Adolphe Thiers : biographie courte, dates, citations

BIOGRAPHIE DE ADOLPHE THIERS - Homme politique et historien français, Adolphe Thiers est né le 15 avril 1797. Il est mort le 3 septembre 1877. Il fut président de la République de 1871 à 1873.

Biographie courte de Adolphe Thiers - Adolphe Thiers est le premier président français de la Troisième République. Après quelques années de droit à Aix-en-Provence, il s’installe en 1821 à Paris et fréquente les milieux politiques. Il devient alors proche de Charles-Maurice Talleyrand. Adolphe Thiers est également historien, et sa passion lui fait publier son Histoire de la Révolution en 10 volumes. Cet œuvre lui permet de siéger à l’Académie française en 1833. Durant les Trois Glorieuses, aux alentours de 1830, il pousse Louis-Philippe à prendre le pouvoir et lui permet, avec ses camarades, de devenir roi des Français le 7 août de la même année.

Le 11 octobre 1832, Adolphe Thiers est nommé ministre de l’Intérieur. Louis-Philippe appréciant de plus en plus Adolphe, qui se range dans une politique de gauche tout comme lui, il décide de le nommer président du Conseil le 22 février 1836. Mais après un échec d’alliance avec l’Autriche, Thiers veut se venger en envoyant l’armée dans la péninsule ibérique. Louis-Philippe refuse farouchement cette proposition. Thiers dépose sa démission au roi le 16 août 1836 mais précise au roi qu’il sera de retour, quoi qu’il advienne, à son poste en tant « qu’homme du peuple ». Certains considèrent qu’il perd alors la tête, tentant coûte que coûte d’éliminer ses adversaires politiques. Balzac, dans l’une de ses chroniques en mai 1836, dira de Thiers qu’il « n’a jamais eu qu’une seule pensée : il a toujours songé à Monsieur Thiers ».

Vexé d’être écarté ainsi par Louis-Philippe, il ne lui vient pas en aide lors de la révolution de 1848. Désormais membre de l’opposition, il appuie la candidature de Napoléon III à la présidence. Mais il s’oppose au coup d’Etat de ce dernier le 2 décembre 1851 et son arrestation est ordonnée. Il fuit alors en Suisse avant de revenir dans les années 1860. Il est élu député de Paris en 1863. Lors de la chute de l’Empire au début des années 1870, Thiers est chargé de trouver des appuis et des alliés pour poursuivre la guerre contre la Prusse, sans succès. L’armistice est signé le 28 janvier 1871. Thiers est alors élu « chef du pouvoir exécutif de la République française » le 17 février 1871 par l’Assemblée nationale. La crainte de voir revenir la monarchie entraine un soulèvement connu sous le nom de « la Commune de Paris » le 18 mars. Thiers organise une répression sanglante et envoie notamment le général Mac-Mahon contre les communards. S’en suivent plusieurs réformes contestées, comme l’interdiction du droit de vote aux militaires.

L’Assemblée monarchiste décide de laisser Thiers à sa place de chef du Gouvernement avant que la Restauration ait lieu. Adolphe Thiers préfère le titre de « Président de la République », qui lui est accordé le 31 août 1871. Contre toute attente, Thiers ne se tourne pas vers la monarchie et la Restauration, mais affirme qu’il souhaite une République. Mais la majorité à l’Assemblée reste bien monarchique. Adolphe Thiers est finalement contraint de démissionner le 24 mai 1873, certain qu’il sera rappelé à la tête du Gouvernement d’ici peu (étant donné qu’il est, selon certains, indispensable à la tête du pays). Mais le lendemain, c’est Patrice Mac-Mahon qui devient Président de la République. Adolphe Thiers se résigne à abandonner la vie politique et meurt quelques années plus tard, en 1877.

Adolphe Thiers : dates clés

17 février 1871 : Thiers à la tête du gouvernement
Après la chute de l’Empire et de Paris, une nouvelle Assemblée s’est réunie à Bordeaux avec comme objectif de nommer un gouvernement et de mettre un terme définitif à la guerre. Elle nomme Adolphe Thiers à la tête du gouvernement. Face à une Assemblée dominée par les royalistes favorables à la paix, Thiers apparaît toutefois comme un compromis. C’est lui qui, investi des pleins pouvoirs, signera les préliminaires du traité de paix le 26 février à Versailles puis le traité de Francfort le 10 mai.
18 mars 1871 : Début de la Commune
Les Parisiens, se sentant trahis par le gouvernement de Défense nationale qui a capitulé face aux Prussiens et s'est installé à Versailles, sont au bord de l’insurrection. Les tensions poussent le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, à faire enlever des canons érigés par le peuple pour se défendre contre l'ennemi. Mais les soldats chargés de la mission sont encerclés à Montmartre par une foule pacifique, avec laquelle ils fraternisent. Lorsque le général Lecomte ordonne de tirer sur la foule, il n’est pas obéi et ne fait qu’aviver la haine du peuple. Il sera fait prisonnier et fusillé en même temps que le général Clément Thomas. Après l’événement, Adolphe Thiers quittera la capitale avec son gouvernement pour se rendre à Versailles. Dès lors, le Comité central de la Garde nationale prendra possession de l’Hôtel de ville et organisera les votes qui éliront la Commune de Paris.
28 mai 1871 : La Commune de Paris écrasée dans le sang
Au terme de la "Semaine sanglante" (21-28 mai 1871), la Commune de Paris est écrasée. En mars, les Parisiens humiliés par la défaite face aux Prussiens et mis sous pression par un long siège, s’étaient révoltés contre le gouvernement de Thiers. Un mouvement insurrectionnel avait alors pris le pouvoir sous le nom de "Commune de Paris". Le chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, réfugié à Versailles, lance contre la capitale cinq corps d'armée. Les combats de rue et la répression terrible de la Commune feront au total plus de 20 000 victimes, parmi lesquelles on compte femmes et enfants. A cela s'ajoutent les incendies des Tuileries, du Palais de Justice, de l'Hôtel de Ville et du Palais Royal.
24 mai 1873 : Thiers part, Mac Mahon arrive
L'Assemblée nationale contraint le président Adolphe Thiers, trop républicain à son goût, à démissionner et le remplace par le maréchal de Mac Mahon. L'Assemblée échouera pourtant dans sa tentative de restauration monarchique et finira par voter les lois constitutionnelles de 1875 établissant la IIIème République. Face à la montée en puissance des Républicains, le conservateur Mac Mahon sera à son tour contraint de démissionner en 1879.
3 septembre 1877 : Décès d'Adolphe Thiers
Adolphe Thiers meurt le trois septembre 1877 à Saint-Germain-en-Laye d'une crise cardiaque. Né le 15 avril 1797, cet avocat, historien et journaliste, fut le premier président de la troisième République, élu en 1871. Vite passionné par la politique, Adolphe Thiers fut également deux fois président du Conseil sous la Monarchie de Juillet, après avoir poussé Louis-Philippe d'Orléans à prendre le pouvoir. Il fut à l'origine d'une réforme de la carte administrative.