Guerre de Sécession : causes et conséquences d'un conflit meurtrier

Guerre de Sécession : causes et conséquences d'un conflit meurtrier Guerre civile entre nordistes et sudistes, la guerre de Sécession a eu lieu de 1861 à 1865 aux Etats-Unis. Causes, fin, batailles et dates clés, voici le résumé de la guerre la plus meurtrière de l'histoire de ce pays.

Amorcée en 1861 au lendemain de l'élection d'Abraham Lincoln, la guerre de Sécession a ravagé le Sud des Etats-Unis durant quatre ans. Considérée par beaucoup comme une véritable guerre civile, elle oppose les États du Sud, confédérés, et ceux du Nord, formant l'Union, au sujet de l'esclavage. Ainsi, durant des années de combats sanglants se joue le sort des esclaves noirs du Sud.

Causes de la guerre de Sécession : les dissensions Nord / Sud

Dès le début du XIXe siècle, les États du Nord et du Sud s'opposent sur plusieurs aspects culturels, politiques et économiques. Au coeur de tensions diverses, le principal point de discorde entre les deux régions reste l'esclavage. L'économie du Sud repose essentiellement sur la monoculture du coton, laquelle nécessite une main d'oeuvre constituée d'esclaves noirs. Le Nord, en revanche, s'est considérablement industrialisé et a formellement proscrit l'esclavage. De plus, en conséquence de leurs modes économiques respectifs, les États du Nord s'engagent dans une politique protectionniste, tandis que ceux du Sud ne peuvent évoluer que par le biais du libre-échange.  

Au fil des années, les grands du pays, tels que le président Andrew Jackson, parviennent à étouffer les tensions. Mais lorsque le candidat du Parti républicain Abraham Lincoln est élu à la présidence des Etats-Unis en 1860, la réaction du Sud est immédiate. En effet, Lincoln lutte ardemment depuis des années contre l'esclavage. Aussitôt, donc, la Caroline du Sud fait sécession, bientôt rejointe par la Géorgie, l'Alabama, la Floride, le Mississippi, la Louisiane et le Texas. Ensembles, ils fondent les États confédérés d'Amérique, à la tête desquels est placé Jefferson Davis.

L'éclatement du conflit armé

Le président Abraham Lincoln compte bien conserver l'union américaine telle qu'elle a été créée et refuse d'accorder l'indépendance aux États confédérés. Pour cette raison, il ne rappelle pas les garnisons nordistes installées au Sud. Le fort Sumter fait partie des forteresses ainsi occupées. Lorsque les sudistes ouvrent le feu, la guerre est lancée. Supérieure en nombre - 22 millions au Nord pour 9 millions au Sud -, l'armée de l'Union pense mettre rapidement un terme au conflit, mais c'est sans compter sur les talents militaires des soldats sudistes. Ainsi, la première bataille rangée, à Bull Run, se conclut par une défaite cuisante des forces du Nord. Le conflit s'avère plus difficile que prévu. 

Victoires et défaites sudistes

Fort de sa première victoire à Bull Run, l'armée sudiste est déterminée à lutter coûte que coûte. Ainsi, lorsque l'armée du Potomac marche vers Richmond, la capitale des confédérés, ces derniers, sous le commandement du général Robert Lee, répliquent avec force. Au terme de sept jours de combats, ils remportent l'avantage et repoussent les forces ennemies. Toutefois, les troupes qui s'affrontent perdent toutes deux un nombre considérable d'hommes et la situation ne progresse pas. Il faut attendre la bataille de Gettysburg pour voir une nette évolution du conflit. L'armée de Lee, qui avait alors lancé l'offensive, est contrainte de se replier en Virginie. 

Fin de la guerre de Sécession

Dès lors, le Nord ne cesse de prendre de l'avance. Tandis que le général Farragut s'empare de la Nouvelle-Orléans, au sud, le général en chef Grant cherche à contrôler la vallée du Mississippi et l'Ouest. Le général Sherman, quant à lui, marche sur le Sud-ouest, s'empare d'Atlanta, traverse la Géorgie jusqu'à la mer et remonte ensuite vers le Nord. Les troupes sudistes, déjà divisées par les progressions ennemies, sont ainsi prises à revers et n'ont plus d'échappatoire possible. Le général Lee est contraint de capituler à Appomattox, le 9 avril 1865.

L'esclavage, aboli au lendemain de la guerre

Au cours du conflit, Abraham Lincoln était déjà intervenu sur la question des esclaves du Sud. En 1862, il avait en effet proclamé l'émancipation des esclaves noirs des régions confédérés. Il espérait ainsi affaiblir économiquement les États du Sud, tout en observant une grande modération vis-à-vis des États esclavagistes qui avaient choisi de s'allier au Nord. Assassiné avant la capitulation des derniers États sudistes, Lincoln n'assiste pas à l'adoption officielle de l'abolition de l'esclavage, le 6 décembre 1865. 

C'est le président Andrew Johnson qui a la lourde tâche de mener à bien la Reconstruction du pays. Mais la réconciliation entre le Sud et le Nord est loin d'être effective, d'autant plus que les Républicains tentent, en vain, d'épurer les élites politiques sudistes. Par ailleurs, les discriminations à l'encontre des Noirs, qui bénéficient du droit de vote dès 1867, sont de plus en plus virulentes. Ulysses Grant prend la suite de Johnson, sans plus de succès. Pillage et violence deviennent le quotidien des habitants du Sud. Il faut attendre les années 1870, lorsque le Parti républicain perd la majorité au congrès, pour que les tensions commencent à s'apaiser.

Après quatre années de conflit, la guerre de Sécession a laissé aux Etats-Unis des traces indélébiles. Elle est considérée comme la première guerre moderne, de par les moyens humains et techniques (cuirassés) mis en oeuvre et son bilan humain particulièrement lourd (plus de 615 000 morts). Elle ne met pas fin aux dissensions entre le Nord et le Sud, mais a plutôt pour conséquence d'installer une certaine domination des États du Nord. En ce qui concerne la question de l'esclavage, les Noirs qui en sont issus ont obtenu leur liberté, mais ne peuvent échapper à l'état d'esprit des esclavagistes. Ils font l'objet de haine raciale jusqu'au XXe siècle. 

GUERRE DE SÉCESSION : dates clés

6 novembre 1860 : Abraham Lincoln est élu président des Etats-Unis 
Candidat du Parti républicain, Abraham Lincoln récolte la majorité des voix aux élections présidentielles. Depuis qu'il a été fondé en 1854, son parti prône fermement l’abolition de l’esclavage, alors toujours en vigueur au sein des États du Sud. Des Etats qui s'empresseront de réagir en faisant sécession.
20 décembre 1860 : Sécession pour la Caroline du Sud
Ardemment opposée à l'abolition de l'esclavage, la Caroline du Sud sera le premier Etat des Etats-Unis à résister au pouvoir fédéral et à sortir de l'Union. Bientôt la Géorgie, l'Alabama, la Floride, le Mississippi, la Louisiane et le Texas se joindront au mouvement sécessionniste pour former les Etats confédérés.Divisé entre les nordistes, "pour" l'abolition de l'esclavage et les sudistes, craignant que la libération des Noirs ruine l'économie, le pays tombe en avril 1861 dans la guerre civile.
8 février 1861 : Formation des Etats confédérés d'Amérique  
A l'image de la Caroline du Sud qui s'est retirée de l'Union le 20 décembre 1860, les états esclavagistes du sud des Etats-Unis font sécession et s'organisent en Etats confédérés d'Amérique. La Géorgie, l'Alabama, la Floride, le Mississippi, la Louisiane, le Texas et la Caroline du Sud constituent les nouveaux états confédérés. Ils adoptent une nouvelle Constitution et Jefferson Davis est nommé président provisoire. Après la bataille de fort Sumter, la Virginie, l'Arkansas, le Tennessee et la Caroline du Nord rejoindront les confédérés. Ils compteront alors 9 millions d'habitants dont 4 millions de Noirs. Leur formation en confédération autonome marque le début de la guerre de sécession (1861-1865).
12 avril 1861 : L'attaque de fort Sumter par les confédérés
Elu l'année d'avant à la tête des Etats-Unis, Abraham Lincoln refuse d'accepter l'indépendance des Etats confédérés d'Amérique. Il refuse la requête de Jefferson Davis, alors président des Confédérés, qui souhaite le départ des garnisons fédérales occupant le Sud. Pendant ce temps, les troupes de fort Sumter, installées à proximité de la baie de Charleston, commence à voir ses vivres manquer. Après de vives hésitations, Lincoln accepte de faire parvenir vers le fort une expédition de ravitaillement, ce qui déplaît à Davis. Les troupes de confédérés ouvrent sans tarder le feu autour du fort, avant même que la flotte ne soit parvenue dans la baie. La guerre de Sécession est lancée. Dans la foulée, mécontents, l’Arkansas, la Caroline du Nord, le Tennessee la Virginie rejoignent les confédérés.
21 juillet 1861 : Première bataille organisée à Bull Run
A Bull Run s'affrontent les troupes sudistes et nordistes pour ce qui a l'air d'être l'ultime combat de la guerre de Sécession. Les nordistes sont confiant en leurs troupes armées, ils sont sûrs de gagner. Mais ils sous-estiment au passage les troupes du Sud, dont les soldats sont aguerris bien que minoritaires. Quand la bataille éclate, les nordistes réussissent à casser la ligne de front des ennemis, sans parvenir à affronter les renforts sudistes, qui eux interviennent rapidement sous les ordres de Beauregard. Aussi surprenante que rapide, la défaite du Nord crée la confusion parmi les membres du gouvernement de Lincoln mais aussi au sein de celui de Davis, qui n'avait pas entrevu une telle victoire : la guerre de Sécession est alors loin de s'achever...
1862 : Blocus maritime lancé par Lincoln
Pour éviter que les Etats du Sud soient ravitaillés, le président américain Abraham Lincoln met en place un blocus de l'ensemble des ports sudistes. Quand ils s'en rendent compte, les sudistes tentent de répliquer en construisant un cuirassé assez puissant pour détruire la flotte nordiste. Les unionistes ripostent à leur tour en mettant à l'eau le Monitor (un autre navire de guerre cuirassé). C'est la fin des navires en bois et de la marine à voiles.
1er mai 1862 : Prise de la Nouvelle-Orléans par les nordistes
Le port de la Nouvelle-Orléans est envahi par les troupes nordistes, sous le commandement de l’amiral Farragut. Ces dernières ne rencontrent quasiment pas de résistance, les lieux étant peu protégés par les Sudistes. La Nouvelle-Orléans constitue pourtant un lieu stratégique situé sur l’axe de navigation du Mississipi.
25 juin 1862 : Début de la bataille des sept jours aux Etats-Unis
Commandée par le général McCellan, l’armée nordiste du Potomac se rapproche de plus en plus de Richmond, capitale des États confédérés d’Amérique. Avec à leur tête le général Robert Lee, les forces sudistes ne tardent pas à intervenir. Durant sept jours, les batailles se succèdent et la détermination sudiste ne semble pas faiblir. Lee parviendra finalement à repousser son adversaire. Sans se conclure par une véritable victoire sudiste, la bataille ne fait qu’éloigner les troupes ennemies. Les pertes humaines sont considérables et la guerre de Sécession est encore loin d’être close.
17 septembre 1862 : La bataille meurtrière d’Antietam
Fort de sa quasi-victoire de la bataille des sept jours, le général Lee, soutenu par les généraux Jackson et Longstreet, avance vers le Nord. L’armée confédérée entre ainsi dans le Maryland et se heurte rapidement aux troupes nordistes du général McCellan. La bataille éclate avec son lot de rage et de sang. À la fin de la journée, les pertes humaines sont considérables. Lee est contraint de se replier vers la Virginie.
23 septembre 1862 : Lincoln proclame l'émancipation des esclaves du sud
En pleine guerre de Sécession, au lendemain de la victoire nordiste d'Antietam, le président américain prononce la proclamation d’émancipation des esclaves noirs dans les états du Sud. Cette mesure symbolique montre bien que l'esclavage reste au centre du conflit. Lincoln, originaire du Nord des Etats-Unis, avait été batelier sur le Mississipi durant sa jeunesse. Le comportement des États esclavagistes du Sud l'avait alors révolté. L'esclavage était pour lui : "Un énorme crime national". L’émancipation est supposée prendre effet le 1er janvier 1863.
13 décembre 1862 : Lee affronte Burnside à Fredericksburg
Alors qu’il a été contraint de se replier en Virginie lors de la bataille d’Antietam, le général Robert Lee est rattrapé par l’armée du Potomac. Celle-ci est désormais placée sous le commandement du général Ambrose Burnside, qui envisage d’atteindre Richmond. Pour arriver à ses fins, l’armée doit alors traverser la rivière de Rappahanock, puis atteindre Farmouth. Mais c’est sans compter sur les défenses de Lee, particulièrement bien organisées et sur les renforts du général Jackson. Après des heures d’affrontements, les nordistes perdent des milliers d’hommes et sont contraints de s’avouer vaincus. Le moral des troupes est au plus bas.
2 mai 1863 : Nouvelle offensive nordiste à Chancellorsville
Toujours dans le but de s’emparer de Richmond, l’armée du Potomac, sous les ordres du général Hooker, cherche une nouvelle fois à traverser la rivière de Rappahanock. Supérieures en nombres, les troupes nordistes sont convaincues de leur victoire. Toutefois, Lee fait preuve d’une excellente stratégie militaire et inflige une nouvelle défaite à l’Union.
1er juillet 1863 : La bataille de Gettysburg éclate
Après les deux offensives nordistes lancées en Virginie, le général sudiste Robert Lee décide d’envahir la Pennsylvanie. Arrivé non loin de Gettysburg, il aperçoit une division de l’armée du Potomac, alors commandée par le général Meade. L’affrontement est inévitable. Durant les deux premiers jours de la bataille, les troupes de Lee et de ses généraux Longstreet, Ewell et Hill ont l’avantage. Au bout du troisième jour, les troupes nordistes parviennent à casser l’offensive des confédérés. La situation s’inverse et oblige les sudistes à se retirer en Virginie. Dès lors, toute nouvelle offensive s’avèrera impossible. Les défenses des confédérés s’affaibliront de plus en plus. La bataille de Gettysburg est considérée comme la plus meurtrière de la guerre de Sécession.
4 juillet 1863 : Vicksburg tombe aux mains de l’Union
Au lendemain de la bataille de Gettysburg, Vicksburg tombe aux mains des troupes de l’Union, dirigées par le général Grant. Depuis 1862, ce dernier s’efforce d’occuper les zones phares de l’Ouest, notamment le long du Mississipi. Ainsi, après quarante jours de siège, il parvient à s’emparer de la forteresse sudiste, dernière à résister dans cette région convoitée. Cette victoire permettra à l’armée de l’Union de contrôler la vallée du Mississipi et de couper en deux les troupes sudistes.
12 juillet 1863 : Des émeutes éclatent à New York
Déjà au centre des tensions créées par la guerre de Sécession, les habitants de New-York se révoltent quand Lincoln appelle à la conscription (inscription de jeunes recrues pour le service militaire). Très violente, la révolte prend le nom de "Drafts Riots". Depuis le début des affrontements, les troupes nordistes  ont essuyé des pertes humaines lourdes. Elles ont aussi compté trois grandes défaites face au général sudiste Robert Lee.
23 novembre 1863 : Victoire de l’Union à Chattanooga
Après sa victoire à Gettysburg, puis à Vicksburg, l’armée nordiste américaine prend une fois de plus l’avantage sur les troupes confédérées. Ce nouveau triomphe, remporté à Chattanooga, au Tennessee, permet au général Sherman et ses hommes de progresser vers le Sud-ouest, en Alabama et en Georgie. Il s’emparera de la ville d’Atlanta le 2 septembre 1864. Pendant ce temps, le général Grant, nommé commandant en chef de toute l’armée fédérale, marchera en direction de la Virginie.
5 mai 1864 : Le général Grant marche sur la Virginie
Alors que l’armée du Potomac marche en direction de la Virginie, selon les ordres du général Grant, elle se heurte à des corps de l’armée sudiste. L’affrontement est inévitable et particulièrement difficile pour l’armée du Nord, qui connaît mal le terrain. En effet, la région de Wilderness se compose principalement de forêt dense. Malgré ses faiblesses, elle résiste et poursuit coûte que coûte sa progression. Une nouvelle bataille aura lieu à Spotsylvania, en Virginie, quelques jours plus tard, sans toutefois mettre fin à la détermination des troupes unionistes. Grâce à elle, Grant parviendra à faire tomber Richmond, provoquant la fuite de Lee.
2 septembre 1864 : Prise d’Atlanta par les nordistes
Le général Sherman, sous les ordres du général Grant, parvient à s’emparer d’Atlanta, point essentiel de communication sudiste. Avant de la quitter et de poursuivre sa route vers la mer, il en incendie les principaux bâtiments.
31 janvier 1865 : Abolition de l'esclavage aux Etats-Unis
Le 13ème amendement de la Constitution est adopté par le Congrès. Comme le stipule l'article Ier : "Il n'existera dans les Etats-Unis, et dans toute localité soumise à leur juridiction, ni esclavage, ni servitude involontaire, si ce n'est à titre de peine d'un crime dont l'individu aurait été dûment déclaré coupable". La loi en question vient compléter la proclamation d'émancipation des esclaves établie en 1862 par Abraham Lincoln. Le 13ème amendement est ratifié le 6 décembre et vient abolir officiellement et définitivement l'esclavage aux Etats-Unis.
9 avril 1865 : Défaite des sudistes à Appomattox
Sans aucune possibilité de retraite, le générale Robert Lee est contraint à capituler à Appomattox, en Virginie, devant le général Grant. Sherman et ce dernier avaient monté ensemble un plan d’attaque qui ne laissait aucune chance aux confédérés. En effet, pendant que Grant lançait ses offensives contre la Virginie, pour atteindre Richmond, Sherman marchait sur Atlanta puis sur Savannah dans le but de remonter vers le nord afin d’encercler ses ennemis. Le reste des troupes sudistes abandonneront les combats en mai, mettant définitivement fin à la guerre de Sécession.