Second Empire : résumé du régime de Napoléon III de 1852 à 1870

Second Empire : résumé du régime de Napoléon III de 1852 à 1870 Le Second Empire, dirigé par Napoléon III, empereur des Français, est proclamé en 1852. Autoritaire puis libéral, ce régime prend fin en 1870 avec la défaite des Français à Sedan, lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

Résumé du Second Empire - Après les épisodes de la Restauration et de la monarchie de Juillet, les Républicains réussissent à mettre un terme définitif aux régimes monarchiques avec la révolution de février 1848. La Deuxième République est proclamée et les élections d'avril 1848 plébiscitent Louis-Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon Ier). Mais ce dernier n'est pas autorisé à se présenter pour un second mandat. Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte instaure donc le Second Empire par un coup d'état et devient l'empereur Napoléon III. Durant plus de 17 ans, ce système constitutionnel va connaître des évolutions notables, passant ainsi progressivement d'un régime autoritaire vers un régime plus libéral optant pour des structures parlementaires proches d'un système républicain. Le Second Empire s'achève par la défaite de l'armée française lors de la bataille de Sedan, le 1er septembre 1870. Mis en déroute par l'armée prussienne dirigée par le Chancelier Otto von Bismarck, Napoléon III se voit contraint de déposer les armes et de s'exiler en Angleterre où il mourra en 1873, emportant dans sa chute le système politique qu'il a fondé.

Comment et pourquoi le Second Empire est proclamé ?

Napoléon III
Portrait de Napoléon III © MARY EVANS/SIPA

La mise en place du Second Empire se fait en plusieurs étapes. Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, ne pouvant être réélu président de la Deuxième République en vertu de sa Constitution de 1848, organise un coup d'Etat. L'opposition se manifeste dans la rue, mais la répression est sanglante. Les bonapartistes sont de retour au pouvoir, aspirant au rétablissement du suffrage universel et à la consultation citoyenne. Pour asseoir son autorité et sa légitimité, Bonaparte ouvre un plébiscite (sorte de référendum) les 21 et 22 décembre 1851. Le "oui" l'emportant avec une écrasante majorité, une nouvelle constitution est promulguée en 1852. Louis-Napoléon s'y octroie la présidence pour dix ans et l'assemblée est divisée en deux chambres : le Corps législatif et le Sénat. De nouvelles élections législatives sont donc organisées en février-mars 1852. La restauration de l'Empire est finalement proclamée le 7 novembre 1852 par un sénatus-consulte. Fin novembre, un nouveau plébiscite entérine le texte du Sénat. Louis-Napoléon Bonaparte se fait proclamé empereur le 2 décembre 1852, sous le nom de Napoléon III, un an après son coup d'Etat.

Comment Napoléon III gouverne le Second Empire ?

Le Second Empire connaît deux phases très distinctes qui découlent d'une évolution dans la gestion gouvernementale de Napoléon III.

  • Dans un premier temps, de 1852 à 1860, l'empereur va imposer par la force la légitimité de ce nouveau régime. Il réprime ainsi les Républicains, qui représentent une force contestataire qui sape l'autorité de l'Empire. Il censure la presse et réduit les libertés individuelles. L'empereur possède seul le pouvoir exécutif. Il est à l'initiative des lois et contrôle les élections législatives. Le 14 janvier 1858, l'attentat manqué de Felice Orsini contre l'empereur et l'impératrice Eugénie a pour conséquence de durcir encore davantage le régime.
  • À partir de 1860 et jusqu'en 1870, le Second Empire passe d'un régime autoritaire à un régime plus souple dans le but de trouver de nouveaux soutiens. Le prince-président décide d'opter progressivement pour une politique plus libérale et sociale, offrant davantage de liberté aux citoyens et à la presse. La constitution de 1852 est réformée accordant plus de pouvoirs aux deux assemblées (Corps législatif et Sénat). Le suffrage universel masculin permet enfin d'élire des candidats "non officiels" qui n'ont pas été choisis par l'empereur.

Quelles sont les caractéristiques du Second Empire ?

Avec le Second Empire, la France est marquée par d'importants progrès culturels, sociaux et économiques. Le pays opère notamment sa révolution industrielle. La rénovation et la modernisation de Paris par le préfet de la Seine, le baron Haussmann, devient le symbole de ces progrès. La Capitale est percée de larges avenues, des parcs et jardins sont créés et des égouts sont aménagés. Des gares desservant toute la France sont également inaugurées. Outre le développement de l'instruction publique, Napoléon III étend le territoire français avec de nouvelles possessions coloniales (Nouvelle-Calédonie, Cochinchine, Cambodge) et renforce les liens avec l'Algérie ou le Sénégal. L'empereur soutient le projet du canal de Suez en Egypte qui est inauguré en 1869.

L'empereur souhaite redonner au pays un rôle en Europe. La France s'allie aux Turcs durant la guerre de Crimée. Elle prend partie pour l'unification de l'Italie et se voit contrainte d'entrer en guerre contre l'Autriche pour honorer ses alliances. Napoléon III mène ses troupes en Italie pour plusieurs batailles, mais finit par privilégier la négociation à une guerre trop coûteuse. La France y gagne la Savoie et le comté de Nice par le traité de Turin. Cette période est aussi assombrie par des relations diplomatiques brouillonnes aboutissant à la crise luxembourgeoise avec la Prusse ou à l'ultimatum des Etats-Unis du 12 février 1866. L'empereur avait en effet profité de la guerre de Sécession américaine pour intervenir au Mexique, sans succès. S'ensuit la guerre franco-allemande qui oppose l'armée napoléonienne à celle du chancelier Otto von Bismarck.

Comment se termine le Second Empire ?

Le Second Empire s'achève après plusieurs épisodes de tensions civiles exacerbées par les incidents diplomatiques entre la France et la Prusse. Après la crise luxembourgeoise où les manœuvres de la France pour acheter le grand-duché ont été dévoilées, la candidature d'un prince allemand à la succession d'Espagne provoque à nouveau l'intervention de Napoléon III. Le chancelier Otto von Bismarck use de stratégie : pour unir les Etats allemands, il a besoin d'une guerre. La dépêche d'Ems provoque rapidement le déclenchement d'un conflit contre la Prusse le 19 juillet 1870. Napoléon III perd progressivement le soutien de ses citoyens, et n'assure plus sa légitimité autrement que par son armée. Le 2 septembre 1870, la défaite à la bataille de Sedan finit d'affaiblir le prince-président, qui perd le soutien de ses généraux et de ses soldats. Il est contraint de s'exiler en Angleterre, et la chute du Second Empire s'ensuit naturellement. Tandis que la Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, Paris est assiégée par les Prussiens dès le 19 septembre.

Les dates clés du Second Empire

2 décembre 1851 - Coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte
En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte s'apprête à achever son mandat de président de la Deuxième République. La Constitution de la Deuxième République l'empêche de se représenter pour un second mandat. Il échoue également à réformer la Constitution, et dénonce le parlementarisme des institutions, qui bloquerait selon lui la volonté populaire. Le 2 décembre 1851, il réalise alors un coup d'Etat, visant à asseoir son autorité. Des affiches annonçant la dissolution de l'Assemblée et du Conseil sont placardées dans Paris.
4 décembre 1851 - Répression de Louis-Napoléon Bonaparte
À Paris, quelques milliers de citoyens soutenus par des députés montagnards et républicains (parmi lesquels le déjà célèbre Victor Hugo) décident de se révolter contre l'acte anticonstitutionnel de Louis-Napoléon Bonaparte. Celui-ci organise la répression des insurgés avec l'aide de l'armée, qui lui avait déjà apporté son soutien lors du Coup d'Etat du 2 décembre 1851. Plusieurs centaines de manifestants meurent, dont des femmes et des enfants et environ 27 000 personnes sont arrêtées.
11 décembre 1851 : Victor Hugo s'exile en Belgique
Afin de fuir la répression de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo doit s'exiler en Belgique. Opposé au coup d'Etat et au nouveau régime mis en place en France, l'écrivain rejoindre ensuite les îles de Jersey et Guernesey. Il ne rentrera en France qu'en 1870, après la chute de Napoléon III, qu'il nomme "le petit".
11 décembre 1851 : Jacques Louis Randon est nommé gouverneur général de l'Algérie française
Jacques Louis Randon est nommé gouverneur général d'Algérie en 1851. Il met en place de nombreuses expéditions au cours de son mandat. Il fait tomber l'indépendance de la Kabylie orientale lors de l'expédition des Babors. Il s'empare de nombreuses tribus et prend la Kabylie du Djurdjura, ce qui lui permet de devenir maréchal. Il fait également reculer les frontières du pays et crée de nombreuses structures administratives et développe le territoire.
23 janvier 1852 : La famille d'Orléans est bannie de France
Les biens de la famille d'Orléans, héritière du trône de France, sont confisqués par l'Etat français. Toutes les recettes des ventes seront attribuées aux sociétés de secours mutuels, à la construction de logements ouvriers et aux établissements pratiquant le crédit foncier. Plusieurs ministres préfèrent quitter le gouvernement plutôt qu'être associés à cette mesure voulue par Louis-Napoléon Bonaparte.
17 février 1852 - Louis-Napoléon censure la presse
Le 17 février 1852, Louis-Napoléon Bonaparte met en œuvre une politique visant à réduire drastiquement la liberté de la presse. Il censure vingt-quatre journaux quotidiens parisiens, tandis que les autres sont placés sous tutelle administrative. Il ordonne aussi aux préfets l'interdiction des journaux démocrates dans les autres départements français. Enfin, pour forcer l'autocensure de la presse, il met en place la politique de l'avertissement.
18 novembre 1852 - Naissance du premier grand magasin
Le Bon Marché ouvre rue de Sèvres à Paris. Crée par Aristide Boucicaut, ce nouveau type de magasin est une véritable révolution pour les parisiens. Ils peuvent se promener à travers les rayons sans être obligés d'acheter et être remboursés s'ils sont mécontents. La grande distribution est née. 13 ans plus tard le Printemps ouvrira à son tour.
2 décembre 1852 - La restauration de l'Empire
Le 21 novembre 1852, un plébiscite est organisé par Louis-Napoléon Bonaparte dans lequel il remporte le soutien de la classe ouvrière et populaire pour l'instauration du Second Empire. Le prince-président s'octroie ainsi les pleins pouvoirs, au moyen d'une Constitution largement réformée. Il reprend peu ou prou les principes fondateurs du Premier Empire, tout en y insufflant une veine démocratique avec le suffrage universel masculin et le plébiscite. Napoléon III est proclamé empereur le 2 décembre 1852.
29 janvier 1853 - Napoléon III épouse Eugénie de Montijo
Soucieux d'avoir un successeur, Napoléon III organise son mariage civil aux Tuileries le 29 janvier 1853 avec Eugénie de Montijo de Guzman, comtesse de Teba. Femme noble et instruite, proche d'écrivains célèbres, elle participe activement à l'essor culturel de la France sous le Second Empire. Pour cette occasion, l'empereur signe près de 3 000 ordres de grâce, et amnistie les proscrits du coup d'Etat du 2 décembre 1851.
24 septembre 1853 - La Nouvelle Calédonie officiellement française
Au nom de Napoléon III, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de l'archipel découvert par l'anglais James Cook en 1774. La France souhaite par ce geste retrouver son prestige colonial perdu un siècle plus tôt avec la perte du Québec et de la Louisiane. En 1864, elle fera de l'archipel calédonien un pénitencier où seront envoyés nombre de prisonniers algériens ainsi que des communards. Mais avec la découverte de gisements de nickel, des centaines d'immigrants français, dont beaucoup d'origine alsacienne, se presseront sur les côtes calédoniennes. Les habitants de la Nouvelle-Calédonie appelés "kanaks" devront apprendre à vivre avec les blancs, rebaptisés "caldoches".
29 septembre 1853 - L'Empire ottoman déclare la guerre à la Russie
Les questions religieuses dégradent les relations entre les Russes et les Ottomans. De plus, la Russie souhaite annexer Constantinople et trouve un prétexte pour envahir les principautés moldo-valaques. L'Empire ottoman soutenu par la France et le Royaume-Uni déclare alors la guerre à la Russie. Les deux puissances s'affrontent dans une guerre qui dure trois ans. Elle se termine en 1856 par la victoire de l'Empire ottoman et de ses alliés.
30 novembre 1853 - Bataille de Sinop
La bataille de Sinope a lieu durant la guerre de Crimée. Cette bataille navale oppose les Turcs aux Russes au nord de la Turquie. Les Ottomans cherchent à assurer leurs positions dans le secteur et envoient quelques unités marines. Elles affrontent alors la flotte russe durant une heure. Les Russes bombardent les Ottomans et détruisent la majorité des bateaux ennemis. Après cette bataille, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à la Russie.
22 juin 1854 : Le livret ouvrier généralisé
Le livret ouvrier est rendu obligatoire par une loi. Il permet de contrôler le travail et le déplacement des ouvriers. Le but est d'encadrer et de restreindre au maximum cette catégorie de la population afin de prévenir toute agitation.
20 septembre 1854 - Bataille de l'Alma
La bataille de l'Alma oppose l'Empire ottoman et ses alliés à la Russie durant la guerre de Crimée. Les alliés se dirigent vers Sébastopol et lorsqu'ils arrivent au niveau de la rivière de l'Alma, ils se retrouvent face à une armée de 40 000 russes. Après plusieurs jours de combats, les troupes alliées gagnent les Russes qui battent en retraite. Les blessés sont nombreux et le maréchal français Armand de Saint-Arnaud meurt du choléra.
27 septembre 1854 : Début du siège de Sébastopol
Suite à la victoire de l'Alma, Français et Anglais mettent le siège devant la puissante forteresse russe de Sébastopol, en Crimée. 185 000 assiégeants, emmenés par le général Canrobert, vont affronter les rigueurs de l'hiver et les tentatives de sorties du colonel russe Franz Todleben. Les Russes se retireront de la citadelle en août 1855 avant de demander quelques mois plus tard la paix. Cette victoire est le fruit d'une alliance franco-britannique qui semblait totalement improbable après sept siècles de conflit entre les deux pays.
7 septembre 1855 - Bataille de Malakoff
La Bataille de Malakoff a lieu durant la guerre de Crimée lors du siège de Sébastopol. Les troupes françaises et russes s'affrontent le 7 septembre 1855. Les deux armées se livrent à un long combat. Les troupes commandées par le général Mac Mahon imposent une défaite aux Russes qui voient leurs amiraux tués durant le combat. Grâce à cette victoire, les alliés permettent de faire tomber la ville de Sébastopol et assure la victoire de la guerre.
25 mai 1857 : Fondation de la ville de Dakar
Après avoir pris possession de la péninsule du Cap-Vert, l'ancien gouverneur du Sénégal et contre-amiral Auguste-Léopold Protet crée un petit fort à Dakar sur lequel il dresse le pavillon français. Toutefois, il faut attendre l'année suivante pour voir la ville se développer avec le plan cadastral élaboré en juin par le colonel du génie Emile Pinet-Lapredre. En 1902, Dakar remplace Saint-Louis au titre de capitale officielle du Sénégal.
21 juillet 1857 - Création du corps des tirailleurs sénégalais
Napoléon III signe le décret de Plombières-les-Bains qui donne naissance au corps des tirailleurs sénégalais. Ce texte fait suite à la carence de recrues venues de métropole, constatée par le gouverneur général de l'Afrique occidentale française, Louis Faidherbe. Ce corps est constitué à la fois d'esclaves rachetés, de prisonniers de guerre, de volontaires et d'aristocrates locaux, qu'il s'agisse de Sénégalais ou d'autres Africains. De 1 200 personnes en 1882, ils passeront à 8 500 en 1900 et à 17 350 en 1914.
14 janvier 1858 - Attentat raté contre Napoléon III
Le 14 janvier 1858, Napoléon III échappe à un attentat perpétré par le conspirateur italien Felice Orsini. Plusieurs bombes sont lancées en direction du convoi impérial. Si l'empereur et l'impératrice sont légèrement blessés, huit personnes décèdent dans les explosions. Cet attentat manqué aura de nombreuses conséquences comme la guerre entre la France et l'Autriche. En effet, Orsini, partisan de la réunification italienne, justifie son acte pour sensibiliser la France à la situation italienne occupée par l'Autriche.
19 février 1858 - Proclamation de la "loi des suspects"
Depuis 1854, plusieurs tentatives d'assassinats et d'attentats ont ponctué le règne de Napoléon III. L'attentat raté de Felice Orsini génère un climat de défiance et d'instabilité en France. Le 19 février 1858, le gouvernement opte pour le durcissement de sa politique en proclamant la loi des suspects (ou loi de sûreté générale). Elle prévoit entre autres de condamner à la prison, sans jugement, toute opposition politique et toute personne étant suspectée d'agir contre l'intérêt de l'empire.
21 juillet 1858 - Entrevue de Plombières-les-Bains entre Napoléon III et Camillo Cavour
L'empereur Napoléon III rencontre le président du conseil du royaume de Piémont-Sardaigne, Camillo Cavour, dans la ville thermale de Plombières-les-Bains (Vosges). Durant cet entretien, les deux hommes mettent au point les termes d'un traité qui sera signé à Turin l'année suivante. Il vise à accorder au Royaume de Piémont-Sardaigne l'assistance militaire de la France en cas de guerre avec l'empire d'Autriche. En contrepartie, Camillo Cavour devra céder à la France le comté de Nice et le duché de Savoie.
7 août 1858 - Constitution de la Roumanie
Durant le mois de mai, Napoléon III convoque les représentants de sept puissances (France, Royaume-Uni, Autriche, Prusse, Russie, Sardaigne et Turquie). Du 7 au 19 août, le Convention de Paris a lieu, aboutissant à la naissance des " Principautés unies de Moldavie et de Valachie ". Ces dernières possèdent dès lors chacune un prince autochtone, un gouvernement et une assemblée élue au suffrage censitaire, tandis que leur cour de justice est commune.
26 janvier 1859 - Signature d'un traité d'alliance franco-sarde
A la suite de l'entrevue de Plombières, Napoléon III et Camillo Cavour signent secrètement un traité d'alliance visant à chasser l'empire d'Autriche de l'Italie du nord. La guerre opposant la coalition franco-sarde à l'Autriche s'achèvera par la signature du traité de Zurich les 10 et 11 novembre 1859. En contrepartie de son soutien, la France va récupérer le comté de Nice et le duché de Savoie. Cette décision sera officialisée par la signature du traité de Turin le 24 mars 1860.
17 février 1859 - Les Français prennent Saigon
L'amiral Rigault de Genouilly envahit la ville de Saigon, en Indochine, suite à l'appel à l'aide des missionnaires français envoyés sur les lieux. Quelques années plus tôt, un prétendant au trône appelé Nguyên Anh s'était allié avec l'un d'eux, Mgr Pigneau de Béghaine afin de reconquérir l'Annam et le Tonkin. Après y être parvenu en 1802, l'empire de la dynastie des Nguyên se reforma, mais la Cochinchine sombra dans le désordre et les Français finirent par intervenir. Après Saigon, ils feront la conquête de la Cochinchine jusqu'en 1867.
3 mai 1859 - La campagne d'Italie
Suite à la signature d'un traité secret d'alliance entre la France et le Royaume de Piémont-Sardaigne, Napoléon III déclare la guerre à l'Autriche depuis le palais des Tuileries. Les troupes franco-sardes mettront à mal les soldats autrichiens à Magenta le 4 juin, puis à Solférino le 24 juin. Le traité de Zurich viendra mettre un terme au conflit, les 10 et le 11 novembre 1859.
20 mai 1859 - Bataille de Montebello
Les troupes françaises ainsi que les soldats sardes affrontent l'armée autrichienne dans la ville de Montebello (Lombardie). Bien que les effectifs soient bien plus importants du côté autrichien, la coalition franco-sarde remporte la victoire. Durant le mois suivant, les Autrichiens perdent deux grandes batailles à Magenta et Solférino, respectivement les 4 et 24 juin.
24 juin 1859 - Bataille de Solférino
La coalition franco-sarde affronte l'armée autrichienne lors de la bataille de Solférino (province de Mantoue) dans le cadre de la campagne d'Italie. Le combat voit 330 000 hommes combattre, ce qui constitue le plus gros effectif depuis la bataille de Leipzig, en 1813. En outre, de nouvelles techniques sont utilisées au combat telles que le transport des troupes par train ou l'utilisation de canons et de fusils à canon rayé. Les Autrichiens seront finalement défaits.
10 novembre 1859 - Traité de Zurich
La signature du traité de Zurich vient mettre un terme à la guerre qui oppose l'empire Autrichien à la France et au Royaume de Piémont-Sardaigne. Les Autrichiens cèdent à la France la province de Lombardie, qu'elle cède à son tour à la Savoie. En contrepartie, l'Autriche peut conserver la Vénétie, ainsi que les forteresses de Mantoue et Peschiera. En 1860, le Royaume de Piémont-Sardaigne donnera à la France le comté de Nice et le duché de Savoie, condition ayant motivé sa participation à la campagne d'Italie.
23 janvier 1860 - Signature d'un traité de commerce franco-anglais
La France et l'Angleterre signent un traité de libre-échange destiné à abolir les taxes douanières sur les matières premières et la majorité des produits alimentaires. Une taxe de 30% est fixée pour les produits manufacturés. L'accord est négocié par les français Rouher et Michel Chevalier et le britannique Richard Gobden. Ce rapprochement franco-britannique voulu par la reine Victoria et Napoléon III, confirme la volonté d'alliance et de coopération entre les deux ennemis héréditaires.
24 mars 1860 - Nice et la Savoie deviennent françaises
En remerciement de l'aide militaire apportée au royaume du Piémont contre l'Autriche, le roi du Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel, cède à Napoléon III Nice et la Savoie. Les populations des deux comtés se prononcent massivement en faveur de leur rattachement à la France par plébiscite.
9 juillet 1860 - Massacre de Damas
Les chrétiens maronites de Damas sont exterminés dans la nuit avec la complicité du gouverneur turc de Syrie. La population musulmane ne supporte plus l'hégémonie économique et financière des chrétiens qui détiennent les postes officiels et administratifs les plus élevés. A la tête des secteurs d'activité les plus florissants telle que l'industrie de la soie, les chrétiens alimentent les rancœur depuis plusieurs siècles. Les massacres font entre 4000 et 6000 victimes. Le quartier chrétien est pillé et brûlé. Les survivants prendront la route de l'exil notamment vers Beyrouth et Alexandrie. Napoléon III enverra un corps expéditionnaire français commandé par Beaufort pour assurer la protection des chrétiens en route vers le Liban.
15 juin 1861 - Benito Juárez est élu président du Mexique
Le 15 juin 1861 est le jour de l'élection de Benito Juárez à la fonction de Président de la République du Mexique. Il occupera la fonction suprême quatre fois au cours de sa carrière. Son mandat fut marqué par sa décision de suspendre le remboursement de la dette extérieure, ce qui provoqua l'invasion par les pays créanciers (France, Autriche, Angleterre, Espagne) et l'auto-proclamation de Maximilien d'Autriche, comme empereur du Mexique.
8 décembre 1861 - Début de l'expédition du Mexique
Une expédition militaire française, aidée par les forces britanniques et espagnoles, va jusqu'au Mexique pour tenter de faire de l'archiduc Maximilien de Habsbourg, l'empereur du Mexique. Elle arrive au moment où le président Benito Juárez vient de décider de cesser le paiement de sa dette extérieure. Cette intervention doit permettre de créer une force catholique alliée sur le sol américain et ainsi, de contrer l'influence de l'Union Américaine. L'expédition dure jusqu'en février 1967 et se solde par un échec. L'empereur Maximilien fut mis à mort le 19 juin 1867.
28 avril 1862 - Bataille de Las Cumbres
La bataille de Las Cumbres (qui signifie en espagnol "les sommets") voit s'affronter les soldats de l'Empire français, commandés par Charles de Lorencez, à l'armée mexicaine d'Ignacio Zaragoza dans le cadre de l'expédition du Mexique. Le conflit vise à imposer un homme favorable aux occidentaux sur le trône du Mexique. L'armée française s'impose durant la bataille. Toutefois, malgré plusieurs victoires, les Français n'atteindront pas leur but, quittant le pays en février 1967.
5 mai 1862 - Bataille de Puebla
Les soldats de l'Empire français commandés par Charles de Lorencez affrontent l'armée mexicaine d'Ignacio Zaragoza à Puebla (Etat de Puebla, Mexique), dans le cadre de l'expédition du Mexique. L'importance stratégique de ce lieu, situé sur la route de Mexico, rend le combat important. Il se soldera par une défaite de l'armée française, qui subira de fortes pertes humaines (environ 450 morts). Depuis cette date, le 5 mai est un jour de fête nationale au Mexique.
5 juin 1862 - Signature du traité de Saigon
Le traité de Saigon est signé entre Tu Duc, dernier empereur précolonial de l'Annam et des représentants de l'Empire français. Saigon, l'île de Poulo Condor et trois provinces méridionales (Bien Hoa, Gia Dinh et Dinh Tuong) passent aux mains des Français pour former ce qu'on appellera plus tard la Cochinchine. Ses dispositions furent confirmées, un peu moins d'un an plus tard, par la signature du traité de Hué.
30 avril 1863 - Bataille de Camerone
La bataille de Camerone voit s'opposer une compagnie de la Légion étrangère aux troupes mexicaines lors de l'expédition française au Mexique. Les 60 soldats français réussirent à résister durant plus d'une journée aux 2000 soldats mexicains. Ayant épuisé leur réserve de munitions, ils chargèrent leurs ennemis à la baïonnette. La bataille de Camerone est célèbre comme un haut-fait de Légion Etrangère. A la suite de cet épisode, les noms des commandants français furent gravés sur les murs des Invalides.
6 juillet 1863 - Création du Crédit Lyonnais
Grâce au spectaculaire développement industriel de Lyon, Henri Germain, fils d'un notable ayant fait fortune dans la soie, fonde la Société des dépôts et des comptes courants. Associé à des hommes d'affaires lyonnais et genevois enrichis par l'embellie économique du Second empire, la société financière installera son siège social à Paris en 1882.
25 mai 1864 - Reconnaissance de la liberté de coalition
Le vote d’une loi supprime le délit de coalition. L’Empire se montre ainsi plus tolérant à l’égard des ouvriers puisque cette abrogation de la loi Le Chapelier rend possible les grèves. Toutefois, celles-ci ne devront pas attenter à la liberté de travail ni engendrer de violences.
12 février 1866 - Ultimatum des Etats-Unis à Napoléon III
Le 12 février 1866, le secrétaire d'Etat américain William Seward lance un ultimatum à Napoléon III pour retirer ses troupes présentes au Mexique. La France cherchait en effet à contrebalancer l'influence protestante américaine sur le Nouveau Continent au profit de l'influence catholique. Face à la pression américaine qui en appelle à la doctrine Monroe (l'Amérique aux Américains) et aux guérillas qui touchent durement le Mexique, Napoléon III ordonne le retrait de ses troupes en 1867.
11 mai 1867 - Traité de Londres : le Luxembourg indépendant
Signature du second Traité de Londres, qui établit l'indépendance et la neutralité (affirmée dès le premier traité de 1839) du Grand-Duché du Luxembourg, sous la garantie des neuf grandes puissances signataires, dont la France, le Royaume-Uni, l'Autriche-Hongrie ou la Prusse. Parmi ses conséquences immédiates dans l'équilibre géostratégique intra-européen, la résolution (prévue dans l'article I) de la Crise du Luxembourg, ceci grâce au rapprochement entre Pays-Bas (maison d'Orange-Nassau) et Luxembourg, qui court-circuitait les velléités d'achat dudit duché par Napoléon III au roi des Pays-Bas, Guillaume III.
19 juin 1867 - L'empereur Maximilien est fusillé
L'empereur du Mexique Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche-Hongrie François-Joseph Ier, est fusillé à Querétaro (Mexique), avec deux de ses généraux, par les partisans du président Benito Juárez. Maximilien avait accepté en 1864, la couronne impériale du Mexique que lui offrait Napoléon III. Mais il ne parvint pas à s'imposer face à des Mexicains restés fidèles à Juárez.
1er juillet 1867 - Bismarck chancelier de la Confédération allemande
Le prince Otto von Bismarck (1815-1898) des Hohenzollern accède au titre de chancelier de la confédération de l'Allemagne du Nord, créée au lendemain du traité de Prague (23 août 1866), lequel scelle les prémices de la future unité allemande. Conclu au lendemain de la victoire prussienne sur les Autrichiens, à Sadowa (3 juillet), le dit traité établit l'unité du territoire de la Prusse, du Rhin au Niémen, et cela pour la première fois de son histoire : "conduit" sous sa tutelle effective, en sont exclus de facto les Habsbourg.
23 octobre 1867 : Garibaldi envahit le Vatican
Giuseppe Garibaldi tente de s'emparer du Vatican dans le but de le rattacher à l'Italie en cours de réunification, mais l'état pontifical est protégé par Napoléon III (décret du 15 septembre 1864). L'armée française repousse les troupes de Garibaldi. Ce dernier subira une lourde défaite le 3 novembre à Montana et cessera définitivement ses attaques contre le Vatican.
13 juillet 1870 : Fâcheuse dépêche d'Ems
Dans le cadre de la succession au trône d'Espagne, Napoléon III refuse la candidature d'un prince allemand et le fait savoir. L'ambassadeur de France fait part de la requête de l'empereur français au roi de Prusse, Guillaume Ier, lors d'une rencontre. Le monarque allemand annonce donc par télégramme à son Ministre-président, Otto Von Bismarck, qu'il n'appuie plus la candidature de son cousin. Bismarck profite de l'occasion pour déformer les propos du roi de Prusse et diffuse la dépêche royale devenue belliqueuse. La France prend ce message pour une insulte et la guerre est déclarée quelques jours plus tard, le 19 juillet 1870. Napoléon III ayant agi dans la précipitation, ses troupes ne sont pas préparées à un conflit, contrairement aux forces prussiennes bien plus nombreuses.
19 juillet 1870 - La guerre de 1870 éclate
Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Cette guerre oppose la France aux puissances coalisées d'Allemagne. Depuis plusieurs mois, les tensions avaient animé les rapports diplomatiques entre la France et la Prusse, attisées par le Chancelier Otto von Bismarck. La candidature d'un prince allemand au trône d'Espagne, longtemps placée sous influence française, finit par déclencher la guerre,  suite à la dépêche d'Ems.
1er septembre 1870 - Napoléon III vaincu à Sedan
Insuffisamment préparée, la France perd de nombreuses batailles durant la guerre de 1870. L'infériorité numérique de l'armée napoléonienne (250 000 soldats contre près de 800 000 soldats allemands) a raison de la stratégie d'expansion de l'empereur. Un mois et demi seulement après la déclaration de guerre, la défaite humiliante des Français dans la bataille de Sedan marque le tournant de la guerre franco-prussienne.
4 septembre 1870 - Naissance de la IIIe République
Les forces du général McMahon doivent capituler devant les Prussiens. L'empereur Napoléon III a été capturé le 2 septembre. S'en suit la journée révolutionnaire du 4 septembre, qui marque la chute du Second Empire et la proclamation de la IIIe République. L'avancée ennemie se poursuit jusqu'à Paris, assiégée dès le 19 septembre.