Guerre froide : causes, développement, dates... Résumé des événements

Guerre froide : causes, développement, dates... Résumé des événements Un monde en perpétuelle tension, avec des conflits ouverts, terriblement meurtriers, mais des crispations entre l'ouest et l'est si fortes que la fin du monde a été maintes fois envisagée... Retour sur les grands faits de la guerre froide.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sur les ruines encore fumantes de l'Europe et de l'Asie, la tension monte soudainement entre les Etats-Unis et l'URSS. Le camp Allié, dont l'ennemi commun a été éradiqué, se disloque en l'espace de quelques mois. Pendant 40 ans, la menace d'une Troisième Guerre mondiale plane sans jamais se concrétiser. C'est la Guerre froide : un conflit qui s'étend de 1946 à 1991. Celui-ci oppose deux systèmes irréconciliables : le capitalisme libéral et démocratique, emmené par les Etats-Unis, et un système communiste, souvent qualifié de "totalitaire", conduit par l'URSS.

De 1946 à 1949, vers un monde bipolaire

Dès 1946, forte de sa victoire en Europe centrale et du prestige de l'Armée rouge, l'URSS s'impose dans les pays libérés. De leur côté, les Etats-Unis cherchent à "endiguer" le communisme, qu'ils considèrent comme incompatible avec le libéralisme. L'Europe de l'ouest se range dans leur camp. En trois ans, le monde connait une escalade des hostilités qui se traduit par des conflits armés. Mais, alors que chacun craint la Troisième Guerre mondiale, le monde va être ponctué de crises périphériques aux deux nations sans jamais que celles-ci ne se déclarent la guerre.

Les causes de la guerre froide et l'incompatibilité idéologique

La fracture entre les Etats-Unis (ainsi que les démocraties européennes) et l'URSS ne surgit pas inopinément en 1946. Elle remonte en fait à la naissance même de l'URSS. Depuis la révolution russe de 1917 et l'arrivée au pouvoir de Lénine, les deux pays souffrent d'une véritable "incompatibilité idéologique". D'un côté, les Etats-Unis s'affichent comme les représentants du libéralisme, tant politique qu'économique, tandis que de l'autre, l'URSS fustige le capitalisme et prône une société sans classe, où les initiatives de l'individu s'effacent devant les intérêts du peuple. En ce sens, la Grande Alliance peut être perçue comme une parenthèse nécessaire pour affronter le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce rapprochement ne fut d'ailleurs pas évident, puisque Staline, face à l'absence de soutien des Occidentaux, avait signé en 1939 un accord de non-agression avec Hitler, le pacte germano-soviétique.

Cependant, au cours des années 1920 et 1930, le contexte est très différent de celui de 1946, et ce pour plusieurs raisons. De 1919 à 1922, l'Europe est bousculée par le Komintern (ou Internationale communiste), l'appel à la révolution mondiale prononcé par Lénine et les insurrections ouvrières. Mais ces insurrections se traduisent par des échecs. Ensuite, l'URSS doit avant tout faire face à ses difficultés intérieures et à l'état catastrophique de son économie. Et après 1922 et conformément à la doctrine Monroe énoncée en 1823, les Américains se refusent à toute intervention en Europe et limitent leur domaine d'influence au continent américain. Ce mouvement de repli est d'ailleurs renforcé par la crise de 1929. Ainsi, après 1922, pendant l'entre-deux guerres, chaque camp reconnaît en l'autre un ennemi, mais sans jamais aller jusqu'à la confrontation.

Les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale

En 1946, le contexte a changé. L'Europe, ravagée par la guerre, a perdu sa puissance et son faste. Elle doit s'atteler à sa reconstruction. Par ailleurs, les empires coloniaux français et anglais sont en perte de vitesse. L'URSS, qui a énormément souffert de la guerre, se relève avec un prestige immense en Europe, car c'est finalement elle qui a libéré le plus de territoires du joug nazi. Les Etats-Unis, malgré l'effort de guerre, sortent économiquement renforcés et ont montré à l'URSS leur supériorité militaire en lançant la bombe atomique sur le Japon. Face à la victoire totale sur les forces de l'Axe et à la faiblesse de l'Europe, les Etats-Unis et l'URSS, alors encore alliés, sont deux grandes puissances en mesure de dominer le monde.

La tombée du "rideau de fer"

Dans ce contexte, une multitude d'éléments explique les tensions croissantes entre ce qui va devenir les "deux blocs". Longtemps, l'historiographie de chaque camp renvoyait la faute sur l'autre : ainsi, pour les Occidentaux, la Guerre froide serait due au non respect des accords de Yalta. En effet, Staline n'a pas permis la tenue d'élections libres (au sens où l'entendent les Européens) dans les Etats libérés par l'Armée rouge. De son côté , l'URSS retient la politique ouvertement anti-communiste de Truman, la doctrine du containment (endiguement). En réalité, ces causes s'imbriquent et il est difficile d'attribuer une responsabilité à un camp plus qu'à l'autre.

Avant la fin de la guerre, Churchill et Staline pensent déjà en terme de zone d'influence. C'est ainsi que, dès octobre 1944, les deux hommes font chacun des concessions quant aux territoires dans lesquels ils pourront intervenir. Contrairement à ce qu'on a souvent dit, il ne s'agit pas à proprement parler d'un "partage de l'Europe". En effet, il s'agit moins de s'approprier un pays ou d'en déterminer les frontières que de se mettre d'accord sur le soutien apporté à tel ou tel régime. Ainsi, Staline s'engage à ne pas soutenir les communistes grecs et yougoslaves tandis que Churchill n'aidera pas les libéraux hongrois et roumains.

Mais en 1945, les accords de Yalta remettent en cause cette entente en affirmant le droit des pays libérés aux élections libres et démocratiques. La conception des élections libres de Staline n'est pas celle de Truman. Rapidement, les Partis communistes nationaux occupent une place centrale dans les pays de l'Est et les élections sont truquées. Churchill, qui s'inquiète de cette situation depuis 1945, prononce en 1946 le discours de Fulton, où il dénonce le rideau de fer qui scinde désormais l'Europe. Si Churchill n'est plus Premier ministre à cette époque, son discours a un énorme retentissement. La rupture entre le "monde libre" et "le monde communiste" n'est plus un secret.

La doctrine Truman aux Etats-Unis

Dès 1944, les Américains préparent leurs armes économiques avec les accords de Bretton Wood. Si ces mesures visent l'Axe, elles ouvrent la voie pour le volet économique de la doctrine Truman. Face à la situation qui se dégrade en Europe centrale, le président américain Harry Truman décide de mettre en place sa politique de containment (endiguement). Il annonce le 12 mars 1947 sa vision d'un monde scindé en deux camps opposés et irréconciliables. A la tête du "monde libre", opposé au communisme, les Etats-Unis prennent rapidement la tête d'initiatives politiques, économiques et militaires qui ont pour but d'empêcher l'expansion du communisme.

Le plan Marshall aux Etats-Unis

Le plan Marshall est proposé dès le 5 juin 1947. Ses objectifs sont multiples, comme aider financièrement l'Europe pour empêcher la pauvreté de s'installer, terrain qui serait favorable au communisme, et permettre à l'économie des Etats-Unis qui a été modifiée pendant la guerre, de se maintenir à un bon niveau grâce aux exportations vers l'Europe. Les Etats-Unis aident l'Europe qui, avec ces capitaux, peut ainsi acheter des produits américains. Si Truman déclare dans son discours que la politique des Etats-Unis "n'est dirigée contre aucun pays ni doctrine", la mise en œuvre du plan scinde définitivement l'Europe en deux. D'un côté, les pays occidentaux acceptent, et s'organisent en créant l'OECE, qui jette les bases de la future construction européenne. Les pays de l'autre côté du rideau refusent, parfois sous la contrainte de Moscou.

Le rapport Jdanov en URSS

L'URSS répond au containment et au plan Marshall avec le rapport Jdanov, dès septembre 1947 : celui-ci fustige "l'impérialisme américain" et présente l'URSS comme le leader des "pays démocratiques". Elle met par ailleurs en place le Kominform qui est chargé de contrôler l'orthodoxie des PC nationaux. Moscou réplique au plan Marshall en 1949 en instaurant le Conseil d'assistance économique mutuelle (le CAEM ou COMECON en anglais), institution chargée de mieux planifier les spécialités industrielles nationales. Cette mesure rend les pays communistes très dépendants les uns des autres, mais surtout de l'URSS. Symboles de cette lutte, les communistes des gouvernements de l'Europe de l'ouest (France, Italie) sont dans une position délicate : pour les démocrates, ils ne sont plus les bienvenus, et pour le Kominform, leur participation à un régime occidental est synonyme de trahison. Ils désertent alors l'exécutif et se rangent dans l'opposition.

Les deux blocs s'établissent

En l'espace d'un an, les tensions latentes se sont transformées en une opposition frontale. Le divorce est consommé entre les membres de la Grande Alliance. Les deux années suivantes prolongent les actions engagées, tandis que les hostilités suivent le rideau de fer. Le processus économique mondial engagé par les Etats-Unis à Bretton Woods et par le plan Marshall franchit un nouveau pas avec les accords du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Ancêtre de l'OMC, cet accord signé par 83 pays et entrant en vigueur dès janvier 1948 instaure le libre échange à l'échelle mondiale.

Le coup de Prague en 1948

De son côté, Staline renforce son contrôle sur les territoires d'Europe centrale libérés par l'Armée rouge. Cette domination est symbolisée par le coup de Prague le 25 février 1948. Après avoir dû abandonner les aides du plan Marshall, le président tchécoslovaque Beneš est victime d'un véritable coup d'Etat communiste. Seul pays d'Europe centrale à avoir une véritable tradition démocratique avant la guerre, la Tchécoslovaquie entre dans le cercle des démocraties populaires. Ce coup de force participe à une escalade des tensions Est-Ouest, qui laisse penser qu'une Troisième guerre mondiale est imminente.

La création de l'OTAN

Ainsi, dès le mois de juillet, les pays de l'Europe de l'ouest se retrouvent à Washington pour un accord militaire hors du cadre de l'ONU. C'est alors qu'est décidée la création de l'Alliance Atlantique et de son pendant militaire, l'OTAN. Celle-ci prend véritablement naissance en avril 1949. A ce titre, la réaction de l'URSS est assez tardive puisque le pacte de Varsovie n'est créé qu'en 1955. Mais l'Armée rouge, dont la progression face aux nazis a suffi pour donner une idée de sa puissance, est encore stationnée un peu partout en Europe centrale. Dès lors, maintenant que les acteurs sont prêts, c'est la phase la plus aiguë de la Guerre froide qui commence, celle des crises et des conflits périphériques. D'autant plus qu'une nouvelle région de crise apparaît après la victoire du Parti communiste de Mao, en octobre 1949, en Chine. Mais, parallèlement à cette tension, un nouveau facteur d'équilibre entre en jeu : la maîtrise de l'arme nucléaire par l'URSS, due essentiellement à un excellent service d'espionnage. La Grande Alliance contre les forces de l'Axe n'a survécu qu'un an à la défaite de l'Allemagne et du Japon.

De 1949 à 1953, l'apogée de la Guerre froide

Depuis 1945, l'espoir né de la victoire des Alliés sur les nazis a peu à peu laissé place à une opposition entre le communisme et le libéralisme. Les deux principales puissances alliées s'opposent sur la politique à appliquer dans les territoires libérés. D'où les appellations de bloc de l'est, regroupant les démocraties populaires européennes derrière l'URSS, et de bloc de l'ouest, regroupant les démocraties européennes alliées aux Etats-Unis. Le vieux continent est traversé par le rideau de fer, selon l'expression de Churchill, qui dénonce dès 1946 l'absence de transparence des Soviétiques en Europe de l'est. Mais le conflit s'étend rapidement en Asie, notamment après la victoire des communistes dans la guerre civile chinoise. Durant quatre ans, la tension est à son paroxysme, notamment à Berlin et en Corée, jusqu'à la mort de Staline.

Le blocus de Berlin durant la guerre froide

Après le coup de Prague le 25 février 1948, toute l'Europe centrale et orientale est gouvernée par les régimes communistes, tandis que l'Europe occidentale se range du côté des Etats-Unis et cherche à préserver son système démocratique. L'Allemagne, et dans une moindre mesure l'Autriche, occupées par les Alliés, deviennent rapidement les enjeux de la lutte d'influence entre URSS et Etats-Unis. A l'ouest, Américains, Britanniques et Français décident d'accélérer le redressement économique de l'Allemagne. C'est, selon eux, le meilleur moyen de faire barrage au communisme et de favoriser la réconciliation entre l'ex-Allemagne nazie et ses voisins. Ainsi, sans consulter l'URSS, ils décident de fusionner leurs zones d'occupation et de créer une nouvelle monnaie, le Deutsch Mark. A terme, l'objectif est l'indépendance politique du pays, quitte à le séparer de la zone soviétique.

Staline réagit vivement à cette décision en organisant le blocus de Berlin : toutes les voies ferrées et routières reliant Berlin-ouest à la zone occidentale sont coupées. En effet, aucun accord n'assure la libre circulation des occupants de la zone ouest sur le territoire de la zone soviétique. Mais pour les Occidentaux, il n'est pas question d'abandonner Berlin aux Soviétiques. C'est pourquoi ils organisent rapidement un pont aérien, dont la légitimité est en revanche garantie par le traité d'occupation. Jusqu'au 12 mai 1949, des milliers de vols permettront le ravitaillement des Berlinois.

Après presque un an, Staline cède et lève le blocus, mais la rupture entre les occupants est consommée. Dès le 25 mai, la zone d'occupation occidentale devient la RFA. Quelques mois plus tard, en octobre, l'URSS répond en créant la RDA. Les accords de Potsdam, rompus par les Occidentaux lors de la fusion des zones, n'ont désormais plus cours. L'Allemagne reste pendant des années le symbole de la lutte d'influence entre l'ouest et l'est. Les Américains prônent dès 1950 son réarmement. Passant par le projet de Communauté européenne de défense (la CED), ce réarmement se heurte à de vives polémiques, notamment en France. Zone occupée, mais bénéficiant d'un gouvernement autonome, l'Autriche échappe en revanche à ces conflits.

La crise sur le terrain asiatique

Bien que soutenus par les Etats-Unis, les nationalistes chinois s'inclinent en 1949 face aux communistes menés par Mao. L'arrivée au pouvoir de ce dernier bouleverse la géopolitique asiatique. En effet, la domination japonaise durant la guerre a fortement contribué à l'émergence ou au renforcement des revendications nationalistes, qui ont souvent l'appui (formel ou concret) des Etats-Unis. Mais les communistes sont très actifs dans les combats et disposent désormais avec la Chine d'un soutien de masse. Ne désirant pas voir les pays communistes se multiplier en Asie, les Etats-Unis révisent alors leur diplomatie. Cela les convainc notamment d'aider financièrement la France dans la guerre d'Indochine. Mais les événements les plus dangereux pour la paix mondiale se déroulent lors de la guerre de Corée, dans laquelle les deux puissances ne peuvent s'empêcher d'intervenir (pour en savoir plus : La guerre de Corée).

Pour beaucoup d'historiens, le règlement du conflit a été facilité par la mort de Staline le 5 mars 1953. La guerre froide a atteint son apogée lors de la guerre de Corée et le règlement du conflit annonce une détente. Il est fort probable que le changement de personnalité à la tête du pays (Eisenhower succède à Truman à la présidence des Etats-Unis la même année) ait contribué à cette inflexion des relations diplomatiques entre les deux pays. En Asie, cette guerre a aussi pour conséquence l'accélération du redressement du Japon : comme avec la RFA, les Etats-Unis souhaitent un Japon prospère et allié, qui puisse résister à la Chine et à l'URSS. En 1951, le traité de San Francisco définit les conditions de la fin de l'occupation et de l'indépendance. Les Etats-Unis souhaitent aussi accélérer une remilitarisation partielle du pays. Cette volonté se traduit par la signature d'un traité d'assistance militaire en août 1953.

La guerre idéologique à l'intérieur

Les tensions de la guerre froide ne se manifestent pas uniquement sur le terrain international, elles se traduisent également par des troubles en terme de politique intérieure, en URSS et aux Etats-Unis. En URSS, Staline renforce depuis 1939 son pouvoir et le culte de la personnalité. L'idéologie se durcit. A partir de 1948-1949, ce mouvement subit une nouvelle accélération. En 1952, Staline annonce qu'il souhaite opérer quelques modifications dans le fonctionnement des institutions. Mais surtout, au début de l'année 1953, il fait dénoncer par la Pravda le complot des blouses blanches. Le procès annonce une nouvelle purge s'attaquant aux juifs, aux intellectuels et aux cadres des institutions. Il est dénoncé par Khrouchtchev après la mort de Staline, et les victimes sont réhabilitées.

Mais la guerre idéologique de l'intérieure n'est pas une exclusivité soviétique. Les Etats-Unis cèdent également à la théorie du complot avec le maccarthysme, également appelé "Chasse aux sorcières" ou "Terreur rouge". Là aussi, les moyens mis en œuvre sont politico-judiciaires. En 1938, puis en 1947, les Etats-Unis ont mis en place et favorisé l'action d'un comité visant à repérer et surveiller les ennemis des Etats-Unis. Mais en 1950, les événements prennent une nouvelle tournure lorsque le sénateur McCarthy dénonce la présence de communistes dans l'administration américaine. La maîtrise de l'arme nucléaire par les Soviétiques depuis août 1949 renforce les peurs américaines. Le climat de suspicion est entretenu par le procès Rosenberg, et surtout lorsque McCarthy obtient un poste d'influence en 1952. Sa commission, qui se contente souvent de doutes pour mettre en accusation, aboutit à de nombreuses accusations, démissions et révocations dans la fonction publique. Des personnalités d'Hollywood font même le choix de l'exil. Ce climat s'apaise à partir de 1954, lorsque McCarthy met en cause des personnalités militaires de premier ordre, perdant ainsi brusquement toute crédibilité.

De 1953 à 1962, la coexistence pacifique

La fin des années 1940 et le début des années 1950 marquent l'apogée de la guerre froide. La guerre idéologique bat son plein tandis que les sphères d'influence se structurent à l'échelle mondiale. Mais l'impasse de la guerre de Corée incite les belligérants à plus de prudence : c'est l'équilibre de la terreur. Tandis que Khrouchtchev prend la suite de Staline et Eisenhower celle de Truman, le conflit entre dans une nouvelle phase : la coexistence pacifique. Malgré quelques accrocs, les zones d'influence de chaque bloc sont établies pour des années.

Déstalinisation et volonté de dégel à l'Est

L'année 1953 marque un tournant au sein de la guerre froide : la guerre de Corée s'achève et l'URSS entre dans une phase de "déstalinisation", tandis qu'Eisenhower, bien que sans complaisance envers le communisme, souhaite la paix. C'est le début du dégel, de la coexistence pacifique entre les deux nations, c'est-à-dire d'une période où chacun reste hostile à l'autre tout en refusant l'escalade des tensions. La mort de Staline, puis l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev en septembre 1953, modifient considérablement la politique intérieure et extérieure de l'URSS. Le nouveau dirigeant soviétique décide de rompre avec la stratégie de son prédécesseur, qui s'est éloigné de plus en plus des idéaux bolcheviques développés par Lénine.

Sa politique prend tout son sens en 1956, année où il profite du XXème Congrès du PCUS pour présenter un rapport secret. Il y développe deux théories majeures pour la gouvernance du pays. Tout d'abord, il accable l'ère stalinienne, dénonçant les abus, le culte de la personnalité ou encore les erreurs commises lors de la Seconde Guerre mondiale. Le nouvel homme fort du bloc communiste, qui avait mis un terme aux purges du "complot des blouses blanches" dès 1953, change considérablement l'image et le fonctionnement du régime. La censure se relâche et le goulag est réformé pour plus de justice, jusqu'à y perdre son nom. C'est la déstalinisation. Khrouchtchev expose ensuite sa doctrine de coexistence pacifique, caractérisée par la non-agression, la non-ingérence et la possibilité de coopération économique avec les Etats-Unis. Le capitalisme est toujours désigné comme l'ennemi impérialiste, mais la guerre n'est plus inévitable. L'insurrection hongroise montre les avancées et les limites de la politique de Khrouchtchev.

Le tiers-monde entre en jeu

Après l'armistice du 23 juillet 1953 en Corée, la situation politique en Asie demeure problématique, notamment à cause de la Guerre d'Indochine. La situation des Français est très difficile, puis catastrophique après Diên Biên Phu. La déroute de l'armée française s'est accompagnée d'un refus des Etats-Unis de s'investir dans le conflit. La situation aboutit finalement le 21 juillet 1954 aux Accords de Genève, qui reconnaissent l'indépendance de l'Indochine. La géopolitique mondiale connaît rapidement un bouleversement. Grâce aux victoires des indépendantistes dans les guerres de décolonisation, comme en Indochine, une nouvelle force émerge et se réunit à Bandung : le tiers-monde. La conférence des non-alignés se tient du 18 au 24 avril 1955 en Indonésie et est l'occasion pour des personnages comme Nasser ou Nehru de s'affirmer sur la scène internationale. Les pays représentés condamnent le colonialisme et affirment haut et fort leur volonté de ne se fondre dans aucun des deux blocs. Ils se présentent comme une troisième force.

L'affaire du Canal de Suez illustre ce réajustement à la fin de l'année 1956. Lorsque la France, l'Angleterre et Israël attaquent l'Egypte pour éviter la nationalisation du canal de Suez, ils sont rappelés à l'ordre à la fois par les Etats-Unis et l'URSS. Ils doivent alors céder à Nasser. Ainsi, le tiers-monde obtient sa première victoire, tandis que les Etats-Unis et l'URSS démontrent leur volonté de conserver un certain statu quo concernant les zones d'influence. L'humiliation ressentie par la France et l'Angleterre prouve que l'Europe n'est désormais plus en mesure de s'imposer dans le monde face aux deux super puissances. L'Europe est d'ailleurs le théâtre d'un nouveau drame en 1956, lors de l'Insurrection de Budapest. En octobre et en novembre, la ville se révolte contre la présence soviétique et le gouvernement communiste. Face à cette situation, Khrouchtchev montre les limites de la déstalinisation : il envoie ses troupes réprimer le soulèvement dans le sang. Ni les démocraties européennes, ni les Etats-Unis ne réagissent : le respect des zones d'influence propre à la coexistence pacifique est alors une réalité.

La course à l'armement nucléaire

Paradoxalement, la relative détente des relations internationales entre les deux grands s'accompagne d'une compétition acharnée dans le domaine de l'équipement militaire : c'est la course aux armements. La maîtrise de la bombe A par les Soviétiques en 1949 avait entraîné une vague d'angoisse dans la population américaine et fortement contribué au succès du maccarthysme. Le 1er novembre 1952, les Etats-Unis démontrent une nouvelle fois leur avance en testant la bombe H. La bombe à hydrogène, ou bombe à fusion nucléaire, est beaucoup plus puissante qu'une bombe A. Tandis que la puissance de cette dernière est estimée en kilotonnes de TNT, celle de la bombe H se compte en mégatonnes.

Avec ce nouvel équipement, les Etats-Unis pensent retrouver leur force de dissuasion. Cependant, il faut moins d'un an à l'URSS pour disposer de la même arme. Les pays alliés des Etats-Unis participent à cette course : ainsi, la Grande-Bretagne s'équipe en 1952 d'une bombe A (en 1957 pour la bombe H), la France en 1960. Côté communiste, la Chine n'obtient la bombe qu'en 1964. La bombe H la plus puissante de l'histoire est testée par les Soviétiques en 1961. Développant entre 50 et 57 mégatonnes, elle représente environ 4 000 fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima. Parallèlement à ces avancées militaires, les blocs vont aussi s'affronter dans le domaine de la conquête spatiale, un autre terrain de compétition où l'URSS prend les premières initiatives.

Berlin et le mur de la honte

Si le cas de l'Allemagne semble avoir été réglé par la partition du pays en 1949-50, le statut de Berlin est encore problématique. Le pays avait en effet été coupé en deux après la Seconde Guerre mondiale, avec une Allemagne communiste tournée vers l'URSS et une Allemagne occidentale occupée par les Britanniques, les Américains et la France. La ville de Berlin a quant à elle été divisée en quatre morceaux, formant une enclave occidentale à l'Est. Construit en 1961 afin de séparer l'Allemagne de l'Est (RDA) et l'Allemagne de l'Ouest (RFA), le mur de Berlin devait limiter l'exode croissant des Allemands de l'est vers l'ouest. Le "mur de la honte" reste en place plus de 28 ans, jusqu'à ce célèbre jour du 9 novembre 1989 (pour en savoir plus : La construction du mur de Berlin).

Crise des missiles de Cuba

En 1962, le conflit change subitement de visage avec la crise des missiles de Cuba. Après la révolution cubaine et l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro, les rapports se tendent avec les Etats-Unis. Le président Kennedy prend la décision de renverser le nouveau pouvoir en place, mais échoue. Les cubains en profitent pour s'allier à l'URSS. Alors que les Américains avaient installé des rampes de lancement de missiles en Europe, les Soviétiques font de même sur l'île cubaine (pour en savoir plus : La crise des missiles de Cuba).

De 1962 à 1991, la fin de la Guerre froide

Avec la crise des fusées, la coexistence pacifique a montré ses limites. N'ayant pas empêché la course aux armements et n'excluant pas les provocations, elle n'a pas écarté le risque d'une Troisième Guerre mondiale. A l'image de la guerre de Corée, le climat de tension paroxystique incite à changer de politique dans les camps, revirement permis encore une fois par les renouvellements à la tête de chaque Etat. En effet, Kennedy est assassiné le 22 novembre 1963, tandis que Khrouchtchev est relevé de ses fonctions le 15 octobre 1964. Une nouvelle ère peut alors s'ouvrir : l'ère de la Détente.

La détente de 1962 à 1974

A la suite du conflit cubain, les deux grands "ennemis" se rapprochent. Des traités sont signés en matière d'armement et le fameux téléphone rouge est installé entre le Kremlin et la Maison-Blanche en 1963. Pourtant, les efforts des deux pays sont stoppés par l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas. Le président américain est mortellement touché lors d'un défilé. Un certain Lee Harvey Oswald est arrêté quelques heures plus tard. L'année suivante, en octobre 1964, Nikita Khrouchtchev est écarté du pouvoir par les autres dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique. Un nouveau couple va ainsi entrer aux commandes : Léonid Brejnev pour l'URSS et Lyndon Johnson pour les USA.

Toutes deux favorables à la détente, les deux puissances vont chacune se focaliser sur des terrains différents facilitant le dialogue et les échanges. Les Etats-Unis vont ainsi s'engager massivement dans la guerre du Viêt Nam à partir de 1965. Le conflit dure déjà depuis les années 1950 au sein du pays scindé par les accords de Genève. Kennedy avait tenté d'intervenir, mais lorsque des navires américains sont pris pour cible dans le golfe du Tonkin, les USA ne peuvent pas ignorer l'attaque. Le pays est bombardé et des troupes sont envoyées. Richard Nixon arrive au pouvoir en 1969 et poursuit la guerre. Le conflit s'enlise jusqu'aux accords de Paris en 1973. Les Américains se retirent et le Nord Viêt Nam communiste réunifie le pays par la force en 1975.

Les Soviétiques se concentrent quant à eux sur la puissance de leur pays. La course à l'armement est relancée au prix de gros efforts économiques. La propagation du communisme devient indispensable. Lorsqu'Alexander Dubček arrive au pouvoir en 1968 en Tchécoslovaquie, le nouveau leader accumule les réformes pour plus de démocratie et de liberté. C'est le Printemps de Prague. L'URSS réagit rapidement et, quelques mois plus tard, le pays est envahi par les troupes soviétiques du Pacte de Varsovie. Dubček est évincé, les réformes sont abandonnées et le pays perd une partie de sa souveraineté.

La détente a aussi lieu en Europe avec l'Ostpolitik de l'Allemagne de l'Ouest (RFA) menée par le chancelier Willy Brandt, qui vise à faciliter les relations avec le bloc de l'est. La France de Charles de Gaulle prend quant à elle ses distances face aux Etats-Unis et se retire de l'OTAN, tout en restant membre de l'Alliance atlantique. En 1975, trente-trois états européens en plus des USA et du Canada signent les accords d'Helsinki. Ce pacte entérine un certain nombre de concessions acceptées par les deux blocs sur la coopération économique, la liberté, la sécurité et les droits de l'homme.

Dans le reste du monde, la situation n'est pas aussi détendue. La Chine rompt avec l'URSS en raison de son idéologie communiste divergente et tente d'obtenir l’allégeance d'autres pays communistes. A la fin de la guerre du Viêt Nam, Chine et Etats-Unis se rencontrent. L'ONU admet la Chine au Conseil de sécurité. En Asie, les conflits se succèdent. Les Khmers rouges contrôlent notamment le Cambodge. Le conflit israélo-arabe est nourri par la Guerre froide. La décolonisation se poursuit en Afrique, tandis que l'Amérique latine lutte contre le communisme.

La guerre fraîche de 1975 à 1985

Le scandale du Watergate et le premier choc pétrolier de 1973 affaiblissent les USA et Richard Nixon est contraint de démissionner en 1974. Les Américains s'isolent et les Soviétiques en profitent pour intervenir plus largement dans le monde. C'est la "guerre fraîche". Malgré les accords sur l'armement signés entre Jimmy Carter et Léonid Brejnev en 1979, la guerre d'Afghanistan (1979 – 1989) fait monter le conflit d'un cran. Les Soviétiques interviennent en effet en décembre 1979 sur le territoire afghan, afin de soutenir la faction afghane communiste du pays. De plus, en 1977, l'URSS a installé des missiles à ses frontières pouvant notamment atteindre l'Europe. C'est la crise des euromissiles. En réponse, les Etats-Unis lancent la doctrine Carter, qui annonce le recours à la force en cas d'ingérence dans le golfe Persique, et le boycott des Jeux olympiques de 1980.

Elu en 1981, Ronald Reagan devient le nouveau président des Etats-Unis. Conservateur, il durcit les relations avec l'URSS, notamment lorsque les Soviétiques abattent un avion reliant New York à Séoul en 1983. La même année, il rend publique l'Initiative de défense stratégique (IDS), que les médias surnomment "guerre des étoiles". Il s'agit d'un bouclier de protection capable d'arrêter les missiles au-dessus du pays. De son côté, l'OTAN tente de résoudre la crise des euromissiles en installant à son tour des armes pouvant atteindre l'URSS, et en entamant des négociations avec les Soviétiques. Un accord est finalement trouvé en 1988. Une nouvelle détente est entamée.

La nouvelle détente de 1985 à 1991

L'année 1985 est marquée par l'arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir à l'est. La plupart des anciens dirigeants du parti communiste sont décédés après la mort de Léonid Brejnev en 1982, emportant avec eux la ligne dure du parti. Appartenant à une nouvelle génération plus encline à la détente, Gorbatchev entame la restructuration et l'ouverture économique de l'URSS (perestroïka) et élargit le cadre des libertés de ses habitants (glasnost). Mais le territoire ne semble pas prêt à de tels changements et sombre dans une crise économique, puis politique, jusqu'à son effondrement en 1991.

Les deux mandats de Reagan (1981 – 1989) à la présidence des Etats-Unis ont entraîné la reprise des dépenses militaires à grande échelle. Les Américains ont multiplié les avancées technologiques et les Soviétiques commencent à avoir du mal à suivre. La course à l'armement est considérée comme un autre des facteurs à l'origine de l'effondrement de l'URSS. Dès son arrivée au pouvoir, Gorbatchev, conscient des problèmes économiques de son pays, multiplie les rencontres internationales et en appelle donc au désarmement mondial. Le dirigeant est récompensé de ses efforts et des différents traités signés par le prix Nobel de la paix en 1990.

En 1988, Gorbatchev fait un discours à l'ONU, où il condamne le recours à la force dans la politique étrangère et valide la liberté de choix des populations. De nouvelles bases sont posées, l'armée soviétique n'interviendra plus pour protéger les régimes communistes des différents pays d'Europe de l'est. Gorbatchev se retire de la guerre d'Afghanistan. L'émancipation des peuples sous tutelle soviétique est lancée et prend une tournure imprévue lors de la chute du mur de Berlin en 1989. Cet événement provoque d'ailleurs la levée du rideau de fer, la chute des régimes communistes à l'est et la réunification de l'Allemagne.

La chute de l'URSS et le dénouement de la guerre froide

En 1991, l'élection de Boris Eltsine en tant que président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie et le putsch de Moscou par des communistes "extrémistes" affaiblissent de nouveau le pouvoir soviétique en place. Les partisans de la République d'Eltsine et les présidents élus en Biélorussie et en Ukraine signent l'accord de Minsk, afin que les Etats acquièrent leur indépendance. La CEI (Communauté des États indépendants) est créée, l'URSS a disparu et Mikhaïl Gorbatchev démissionne. La guerre froide prend fin avec la disparition de l'un des principaux protagonistes, et laisse la place à une unique super-puissance : les Etats-Unis, pour un nouvel ordre mondial.

LA GUERRE FROIDE : DATES CLÉS

30 décembre 1922 : Fondation de l'URSS
La Russie, récemment sortie de la révolution de 1921, change de nom pour s'appeler Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Les délégués du Parti communiste optent pour une constitution de type fédéral qui sera définitivement adoptée le 31 janvier 1924. L'Union comprend la Russie et l'Asie centrale, l'Ukraine, la Biélorussie et la Transcaucasie. Le pouvoir central établi à Moscou régit tous les organes de l'immense nation soviétique. Le gouvernement socialiste instaure "la dictature du prolétariat" et se donne pour mission de détruire les anciennes classes dominantes ; la bourgeoisie et l'aristocratie.
4 février 1945 : La conférence de Yalta
Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, Churchill, Staline et Roosevelt commencent à décider du sort de l'Allemagne et du Japon lors de la conférence de Yalta en 1945.
2 août 1945 : La conférence de Potsdam
Lors de la conférence de Potsdam, les décisions concernant l'Allemagne sont entérinées. Séparée de l'Autriche et de la Pologne, elle perd une partie de ses territoires avant d'être découpée en trois zones d'occupation. La zone d'occupation française sera créée plus tard. Ce sommet est le dernier qui voit se réunir les trois grands Alliés avant le début de la guerre froide.
5 mars 1946 : Le commencement de la guerre froide
Winston Churchill fait référence pour la première fois à l'expression "rideau de fer" lors d'un discours à Fulton, aux États-Unis. Il recommande de s'opposer au pouvoir communiste pour garantir la liberté et la démocratie. C'est le début de la guerre froide.
12 mars 1947 : Truman expose sa doctrine
Devant le Congrès américain, le président Harry Truman présente sa doctrine dite de "containment" (endiguement). Il propose de mettre en place des aides économiques et financières, notamment pour l'Europe, afin que ces pays puissent conserver leur indépendance. Visant explicitement les communistes et la mainmise de l'URSS sur certains pays de l'Europe centrale, la doctrine Truman affirme que les États-Unis doivent être les défenseurs du monde libre face aux tentatives d'asservissement de l'URSS. Elle aboutit à la mise en place du plan Marshall. L'URSS répondra par le rapport Jdanov en septembre, fustigeant l'impérialisme américain.
5 juin 1947 : Le plan Marshall pour reconstruire l'Europe
Le secrétaire d’État américain George Catlett Marshall propose un programme d'aide destiné à stimuler la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. Mise en place dans le cadre de la doctrine Truman, cette aide est refusée par l'URSS, qui fait d'ailleurs pression sur les pays d'Europe centrale pour qu'ils en fassent de même. Par contre, l'aide est très bien accueillie en Europe occidentale, qui crée l'Organisation européenne de coopération économique pour se répartir l'aide.
22 septembre 1947 : Rapport Jdanov
Répondant à la doctrine Truman qui prône l'endiguement du communisme, Jdanov présente son rapport qui définit la position de l'URSS face aux États-Unis. L'impérialisme de ce dernier y est dénoncé avec virulence et Jdanov définit les nouvelles lignes idéologiques des Soviétiques. Les mesures qui suivent sont notamment le durcissement du contrôle des partis communistes occidentaux via le Kominform.
5 octobre 1947 : Création du Kominform
Après une réunion organisée en Pologne réunissant neuf Partis Communistes (PC) européens, le Kominform est créé. Présenté comme une réformation du Komintern, ce bureau d'information a en réalité des objectifs bien différents d'une Internationale communiste. De fait, il réduit son champ d'action à l'Europe et c'est à cette occasion que le rapport Jdanov est rendu. Son rédacteur critique d'ailleurs les PC français et italiens pour leur participation dans des gouvernements socialistes qui sont invités à rejoindre l'opposition contre les "socialistes de droite". Opérant jusqu'à la mort de Staline, le Komintern aura avant tout pour fonction de vérifier que les communistes européens s'alignent bien sur la politique de Moscou. Ainsi, les Yougoslaves seront bientôt exclus et tous les PC devront chasser les titistes, accusés de déviance idéologique.
25 février 1948 : Prise de pouvoir communiste à Prague
Après deux semaines de pression soviétique, les communistes tchèques opèrent "le coup de Prague". Cumulant une vague de démissions communistes et le lancement de mouvements de rue et de grèves, les communistes menés par Klement Gottwald parviennent à prendre le contrôle du pays. Le président Edouard Benes, affaibli et isolé, se retire et démissionne, laissant s'installer une démocratie populaire pour éviter la guerre civile. C'est ainsi qu'au cœur de la Guerre froide, le cas particulier de la Tchécoslovaquie prend fin. Pays à tradition démocratique, il semblait en effet à la croisée des modèles libéraux et communistes, tant sur le plan politique que géographique : le gouvernement proposait une coalition démocratique faite de communistes et de socialistes-nationaux dans un pays à la frontière du rideau de fer. Après le coup de Prague, la Tchécoslovaquie passe définitivement à l'Est de ce dernier.
17 mars 1948 : Traité d'assistance entre la Grande-Bretagne, la France et le Bénélux
Inquiétés par le coup de Prague qui fait planer sur l'Europe la menace de révolutions communistes soutenues par le Kremlin, la Grande-Bretagne, les pays du Benelux et la France passent un accord d'assistance mutuelle en cas d'agression. Pour la première fois depuis l'armistice de 1945, les alliances politiques et militaires ne sont plus dirigées contre l'Allemagne mais contre l'URSS. L'Europe craint en effet à ce moment une Troisième Guerre mondiale. Cet accord précède en fait d'un an la création d'un accord militaire de plus grande ampleur : l'OTAN.
20 juin 1948 : Réforme monétaire en Allemagne
Afin de mettre un terme au désordre économique et monétaire qui provoque une forte inflation en Allemagne, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France mettent en place une réforme économique dans leur zone d'occupation. C'est ainsi que le Deutsche Mark est créé. L'objectif est alors de ne pas laisser le pays sombrer dans le chaos et la pauvreté, perçus comme des facteurs de troubles. Ainsi, après les fusions des trois zones intervenues en 1947 et 1948, cette réforme s'inscrit dans une politique de redressement de l'Allemagne d'après-guerre qui aboutira à la création de la République Fédérale d'Allemagne en 1949. Une des conséquences de cette réforme monétaire est le blocus de Berlin initié par l'URSS.
24 juin 1948 : Le blocus de Berlin débute
En fusionnant les zones d'occupation américaine, anglaise et française et en créant le Deutschemark, les Alliés se mettent Staline à dos. Ce dernier considère que les accords de Potsdam ont été violés et organise le blocus de Berlin. Les Occidentaux trouvent la solution au bout de deux jours en organisant un pont aérien pour ravitailler la ville. La guerre est évitée, mais la rupture est consommée entre les deux blocs et donc entre les deux parties de l'Allemagne. Le blocus dure moins d'un an, mais Berlin-Ouest restera isolée pendant plus de quarante ans.
4 avril 1949 : Signature du Traité de l'Atlantique Nord
Douze démocraties occidentales signent le Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Washington pour faire face à la menace soviétique. Volet militaire de l'Alliance atlantique, cette organisation permet de dépasser les situations de statu quo que ne peut régler l'ONU. L'OTAN a pour objectif de souder les pays occidentaux européens contre l'URSS et les démocraties populaires. Il sera l'un des instruments de l'équilibre de la terreur et, paradoxalement, n'aura de mission qu'en 1995 en ex-Yougoslavie, alors que l'URSS n'existe plus.
12 mai 1949 : Fin du blocus de Berlin
Après un blocus de près d'un an, Berlin-Ouest est devenue un symbole de résistance face à l'URSS. Ravitaillée par voie aérienne, la ville a tenu bon. Elle restera malgré tout isolée pendant quarante ans, jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989.
25 mai 1949 : Création de la RFA
Alors que la rédaction de la Constitution et des textes fondamentaux s'est achevée le 8 mai, la République Fédérale d'Allemagne (RFA) est proclamée. Ainsi prennent fin, à l'ouest, quatre ans d'occupation par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Ne disposant pas d'armée mais incluse dans le plan Marshall, la RFA aura, au côté de la France, un rôle fondamental dans la construction de l'Europe et deviendra l'un des moteurs économiques du Vieux Continent. L'objectif de mettre fin à des siècles de conflits entre l'Allemagne et ses voisins sera ainsi réalisé. De son côté, l'URSS va mettre un terme à l'occupation de sa zone en octobre 1949 en créant la République Démocratique Allemande (RDA). Toutefois, le degré d'indépendance de cette dernière sera bien moindre. RFA et RDA fusionneront en 1991 après l'effondrement des deux blocs.
29 août 1949 : L'URSS fait exploser sa première Bombe A 
L'URSS procède au test de sa première bombe atomique dans le Kazakhstan. L'obtention de cette technologie est pour partie due à un bon système d'espionnage. Elle contribuera à un climat de paranoïa aux États-Unis qui se traduira par la "chasse aux sorcières".
7 octobre 1949 : Création de la RDA
En réaction à la création de la RFA, l'URSS transforme sa zone d'occupation allemande en un pays "indépendant" : la République Démocratique d'Allemagne (RDA). En fait, le pays reste sous la tutelle de l'URSS, qui a institué une économie communiste après une collectivisation. Contrairement à la RFA, la RDA n'aura qu'un rôle mineur en Europe.
9 février 1950 : La chasse aux sorcières de McCarthy ou maccarthysme
Lors d'un discours, le sénateur du Wisconsin Joseph McCarthy annonce posséder une liste de plus de 200 fonctionnaires du Département d’État (équivalent du Ministère des Affaires étrangères) ayant des relations avec le Parti communiste. En pleine Guerre froide, cette révélation trouve un certain écho dans le pays, mais McCarthy va plus loin et la paranoïa s'installe partout aux États-Unis. Les démocrates au pouvoir sont déstabilisés et Eisenhower est élu en 1952, McCarthy obtenant la présidence du sous-comité sénatorial permanent d'enquête. Vivement critiqué pour ses méthodes, Joseph McCarthy est finalement écarté du pouvoir.
14 février 1950 : Traité Sino-soviétique de 1950 
En 1949, l'URSS est le premier pays à reconnaître le gouvernement chinois de Mao Tsé-Toung. Les relations entre les deux dirigeants sont tendues, mais des intérêts économiques poussent Mao et Staline à s'unir. Le 14 février 1950, afin de sceller leur entente, l'Union soviétique et la République populaire de Chine signent un traité d'alliance et d'assistance mutuelle. Ce traité permet aux Chinois d'intervenir dans la guerre de Corée, sans courir le risque d'une attaque américaine sur leur territoire.
1951 : La base de Keflavik, concédée aux Américains
Sous l'égide de l'OTAN, dont elle fait partie depuis 1949, l'Islande autorise les Américains à occuper la base de Keflavik. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, ces derniers avaient succédé aux Britanniques dans leur mission d'occupation des terres islandaises contre le Danemark. Ce pays était en effet envahi par l'ennemi nazi depuis 1940. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les troupes américaines rechignèrent à quitter le territoire stratégique qu'était l'Islande. Le conflit qui naquit alors trouva une solution en 1946 : les Américains pouvaient contrôler l'aéroport, mais seulement sur une durée de six ans et demi.
9 avril 1951 : Les époux Rosenberg sont condamnés à mort
Le procès à l'encontre des époux Rosenberg pour espionnage, commencé le 6 mars 1951, aboutit à une double condamnation à mort par le jury. Selon l'accusation, les époux, membres du Parti communiste, auraient fait passer à l'ennemi soviétique des documents confidentiels sur la bombe A, contribuant ainsi à la maîtrise de cette dernière par l'URSS. Alors que les époux clament leur innocence, la nature du procès, mené à charge et sans révélation des preuves, provoque l'émoi de la communauté internationale. Mais les États-Unis, en plein maccarthysme, sont peu enclins à la clémence. Les époux seront exécutés deux ans plus tard.
11 avril 1951 : MacArthur est relevé de ses fonctions en Corée
Le général MacArthur, qui dirigeait la guerre en Corée, est relevé de ses fonctions par le président Harry Truman. Le général souhaitait étendre le conflit vers la Chine et envisageait d'utiliser l'arme nucléaire pour cela, tandis que Truman était favorable à la paix, sans volonté de conquête de territoires. MacArthur s'étant ouvertement opposé aux décisions gouvernementales, il est relevé de son commandement et mis à la retraite.
1er novembre 1952 : Explosion de la première bombe H
Les États-Unis testent pour la première fois la bombe thermonucléaire. Elle est baptisée "Mike". Elle explose sur l'atoll d'Eniwetok, près des îles Marshall, dans le Pacifique. 1000 fois plus puissante que la bombe atomique lancée sur Hiroshima, "Mike" ne laissera plus rien de l'îlot après son explosion.
13 janvier 1953 : Le complot des blouses blanches
La Pravda (journal officiel de gouvernement soviétique) publie un article dénonçant un complot de neuf médecins, dont six sont juifs, qui vise à assassiner des membres importants du parti communiste. Soutenue par Staline, cette thèse largement antisémite affirme même que ces médecins auraient déjà tué Andreï Jdanov et Alexandre Vassilievski. Les inculpés sont blanchis quelques semaines plus tard après la mort de Staline.
5 mars 1953 : Staline meurt à Moscou
Joseph Staline décède le 5 mars 1953 à 21h50 d'une hémorragie cérébrale. Âgé de 73 ans, l' "homme d'acier"  a dirigé le pays pendant plus de 20 ans. Grand vainqueur de la Seconde Guerre mondiale, Staline a modifié en profondeur l'URSS, jusqu'à obtenir des conséquences désastreuses pour l'économie et ses habitants. Cette période est notamment marquée par les collectivisations massives et une répression impitoyable.
17 juin 1953 : Insurrection ouvrière à Berlin-Est 
Les ouvriers de Berlin-Est se révoltent pour dénoncer l'augmentation des cadences dans les usines et pour demander le retrait du gouvernement communiste que l'URSS a mis en place dans sa zone d'occupation militaire. Ce soulèvement intervient deux mois après la mort de Staline. Les troupes soviétiques réprimeront durement cette révolte et les Occidentaux laisseront faire. Trois millions d'Allemands de l'Est s'enfuiront à l'Ouest avant la construction du mur de Berlin en 1961.
19 juin 1953 : Les époux Rosenberg sont exécutés
Les Américains vivant dans la peur de voir les Soviétiques obtenir l'arme nucléaire, le sénateur Joseph McCarthy lance sa "chasse aux sorcières". C'est ainsi qu'Ethel et Julius Rosenberg sont arrêtés et exécutés sur la chaise électrique en 1953. Les époux sont soupçonnés d'espionnage au profit de l'URSS. Le maccarthysme ne leur laisse pas d'échappatoire malgré les nombreux appels à la clémence.
7 septembre 1953 : Khrouchtchev à la tête de l'URSS
Après la mort de Joseph Staline, Nikita Khrouchtchev est nommé premier secrétaire du Parti communiste. Il obtient ensuite la direction du gouvernement et entame la déstalinisation de l'URSS, dénonçant les purges staliniennes. Sa politique permet un renouveau agricole et industriel. Il se tourne également vers les États-Unis, mais ses efforts sont stoppés par la crise des missiles de Cuba. Il doit alors quitter ses fonctions.
21 janvier 1954 : Lancement du premier sous-marin nucléaire
L'USS Nautilus sort des chantiers navals de Croton dans le Connecticut. Long de 91 mètres et pesant plus de 3 000 tonnes, le Nautilus est le premier bâtiment à propulsion nucléaire au monde. Il est baptisé ainsi en hommage à Jules Verne et au sous-marin du Capitaine Nemo dans Vingt mille lieues sous les mers. Il entrera officiellement en fonction à partir du mois de septembre. Le Nautilus est capable de rester plusieurs semaines immergé et de parcourir ainsi 140 000 kilomètres. En août 1958, il sera le premier bâtiment à naviguer sous la calotte glacière du pôle Nord.
14 mai 1955 : Le pacte de Varsovie
L'Albanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la RDA, la Roumanie, l'URSS et la Tchécoslovaquie signent un pacte militaire à Varsovie (Pologne). Ce pacte d'amitié et d'assistance mutuelle est conçu comme une riposte à l'intégration de la RFA, réarmée, aux forces de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) créée en 1949 par les Occidentaux. Il concrétise l'opposition entre les deux blocs Est et Ouest. En 1991, l'organisation militaire sera dissoute et les troupes soviétiques évacueront les anciens pays du Pacte.
24 février 1956 : Les crimes staliniens sont dénoncés
Nikita Khrouchtchev profite du XXe congrès du Parti communiste de l'URSS pour dénoncer les purges staliniennes. Lors de cet événement, il lit pendant sept heures un rapport détaillé sur les exactions commises par Joseph Staline et les conséquences désastreuses de sa politique. Ce réquisitoire a pour conséquence la scission entre les Soviétiques et le parti communiste chinois fidèle à Staline.
4 octobre 1957 : Spoutnik, premier satellite dans l'espace
Grâce aux travaux de Sergueï Korolev, qui s'est inspiré des missiles V2 allemands de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS envoie le premier satellite de construction humaine dans l'espace avec une fusée R-7. Cet événement accentue la pression sur les Américains, qui se lancent eux-aussi dans la conquête spatiale. Spoutnik se désintègre en rentrant dans l'atmosphère trois mois plus tard.
31 janvier 1958 : Explorer-1, premier satellite américain, est lancé
Après un échec dans le cadre du projet Vanguard, le premier satellite américain est lancé début 1958 par l'équipe de Wernher von Braun. Ancien ingénieur nazi de la SS, von Braun a été recruté par les États-Unis pour avoir inventé les missiles V2. Il est dans un premier temps tenu à l'écart du projet, mais ses compétences feront de lui l'un des principaux artisans de la conquête spatiale américaine.
29 juillet 1958 : La NASA est créée par Eisenhower
Dans le but de gagner la "course de l'espace" contre l'URSS, le président Dwight Eisenhower ratifie une loi pour la création de la NASA (National Aeronautics and Space Administration). Cette entité doit mener à bien des travaux de recherche et d'exploration aéronautiques et spatiales. Elle doit combler le retard pris les États-Unis face aux Soviétiques. Cette institution prendra toute son importante avec le programme Apollo pour conquérir la Lune. 
18 décembre 1958 : Le premier satellite de télécommunication est lancé
Dénommé "Score", le premier satellite de télécommunication est mis en orbite par les États-Unis en 1958 pour une mission de 34 jours. Il retransmet avec succès sept messages, dont un discours du président Eisenhower. Dès 1962, l'Europe peut visionner des émissions de télévision américaines retransmises par satellite.
2 janvier 1959 : La première sonde spatiale est lancée
Premier objet fabriqué par l'homme à s'éloigner de la Terre, la sonde spatiale Lunik 1 quitte le champ d'attraction terrestre au début de l'année 1959. Elle s'approche à 6 000 km de la Lune et continue sa mission dans l'espace tout en retransmettant des données scientifiques aux ingénieurs soviétiques. Les États-Unis lancent la sonde spatiale Pioneer deux mois plus tard pour le même résultat.
2 janvier 1959 : Fidel Castro arrive au pouvoir à Cuba
Le mouvement révolutionnaire cubain mené par Castro, "Che" Guevara et Cienfuegos réussit à prendre La Havane et à faire fuir le dictateur qui était à la tête de l'île, Fulgencio Batista. Le 16 février 1959, Fidel Castro devient président du Conseil cubain et entame une profonde réorganisation du pays.
15 septembre 1959 : Nikita Khrouchtchev en visite officielle aux États-Unis
Accueilli par le président Dwight Eisenhower, Nikita Khrouchtchev rend visite à son homologue américain afin de discuter de sujets incontournables comme Berlin ou le non-recours à la violence. Ce voyage symbolise bien cette période de coexistence pacifique durant la Guerre froide.
1er mai 1960 : Un avion américain est abattu au dessus de l'URSS
Les Soviétiques abattent un avion-espion américain U-2, qui survolait l'Oural à 19 000 mètres d'altitude. Le pilote, qui a eu le temps de s'éjecter, est capturé par les agents du KGB, la police secrète de l'URSS. L'administration américaine, qui croit le pilote mort, parle de vol de routine. Le secrétaire général du Parti Communiste, Nikita Khrouchtchev, attend le 7 mai pour révéler la situation et les aveux du pilote. L'événement provoquera un arrêt dans le processus de détente.
24 septembre 1960 : Lancement du premier porte-avion nucléaire
Le "USS Enterprise", long de 1 100 pieds et pesant près de 93 000 tonnes, est surnommé le "Big E" par ses matelots. Il est le premier porte-avions à énergie nucléaire. En service dès 1962, il participe à la muraille navale du mois d'octobre durant la crise des missiles cubains. Il sera le premier navire à déployer des avions de chasse F 14 "Tomcat" et servira lors de la guerre du Vietnam pour l'évacuation de Saïgon.
4 janvier 1961 : Premières tensions entre Cuba et les États-Unis
Le nouveau Premier ministre cubain, Fidel Castro, entame une réorganisation complète de son pays et ce remaniement passe par la nationalisation des grosses entreprises, très souvent américaines. Les États-Unis voient cette décision d'un mauvais œil et décident d'agir en établissant un embargo.
12 avril 1961 : Un homme est envoyé dans l'espace
Une nouvelle fois, les Soviétiques devancent les États-Unis en envoyant dans l'espace le premier être humain, l'astronaute Youri Gagarine, âgé de 27 ans. Son voyage dans l'espace ne dure que 108 minutes, le temps pour lui d'effectuer une révolution complète autour de la Terre, avant d'atterrir en Sibérie.
17 avril 1961 : Le débarquement de la baie des Cochons
La CIA prend l'initiative de renverser le régime de Fidel Castro et confie cette mission à des exilés cubains. Débarqués sur l'île dans la Baie des Cochons, les combattants font face à une défense efficace et sont repoussés. Fort de son succès, Fidel Castro continue de représenter le meilleur rempart à l'impérialisme américain.
12 août 1961 : Construction du mur de la honte
Souhaitant stopper la forte émigration des citoyens est-allemands, les Soviétiques décident de la construction d'un mur séparant les deux Allemagne. Cette édification débute dans la nuit du 12 au 13 août 1961 à Berlin.
27 août 1961 : Démonstration de force à Checkpoint Charlie
Après la construction du mur de Berlin, les Américains réagissent en déployant leurs blindés face au point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Pour faire bonne mesure, les Soviétiques sortent également leurs chars. Le face-à-face dure plusieurs heures, mais, souhaitant éviter un conflit armé, les deux nations finissent par reculer.
14 octobre 1962 : La crise des missiles de Cuba
Les Américains découvrent par l'intermédiaire d'un avion-espion des rampes de missiles soviétiques en construction sur l'île de Cuba. Elles sont dirigées droit vers les États-Unis. Le président Kennedy exige leur démantèlement. C'est le début de la crise de Cuba. Les tensions durent plus d'un mois entre les deux blocs avant que l'URSS finisse par accepter de démanteler les missiles. Le 20 novembre 1962, la crise est finie. L'ère de la détente peut commencer.
16 juin 1963 : Première femme dans l'espace
En 1963, Valentina Terechkova, jeune femme russe de 26 ans, effectue un vol spatial de deux millions de kilomètres, soit 48 révolutions autour de la Terre. Elle devient la première femme dans l'espace durant les 71 heures que durent son vol. Elle atterrit dans les steppes du Kazakhstan le 19 juin. Valentina Terechkova devient en 1969 vice-présidente de la Fédération internationale démocratique des femmes. Deux ans auparavant, c'est Youri Gagarine qui fut le premier être humain à voyager dans l'espace, au cours de la mission Vostok 1. 
26 juin 1963 : Discours de John F. Kennedy, "Ich bin ein Berliner"
Lors d'un voyage en Europe, le président américain John Fitzgerald Kennedy fait escale à Berlin-Ouest. Il prononce alors un célèbre discours, place Rudolph Wilde, dont la phrase "Ich bin ein Berliner" (je suis Berlinois) est restée dans les mémoires. Kennedy renouvelle ainsi son soutien à l'Allemagne de l'Ouest et à Berlin coupée en deux par le mur de la honte.
30 juillet 1963 : L'espion Kim Philby passe en URSS
L'officier britannique Kim Philby, qui se révèle être un agent double, s'enfuit en Union soviétique. Espion au service des communistes depuis 1934, il était parvenu à infiltrer les plus hauts niveaux du contre-espionnage britannique. Mort en 1988, il sera enterré dans le carré des généraux du KGB, dans un cimetière de Moscou.
5 août 1963 : Accords pour la limitation des essais nucléaires
Dix-huit ans après l'explosion de la première bombe nucléaire américaine au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima, les États-Unis, l'Union Soviétique et la Grande-Bretagne signent les accord de Moscou. Ceux-ci interdisent les essais nucléaires dans l'atmosphère, dans les mers et dans l'espace. Les essais souterrains restent autorisés. Une centaine d’États ratifieront ces accords, mais la France et la Chine, qui mettent alors au point leur arsenal stratégique, refusent d'y adhérer.
21 septembre 1963 : Kennedy suggère une coopération spatiale américano-soviétique
Alors que les deux grandes puissances entament une phase de détente, le président américain John Fitzgerald Kennedy propose devant l'assemblée générale de l'ONU une coopération à l'URSS avec pour objectif d'atteindre la Lune. Les Soviétiques ne semblent pas prêts à une telle collaboration et cette proposition ne débouche que sur la création d'un satellite nommé Echo C.
22 novembre 1963 : JFK est assassiné
Alors que John Fitzgerald Kennedy traverse la ville de Dallas de façon triomphale dans une Cadillac décapotable, trois coups de feu sont tirés qui atteignent gravement le président américain. Il est transporté à l'hôpital, mais décède trente minutes plus tard. Après seulement trois ans de mandat, il disparaît à l'âge de 46 ans. Quelques heures plus tard, un certain Lee Harvey Oswald est arrêté pour le meurtre du président.
14 octobre 1964 : Nikita Khroutchev est limogé
Nikita Khrouchtchev, chef du gouvernement soviétique, est destitué. Leonid Brejnev prend sa succession à la tête du Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). Sont reprochés à Khrouchtchev, la crise des missiles de Cuba, mais aussi certaines décisions contraires au bon sens et son culte de la personnalité.
7 février 1965 : Les Américains bombardent le Nord-Vietnam
Après avoir fait évacuer les dernières familles américaines, l'US Air Force lance sa première offensive aérienne directe sur le Nord-Vietnam. Le but des États-Unis et du gouvernement sud-vietnamien est de mettre à mal les réseaux de ravitaillement en armes et en carburant des communistes du Nord. Ces bombardements marquent le début de la deuxième guerre d'Indochine. À partir du mois de mars, les marines américains arrivent de plus en plus nombreux au Sud-Vietnam. 
18 mars 1965 : Première sortie dans l'espace d'un cosmonaute
Le russe Alexeï Leonov sort durant une quinzaine de minutes dans l'espace, relié par un câble à sa navette Voskhod 2. C'est la première sortie d'un être humain dans l'espace. Les Américains réitèrent l'exploit le 3 juin suivant avec Edward White, pour une durée de 20 minutes.
15 juillet 1968 : Reprise des liaisons aériennes USA-URSS
Une ligne aérienne directe est inaugurée entre Moscou et New-York, avec l'atterrissage du premier avion russe de la compagnie Aeroflot. Cet événement est le premier signe d'un réchauffement diplomatique entre les États-Unis et l'Union Soviétique depuis le début de la Guerre froide en 1945.
20 août 1968 : Les chars soviétiques entrent à Prague
200 000 soldats et 5 000 chars soviétiques envahissent la Tchécoslovaquie pour écraser le "Printemps de Prague", mouvement en faveur d'une démocratisation de la vie politique. Cette invasion met un terme à la tentative du gouvernement tchécoslovaque de mettre en place un "socialisme à visage humain". Les combats feront 30 morts et plus de 300 blessés. Les réformes libérale du Premier secrétaire Alexander Dubcek seront abrogées et son successeur Gustav Husak assurera la "normalisation" du pays.
21 juillet 1969 : Un homme sur la Lune
Emmené par la mission Apollo 11, l'américain Neil Armstrong est le premier homme à poser le pied sur la Lune. Cet événement historique est retransmis sur les télévisions du monde entier. Armstrong est rapidement rejoint par Edwin "Buzz" Aldrin, second astronaute à marcher sur la Lune.
17 novembre 1969 : Début des négociations sur la limitation des armes stratégiques
Alors que la Guerre Froide est dans un contexte de "Détente", les États-Unis et l'URSS entreprennent des négociations sur la limitation des armes stratégiques. Elles aboutiront au traité SALT,  qui limite le nombre d'équipements anti-balistiques et les armements offensifs stratégiques.
19 avril 1971 : Saliout, première station spatiale
Après avoir échoué face aux Américains à envoyer un homme sur la Lune, les Soviétiques se concentrent sur la construction d'une station spatiale habitable. Saliout-1, c'est son nom, est occupée par trois astronautes du 7 au 30 juin 1971. Victimes d'un problème de pressurisation, ils ne rentrent pas vivants sur Terre. Le programme Saliout comptabilise quand même 813 jours d'occupation et plus de 2500 expériences scientifiques avant de s'achever en 1986.
22 mai 1972 : Nixon se rend en URSS
Richard Nixon entame une visite officielle à Moscou. Il est le premier président américain à fouler le sol de l'URSS depuis Franklin Roosevelt à Yalta (Ukraine) en 1945. Malgré leurs divergences sur la question du Vietnam, Nixon et Brejnev affirment leur volonté de poursuivre la Détente. Un traité sur la limitation des armes nucléaires stratégiques est finalement signé. Richard Nixon se rend ensuite en Pologne où aucun président des États-Unis n'est jamais allé.
26 mai 1972 : Signature des accords SALT I
Les États-Unis et l'URSS signent les accords SALT (Strategic Arms Limitation Talks, "négociations sur la limitation des armes stratégiques") et poursuivent ainsi leur politique dite de "Détente". Ce traité est organisé en deux volets : l'un concernant les missiles anti-balistiques et réglementant leur emplacement, le nombre de radars, etc., l'autre portant sur les lance-missiles et limitant leur nombre.
17 juin 1972 : L'affaire du Watergate éclate
Au siège du Parti démocrate, dans l'immeuble Watergate de Washington, la police surprend cinq espions qui posent des micros. Deux journalistes du Washington Post prouvent que Richard Nixon est à l'origine de ces "écoutes". Le président américain est alors en pleine campagne électorale dans le but d'être réélu. Il nie toute implication avant de se rétracter suite à une enquête du Sénat. Une procédure d'impeachment est finalement engagée contre lui. Il démissionne en août 1974.
29 mars 1973 : Les derniers GI quittent le Vietnam
Le dernier marine rentre aux États-Unis tandis que le gouvernement d'Hanoï libère les prisonniers de guerre américains. Conformément aux accords de paix signés à Paris le 27 janvier, les forces américaines disposaient de 60 jours pour se retirer du Sud Vietnam.
8 août 1974 : Richard Nixon démissionne
Mis en cause dans le Watergate, cette affaire d'espionnage du siège du Parti démocrate américain, Richard Nixon est visé par une procédure d'impeachment (destitution). Réélu deux ans auparavant, le président des États-Unis a nié son implication dans l'affaire pendant longtemps. En août 1974, il annonce sa démission à la télévision au cours d'un long discours. C'est Gérald Ford qui lui succède.
18 juillet 1975 : Apollo-Soyouz, le début d'une coopération
L'image est historique, Thomas Stafford l'américain et Alexis Leonov le russe se serrent la main dans l'espace. Les vaisseaux Apollo et Soyouz se sont rejoints pour entamer une coopération spatiale. L'instant est également politique. Après dix ans de course à l'espace, les deux grandes puissances commencent à collaborer. Cette alliance spatiale se concrétisera avec la station orbitale Mir.
18 juin 1979 : Signature des accords SALT II
Après les accords de Vladivostok en 1974 et SALT I en 1972, les négociations sur la limitation des moyens armés entre les deux protagonistes de la Guerre Froide se poursuivent. Ainsi, avec SALT II, Américains et Soviétiques définissent pour la première fois un nombre maximum précis de bombardiers et de lance-missiles tolérés, en impliquant la destruction du surnombre. Toutefois, le traité n'entrera jamais en vigueur.
27 décembre 1979 : Invasion soviétique en Afghanistan 
5 000 soldats soviétiques font leur entrée dans la capitale afghane, tandis que Hafizullah Amin, le président du Conseil Révolutionnaire, accusé d'être un agent américain, est exécuté. Prétextant venir en aide au pouvoir central au nom d'une "aide fraternelle" entre les deux pays, la 105 ème division aéroportée soviétique est entrée en Afghanistan le 24 décembre. Près de 40 000 russes se massent dans tous le pays. Dans le même temps, la résistance à ce qui ressemble de plus en plus à une occupation se développe dans les zones montagneuses. Pour l'URSS et l'Afghanistan, c'est une guerre de 10 ans qui vient de commencer.
19 juillet 1980 : Ouverture des JO de Moscou 
Le président du Soviet suprême d'URSS, Leonid Brejnev, préside la cérémonie d'ouverture des XXIIèmes Jeux olympiques d'été. 80 nations seulement y sont représentées, suite au boycott lancé par les États-Unis pour protester contre l'intervention militaire soviétique en Afghanistan. Il s'agit du plus faible chiffre de participation depuis 1956. La France ne s'associe pas à la protestation des pays de l'Ouest et participe aux olympiades. Elle remportera 14 médailles.
14 août 1980 : La grève de Gdansk en Pologne
Après le licenciement d'un ouvrier, membre d'un syndicat indépendant, 17 000 travailleurs des chantiers navales de Gdansk arrêtent le travail. La grève devient rapidement générale dans toute la Pologne. La crise sociale devient politique. Le premier ministre Edward Babiuch démissionne et le gouvernement communiste finit par négocier avec le chef du syndicat indépendant, Lech Walesa, un ouvrier-électricien.
31 août 1980 : Les accords de Gdansk
Depuis juillet 1980, la crise s'étend en Pologne. Tout commence avec une forte hausse des prix de la viande, en passant par la grève générale, pour finir par le départ du premier ministre. Le gouvernement communiste polonais est contraint de négocier. Il signe les accords de Gdansk avec le leader du syndicat indépendant Solidarnosc, Lech Walesa. En 1982, le général Jaruzelski dissout le Solidarnosc. Il est à nouveau légalisé en 1989. Lech Walesa est élu président de la République de Pologne au suffrage universel direct en 1990.
13 décembre 1981 : La Pologne passe en état de guerre
L'état de guerre est proclamé en Pologne par le général Jaruzelski, chef du parti communiste devenu chef de l'état polonais. 6 000 syndicalistes et opposants au régime, dont Lech Walesa, sont arrêtés par le conseil militaire qui a pris les commandes de l'état polonais. Le Solidarnosc, constitué à l'occasion de la grève de Gdansk, est interdit en Pologne le 8 octobre 1982. De violentes manifestations font suite à ces événements. Le Solidarnosc est maintenu clandestinement jusqu'en 1989, date à laquelle il est à nouveau autorisé.
23 mars 1983 : Le projet "Guerre des étoiles"
Un nouveau projet d'armement intitulé Strategic Defense Initiative (SDI) est lancé par les Américains. Dans le but de protéger les États-Unis d'une possible attaque nucléaire, le programme se voit renommé "guerre des étoiles". Il n'est abandonné qu'en 1993, lorsque Bill Clinton accède à la présidence américaine.
5 octobre 1983 : Lech Walesa reçoit le prix Nobel de la paix
Leszek Walesa, dit Lech Walesa, se voit décerner le prix Nobel de la paix pour son action en Pologne avec le syndicat "Solidarnosc". Le travail du syndicaliste aboutira à l'instauration d'une démocratie parlementaire en Pologne, puis mènera à la fin de la guerre froide. Lui étant interdit de quitter le pays par les autorités polonaises, c'est sa femme, Danuta, qui se rend en Norvège pour recevoir ce prix.
8 mai 1984 : Les Soviétiques boycottent les JO de Los Angeles 
L'URSS, ainsi que 13 pays communistes, annoncent qu'ils ne participeront pas aux XXIIIèmes Jeux Olympiques qui se dérouleront à Los Angeles. Cette décision fait suite au boycott lancé par les États-Unis lors des XXIIèmes Jeux Olympiques à Moscou, pour protester contre l'intervention militaire soviétique en Afghanistan.
11 mars 1985 : Gorbatchev à la tête de l'URSS
À la mort de Konstantin Tchernenko, le 10 mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev, 55 ans, devient le nouveau secrétaire général du Parti Communiste. Il engage d'importantes réformes dans l'URSS avec l'idée de combler le retard pris par la puissance soviétique en perdition. Mais ni la "perestroïka" (restructuration), ni la "glasnost" (transparence) ne sauveront l'Union Soviétique. Le bloc communiste s'effondre en 1991 et Gorbatchev finit par démissionner.
25 août 1985 : Mort de la petite Samantha Smith
Samantha Smith, 13 ans, meurt avec son père dans un accident d'avion dans le Maine. La petite Américaine avait écrit une lettre au président Iouri Andropov, en 1983. Elle lui disait qu'elle avait peur d'une guerre entre les deux pays, alors en pleine guerre froide. Le président soviétique l'avait alors invitée à venir passer ses vacances en URSS. Elle meurt en revenant du tournage d'une émission en Angleterre. Une montagne du Caucase a été rebaptisée en son honneur.
20 février 1986 : La station russe "Mir" est propulsée dans l'espace
Le module central de la station orbitale Mir est mis en orbite le 20 février 1986. Mir signifie "paix" en russe. C'est une fusée Proton qui a placé le module de 21 tonnes et 2,2 mètres de diamètre à 350 kilomètres de la Terre. Des modules complémentaires seront ensuite ajoutés et les premiers astronautes débarquent le 13 mars 1986. La station devenue vétuste est détruite en 2001.
15 mai 1988 : Les Soviétiques se retirent d'Afghanistan
Les troupes russes se retirent d'Afghanistan après huit années d'occupation. Elles n'ont pas réussi à s'imposer face aux moudjahidines afghans soutenus par les Américains. Une guerre civile entre différentes ethnies succède à cette occupation, avant que les talibans ne prennent le pouvoir et qu'un régime islamiste soit instauré, le mollah Omar à leur tête. Ils seront à leur tour renversés par l'armée américaine à la suite des attentats du 11 septembre 2001.
9 novembre 1989 : Le Mur de Berlin tombe
Suite à un ordre des autorités est-allemandes qui autorisent les Allemands de l'est à passer à l'ouest, des milliers de Berlinois passent les postes frontières. Deux jours plus tôt, le gouvernement communiste avait démissionné suite à une manifestation ayant rassemblé près d'un million de personnes. 28 ans après sa construction, le mur de Berlin tombe.
12 juin 1990 : La Russie s'émancipe de l'URSS 
Sur une proposition de Boris Eltsine, le Congrès adopte la "Déclaration sur la Souveraineté Étatique de la Fédération de Russie". Proclamant ainsi son indépendance vis-à-vis de l'URSS, la Russie accélère le processus de décomposition du régime communiste. Celui-ci ne survivra pas plus d'un an. Cette date est désormais celle de la fête de l'indépendance et la fête nationale de Russie.
19 août 1991 : Le putsch de Moscou
Profitant des vacances en Crimée du président de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev, des putschistes appartenant à la ligne "dure" du Parti communiste tentent de prendre le pouvoir. L'état d'urgence est mis en place, donnant tous les pouvoirs au Comité d’État. Boris Eltsine, devenu président de la république de Russie, enjoint la foule massée sur la place du Parlement à résister à ce coup d'état et à empêcher les chars de passer. Gorbatchev démissionne en décembre, mettant fin à l'URSS.
8 décembre 1991 : Le traité de Minsk donne naissance à la CEI 
Boris Eltsine, Stanislas Choukevitch et Leonid Kravtchouk, présidents des républiques de Russie, de Biélorussie et d'Ukraine, se regroupent près de Minsk (Biélorussie) et, constatant que le temps de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) est terminé, donnent naissance à la Communauté des États indépendants (CEI). Le 21 décembre 1991, 8 autres anciennes républiques soviétiques s'ajoutent à la CEI par le traité d'Alma-Alta (Kazakhstan). Seuls les 3 États baltes, désirant s'intégrer à l'Union européenne, refusent d'adhérer à la CEI.
25 décembre 1991 : La fin de l'URSS
Mikhaïl Gorbatchev, président de l'Union soviétique et secrétaire général du Parti communiste, démissionne le 25 décembre 1991. Boris Eltsine, le nouveau président de la Russie, prend la tête du pays. Cet événement marque la fin de l'URSS. Déjà, la signature des accords d'Alma-Ata et la création de la CEI (Communauté des États indépendants) le 8 décembre avaient affaibli le bloc soviétique. L'ex-URSS est à présent constituée de quinze États indépendants.