Beethoven : génie incompris, compositeur sourd... Qui était-il ? Biographie courte

Beethoven : génie incompris, compositeur sourd... Qui était-il ? Biographie courte LUDWIG VAN BEETHOVEN - Compositeur de musique né à Bonn, en Allemagne en 1770, Beethoven a composé nombre de symphonies, de quatuors et de sonates devenus immortels.

Compositeur hors pair et inclassable, Ludwig van Beethoven a marqué l’histoire de la musique. S’affranchissant des règles classiques, il ouvrit de nouvelles perspectives dans la composition musicale et jeta les bases du romantisme en musique. Son tempérament fougueux, son don pour l’improvisation et son incroyable capacité à composer alors qu’il avait perdu l’ouïe en ont fait un personnage de légende.

Musicien connu et reconnu du classicisme viennois, Ludwig van Beethoven inspira plusieurs grands noms de la musique classique, comme Chopin, Mendelssohn, Schumann ou Liszt, fiers représentants de la génération romantique. De sa "Symphonie n°9" à sa sonate "Au clair de lune", l'oeuvre de Beethoven est aussi immense que son histoire romanesque. Sa vie fut marquée par plusieurs drames, mais aussi par la surdité, qui le frappe alors qu'il n'a pas encore trente ans.

Qui était Ludwig van Beethoven, génie sourd ?

Ludwig van Beethoven est né en Allemagne, à Bonn, en décembre 1770 et mort le 26 mars 1827 à Vienne, en Autriche. Dès son plus jeune âge, son père, lui-même musicien, rêvait d’en faire un Mozart et l’aurait obligé à pratiquer le clavier dès quatre ou cinq ans. Même si le jeune Ludwig n’était pas un enfant prodige, il présentait d’excellentes dispositions musicales. En 1787, grâce à l’aide du Prince Maximilian Franz, Beethoven partit à Vienne, capitale musicale de l’époque. Il y croisa la route de Mozart, mais on sait peu de choses de leur rencontre. À la mort de sa mère, le 17 juillet 1787, son père sombrant dans l’alcoolisme, Beethoven dut prendre en charge ses deux frères. 

Beethoven retourna à Vienne en 1792 afin de parfaire son éducation musicale. Il prit des cours auprès d’Haydn, puis d’Albrechtsberger et de Salieri. Trois ans plus tard, Beethoven fit ses premières représentations publiques, joua ses propres compositions et remporta un certain succès auprès des membres de l’aristocratie. Le jeune compositeur était également connu pour son tempérament fougueux et impulsif.

Des œuvres innovantes au piano

Beethoven commença à composer des sonates pour piano à partir de 1795. Il devint rapidement une des figures de la musique viennoise et internationale. Mais Beethoven vit ses capacités auditives diminuer. N’y a-t-il pas plus grand drame pour un musicien que de perdre l’ouïe et ne pas pouvoir entendre le fruit de son travail ? Face à cette perspective affolante, il pensa à se suicider mais y renonça. Il se jeta de plus belle dans la composition, il se libéra petit à petit des règles classiques et produisit des chefs-d’œuvre comme les sonates : Sonate pour piano n°8, "Pathétique" (1799) et Sonate pour piano n°14, "Clair de lune" (1802). Il composa cette dernière pour la comtesse Giulietta Guicciardi. Il tira une certaine inspiration de ses déboires amoureux. Au cours de sa vie, le compositeur demanda plusieurs femmes en mariage sans qu’aucune n’accepte.

En 1803, il signa une de ses plus grandes œuvres, à l’origine dédicacée à Napoléon Bonaparte : la symphonie "Héroïque". Cette œuvre très technique et plus longue que les symphonies écrites jusqu’alors ouvrait une voie nouvelle dans les œuvres symphoniques. Le compositeur continua sur ce chemin dans les années suivantes, avec des œuvres toujours plus expressives comme les splendides sonates pour piano "l'Appassionata",  la "Pastorale", une douce célébration de la nature, et la magnifique "Lettre à Elise". Il acheva, en 1805, son seul et unique opéra "Leonore", rebaptisé "Fidelio" en 1814.

Dans les années 1810, Beethoven est lassé de Vienne et songe à partir. Ses amis fortunés le retiennent en lui versant une rente confortable. Cette indépendance financière lui permit d’avoir toute liberté en terme de création. En 1815, à la mort de son frère, il est chargé de la tutelle de son neveu Karl conjointement avec sa belle-sœur. Ce rôle lui vaudra bien des soucis et des querelles avec le jeune homme.

La 9ème Symphonie, l'"Ode à la Joie"

A partir de 1819, sa surdité étant totale, il sombra dans une profonde mélancolie et devint plus méfiant. Sa santé, depuis longtemps fragile, se détériora. Il était préoccupé sur le plan financier alors que ses œuvres se vendaient bien. De cette période, on retient l'énigmatique sonate "Hammerklavier". Tandis que le public viennois plébiscitait les opéras de Rossini, Beethoven entama une renaissance, allant encore plus loin dans sa création. Ainsi voient le jour la remarquable "Missa solemnis" (Messe solennelle), commandée par l'archiduc Rodolphe, et la splendide 9ème Symphonie, "Ode à la joie". 

Beethoven, mort à 56 ans

Après son "Ode à la joie", appelée aussi "Hymne à la joie", qui deviendra 150 ans plus tard l'hymne européen, Beethoven commença une 10ème symphonie qu’il n’eut pas le temps d’achever. Le compositeur tomba malade et s’éteignit le 26 mars 1827 à Vienne. Plusieurs dizaines de milliers de personnes dont Franz Schubert assistèrent à ses funérailles. L'oeuvre de Beethoven a atteint les sommets de la musique pour piano, exploitant les possibilités de cet instrument à l’extrême. Ses symphonies, dont l’ampleur constituait une véritable innovation à son époque, ont fait entrer la musique dans l’ère du romantisme. Sa 9ème symphonie demeure l’apogée vibrante et éternelle de son art et le hisse au rang des plus grands architectes musicaux de l'histoire du classique.

L'histoire de "La Lettre à Élise"

C'est l'une des plus belles œuvres de Ludwig von Beethoven. Et des plus connues. "Für Elise", son titre en allemand devenu "La lettre à Elise" en français, a été écrite en 1810 par le compositeur. L'identité de la jeune femme à qui est destinée la pièce musicale est toujours un mystère. Selon certaines légendes, elle aurait en fait été nommée "Pour Thérèse", du nom de celle qu'il avait demandé en mariage cette année-là et qui lui avait dit non, Thérèse de Brunswick, aussi appelée Thérèse Malfatti.

En 1810, Beethoven a 40 ans. Il est déjà sourd. Mais ce n'est qu'en 1865 que les manuscrits de l'oeuvre sont découverts et publiés par le musicologue Ludwig Nohl. Devant le mauvais état des documents, il aurait modifié le titre original de "Lettre à Thérèse", transformé en "Lettre à Élise" à sa parution en 1867. Quoi qu'il en soit, ni Beethoven, ni Thérèse n'aura pu écouter cette Bagatelle de son vivant.