Guerre d'Algérie : résumé de la guerre d'indépendance de 1954 à 1962

Guerre d'Algérie : résumé de la guerre d'indépendance de 1954 à 1962 La guerre d'Algérie voit s'affronter l'armée française et les nationalistes algériens, partisans d'une Algérie indépendante. Le conflit s'achève par le départ d'un million de Français et l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet 1962.

Résumé de la guerre d'Algérie - La guerre d'indépendance de l'Algérie éclate le 1er novembre 1954 avec la "Toussaint rouge", une série d'attentats commis par le FLN (front de libération nationale) qui souhaite émanciper le pays de la présence française. L'Algérie est en effet une colonie française depuis 1830. En 1955, l'état d'urgence est déclaré et l'armée française débarque en Algérie. C'est le début d'une guerre meurtrière qui oppose les indépendantistes algériens à l'armée française et aux Européens d'Alger partisans de l'Algérie française. Les violences s'enchaînent dans les deux pays, touchant militaires et civils, sans qu'aucun accord ne puisse être trouvé, jusqu'à la présidence du général de Gaulle en 1958. Son arrivée au pouvoir va finalement permettre de signer les accords d'Evian, de voter l'indépendance de l'Algérie et de mettre fin au conflit en juillet 1962.

Pourquoi la guerre d'Algérie a-t-elle eu lieu ?

L'Algérie revendique depuis longtemps son indépendance alors qu'un large mouvement de décolonisation a lieu après la Seconde Guerre mondiale dans le monde entier. Le passage à la lutte armée du FLN est le déclencheur. Les affrontements entre les indépendantistes et l'armée française sont aussi causés par les intérêts économiques de la France, avec la découverte de gisements de pétrole et de gaz sur le territoire algérien en 1951. Le peuple algérien est également déçu par les promesses non tenues par l'État français. La répression violente et les conflits internes des partis politiques vont enfin alimenter la guerre pendant huit ans.

Général de Gaulle
Le Général de Gaulle à Alger en 1958 © DALMAS/SIPA

Quel rôle a joué le général de Gaulle ?

Appelé par Jacques Massu et le Comité de salut public après la révolte d'Alger du 13 mai 1958, le général de Gaulle prend la présidence du Conseil pour gérer la crise algérienne. Il a pour mission de proposer une nouvelle Constitution française pour servir de texte fondateur à la Ve République. Son texte est adopté et il est élu président en décembre. Ce sont ses propositions pacificatrices qui mèneront progressivement à la fin du conflit, à l'indépendance totale de l'Algérie et aux accords d'Évian (1962) ainsi qu'à un traité de commercialisation. Se rendant en Algérie en 1958, il prononce un célèbre discours le 4 juin à Alger. Il s'adresse au peuple algérien en disant : "Je vous ai compris !"

Comment l'Algérie a obtenu son indépendance ?

La présidence du général de Gaulle et son discours du 4 juin 1958 montrent que la politique française en Algérie va enfin évoluer. Mais l'indépendance sera remportée progressivement en commençant par des négociations avec le FLN (front de libération nationale) et l'annonce de l'autodétermination de l'Algérie, confortée par un référendum français en 1959. Le "oui" d'ailleurs l'emporte à 75 % en France. Après la signature des accords d'Évian le 18 mars 1962 et malgré des tentatives de putsch et d'assassinat pour compromettre le traité, l'Algérie est officiellement proclamée indépendante le 3 juillet 1962.

L'organisation de l'armée secrète (OAS)

Putsch des généraux
Les généraux Salan, Jouhaud et Challe durant le putsch © DALMAS/SIPA

L'OAS est un groupe constitué de civils et de militaires opposés à l'indépendance de l'Algérie et qui se renforce après l'échec du putsch de 1961. Quatre généraux français ont en effet tenté prendre la tête de l'Algérie le 21 avril 1961. Ils sont finalement arrêtés et condamnés par la France. Les revendications de l'OAS se manifestent par un règne de la terreur, la pose de bombes et des exécutions brutales, notamment en représailles de toute tentative de pacification ou de décolonisation du pays. Leurs actions ciblent les instigateurs de l'indépendance, comme le général de Gaulle qu'ils essaient de tuer à plusieurs reprises, mais également des civils.

Combien de morts y a-t-il eu en Algérie ?

Encore aujourd'hui, il est difficile d'évaluer le nombre de pertes humaines. Les répressions disproportionnées, les attentats du FLN et de l'OAS, les émeutes ainsi que les vendettas survenues après l'indépendance ne permettent pas de chiffrer le nombre exact de victimes de la guerre d'Algérie à l'heure actuelle. Concernant les militaires français, on juge approximativement en 1991 qu'il y a eu 25 000 morts pendant la période du conflit. Du côté algérien, le chiffre oscille entre 300 000 et 400 000 personnes décédées et presque 3 000 civils européens.

Des actes de torture ont-ils été rapportés en Algérie ?

Au début censurés, puis rapportés ouvertement, les témoignages des soldats et des prisonniers montrent que la torture psychologique et physique avait cours pendant la guerre d'Algérie sans distinction de camps. Partisans de l'Algérie française ou de l'indépendance, armée française ou milice algérienne, tous usaient de moyens de pression pour obtenir des informations, mais également pour la mise en place d'un sentiment de terreur parmi leurs opposants. Certains de ces actes ont été amnistiés après la fin de la guerre.

Guerre d'Algérie : dates clés

1er novembre 1954 - Début de l'insurrection en Algérie avec la Toussaint rouge
Les indépendantistes algériens emmenés par le tout jeune parti indépendantiste, le FLN (front de libération nationale), décident d'entamer la lutte armée contre l'occupant français. Une dizaine d'attentats sont perpétrés partout en Algérie. En France, l'événement à peu de retentissement, pourtant c'est le début d'une guerre de décolonisation qui durera huit années.
Janvier 1955 - Arrivée de Jacques Soustelle
En 1955, Jacques Soustelle est nommé gouverneur général de l'Algérie. Il est connu pour sa position en faveur de l'Algérie française. Il est remplacé dès 1956.
1957 - Bataille d'Alger
La bataille d'Alger est en réalité une période de la guerre d'Algérie, de janvier à octobre 1957. Le général Massu et la 10e division parachutiste de l'Armée française tentent de démanteler le FLN dans le but de mettre fin aux attentats.
13 mai 1958 - Alger se soulève pour rester français
L'annonce de l'investiture de Pierre Pflimlin en France contribue au déclenchement de l'insurrection des Européens d'Alger. Le nouveau président du Conseil souhaite en effet ouvrir des négociations avec le FLN. Quant aux Européens d'Alger, ils sont partisans d'une Algérie française. Pour faire entendre leur revendication, guidés par Pierre Lagaillarde, ils occupent le siège du gouvernement général d'Alger. S'ensuit la création d'un Comité de salut public présidé par le général Jacques Massu, la chute de la IVe République et le retour du général de Gaulle.
4 juin 1958 - "Je vous ai compris" !
Le discours prononcé le 4 juin 1958 par Charles de Gaulle sur la place du Forum d'Alger est resté dans les mémoires. Débutant par "Je vous ai compris", le texte annonce le référendum d'autodétermination de l'Algérie. Pour les Pieds-noirs, en revanche, c'est une trahison. Ils tenteront par tous les moyens d'arrêter le général de Gaulle en créant l'OAS.
1960 - Semaine des barricades

La semaine des barricades est une insurrection des Français d'Algérie du 24 janvier au 1er février 1960 à Alger. Les manifestants contestent le retour du général Massu en métropole. La manifestation fait plusieurs morts.

8 janvier 1961 - Approbation de l'autodétermination en Algérie
Sous la présidence de Charles de Gaulle et après que les Nations unies eurent reconnu le droit de l'Algérie à l'autodétermination, c'est-à-dire la possibilité pour le peuple algérien de choisir son statut politique, celle-ci est validée par les Français de métropole à 75 % par référendum. L'autodétermination permet d'enclencher l'accès à l'indépendance de l'Algérie.
21 avril 1961 - Putsch en Algérie
Dans la nuit du 21 au 22 avril, une partie de l'armée et des Européens d'Algérie guidés par les généraux français Challe, Jouhaud, Salan et Zeller, entament un mouvement de rébellion contre la politique du général de Gaulle en tentant de prendre le pouvoir. Avec peu de soutien et mal perçu, le putsch échoue et les généraux sont arrêtés. Les rescapés du putsch rejoignent les rangs de l'OAS (organisation de l'armée secrète).
17 octobre 1961 - Manifestation de musulmans à Paris
À Paris, répondant à l'appel du FLN, quelques dizaines de milliers d'Algériens se regroupent dans la soirée pour manifester pacifiquement leur désaccord face au couvre-feu que leur impose le préfet de Police de Paris, Maurice Papon. Les policiers sur place répriment la manifestation avec violence, usant de leurs armes et parquant les manifestants. Mortes ou blessées, de nombreuses victimes sont à déplorer, certaines jetées dans la Seine. Ce massacre ne sera reconnu par la France qu'en 1997.
8 février 1962 - Tragique manifestation Métro Charonne
Nouvelle répression brutale lors d'un regroupement de manifestants répondant à l'appel des syndicats et des partis politiques luttant pour la paix en Algérie et contre les actions terroristes de l'OAS. Le préfet de Police, Maurice Papon, a interdit la manifestation. La réaction de la police est violente et incite les manifestants à se réfugier dans la bouche de métro Charonne. L'affolement général et la brutalité policière causent de nombreuses blessures, ainsi que neuf décès. Les manifestants se sont écrasés contre les grilles fermées, certains ont été piétinés.
18 mars 1962 - Signature des Accords d'Evian
Les négociations concernant le règlement du conflit franco-algérien aboutissent à la signature des accords d'Evian. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire de la République algérienne, Krim Belkacem et le ministre français des Affaires algériennes Louis Joxe (assisté de Robert Buron et Jean de Broglie) reconnaissent la souveraineté de l'Etat algérien. Les accords d'Evian mettent fin à huit ans de guerre et à plus d'un siècle de présence française en Algérie. Le cessez-le-feu est programmé pour le lendemain, à midi. La France s'engage à évacuer progressivement ses troupes et à maintenir son aide économique pendant trois ans. Elle obtient des assurances sur le pétrole et bénéficie d'un "droit de préférence". Malgré la signature des accords, la guerre va continuer à faire rage jusqu'à la proclamation solennelle de l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet 1962.
26 mars 1962 - Massacre de la rue d'Isly à Alger
Huit jours après la signature des accords de paix à Evian, 4 000 Européens d'Algérie se sont réunis à Bab El-Oued pour protester contre le bouclage du quartier par l'armée française. La France soupçonne cette partie de la ville d'abriter un important foyer d'activistes de l'OAS. A 15 heures, alors que la manifestation pacifique atteint la rue d'Isly, les manifestants se heurtent aux artilleurs de l'armée française. Pris de panique devant une telle foule, un des soldats du 4ème RT tire. Le cordon de militaires croient à un signal et donne l'assaut pendant 12 minutes. 46 personnes sont tuées dans la fusillade. On dénombre 200 blessés. La radio présente sur les lieux du carnage enregistrera l'appel vain d'un lieutenant criant "Halte au feu !".
8 avril 1962 - Les Français approuvent les Accords d'Evian
Par référendum, près de 91 % des Français de métropole approuvent les accords d'Évian conclu le 18 mars. Établis entre la France et le FLN, ils reconnaissent l'indépendance de l'Algérie et engagent la France à évacuer ses troupes du territoire. Le taux élevé de "oui" (contre 25 % d'abstention) montre la volonté des Français d'en finir avec cette guerre qui a duré huit ans.
22 août 1962 - L'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle
L'OAS, qui lutte contre l'indépendance de l'Algérie, fomente une tentative de meurtre à l'encontre du général de Gaulle alors que celui-ci est en voiture avec sa famille et son escorte. Se rendant à Colombey-les-deux-Eglises, le cortège est stoppé par trois hommes armés. Ce n'est pas la première fois que l'organisation armée secrète tente de supprimer le dirigeant français et cet essai abouti à l'arrestation de certains de ses membres, dont Jean Bastien-Thiry, dernier fusillé de France, exécuté le 11 mars 1963.
29 septembre 1962 - Ben Bella au pouvoir en Algérie
Prisonnier en France depuis 1956, Ahmed Ben Bella, chef du FLN, est libéré après la signature des accords d'Évian. A son retour en Algérie, il constitue le premier gouvernement de l'Algérie indépendante, basé sur la charte du congrès de Tripoli. Il est investi premier président du Conseil des ministres par l'Assemblée et le restera jusqu'au 18 septembre 1963, date du coup d'Etat de Houari Boumediene.