Campagne d'Italie : menée par Napoléon Ier entre 1796 et 1797

Campagne d'Italie : menée par Napoléon Ier entre 1796 et 1797 La campagne d'Italie, de 1796 à 1797, est menée par la France contre l'Autriche et ses alliés. Retrouvez les batailles de cette campagne gagnée par Napoléon Bonaparte.

Résumé de la campagne d'Italie - Depuis 1792, les monarchies européennes sont en guerre contre la jeune République française. Des puissances comme la Grande-Bretagne, la Prusse ou l'Autriche forment la Première Coalition pour mettre fin à la Révolution et restaurer la monarchie en France. Gouvernée par le Directoire, la France décide de lancer des offensives en Allemagne et en Italie dès 1796. A seulement 26 ans, Napoléon Bonaparte est nommé général en chef de l'armée d'Italie. Il mène la campagne de main de maître et remporte d'éclatantes victoires sur les Sardes, puis les Autrichiens. Les batailles du pont de Lodi, d'Arcole ou encore de Rivoli marquent la montée en puissance de celui qui n'est encore que général. Vainqueur de la campagne d'Italie, Bonaparte redessine la carte géopolitique de la péninsule et oblige l'Autriche à signer le traité de Campo-Formio, en 1797. Néanmoins, la Grande-Bretagne forme déjà une Deuxième Coalition. La France devra de nouveau affronter ses adversaires en Italie, mais aussi en Egypte, en Hollande et en Suisse.

Quelles sont les causes de la campagne d'Italie ?

Campagne d'Italie
Napoléon Bonaparte, général en chef de la campagne d'Italie © MARY EVANS/SIPA (publiée le 09/06/2023)

La campagne d'Italie s'inscrit dans le contexte de la guerre de la Première Coalition. La République française est, en effet, en conflit avec plusieurs Etats depuis 1792. Après avoir pénétré sur le territoire français, les troupes du prince allemand sont battues à Valmy. Galvanisés, les Français lancent des offensives sur plusieurs fronts et annexent de nouveaux territoires comme la Savoie, la Belgique ou le comté de Nice.

Le 21 janvier 1793, le roi Louis XVI est guillotiné, ce qui accentue l'hostilité des cours européennes envers la République française. Des pays comme la Prusse, l'Autriche, la Grande-Bretagne, le royaume de Sardaigne ou encore le Saint-Empire forment une alliance pour rétablir la monarchie en France et empêcher la propagation des idées révolutionnaires. La France parvient à repousser les attaques des coalisés. Un jeune capitaine, Napoléon Bonaparte, démontre ses talents de stratège fin 1793 lors de la libération de Toulon. En 1794, la France reprend les offensives et remporte une victoire décisive à Fleurus, le 26 juin. Elle annexe les Pays-Bas autrichiens, conquiert la Hollande et instaure la République batave en 1795. Sur mer, la marine française ne peut rivaliser avec la Royal Navy, qui domine la mer Méditerranée et les Antilles.

Après la chute de Robespierre et la fin de la Terreur, la République met en place le Directoire, le 26 octobre 1795. Les directeurs Barras, Reubell et La Révellière-Lépeaux décident de poursuivre la guerre. En plus de sécuriser les frontières de la France et de libérer les peuples voisins de la tyrannie, ils espèrent remplir les caisses de l'Etat grâce aux pillages dans les territoires occupés. Ils décident ainsi de lancer les campagnes d'Allemagne et d'Italie. Les forces françaises sont divisées en trois armées :

  • l'armée de Sambre-et-Meuse, de 78 000 hommes, commandée par le général Jourdan ;
  • l'armée de Rhin-et-Moselle, de 79 500 hommes, commandée par le général Moreau ;
  • l'armée d'Italie, de 50 000 hommes, commandée par le général Bonaparte.

Comment se déroule la campagne d'Italie ?

Napoleon pont d'Arcole
Napoléon sur le pont d'Arcole © MARY EVANS/SIPA (publiée le 01/06/2023)

La première offensive française de la campagne d'Italie est lancée le 24 mars 1796. Mécontent des manœuvres du général Pijon, Bonaparte remplace celui-ci par le général Cervoni. Ce dernier bat les troupes autrichiennes du général Beaulieu lors du combat de Voltri, non loin de Gênes. Le 12 avril, les Français sont de nouveau victorieux à la bataille de Montenotte. Les batailles de Millesimo et Dego permettent à Bonaparte d'empêcher la jonction des armées sarde et autrichienne. Après le retrait des Autrichiens, les Français battent les Sardes à Mondovi le 21 avril : la Sardaigne est hors de combat. Bonaparte souhaite désormais se débarrasser des Autrichiens de Beaulieu. Il passe le Pô, puis bat les troupes autrichiennes sur le pont de Lodi. Maître du Piémont et de la Lombardie, Bonaparte entre dans Milan. Il met le siège devant Mantoue, clé de la route des Alpes. Les offensives de Wurmser, général autrichien, sont repoussées. Après avoir remporté la bataille de Castiglione le 5 août 1796, l'armée française remonte vers le Tyrol et subit les offensives d'Alvinczi. Elle vainc les Autrichiens lors de la bataille du pont d'Arcole, le 17 novembre 1797. Les 13 et 14 janvier 1797, les Français sont de nouveau victorieux à Rivoli, ce qui leur ouvre les portes de Mantoue. La France ressort ainsi vainqueur de la campagne d'Italie. Elle occupe l'Italie jusqu'au Tibre et fonde plusieurs républiques sœurs, comme la République cisalpine. Aux portes de Vienne, elle oblige l'Autriche à signer le traité de Campo-Formio, le 7 avril 1797.

Comment Napoléon s'illustre-t-il lors de la campagne d'Italie ?

En 1795, Napoléon Bonaparte est promu général de division. Ses talents de stratège et sa maîtrise de l'artillerie sont reconnus par le Directoire. Aussi, Bonaparte se voit confier le commandement de l'armée d'Italie à seulement 26 ans. Sa stratégie générale consiste à conquérir le royaume de Sardaigne et la Lombardie, puis à pénétrer dans le Tyrol pour effrayer l'Autriche et l'obliger à conclure la paix. Avec ses premières victoires, il empêche la jonction des troupes sardes et autrichiennes lors de la bataille de Millesimo. Par ailleurs, Bonaparte capture des points stratégiques comme Dego. Brillant tacticien, il anticipe les mouvements de l'ennemi et exploite ses erreurs. Par exemple, il trompe les Autrichiens en passant le Pô à Plaisance plutôt qu'à Valenza. Pour réussir ces manœuvres, le général en chef de l'armée d'Italie mise sur la rapidité de mouvement de ses troupes, qui se déplacent souvent à marche forcée. Il peut aussi compter sur les actes héroïques de généraux comme Masséna, Lannes ou Augereau.

Quelles sont les batailles de la campagne d'Italie ?

Les principales batailles de la campagne d'Italie sont les suivantes :

  • la bataille de Montenotte, le 12 avril 1796 ;
  • la bataille de Millesimo, le 13 avril 1796 ;
  • la bataille de Dego, les 14 et 15 avril 1796 ;
  • la bataille de Mondovi, le 21 avril 1796 ;
  • la bataille du pont de Lodi, le 10 mai 1796 ;
  • la bataille de Borghetto, le 30 mai 1796 ;
  • le siège de Mantoue, de juillet 1796 à février 1797 ;
  • la bataille de Lonato, les 3 et 4 août 1796 ;
  • la bataille de Castiglione, le 5 août 1796 ;
  • la bataille de Bassano, le 8 septembre 1796 ;
  • la bataille du pont d'Arcole, du 15 au 17 novembre 1796 ;
  • la bataille de Rivoli, les 13 et 14 janvier 1797 ;
  • la bataille de La Favorite, le 16 janvier 1797.

Toutes ces batailles sont des victoires françaises. Les Autrichiens sont néanmoins victorieux à Caldiero, le 12 novembre 1796.

Quelles sont les conséquences de la campagne d'Italie ?

La campagne d'Italie, menée de main de maître par Napoléon, est une victoire éclatante pour la France. La présence de l'armée française à une centaine de kilomètres de Vienne affole l'Autriche, qui se résout à négocier la paix. Le 18 octobre 1797, la France et l'Autriche signent le traité de Campo-Formio, ce qui met fin à la Première Coalition. Un nouvel ordre géopolitique est mis en place dans la péninsule italienne. La République cisalpine, "république sœur" de la France, est proclamée et reconnue par l'Autriche. Elle comprend plusieurs territoires conquis par Napoléon comme le duché de Milan, le duché de Mantoue ou la Romagne. L'Autriche reçoit une partie de la République de Venise, la Dalmatie, l'Istrie et la Vénétie. En 1798, l'assassinat d'un général français à Rome déclenche l'occupation de la ville par les troupes françaises. Alors que la République romaine est proclamée, le pape Pie VI quitte Rome avant d'être fait prisonnier par les Français.

traité de Campo-Formio
Traité de Campo-Formio : Napoléon impose des conditions à l'archiduc Charles d'Autriche © MARY EVANS/SIPA (publiée le 01/06/2023)

La campagne devait permettre à la France de remplir les caisses de l'Etat grâce aux richesses accumulées en Italie. L'armée de Napoléon s'empare de nombreuses œuvres d'art dont une grande partie restera dans les musées français. Néanmoins, le butin italien contribue peu aux recettes de l'Etat. En revanche, il permet à Bonaparte de financer le lancement de journaux : La France vue de l'armée d'Italie et Le Journal de Bonaparte et des hommes vertueux. Ces journaux, outils de propagande, vantent les mérites de l'armée d'Italie et contribuent à forger l'image de conquérant de Napoléon.

Qu'est-ce que la deuxième campagne d'Italie de 1799 ?

La deuxième campagne d'Italie a lieu dans le contexte de la guerre de la Deuxième Coalition (1898-1802). A partir de 1798, Napoléon Bonaparte mène la campagne d'Egypte, contre la Grande-Bretagne et l'Empire ottoman. La Grande-Bretagne forme la Deuxième Coalition avec l'Autriche, la Russie, l'Empire ottoman et les Deux-Siciles, profitant de l'absence de Napoléon pour reprendre les territoires conquis par les Français en Italie. Les armées autrichienne et russe pénètrent dans la péninsule. Les troupes du général Souvorov remportent des victoires contre celles des généraux français Moreau et Macdonald. De plus, des insurrections éclatent dans les Républiques italiennes mises en place par la France. Mais la mésentente entre la Russie et l'Autriche met fin aux victoires alliées. La tentative d'invasion de la France par les Russes échoue à Zurich. Les Russes se retirent, laissant seuls les Autrichiens, qui assiègent Gênes. Pendant ce temps, Napoléon est revenu d'Egypte et s'est fait nommer Premier Consul, le 9 novembre 1799. Il envoie le général Masséna prêter main-forte aux assiégés de Gênes, puis passe les Alpes avec son armée. Alors que Gênes est tombée, les Français battent les Autrichiens à Montebello, puis à Marengo le 14 juin 1800. Gênes est reprise par les troupes françaises le 22 juin. Bonaparte rentre en France, laissant à ses généraux le soin d'achever la campagne. La victoire française de Hohenlinden force les Autrichiens à signer la paix de Lunéville, le 9 février 1801.

Les dates clés de la campagne d'Italie

8 septembre 1796 — Victoire française à la bataille de Bassano
Napoléon Bonaparte affronte les troupes autrichiennes du comte Wurmser. Avec 20 000 hommes, les Français sont en supériorité numérique face à l’ennemi qui ne compte que 11 000 soldats. Wurmser bat en retraite, abandonnant de nombreux canons et chariots. Les Français font 2 000 prisonniers.
15 octobre 1796 — Bonaparte crée la République cispadane, comprenant Modène et les Légations occupées par l’armée française.
Bonaparte envahit plusieurs régions italiennes en 1796. Ces régions étaient rattachées à l’empire autrichien et aux Etats pontificaux. Avec l’arrivée de Bonaparte, chaque région forme sa propre république. Le 15 octobre, les régions se trouvant au sud du fleuve Pô se réunissent et créent la Confédération cispadane. Cette action est discrètement soutenue par Bonaparte qui doit trouver la stabilité en Italie. La confédération sera transformée en République cispadane quelques mois plus tard.
17 novembre 1796 — Bonaparte victorieux à Arcole
Après avoir été tenu en échec à Caldiero, Bonaparte rencontre l’armée autrichienne à Arcole. Son armée doit passer un pont, mais recule sous le feu ennemi. Bonaparte descend de cheval et se saisit d’un drapeau pour encourager ses troupes. Cet acte est immortalisé par des témoignages et la célèbre peinture d’Antoine-Jean Gros.
14 janvier 1797 — Bataille de Rivoli
Alors que les Français assiègent Mantoue, le général autrichien Alvinczy attaque les troupes du général Joubert. Ce dernier se replie à Rivoli, où il est rejoint par Bonaparte. Avec l’arrivée des troupes de Masséna, les Français enfoncent les lignes autrichiennes. Victorieux, Bonaparte a les mains libres pour achever le siège de Mantoue.
19 février 1797 — Traité de Tolentino
Maître du nord de l’Italie, Napoléon Bonaparte envahit la Romagne, possession de la papauté. Il oblige ainsi Pie VI à signer un traité de paix avec la France. Le pape perd Avignon, le Comtat Venaissin, la Romagne et doit payer une indemnité de 36 millions de livres.
18 octobre 1797 — La Belgique autrichienne est cédée à la France
Suite à sa victoire lors de la bataille de Fleurus, la France avait annexé le territoire belge. Les deux royaumes étaient alors en conflit depuis 1792. Lors du traité de Campo Formio, l’Autriche reconnaît officiellement à la France la possession des terres, qui seront divisées en neuf départements. La Belgique connaîtra un certain développement économique sous l’autorité française.
18 octobre 1797 — Signature du traité de Campo-Formio
Vaincue par l’armée d’Italie, l’Autriche est forcée de signer le traité de Campo-Formio. Ce traité de paix met fin à la guerre de la Première Coalition. La paix est de courte durée puisque la guerre reprend dès 1799.
1798 — Début de la deuxième coalition
La Deuxième Coalition est un accord entre plusieurs Etats européens pour stopper la France révolutionnaire et tenter de faire tomber la République pour y restituer le modèle monarchique. C’est la Grande-Bretagne qui met en place cette deuxième coalition. La Russie, l’Empire ottoman, l’Autriche, la Suède et les Deux-Siciles sont les autres membres de cette coalition. Elle prend fin grâce au traité de paix de Lunéville en 1801 et celui d’Amiens au cours de l’année 1802.
Juin 1799 — Souvorov bat les Français à la Bataille de Trebbia
La Bataille de la Trebbia est un combat faisant partie de la campagne d’Italie entreprise par Bonaparte. Le 19 juin 1799, les soldats de l’Empire russe et de l’archiduché d’Autriche, commandés par Souvorov, attaquent les troupes françaises aux ordres du général Macdonald. Les Français sont repoussés par l’ennemi. Le bilan est lourd pour la France qui perd 6 000 hommes et qui voit 12 000 de ses 36 000 soldats faits prisonniers.
14 juin 1800 — La bataille de Marengo
Victoire décisive pour la France, la bataille de Marengo contribue à mettre fin à la deuxième campagne d’Italie. Bonaparte bat en effet les Autrichiens de Melas. Le général Desaix trouve la mort durant le combat.
9 février 1801 — Paix de Lunéville
Battue à Marengo et Hohenlinden, l’Autriche doit de nouveau faire la paix avec la France. Le traité de paix de Lunéville marque la fin de la guerre de la Deuxième Coalition. Le traité confirme notamment les annexions de la France déjà inscrites dans le traité de Campo-Formio.
16 juillet 1801 — Signature du Concordat
Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, signe le traité de concordat avec les représentants du pape Pie VII. Le catholicisme est reconnu comme la religion de la majorité des Français. Néanmoins, il n’est pas reconnu comme religion d’Etat : l’Eglise est subordonnée à la République.
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