéens (les "Blancs") sont menés par Jacques Cathelineau. La bataille fait entre 150 et 350 morts au total, dont la majorité dans le camp des Républicains.
18 mars 1793 - La bataille de Neerwinden
Le général français Dumouriez essuie une cuisante défaite à Neerwinden. Attaquée par Frédéric de Saxe-Cobourg, duc autrichien, l’armée française sera contrainte de quitter le territoire. La victoire française à Jemmapes n’est plus qu’un ancien souvenir, mais la France reprendra possession de la Belgique au cours de la bataille de Fleurus, en 1794.
2 avril 1793 - La Convention déclare Paoli "traître à la Patrie française"
Figure emblématique de la guerre d'indépendance de la Corse et des guerres de la Révolution française, Pascal Paoli est déclaré "traître à la Patrie française" le 2 avril 1793 par la Convention. Il lui est reproché, entre autres, des tractations suspectes avec l'Angleterre et son opposition au royaume de France.
31 mai 1793 - Les Girondins renversés par les Montagnards
Quelques semaines après la trahison de Dumouriez, le conflit entre Girondins et Montagnards prend de l'ampleur avec les journées du 31 mai et du 2 juin 1793. A l'appel de Robespierre et des Enragés, la première insurrection du 31 mai est marquée par la diffusion d'une pétition demandant le renversement de la commission des Douze, commission extraordinaire créée par les Girondins. Elle sera suivie par une seconde insurrection le 2 juin 1793 et par l'arrestation des chefs girondins.
9 juin 1793 - Les Vendéens prennent Saumur
Le 9 juin 1793, toujours en pleine insurrection, les Vendéens livrent une bataille féroce contre les républicains. À l'issue de cette bataille, les Vendéens parviennent à prendre la ville de Saumur après avoir obtenu la capitulation des dernières forces républicaines retranchées dans le château de la ville. Les "Blancs" s'emparent ensuite d'Angers sans trop de difficultés, mais à Nantes, la résistance a eu le temps de s'organiser.
29 juin 1793 - Nantes résiste à l'insurrection vendéenne
Quelques jours après avoir enregistré une victoire à Saumur, les Vendéens se lancent dans la bataille de Nantes. Emmenés par Jacques Cathelineau, les quelques 30 000 Vendéens subissent cette fois-ci une défaite face aux Républicains mieux préparés et commandés par Jean-Baptiste-Camille de Canclaux. Cathelineau ne survit pas cette bataille.
13 juillet 1793 - Assassinat de Marat
Le 13 juillet 1793, le médecin et député Jean-Paul Marat est assassiné dans son bain par Charlotte Corday. Dès l'annonce de son décès, Marat est élevé par ses partisans au rang de martyr de la Révolution. Celui que l'on surnommait "L'Ami du peuple" fait d'ailleurs partie des principales figures de la Révolution française.
1er août 1793 - Le Comité de salut public crée l'armée de l'ouest
Pour lutter contre l'insurrection vendéenne, le Comité de salut public décide le 1er août 1793 la création de l'armée de l'Ouest. Cette armée de la Révolution française résulte de la fusion de plusieurs armées dont l'armée de Mayence et l'armée des côtes de Brest, sous les ordres de Kléber.
17 septembre 1793 - La Terreur vote la "Loi des suspects"
Suite à la mise en place du régime de "Terreur" le 5 septembre, la Convention nationale dirigée par les Montagnards vote un décret proposé par Philippe-Antoine Merlin de Douai et Jean-Jacques-Régis de Cambacérès permettant l'arrestation de tout ennemi de la Révolution, avoué ou susceptible de l'être. La loi des suspects se traduit durant la Terreur par une grande entaille dans le principe de liberté individuelle.
10 octobre 1793 - Saint-Just déclare la Convention
La Convention provisoire vote un décret selon lequel "le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix". A l'instigation de Louis-Antoine Saint-Just, âgé de 27 ans, cette loi accentue la Terreur inaugurée par les massacres de septembre 1792. Accusé de corruption et de laxisme, le conseil exécutif est placé sous la surveillance de la Convention selon le principe révolutionnaire : "Il est impossible que les lois révolutionnaires soient exécutées si le gouvernement lui-même n'est constitué révolutionnairement".
14 octobre 1793 - Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire
Le 14 octobre 1793 marque le début du procès expéditif devant le Tribunal révolutionnaire de Marie-Antoinette. L'épouse de Louis XVI est présentée devant l'accusateur Fouquier-Tinville. Elle est accusée, entre autres, d'entente avec les puissances étrangères, de participation au complot et à la conspiration visant à installer la guerre civile à l'intérieur de la République. On lui reproche aussi sa conduite immorale et ses dépenses inconséquentes. 
16 octobre 1793 - Marie-Antoinette est guillotinée
Condamnée à la peine capitale par guillotine, Marie-Antoinette est exécutée le jour de sa condamnation après deux jours de procès. Il se sera passé moins de trois heures entre l'annonce de la condamnation et la montée sur l'échafaud de Marie-Antoinette place de la Révolution.
17 octobre 1793 - Les Vendéens perdent Cholet
Le 17 octobre 1793 se déroule la deuxième bataille de Cholet. Vaincue à La Tremblaye la veille, l'armée vendéenne entend bien reprendre la ville de Cholet aux Républicains. Forts de 40 000 hommes, les Blancs lancent l'attaque au nord de la ville. Dirigés par Jean-Baptiste Kléber, les Bleus résistent aux assauts et conservent la ville de Cholet. Les Vendéens décident de fuir avec femmes et enfants en direction de Laval pour rejoindre les Chouans, c'est la virée de Galerne.
26 octobre 1793 - Couthon commence la destruction de Lyon
Le Montagnard, Georges Couthon, ami fidèle de Robespierre, entame la démolition d'une maison de la place Bellecour à Lyon. La ville était devenue le foyer de l'agitation jacobine et selon la Convention devait être détruite. En tant que membre du Comité de salut public, Couthon fut chargé d'organiser la répression. Mais il ne put se résoudre à appliquer le décret de la Convention. Il fut remplacer par Collot d'Herbois et Fouché pour terminer cette tâche.
6 novembre 1793 - Philippe-Egalité meurt sur l'échafaud
Louis-Philippe Joseph d'Orléans, dit Philippe-Egalité, est guillotiné à Paris. Il est accusé de vouloir restaurer la monarchie. Fervent révolutionnaire, le Duc d'Orléans est le cousin de Louis XVI. Lors du procès du roi de France, il n'avait pas hésité à voter pour sa mort. En 1792, il décide de prendre le nom de Philippe-Egalité. Mais la Convention ne le jugeant pas digne de confiance le fait incarcérer à Marseille au mois d'avril. Son fils deviendra roi de France en 1830 sous le nom de Louis-Philippe Ier.
10 novembre 1793 - Notre-Dame de Paris, temple de la Raison
Après avoir subi le vandalisme de la Révolution, Notre-Dame de Paris se découvre une nouvelle vocation : temple de la Raison. La Commune de Paris décide ainsi de faire participer la cathédrale de la ville à la nouvelle religion : le culte de l’Etre suprême. Instaurée par les déistes pour surplomber et incarner la République et ses valeurs, cette nouvelle religion investit de nombreux édifices tandis que la Convention a pour ambition de la substituer définitivement au culte catholique.
24 novembre 1793 - La publication du calendrier révolutionnaire
Le 24 novembre 1793 est la date de parution du nouveau calendrier républicain, aussi appelé calendrier des Français ou calendrier révolutionnaire. À l'initiative du révolutionnaire Fabre d'Églantine, ce calendrier se distingue par des semaines de 10 jours et des mois de 30 jours chacun dont l'appellation évoque des saisons (comme pluviôse ou ventôse).
13 décembre 1793 - L'armée vendéenne décimée au Mans
Le 13 décembre 1793, l'armée vendéenne, qui vient de perdre une bataille à Angers, subit une défaite cuisante au Mans face à l'armée républicaine. Dans cette bataille de la guerre de Vendée, le bilan humain pour l'armée vendéenne s'élève à plus de 10 000 morts et fait entre 5 000 et 10 000 prisonniers. Il s'agit de l'affrontement le plus meurtrier de la guerre de Vendée.
23 décembre 1793 - La virée de Galerne prend fin à Savenay
Débutée le 18 octobre 1793 après la défaite de Cholet, la virée de Galerne s'achève le 23 décembre 1793 avec la victoire décisive des forces républicaines à Savenay. Cette campagne militaire incontournable de la guerre de Vendée avait pour but de rallier les Chouans dans l'attente d'un débarquement des Britanniques. Mais après quelques victoires, les Blancs enchaînent les défaites. A Savenay, les derniers combattants tentent de rentrer au pays avec femmes et enfants. Ils sont rattrapés alors qu'ils tentent de traverser la Loire. 50 000 à 70 000 personnes perdent la vie.
21 janvier 1794 - Les colonnes infernales de Turreau fondent sur la Vendée
Le 21 janvier 1794 marque le début des "colonnes infernales" de Turreau envoyées pour pacifier la Vendée. Sous le commandement du général républicain Turreau, des troupes incendiaires sont chargées d'éliminer tous les contre-révolutionnaires ayant pris part à la révolte, sans distinction d'âge ni de sexe. Leurs biens et leurs terres sont incendiées à titre d'exemple. Ces exactions se multiplieront en Vendée, mais aussi en Maine-et-Loire, dans les Deux-Sèvres et en Loire-Inférieure.
15 février 1794 - La marine française adopte le drapeau tricolore
Sur une proposition du pasteur André Jeanbon, la Convention Nationale décrète "qu'à compter du 1er prairial an II (20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement." Cette mesure permet d'uniformiser les étendards de la marine française. En 1812, Napoléon Ier étendra cette mesure aux régiments de l'armée de terre. En juillet 1880, le drapeau bleu, blanc, rouge sera définitivement adopté par la IIIème République à tous les corps de l'état.
20 février 1794 - L'île Bourbon devient La Réunion
Possession française depuis 1649, l'île Bourbon est rebaptisée par la Convention, île de la Réunion. Cette nouvelle dénomination est un hommage aux fédérés marseillais et aux gardes nationaux parisiens qui se sont réunis le 10 août 1792 pour prendre d'assaut le palais des Tuileries et suspendre les pouvoirs du roi Louis XVI. L'île de l'Océan Indien retrouvera son nom d'origine lors de l'occupation anglaise de 1810 à 1815. La IIème République lui rendra définitivement le nom d'île de la Réunion.
5 avril 1794 - Danton et Desmoulins à l'échafaud
Le 2 avril 1794 débute le procès de Georges Danton devant le Tribunal révolutionnaire. Accusé de malversations après avoir combattu les hébertistes aux côtés de Robespierre, Danton est condamné à la guillotine par un jury de sept membres. Il est guillotiné le 5 avril 1794 en même temps que quatorze autres "indulgents" parmi lesquels Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles et Fabre d'Eglantine.
7 mai 1794 - Le culte de l'Etre suprême
La Convention crée par décret une nouvelle religion : le culte de l'Etre suprême. C'est Robespierre, inspiré par les idées des philosophes du XVIIIème siècle, qui fait adopter ce culte. Il y voit un fondement métaphysique des idéaux républicains. Mais la fête de l'Etre suprême mécontente les Montagnards et n'intéresse pas le peuple. Robespierre, à l'origine de la Terreur, sera guillotiné le 28 juillet 1794.
10 juin 1794 - La Convention décrète la Grande Terreur
Le 10 juin 1794, la Terreur, déjà présente depuis 1793, se durcit. La Convention met en application un décret qui autorise les tribunaux révolutionnaires à supprimer toute défense des personnes accusées. En décrétant cette Grande Terreur, la Convention ne laisse aux jurés des tribunaux révolutionnaires que deux possibilités de verdict : l'acquittement ou la condamnation à mort.
26 juin 1794 - Victoire des Français à Fleurus
Les Français de l'armée du Nord, sous les ordres du général Jourdan remportent une victoire décisive sur les Autrichiens du prince de Saxe-Cobourg à Fleurus. La Belgique s'ouvre ainsi aux armées républicaines. Jourdan fera la jonction avec les armées de Pichegru à Bruxelles deux semaines plus tard. Cette victoire est l'aboutissement du travail de réorganisation de l'armée de Lazare Carnot, membre du Comité de salut public. Elle renforce alors la position du gouvernement.
27 juillet 1794 - Fin de la Terreur
A la tribune de la Convention, Maximilien Robespierre se fait huer du haut des gradins aux cris de "A bas le tyran !". Ses opposants lui reprochent d'avoir instauré la loi du 22 prairial (10 juin) qui met en place la "Grande Terreur" et d'avoir organisé un système d'espionnage des députés. La grande majorité des conventionnels rejoint le mouvement. Robespierre "l'Incorruptible" et Saint-Just "l'Archange de la Terreur", Couthon, Robespierre jeune, frère de Maximilien, ainsi qu'une vingtaine d'autres jacobins seront exécutés le lendemain sans avoir été jugés. La Convention fait fermer le club des Jacobins et instaure la République thermidorienne.
17 février 1795 - Traité de la Jaunaye
Le 17 février 1795, les Vendéens et les Chouans signent un accord de paix avec des représentants de la Convention pour tenter de mettre un terme à la première guerre de Vendée. Le traité est signé au sein du manoir de La Jaunaye à proximité de la ville de Nantes. Plusieurs des protagonistes de ce traité, dont Charette, reprendront les armes quelques mois plus tard.
21 février 1795 - Rétablissement de la liberté de culte en France
La Convention met fin à cinq ans d'intolérance religieuse en proclamant la liberté de culte. Désormais, l'Etat autorise l'exercice du culte de son choix, mais insiste sur le fait qu'il doit se dérouler sans signes ostentatoires et que l'Etat ne sera pas mis à contribution pour fournir des lieux de prières.
23 juin 1795 - Débarquement de Quiberon
Le 23 juin 1795, plusieurs milliers d'émigrés débarquent à Quiberon pour contrer la Révolution. Destinée à soulever l'ouest de la France et chapeautée par l'Angleterre, cette opération militaire se poursuit jusqu'au 21 juillet. Le débarquement de Quiberon est pourtant marqué par la défaite du parti royaliste mal préparé.
5 octobre 1795 - Première intervention de Bonaparte à Paris
Au début du mois d'octobre 1795, les royalistes tentent un coup de force à Paris avec pour objectif de voir se rétablir la monarchie. Quelques mois après le désastre du débarquement de Quiberon, les royalistes voient cette insurrection réprimée avec violence et matée par l'armée de la Convention dirigée par le jeune général de brigade Napoléon Bonaparte. Son nom a été soufflé au commandant en chef de l'armée de l'intérieur, Paul Barras, par sa maîtresse, Joséphine de Beauharnais.
26 octobre 1795 - Début du Directoire
Après trois ans sous le régime de la Convention, la France bascule vers un nouveau régime politique. C'est le Directoire avec la Constitution de l'an III votée par les thermidoriens. Pendant quatre ans, le Directoire affronte plusieurs tentatives de coup d'État jusqu'au coup d'État du 18 brumaire orchestré par Napoléon Bonaparte (devenu commandant en chef de l'armée de l'intérieur) et débouchant sur la mise en place du Consulat.
26 décembre 1795 - Madame Royale monnaie d'échange
Surnommée Madame Royale, Marie-Thérèse Charlotte, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est rendue aux Autrichiens à Bâle après avoir été détenue par les Révolutionnaires du Directoire. En échange, l'Autriche libère Camus, Beurnonville, Lamarque, Quinette, Bancal et Drouet, tous capturés par l'armée autrichienne en octobre 1793 lors de la bataille de Maubeuge. Madame Royale rejoint enfin sa famille. En 1799, elle épousera celui qui sera le dernier dauphin de France, Louis-Antoine de Bourbon, fils de Charles X.
janvier 1796 - Création du ministère de la Police
Le Directoire remplace les différents comités chargés de surveiller le territoire français par un ministère de la Police générale. Merlin de Douai démissionne de son poste de ministre de la Justice pour prendre en charge le nouveau ministère. La Police générale a pour mission de démanteler les "entreprises subversives", sous-entendues les organisations jacobines.
15 juillet 1796 - Fin de la Guerre de Vendée
Débutée le 3 mars 1793, la guerre de Vendée prend fin au cours de l'été 1796 avec la victoire des Républicains et l'exécution des principaux chefs vendéens, Charette et Stofflet. Cette guerre, qui opposa dans l'ouest de la France les Républicains aux Royalistes, aura été le théâtre de nombreuses batailles pour un bilan total d'environ 200 000 morts.
10 septembre 1796 - Le Directoire écrase les "babouvistes"
Les derniers partisans de Babeuf, théoricien français d'une forme de communisme agraire, soulèvent les soldats du camp de Grenelle contre le Directoire. Dénoncés et manipulés, les insurgés tombent dans un piège. L'extrême-gauche révolutionnaire est écrasée.
octobre 1796 - L’armée française reprend le contrôle de la Corse
Cédé aux Britanniques en 1794 après la trahison de Paoli, le royaume de Corse est repris par l'armée française dès le mois d'octobre 1796. Conscients de la précarité de leur situation en Méditerranée, les Britanniques décident de retirer leurs forces de l'île pour la laisser aux mains des Français qui en profitent pour effectuer la division de l'île en deux départements.
17 novembre 1796 - Bonaparte victorieux à Arcole
Après deux jours de combats, Bonaparte remporte la bataille du pont d'Arcole contre le Saint-Empire dans le contexte de la première campagne d'Italie. Malgré une perte estimée à 3 500 hommes (morts ou blessés), Napoléon Bonaparte sort renforcé de sa confrontation avec l'armée autrichienne. La campagne d'Italie prendra fin avec la capitulation des Autrichiens à Mantoue et le traité de Campo-Formio.
14 janvier 1797 - Bataille de Rivoli
Les troupes du général Napoléon Bonaparte l'emportent contre les autrichiens du baron d'Alvinczy. Cette victoire entraîne la chute de Mantoue que l'Autriche était partie délivrer, et la reddition du général Wurmser. Alvinczy laissera dans la débâcle près de 5 000 prisonniers aux troupes françaises.
19 février 1797 - Traité de Tolentino
Alors que les troupes de Napoléon Bonaparte envahissent l’Italie, les représentants du pape sont contraints de signer le traité de Tolentino, par lequel les États pontificaux perdent d’importants territoires. Le pape doit renoncer à Avignon et au Comtat de Venaissin, qui sont conservés par la France, ainsi qu’aux légations de Bologne, Ferrare et Romagne. En plus de ces lourdes pertes, les États pontificaux devront verser l’équivalent de 30 millions de livres à la France, somme qui vient s’ajouter à celle déterminée par l’armistice de Bologne. Toutefois, le traité ne conteste pas le pouvoir temporel du pape.
4 septembre 1797 - Coup d'Etat de Fructidor
Le général Pierre Augereau, envoyé sur Paris à la demande du Directoire par le général Napoléon Bonaparte, assiège les deux Assemblées (Conseil des Anciens, Conseil des 500). Sont déclarés passibles de la peine de mort tous ceux qui voudraient rétablir la royauté et 42 députés suspects de sympathies royalistes sont déportés. Le Directoire, menacé par les élus modérés qui préparaient le retour de la monarchie, est sauvé. Deux ans plus tard, Bonaparte sera à nouveau appelé, mais cette fois, il agira pour son propre compte et fondera le Consulat.
18 octobre 1797 - Signature du traité de Campo-Formio
Le traité de Campo-Formio, du nom d'un petit village italien de la province d'Udine, met un terme à la guerre opposant la France à l'Autriche en Italie. Napoléon Bonaparte est le principal signataire du traité côté français, le comte Louis de Cobentzel est le représentant du Saint-Empire.
28 janvier 1798 - Mulhouse rejoint la République française
Le traité de Mulhouse rattache la ville à la France, mettant fin à trois siècles d'indépendance. Le 4 janvier, la grande majorité des notables de la ville s'était prononcée en faveur du rattachement.
15 avril 1798 - Genève perd son indépendance
Les troupes françaises, sur ordre du gouvernement du Directoire (1795-1799), occupent la République indépendante de Genève. Quelques semaines plus tôt, elles ont envahi la Suisse et créé une République suisse unitaire, à l'image de la République française. La ville annexée est transformée en chef-lieu du département du Léman. En 1814, à la chute de Napoléon Ier, Genève recouvrera sa liberté et sera intégrée à la Confédération helvétique.
11 mai 1798 - Le coup d'Etat du 22 Floréal an VI
Les cinq Directeurs qui exercent le pouvoir exécutif, cassent les élections des Assemblées, trop favorables à leurs yeux aux Jacobins, partisans d'une révolution sociale. Pour mettre un terme aux conflits internes du pouvoir, certains Directeurs en viennent même à souhaiter une dictature militaire. Ce sera chose faite en 1799, quand le général Bonaparte, de retour d'Egypte, renversera le gouvernement du Directoire. Il prendra alors le titre de Premier Consul.
21 juillet 1798 - Bataille des pyramides
Disputée sur le plateau de Gizeh, à Embebeh sur la rive gauche du Nil, la bataille des Pyramides voit s'affronter, durant la campagne d'Égypte, l'armée française emmenée par Napoléon Bonaparte et les Mamelouks commandés par Mourad Bey et Ibrahim Bey. Remportée par l'armée française, cette bataille permet à Bonaparte de faire son entrée au Caire trois jours plus tard.
1er août 1798 - La flotte française détruite à Aboukir
Aussi appelée "bataille du Nil", la bataille d'Aboukir constitue l'une des défaites les plus cinglantes de l'armée française au cours de la campagne d'Égypte. Dans la baie d'Aboukir, la Royal Navy menée par l'amiral Horatio Nelson ne met pas plus de deux jours pour terrasser la flotte française. Les troupes de Napoléon sont ainsi bloquées en Egypte sans moyen de transport pour un retour en France.
11 octobre 1798 - Déroute de la flotte française en Irlande
La division Bompard composée de huit navires et 2 900 hommes est pourchassée et en grande partie détruite par les bateaux du Commodore anglais Warren au nord-ouest de l'Irlande. La France souhaitait débarquer des forces pour soutenir le soulèvement des catholiques irlandais qui avait démarré en avril.
16 avril 1799 - La bataille de Mont-Thabor
L'armée française vainc l'armée du Grand Turc, suzerain des Mamelouks, à Mont-Thabor (Palestine). Le général Bonaparte a lancé une expédition militaire en Egypte en 1798, dans le but de saper la puissance britannique en Méditerranée orientale et contrôler la route des Indes. Après cette victoire, il continuera son avancée, mais ne parviendra pas à prendre la ville de Saint-Jean-d'Acre. Si la campagne d'Égypte se soldera par un échec sur le plan militaire en 1801, elle permettra à l'égyptologie de prendre son essor, grâce aux travaux des savants que Bonaparte avait emmenés avec lui.
8 octobre 1799 - Bonaparte rentre d'Egypte
A la suite d'une longue campagne égyptienne, Napoléon Bonaparte décide de rentrer en France. Après 47 jours de traversée, le futur empereur des Français débarque à Saint-Raphaël avant de prendre la direction de Paris. Napoléon Bonaparte s'y entretient avec des personnalités importantes telles que Talleyrand et prépare en secret son coup d'État.
9 novembre 1799 - Coup d'Etat du 18 Brumaire
Le coup d'État du 18 Brumaire est l'événement qui marque officiellement la fin de la Révolution française. Le 9 novembre 1799, Napoléon Bonaparte, son frère Lucien (président du Conseil des Cinq-Cents) et Emmanuel-Joseph Sieyès mettent en place les principaux éléments du complot qui permettra au premier nommé de prendre le pouvoir et de mettre en place le Consulat pour "sauver la République". Trois Consuls sont nommés provisoirement par les députés, Napoléon Bonaparte, Emmanuel Joseph Sieyès et Roger Ducos. Le futur empereur obtient le titre de Premier Consul.
13 décembre 1799 - Naissance du Consulat
Le texte définitif de la nouvelle Constitution, dite Constitution de l'an VIII, est promulgué. Rédigée par Daunou, elle affaiblit le pouvoir législatif et renforce le pouvoir exécutif qui sera détenu par trois consuls nommés par le Sénat pour une période de 10 ans. Bonaparte, Cambacérès et Lebrun sont élus consuls, mais seul Bonaparte détiendra la réalité du pouvoir. En instaurant le "Consulat", la Constitution de l'an VIII met un terme définitif à la Révolution.