Jules Ferry : biographie de l'homme qui a révolutionné l'école

Jules Ferry : biographie de l'homme qui a révolutionné l'école BIOGRAPHIE DE JULES FERRY - Ministre, il a rendu l'école obligatoire et laïque, permis aux filles d'accéder à l'enseignement secondaire et offert la gratuité aux primaires. Voici son histoire.

Biographie courte de Jules Ferry - Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, et mort le 17 mars 1893 à Paris, Jules Ferry est un homme politique français, avocat de formation. Défenseur des républicains, il devient célèbre pour ses pamphlets humoristiques anti-haussmanniens. Elu député de Paris, il entre au gouvernement provisoire de 1870. Maire de Paris en 1871, il rédige les lois défendant une école laïque, gratuite et obligatoire. Colonialiste, il est déchu, en 1885, après la défaite à Tonkin (guerre franco-chinoise). Il termine sa carrière comme président du Sénat, un mois avant son décès.

Dates importantes :

  • 28 avril 1848 : Apparition de l'école maternelle
  • 21 décembre 1880 : Création de lycées pour filles
  • 16 juin 1881 : L'école est désormais gratuite

Jeunesse

Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, avec un père avocat, Jules Ferry est élevé dans un environnement bourgeois et austère. Il a un frère et une soeur. Sa famille déménage à Strasbourg en 1846, puis s'installe en 1850 à Paris, où il étudie à la faculté de droit pour devenir lui-même avocat. Il s'intéresse très tôt à la vie publique, écrit dans la presse et se fait remarquer en 1868 en publiant une série d'articles en opposition au préfet de la Seine. Jules Ferry est élu député républicain de Paris en 1869. Il entre au gouvernement l'année suivante et devient maire de Paris pour un an. Il quitte la capitale au moment de l'insurrection de la Commune de Paris. Il est député des Vosges de 1871 à 1889 et conseiller général de la ville vosgienne de Thillot. Pour le protéger des autorités, Adolphe Thiers le nomme ambassadeur à Athènes.

Les lois Jules Ferry sur l'école

Jules Ferry rentre en France en 1873, épouse Eugénie Risler en 1875 et devient franc-maçon la même année. Nommé ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts en 1879, il marque ses mandats par de nombreuses réformes de l'enseignement, dont la loi sur l'obligation scolaire et la laïcité, la suppression de l'enseignement religieux à l'école primaire, l'accès à l'enseignement secondaire pour les filles et la gratuité de l'école primaire. Élu président du Conseil en 1880, il consolide toutes les mesures prises pour un enseignement laïque et moderne. Ses positions colonialistes sont contestées par les hommes politiques de tous bords et lui font quitter la présidence du Conseil en 1885.

Comment Jules Ferry est mort

Jules Ferry décède à Paris le 17 mars 1893 sans laisser de descendance. La cause de sa mort à l'âge de 60 ans est une crise cardiaque. Rescapé de deux attentats perpétrés contre lui, l'un en 1883 et l'autre en 1885, le second lui a laissé une balle dans la poitrine qui l'a handicapé jusqu'à la fin de sa vie. Des obsèques nationales ont lieu le 22 mars dans la cour d'honneur du palais du Luxembourg, avant qu'un cortège XXL ne conduise la dépouille de Jules Ferry jusqu'à la gare de l'Est. Un train spécial l'emmène alors dans les Vosges, où il sera inhumé dans le caveau familial de Saint-Dié, selon son testament, "en face de cette ligne bleue des Vosges d'où monte jusqu'à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus".

Jules Ferry : dates clés

5 avril 1832 : Naissance de Jules Ferry, homme politique français
Né le 5 avril 1832, Jules Ferry débuta sa carrière en tant qu'avocat et fut un opposant actif au Second Empire. Il fut maire de Paris en 1870 et 1871, la ville étant alors assiégée par l'armée prussienne, et prit la fuite pendant la Commune. Il devint ensuite député, membre de l'opposition républicaine et rendit l'instruction obligatoire et l'enseignement laïc. Mort en 1893, il est devenu le symbole de l'enseignement laïc.
28 avril 1848 : Apparition de l’ "école maternelle"
Le terme d’ "école maternelle" est employé pour la première fois et remplace ce que l’on appelait des "salles d’asile". Depuis 1830, ces dernières avaient pour fonction d’accueillir les jeunes enfants du peuple, qui restaient dans la rue pendant que leurs parents travaillaient. En plus de l’enseignement dispensé, elles portaient ainsi assistance à ces enfants, dont l’âge était compris entre 2 et 6 ans. La pédagogue sarthoise Marie Pape-Carpentier jouera un rôle important dans la modification du fonctionnement de ces établissements, notamment sur le plan des méthodes employées, relativement dures. Il faudra toutefois attendre les lois de Jules Ferry, en 1881, pour que les écoles maternelles soient véritablement instituées.
21 décembre 1880 : Création de lycées pour filles
Le député de gauche et proche de Jules Ferry, Camille Sée, fait de l'enseignement supérieure des jeunes filles une affaire d'état en créant des institutions publiques. Il décrète : "Les filles sont aussi aptes que les garçons à recevoir l'éducation secondaire". Grâce à la loi Sée, l'instruction des filles est également dispensé par l'enseignement public secondaire, et non plus par les seules écoles privées ou religieuses. Des externats sont institués, laissant aux municipalités la possibilité de créer des internats. L'enseignement de la religion disparaît au profit de la morale. Il faudra toutefois attendre 1925 pour que les programmes enseignés aux filles soient les mêmes que ceux destinés aux garçons. L'adoption de la loi Sée provoque un débat houleux à la chambre et au Sénat, notamment auprès de l'Eglise qui s'oppose à ce que l'on forme des "femmes libres penseurs".
16 juin 1881 : L’école est désormais gratuite
Alors ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry fait voter une loi qui établit la gratuité de l’école. Depuis 1879, l’homme politique promulgue une série de textes afin de promouvoir l’école publique et d’affaiblir le poids de l’Église dans l’éducation des jeunes français. Dans ce contexte, une nouvelle loi paraîtra encore le 28 mars 1882, rendant l’enseignement obligatoire pour les enfants de 3 à 6 ans, et définitivement laïc. L’instruction civique remplacera dorénavant l’instruction religieuse, et même les instituteurs devront être laïcisés au sein des écoles spécialisées. C’est ainsi que seront posées les bases de l’enseignement public en France.
17 mars 1893 : Décès de Jules Ferry