Monarchie de Juillet : résumé du régime au pouvoir de 1830 à 1848

Monarchie de Juillet : résumé du régime au pouvoir de 1830 à 1848 La monarchie de Juillet est un régime politique instauré en France en 1830. Monarchie constitutionnelle, elle voit l'intronisation de Louis-Philippe comme roi des Français et s'achève avec son abdication suite à la révolution de 1848.

Résumé de la monarchie de Juillet - La monarchie de Juillet concerne une période historique comprise entre le 9 août 1830 et le 24 février 1848 où Louis-Philippe Ier devient roi des Français. Elle fait suite à la Restauration, entrée en vigueur en 1814. Cette période se distingue par de fortes dissensions sociales, mais aussi une ouverture de la France vers l'Europe, en particulier l'Angleterre. En pleine révolution industrielle, l'économie s'ouvre au développement du chemin de fer, ainsi qu'à l'industrie textile et métallurgique. La monarchie de Juillet est un régime politique constitutionnel et non d'une monarchie absolue, mais avec un suffrage censitaire très critiqué. Elle succède aux Trois Glorieuses, du 27 au 29 juillet 1830, où l'insurrection a donné lieu à de nombreuses émeutes à Paris. Celles-ci ont entraîné la fin du règne de Charles X au profit de son cousin, Louis-Philippe. À partir de 1846, la crise sociale marque le déclin de la monarchie de Juillet et provoque sa chute deux années plus tard avec la révolution de 1848. Ce qui contraint Louis-Philippe Ier à abdiquer et à s'exiler en Angleterre. La monarchie de Juillet précède à la Seconde République.

Comment la France passe de la Restauration à la monarchie de Juillet ?

Entre 1814 et 1830, la France connaît la Première et la Seconde Restauration. Cette période se ponctue par l'abdication et le retour au pouvoir de Napoléon Bonaparte, respectivement en 1814 et 1815. Par la suite, Louis XVIII (premier frère de Louis XVI) est amené à régner jusqu'à sa mort en 1824. Son frère, Charles X, lui succède. Le roi est réputé pour ses positions conservatrices et sa politique réactionnaire. Il souhaite notamment revenir à une monarchie absolue. La dissolution de la Chambre des députés à l'été 1830 provoque des émeutes parisiennes, plus connues sous le terme des Trois Glorieuses. Cet événement annonce le début de la monarchie de Juillet, une monarchie constitutionnelle.

Comment Louis-Philippe dirige la monarchie de Juillet ?

Considéré comme le dernier roi de France, Louis-Philippe d'Orléans, cousin de Louis XVI, prête serment le 9 août 1830. Aucun sacre n'est organisé. Son règne, caractérisé par les compromis politiques, n'apporte pourtant pas la fin des dissensions sociales. Les notables sont les seuls à pouvoir user de leur droit de vote, tandis que le gouvernement n'hésite pas à favoriser les accointances et à jouer de la corruption pour l'élection des députés. Une taxe, le cens, permet de faire partie du parc des électeurs. C'est le suffrage censitaire. Le règne de Louis-Philippe Ier est aussi marqué par une tentative de rapprochement avec l'Angleterre, sans oublier la conquête de l'Algérie. Le développement économique du pays, en pleine révolution industrielle, bénéficie de l'essor du chemin de fer, ainsi que celui propre aux secteurs de la métallurgie et du textile. Louis-Philippe Ier doit enfin faire face à de nombreux contestataires, dont les bonapartistes, les républicains, les ouvriers (les canuts à Lyon) et les royalistes légitimistes, dans un contexte de crise économique. Les insurrections et les tentatives de coup d'état se multiplient.

Comment se termine la monarchie de Juillet ?

À la suite de manœuvres politiques, l'opposition républicaine réussit à créer de nouvelles dissensions au sein du gouvernement. Entre 1847 et 1848, elle organise près de 70 repas civiques connus sous le nom de campagne des banquets dans le but de contourner les censures aux libertés d'expression. Le 22 février 1848, l'interdiction d'un banquet républicain provoque de nouvelles manifestations à Paris. Le gouvernement tente d'endiguer le phénomène par la force avec l'intervention de la Garde nationale. Le 24 février 1848, le peuple s'insurge suite à de nombreux morts et blessés. Louis-Philippe Ier ne réprime pas le mouvement par la violence et abdique le jour-même avant de s'exiler en Angleterre. La révolution de février 1848 va permettre la proclamation de la IIe République, l'avènement du suffrage universel masculin et l'élection du premier président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III.

La chronologie de la monarchie de Juillet

du 27 au 29 juillet 1830 - Les Trois Glorieuses
Entre le 27 et 29 juillet 1830, des émeutes parisiennes surviennent suite à la politique de Charles X. Le mouvement devient une insurrection qui marque la fin de son règne. Face au royaume de France, les libéraux se composent de Bonapartistes, de Républicains et d'Orléanistes. En l'espace de trois jours, on compte près de 1 000 morts et plus de 5 000 blessés. La victoire des libéraux donne lieu à l'abdication de Charles X, à l'édiction des ordonnances de Saint-Cloud et au début de la monarchie de Juillet le 9 août.
3 août 1830 - Charles X abdique
Charles X abdique le 3 août et est aussitôt banni. C'est finalement Louis-Philippe d'Orléans qui obtient le pouvoir dans une solution de compromis : la Monarchie de Juillet (le 9 août).
21 novembre 1831 - Révolte des Canuts à Lyon
Les tisserands de soie lyonnais (appelés canuts) s'insurgent contre le salaire minimum. Ils déclarent la grève générale et très vite l'insurrection prend la forme d'une révolte. Le tarif minimum avait été négocié entre les fabricants de soie, les chefs d'atelier et les canuts. Mais une centaine d'entre eux ont refusé de l'appliquer. Les ouvriers se révoltent contre leurs patrons dans tous les quartiers de Lyon. Les soldats se joignent aussi à leur mouvement. Le général Roguet qui gouverne la ville est contraint d'abandonner Lyon aux insurgés. La révolte des canuts sera réprimée dans le sang par le fils du roi Louis-Philippe, le Duc d'Orléans, au mois de décembre.
26 mars 1832 - Première victime du choléra à Paris
Après avoir franchi les frontières de l’Europe occidentale dès 1829, le choléra tue sa première victime parisienne. La maladie se propage et fait de nombreuses victimes tout au long du mois d’avril, avant de se faire encore plus meurtrière durant le mois de juin. D’importants personnages, tel que le politicien Casimir Périer, sont contaminés. Le 1er mars 1849, une seconde épidémie ravage la France, puis encore une à partir du 1er juillet 1854.
mai et juin 1832 - Insurrection royaliste dans l'Ouest de la France
En 1832, une insurrection royaliste fut menée dans l'Ouest de la France à l'initiative de la duchesse de Berry afin de relancer les guerres de Vendée et de renverser la monarchie de Juillet. Mais la mobilisation fut faible et Louis-Philippe fut informé de la conspiration qui se formait. L'insurrection échoua et la duchesse du Berry fut arrêtée le 7 novembre 1832. Elle fut libérée le 8 juin 1833 et exilée en Italie.
5 et 6 juin 1832 - Insurrection républicaine à Paris
A l'occasion des funérailles du général Lamarque, les Républicains profitent du symbole et de la foule rassemblée pour déclencher une manifestation. En arrivant sur le pont d'Austerlitz, les troubles prennent la forme d'une véritable émeute qui gagne une partie de la Garde nationale. Face à un pouvoir à la légitimité contestée, et profitant de la vacance du pouvoir provoquée par la mort du chef du gouvernement Casimir Périer, Paris devient le théâtre d'une véritable insurrection républicaine. Les combats avec les troupes du roi se prolongent jusqu'au lendemain : refoulés dans le centre de la ville, les républicains sont contraints d'abandonner. Les batailles firent rage les 5 et 6 juin, faisant environ 800 morts. Les royalistes éteignirent l'insurrection et Louis-Philippe signa une ordonnance mettant Paris en état de siège afin de traduire les Républicains devant le conseil de guerre. Au cours des années 1830, plusieurs tentatives d'insurrection ébranleront le pouvoir.
28 juillet 1833 - La loi Guizot développe l’enseignement primaire
Ministre de l’Instruction publique, François Guizot fait voter une loi qui va bouleverser l’enseignement primaire. Elle oblige les communes de plus de 500 habitants à se munir d’au moins une école primaire de garçons et à entretenir au moins un instituteur. De plus, chaque département français doit désormais disposer d’une École normale d’instituteurs. Par ailleurs, les établissements privés sont légalisés et l’instruction religieuse maintenue. L’instruction publique sera modifiée plus tard par les lois Falloux et Ferry.
9 avril 1834 - Semaine sanglante à Lyon
Après les événements de 1831, Lyon est en proie à de nouveaux troubles insurrectionnels : c'est la seconde révolte des Canuts. Réagissant aux manœuvres des employeurs qui tentent de baisser les salaires, au procès de grévistes et à la restriction des droits d'association votée par les députés, les ouvriers des soieries défilent. Après des heurts avec les troupes, des barricades sont dressées dans toute la ville. Comme en 1831, le pouvoir fait preuve de la plus grande fermeté et envoie Adolphe Thiers mater la rébellion dans le sang. La Semaine sanglante se termine le 15 avril lorsque l'armée prend le contrôle de la ville au prix de plus de 600 morts et de 10 000 prisonniers.
14 avril 1834 - Massacre de la rue Transnonain
Alors que Lyon est en proie à l'agitation des Canuts, plusieurs villes de France connaissent des troubles. Les lois restrictives sur la liberté d'association ont en effet mis les milieux républicains en effervescence. C'est ainsi que des barricades sont dressées à Paris. Au passage d'un détachement militaire dans la rue Transnonain (désormais rue Baubourg), un coup de feu est tiré d'une maison au numéro 12 et tue un officier. Furieux, les soldats investissent la maison et massacrent sans distinction tous les habitants : hommes de tout âge, mais aussi femmes et enfants. Immortalisé par Daumier, l'incident provoque l'émotion. Toutefois, maintenant Paris d'une main de fer grâce à une armée puissante, le roi et Thiers évitent toute tentative d'insurrection.
30 octobre 1836 - Coup d'Etat manqué pour Louis-Napoléon Bonaparte
Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, tente avec l'aide de la garnison de Strasbourg de renverser Louis-Philippe en marchant sur Paris. Mais le manque d'organisation fait avorter la tentative de coup d'État. Louis-Napoléon essaie de quitter la France pour les États-Unis, mais il est incarcéré et jugé. À l'issue du procès, il est finalement acquitté.
26 août 1837 - Les débuts du chemin de fer français
La première rame de chemin de fer avec locomotives à vapeur et transportant uniquement des voyageurs est inaugurée. La ligne entre Paris et Saint-Germain-en-Laye fait 18 kilomètres. Jusque-là il n'existait que des lignes dans le bassin houillers et souvent tirées par des chevaux. Le gouvernement français veut rattraper son retard. En 1840, la France comptera 400 kilomètres de ligne contre 2 000 kilomètres en Angleterre.
3 février 1840 - Bataille de Mazagran
Le 3 février 1840 a lieu la bataille de Mazagran, durant la conquête de l'Algérie par la France. Cent vingt-trois chasseurs commandés par le capitaine Lelièvre parviennent à repousser plusieurs milliers d'Algériens, menés par Mustapha ben-Tami. Ceux-ci assaillent sans succès une fortification sommaire gardée par les Français.
6 août 1840 - Deuxième tentative de coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte
Après avoir déjà tenté un coup d'Etat à Strasbourg en 1836, Louis-Napoléon Bonaparte s'est exilé aux Etats-Unis. Il rentre clandestinement en Europe et s'installe à Londres où il prépare une nouvelle insurrection. Dans la nuit du 5 au 6 août, il débarque avec ses fidèles près de Boulogne-sur-Mer et tente d'investir le 42e régiment de ligne. C'est un échec : les conjurés sont arrêtés, certains tués, et Louis-Napoléon Bonaparte est blessé. Il est condamné à l'emprisonnement à perpétuité dans la forteresse de Ham. Il s'en échappe en 1846.
23 septembre 1845 - Bataille de Sidi-Brahim
La bataille de Sidi-Brahim a lieu entre le 23 et le 26 septembre 1846 et oppose la France à l'État d'Alger. Les troupes françaises sont mal dirigées par le lieutenant-colonel Montagnac et une grande partie des soldats est tuée dans un premier assaut algérien. Réfugiés dans un marabout, ils finissent par charger sur l'ennemi. Sur les 450 soldats français seul 11 en sortent vivants. Les Algériens, au nombre de 20 000, gagnent facilement la bataille.
9 juillet 1847 - Lancement de la campagne des banquets
Contournant l'interdiction de réunion et d'association, les Républicains organisent une campagne d'environ 70 banquets. Face à l'immobilisme et au conservatisme du président du Conseil des ministres, François Guizot, les Républicains y discutent des possibilités de réforme du régime et du droit de vote. Le premier banquet se tient sous la houlette d'Odilon Barrot, le 9 juillet 1847 à Paris. La campagne des banquets touchera environ 17 000 personnes, mais Louis-Philippe Ier et Guizot refusent de tenir compte des revendications républicaines et libérales.
14 février 1848 - Le banquet parisien interdit par le préfet
L'un des banquets prévu le 19 février à Paris en signe de protestation contre l'immobilisme du roi et de son gouvernement est interdit par le préfet de Paris. Les organisateurs vont donc repousser le banquet au 22 février et appeler les Parisiens à venir en masse pour manifester.
21 février 1848 - Guizot réaffirme l'interdiction pesant sur le banquet
François Guizot déclare à nouveau qu'il s'oppose à l'organisation du banquet qui a été repoussé au 22 février. Pour beaucoup de Républicains, il est trop tard pour revenir en arrière et Odilon Barrot pense que les Parisiens viendront en masse manifester leur mécontentement.
22 février 1848 - Les Parisiens se soulèvent contre Louis-Philippe
Après la campagne des banquets menée par l'opposition républicaine, les Parisiens, menés par Odilon Barrot, Louis Blanc ou encore Lamartine, se soulèvent contre le régime de Louis-Philippe Ier. Ce dernier campe sur ses positions et continue d'interdire l'un de ces repas civiques prévu le 22 février 1848. La réaction est immédiate et, suite à des manifestations réprimées dans la violence, le peuple s'insurge et la Garde nationale le rejoint. C'est la révolution de février 1848
23 février 1848 - Guizot poussé vers la sortie
Face à la situation conflictuelle, le roi Louis-Philippe Ier cède à la rue et décide de renvoyer François Guizot. Mais les affrontements de la nuit rendent cette solution insuffisante et le monarque doit abdiquer.
24 février 1848 - Naissance de la IIème République
Louis-Philippe Ier abdique le 24 février 1848 en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. Son exil en Angleterre marque le début de la Seconde République. Un gouvernement provisoire est établi, formé par Lamartine, Dupont de l'Eure, Arago, Ledru-Rollin, Garnier-Pagès, Crémieux et Marie. Pour lui succéder, Louis-Napoléon Bonaparte est élu premier Président de la République. Au terme de son mandat, il provoque un coup d'État pour rester à la tête du pouvoir. En 1852, il devient l'empereur Napoléon III. De 1852 à 1870, son règne est connu comme le Second Empire.