Front populaire : résumé du premier gouvernement Blum

Front populaire : résumé du premier gouvernement Blum Avec pour chef de file Léon Blum, le Front populaire est une coalition de gauche, qui gouverne la France de mai 1936 à avril 1938. Résumé.

Face à la menace grandissante de l'antisémitisme et du risque de l'instauration d'un régime autoritaire en France, le Front populaire voit le jour en 1934. Il réunit différents mouvements politiques, dont la SFIC (Parti communiste), la SFIO (Parti socialiste) et le Parti radical. Cette coalition de gauche remporte les élections législatives du 3 mai 1936. Léon Blum est alors nommé président du Conseil des ministres. Son gouvernement est le premier de la IIIe République, qui présente une dominance socialiste.

Le gouvernement Blum est parvenu à endiguer la crise sociale, que traverse la France depuis le début des années 1930. On lui doit notamment la semaine de travail de 40 heures, ainsi que les premiers congés payés, soit deux semaines par an et par salarié. La signature des accords de Matignon instaure aussi la liberté syndicale et les conventions collectives. En résumé, le Front populaire est à l'origine de réformes et de décisions politiques historiques, concernant les problématiques sociales et économiques. 

Quand et comment commence le Front populaire en France ?

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Manifestants au cimetière du Père Lachaise, Paris (XIXe siècle). © COLLECTION YLI/SIPA

La création du Front populaire survient à la suite des émeutes du 6 février 1934. Celles-ci sont menées par différentes ligues d'extrême droite, comme les Jeunesses patriotes et Action française. Afin d'endiguer la montée du fascisme en France, plusieurs partis de gauche, dont les socialistes et les communistes, sont conscients du risque. Ils craignent l'instauration d'un régime totalitaire.  

À Paris, comme en Province, la première manifestation a lieu le 12 février 1934. On parle alors de Rassemblement populaire, même si les mouvements politiques ne s'unissent pas dans l'immédiat. Dans les mois qui suivent, et jusqu'en 1935, Maurice Thorez entreprend de rallier ces différents partis, pour former le Front populaire.

Qui compose le Front populaire ?

Conférence des syndicats à Matignon avec Léon Blum, les délègues syndicaux et les ouvriers, avant l'accord du 7 juin 1936. © SIPA (publiée le 31/03/2022)

Comme évoqué précédemment, le Front populaire est né du regroupement de plusieurs mouvements politiques. En dépit de nombreuses divergences d'opinions, la SFIO (Section française de l'internationale ouvrière), connue par la suite comme le Parti socialiste, se rapproche de la SFIC (Section française de l'internationale communiste), le 26 juin 1934. Ce dernier deviendra le Parti communiste. En matière d'idéologie, cette coalition de gauche prône les valeurs du socialisme, du communisme et du radicalisme. Il s'agit aussi d'un mouvement antifasciste et pacifique.

Dans un premier temps, cette union est connue comme le pacte d'unité d'action antifasciste. En octobre 1934, Maurice Thorez tente de convaincre le Parti radical de les rejoindre. Après un premier refus, il faut attendre juin 1935 pour que ce dernier accepte cette alliance. L'un des premiers rassemblements notables du Front populaire demeure la manifestation du 14 juin 1935. Réunissant plus de 500 000 personnes dans toute la France, celle-ci se déroule aux côtés d'autres partis politiques, d'associations et de syndicats.

Qui dirige le Front populaire en 1936 ?

Le ministère du Front Populaire, et le président du Conseil : Léon Blum. Paris, 1936. © SIPA (publiée le 31/03/2022)

À l'issue des élections législatives du 3 mai 1936, le Front populaire est à la tête du gouvernement français. La majorité socialiste est la première de la IIIe République. Léon Blum est nommé président du conseil (l'équivalent du Premier ministre). Le vice-président est Edouard Daladier. Le gouvernement Blum se compose de 3 ministres d'État et de 17 ministres.

Parmi ceux-ci, on peut évoquer Roger Salengro, ministre de l'Intérieur, jusqu'au 24 novembre 1936. Vincent Auriol est le ministre des Finances, tandis que Jean-Baptiste Lebas est ministre du Travail. Quant à Jean Zay, il est le ministre de l'Education nationale. On compte également 13 sous-secrétaires d'Etat, dont Léo Lagrange, Irène Joliot-Curie et Henri Tasso.

Quelle place occupe Léon Blum ?

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Léon Blum (1872-1950). © SIPA (publiée le 31/03/2022)

Dès 1919, Léon Blum commence sa carrière politique en tant que député ; statut qu'il occupe pendant près de vingt ans. Connu pour ses valeurs socialistes, il est l'une des figures principales du Front populaire. Après la victoire du mouvement aux élections législatives de 1936, il devient président du Conseil des ministres, jusqu'en juin 1937.

En un peu plus d'un an, Léon Blum s'est distingué par différentes décisions politiques. On peut alors s'attarder sur le libre déplacement sur le territoire, pour les étrangers qui possèdent une carte d'identité française. En adéquation avec ses valeurs pacifistes, Léon Blum applique une politique de non-intervention face à la guerre civile espagnole. 

Quelles sont les mesures les plus importantes prises par le Front populaire ?

Le gouvernement Blum a pris de nombreuses mesures politiques. Parmi les plus notables, on peut citer les premiers congés payés, la réduction de temps du travail pour une semaine de 40 heures, la scolarité obligatoire à 14 ans, ainsi que la ratification des accords de Matignon. Ces derniers portent surtout sur les conventions collectives, la reconnaissance du statut du délégué du personnel et la promulgation des libertés syndicales.

Le gouvernement Blum est également à l'origine de la nationalisation des chemins de fer. Le Front populaire est responsable de la création du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). La mise en place des allocations chômage et la retraite des mineurs trouvent aussi leur source dans les actions et la politique du gouvernement Blum. 

Quand se termine le Front populaire ?

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Édouard Daladier (1884-1970). © GOESS/SIPA

Le 21 juin 1937, Léon Blum démissionne de la présidence du conseil. Cela marque la fin de son gouvernement. Cette décision survient après que le Sénat refuse de lui octroyer les pleins pouvoirs financiers, en vue de réaliser d'autres réformes pour le pays. Camille Chautemps lui succède, puis Léon Blum réintègre ses fonctions pour moins de 30 jours, soit du 13 mars au 10 avril 1938.

La fin du Front populaire se produit en 1938, lorsqu'Edouard Daladier occupe le poste de président du conseil. Cette période est marquée par une profonde crise économique, lors de laquelle le franc est dévalué et la croissance stagne. Malgré des réponses adéquates aux problèmes sociaux, Edouard Daladier a entrepris d'annuler certaines réformes, comme le retour à la semaine de travail de 48 heures. Licenciements, manifestations et grèves ont mis fin au Front populaire et à sa gouvernance.

les dates clés du Front Populaire

4 juin 1936 - Léon Blum au pouvoir
Après la victoire du Front populaire aux élections législatives du 3 mai 1936, Léon Blum devient président du conseil, le 4 juin 1936. Son gouvernement se compose de personnalités politiques essentiellement orientées vers le socialisme. On parle également de "coalition de gauche". Le gouvernement Blum exerce jusqu'au 21 juin 1937, soit 1 an et 17 jours. Trois femmes sont nommées sous-secrétaires d'État : Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg et Suzanne Lacore. Pour rappel, le droit de vote des femmes n'est pas encore promulgué à cette période. Il faut attendre 1944.
7 juin 1936 - Congés payés et semaine de 40 heures
En parallèle de la signature des accords de Matignon et de l'établissement des conventions collectives, le gouvernement Blum réduit le temps de travail hebdomadaire de 48 à 40 heures. Le Front populaire instaure aussi les premiers congés payés. Chaque employé bénéficie alors de deux semaines par an. Ces mesures et réformes surviennent dans un contexte social difficile, puisque le pays est miné par les grèves et les manifestations. Une augmentation des salaires est également promulguée, soit une estimation moyenne de 12 % de revalorisation.
7 juin 1936 - Signature des accords de Matignon
La signature des accords de Matignon est officialisée le 7 juin 1936. Ces derniers mettent en accord l'État, emmené par son chef du gouvernement provisoire Léon Blum, et les syndicats. Ceux-ci permettent aux salariés français d'obtenir une augmentation de salaire automatique, des délégués syndicaux, ainsi que la semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés. Le Front populaire a permis d'instaurer des conventions collectives par branche, comme norme de négociations salariales.
15 septembre 1940 - Arrestation de Léon Blum
En pleine Seconde Guerre mondiale, Léon Blum est arrêté le 15 septembre 1940, par le gouvernement de Vichy. Il est en détention au château de Chazeron, puis au château de Bourrassol. Au même titre que d'autres figures du Front populaire, comme Edouard Daladier, il doit comparaître lors du procès de Riom. Les chefs d'accusation portent essentiellement sur la défaite de la France face à l'Allemagne. Le procès est suspendu. Par la suite, les autorités françaises remettent Léon Blum aux Allemands. Il est déporté dans le camp de Buchenwald le 31 mars 1943, et jusqu'en décembre 1944.

XXe siècle