Révolte des Boxers : rébellion en Chine contre l'Occident

Révolte des Boxers : rébellion en Chine contre l'Occident REVOLTE DES BOXERS - À la fin du XIXème siècle, la révolte des Boxers éclate en Chine. Le peuple chinois se soulève face aux traités inégaux et au partage de pays par les puissances occidentales.

Résumé de la révolte des Boxers - Au début du XXe siècle, la Chine étouffe sous l'influence des grandes puissances occidentales. En effet, après les guerres de l'opium et le conflit sino-japonais, le pays est contraint de s'ouvrir aux pays étrangers, tant sur le plan économique, politique que religieux. De plus, en 1899, une société secrète dont les membres sont appelés "Boxers" par les Européens, se révolte dans le but de libérer le pays. Mais cette montée du nationalisme chinois ne servira qu'à étendre un peu plus la présence étrangère dans le pays et à sonner le glas de la dynastie mandchoue des Qing.

Dans quel contexte éclate la révolte des Boxers ?

Au milieu du XIXe siècle, l'empire mandchou connaît une grave récession économique, qui s'explique notamment par son administration inadaptée à l'évolution démographique et par son comportement traditionaliste. En effet, alors qu'autour d'elle, le monde évolue très rapidement, la Chine se renferme sur elle-même et s'efforce de préserver des techniques et des systèmes vieux de centaines d'années. Quant au commerce avec l'étranger, il n'est autorisé qu'à Canton et dépend d'une société chinoise. 

Quelles sont les causes de la révolte des Boxers ?

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La révolte des Boxers en Chine (1894-1900). © YLI/SIPA

La révolte des Boxers est déclenchée après un demi-siècle de traités inégaux entre l'empire chinois et les puissances étrangères. En 1839, alarmé par l'effet dévastateur de l'opium sur les populations chinoises, l'empereur fait détruire des cargaisons britanniques situées à Canton. La réaction est immédiate et les Anglais ouvrent les hostilités, déclenchant la première guerre de l'Opium. Le conflit s'achève sur la défaite de la Chine, qui, par le traité de Nankin, abandonne Hong-Kong aux ennemis et ouvre cinq ports au commerce étranger. Mais les Britanniques ne se contenteront pas de ces avantages, puisqu'en 1856, la seconde guerre de l'Opium éclate. Cette fois, la Chine vaincue doit ouvrir onze nouveaux ports aux étrangers, permettre l'installation de nouvelles missions chrétiennes et de délégations étrangères. Ainsi, la Chine, également affaiblie par la révolte des Taiping (1851-1864) se trouve sous l'influence grandissante des Occidentaux tandis qu'une guerre se prépare contre le Japon. En effet, le Japon a évolué et s'est modernisé. Aussi n'hésite-t-il pas à s'attaquer à sa voisine pour asseoir sa domination sur la Corée. Obligée de signer le traité désavantageux de Shimonoseki en avril 1895, la Chine doit encore céder de vastes territoires à son ennemi. C'est dans ce climat de crise, de soumission et de frustration du peuple chinois que naît le "mouvement de l'union de la justice et de la concorde", soit la révolte des Boxers.

Pourquoi la réforme des Cent Jours avorte-t-elle ? 

Au terme de ces années de conflit, les Russes, les Français, les Allemands et les Anglais se partagent la Chine en zones d'influences. Face à cette situation humiliante, le jeune empereur Guangxu s'entoure d'intellectuels réformateurs, conscients que l'Empire ne peut s'en sortir qu'en se modernisant. Mais leur programme de réformes calquées sur les modèles occidentaux ne plaît pas à l'impératrice Cixi et à de nombreux personnages de la cour. Ceux-ci préfèrent conserver les traditions ancestrales et rejettent toute influence occidentale. Lors d'un coup d'Etat, Cixi fait séquestrer l'empereur et met fin au mouvement. Cette période est appelée la réforme des Cent Jours. L'impératrice assurant la régence, Guangxu reste prisonnier du Palais d'été jusqu'à sa mort en 1908.

Comment débute la révolte des Boxers ?

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Les Boxeurs sabotent le chemin de fer entre Pékin et Hong-Kong. © MARY EVANS/SIPA (publiée le 01/07/2022)

Le comportement de l'impératrice, allié à la colère que suscite le morcellement du pays, provoque la révolte des Boxers. Appelés ainsi par les Occidentaux en référence à leur pratique d'une boxe sacrée, les Boxers appartiennent à une société secrète, la Yihetuan ("Poings de justice et de concorde"). À l'appel discret de Cixi, en juin 1900, ils envahissent les délégations et missions étrangères, tuent les prêtres et assassinent l'ambassadeur allemand Clemens von Ketteler. Bientôt, le gouvernement impérial soutient officiellement le mouvement et déclare la guerre aux Occidentaux. 

Quelle fut la réaction des puissances occidentales à la révolte des Boxers ? 

Aussitôt, les puissances étrangères mettent en place un corps expéditionnaire, composé d'Allemands, d'Italiens, de Français, d'Anglais, d'Autrichiens, de Russes, d'Américains et de Japonais. Sous le commandement de l'Allemand von Waldersee, les troupes ne rencontrent guère de difficulté pour reprendre le contrôle de la ville de Tianjin, puis pour s'emparer de Pékin, le 14 août 1900. Après 55 jours, la révolte est réprimée et l'impératrice fuit la ville avec sa cour. 

Quelles sont les conséquences de la révolte des Boxers ?

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Caricature des puissances occidentales dans un champ de pièges pendant la rébellion des Boxers. © MARY EVANS/SIPA (publiée le 01/07/2022)

Pour avoir participé à l'insurrection, le gouvernement impérial doit finalement signer le protocole de Pékin, le 7 septembre 1901, s'engageant alors à verser aux puissances occidentales des indemnités s'élevant à 450 millions de Taëls, soit 1,6 milliard de franc-or. Née d'un sentiment nationaliste grandissant face à la colonisation commerciale des puissances occidentales, la révolte populaire des Boxers s'est soldée par un échec cuisant. Les résultats sont catastrophiques pour la Chine, dont la dépendance financière envers les Occidentaux ne cesse d'empirer. Par ailleurs, l'événement contribue à décrédibiliser un peu plus la dynastie des Qing. Le traditionalisme et le conservatisme n'ont plus leur place dans la politique chinoise et toutes les réformes du gouvernement engagées par la suite arrivent trop tard. La Révolution de 1911 est sur le point d'être amorcée. 

les dates clés de la révolte des Boxers

17 avril 1895 - Traité de Shimonoseki
Après une guerre rapide, les Chinois s'inclinent devant les Japonais par le traité de Shimonoseki (Japon). Par ce traité, la Chine cède une partie de la Mandchourie du Sud, les îles Pescadores et l'île de Formose (plus tard appelée Taiwan). Elle reconnaît également le protectorat de fait du Japon sur la Corée et doit verser de fortes indemnités au pays vainqueur. Le Japon se prépare alors à attaquer la Russie, qui contrarie ses projets coloniaux. Tout est en place en Asie pour les grandes guerres du XXe siècle. À partir de l’année suivante, les grandes puissances, à savoir la France, la Russie, le Royaume-Uni et l’Allemagne se partageront le territoire en zones d’influence.
11 juin 1898 - Début de la réforme des Cent jours
En Chine, l’empereur Guangxu s’entoure d’un groupe d’intellectuels désireux de réformer l’administration. Ceux-ci tentent de contrer le morcellement de la Chine en diverses zones d’influences des puissances européennes en modernisant la politique, l’éducation et l’économie du pays. Inspirées du modèle européen, ces réformes déplaisent fortement à l’impératrice Cixi, traditionaliste et anti-occidentale. Forte de son influence à la cour, elle interrompt les projets de son neveu et empereur, favorisant ensuite les activités des sociétés secrètes telles que la Yihetuan, société des « Boxers ».
20 juin 1900 - Révolte des Boxers à Pékin
Les membres de la société secrète chinoise du Yihetuan, "Poings de justice et de concorde", surnommés "Boxers", se soulèvent contre la présence étrangère. Ils envahissent les missions catholiques, assiègent les légations étrangères, tuent des prêtres ainsi que l’ambassadeur allemand von Ketteler. Les puissances coloniales, présentes en Chine depuis la guerre de l'Opium de 1840, réagissent aussitôt, obligeant l'impératrice douairière Cixi à s'enfuir de Pékin.
14 juillet 1900 - L’armée des occidentaux reprend Tianjin
Face à la révolte des Boxers, les grandes puissances possédant des intérêts commerciaux en Chine ont formé un corps expéditionnaire, placée sous le commandement du général allemand von Waldersee. Les troupes se composent de Français, d’Américains, de Britanniques, de Russes, d’Autrichiens, d’Allemands, d’Italiens et de Japonais. Aussi, une telle coalition ne rencontre pas beaucoup de difficultés à envahir la ville de Tianjin, le 14 juillet 1900. Seulement un mois plus tard, elle fera son entrée à Pékin, mettant fin à l’insurrection.
14 août 1900 - Fin de la révolte des Boxers
Après avoir débarqué près de Tianjin, un corps expéditionnaire international commandé par le général allemand Alfred von Waldersee prend Pékin. Il libère les légations européennes, assiégées depuis 55 jours par les nationalistes chinois. C'est la fin de la révolte qui avait éclaté deux mois plus tôt contre la présence étrangère. L'impératrice douairière Cixi s’enfuit avec sa cour. Mais le gouvernement impérial sera condamné à payer une énorme indemnité de guerre.
7 septembre 1901 - La Chine doit dédommager les puissances étrangères
À cause de son soutien à la révolte des Boxers, le gouvernement impérial de Chine est contraint d’accepter les clauses du protocole de Pékin. Il doit ainsi verser d’énormes indemnités aux puissances étrangères. Finalement, l’insurrection des Boxers n’aura servi qu’à accroître un peu plus la dépendance de la Chine vis-à-vis des puissances occidentales et à accélérer la chute de la dynastie mandchoue.

XIXe siècle