Opération Barbarossa : invasion de l'URSS par le IIIe Reich

Opération Barbarossa :  invasion de l'URSS par le IIIe Reich Le 22 juin 1941, le IIIe Reich de Hitler tente d'envahir l'URSS de Staline. L'opération Barbarossa est lancée. Elle ouvre à l'Est le front aux combats les plus sanglants de la Seconde Guerre mondiale.

Résumé de l'opération Barbarossa - A l'heure où débute la Seconde Guerre mondiale en Europe, l'Allemagne nazie, dirigée par Hitler, et l'Union soviétique (ou URSS) de Staline s'accordent pour signer un traité de non-agression. Dès l'été 1940 pourtant, le Führer demande à son état-major d'élaborer un plan de bataille visant à envahir l'Union soviétique. Le 22 juin 1941, Hitler lance l'opération Barbarossa et rompt l'accord de non-agression. Confiant au moment de lancer son attaque, Hitler est très vite confronté à la résistance et à la force de frappe de l'armée soviétique. Sur le front de l'Est, l'opération Barbarossa marque le début de combats particulièrement meurtriers, notamment pour l'armée allemande. Elle marque aussi et surtout le début de l'internationalisation du conflit, jusqu'alors principalement cantonné à l'Europe.

Quelles sont les causes de l'opération Barbarossa ?

Plusieurs causes expliquent la volonté de Hitler d'envahir l'URSS, malgré le pacte germano-soviétique signé en août 1939. Renforcé après sa conquête de la France, le dirigeant de l'Allemagne nazie rêve d'abord d'une plus grande expansion territoriale. Très vite, secondé par l'Axe, Hitler s'intéresse donc aux territoires à l'est, à proximité géographique de l'URSS. En coulisses, des tensions et des divergences stratégiques apparaissent également entre Hitler et son homologue russe. Le premier ne partage pas la même idéologie que le second. Hitler nourrit aussi, secrètement, des envies de revanche après l'épisode de la Première Guerre mondiale entre l'Allemagne et l'URSS, alors liée à la France et à la Grande-Bretagne. Cette opération fait également suite à la naissance d'un mythe politique et d'un amalgame judéo-bolchévique, selon lesquels les Juifs seraient à l'origine du communisme. Enfin, Hitler voit en cette opération la possibilité de récupérer d'anciennes terres du Saint-Empire romain germanique, ou de reconstituer un empire au moins aussi vaste.

Quelle est l'origine du nom de l'opération Barbarossa ?

L'opération Barbarossa doit son nom à l'empereur du Saint-Empire romain germanique Frédéric Ier de Hohenstaufen, plus connu sous le nom de Frédéric Barberousse (il portait en effet une imposante barbe rousse). Réputé pour sa détermination à vouloir mener des croisades pour accroître le Saint-Empire, Frédéric Barberousse fait partie des grandes personnalités historiques en Allemagne. En 1941, Hitler choisit de donner le nom de l'empereur à son opération militaire lancée contre l'Union soviétique, comme symbole d'une nouvelle croisade contre "les rouges".

Quels moyens matériels et humains ont été mis en œuvre lors de l'opération Barbarossa ?

L'opération Barbarossa engage les moyens matériels et humains les plus importants du conflit. A la frontière de l'URSS, la Wehrmacht (armée allemande) et ses alliés se présentent avec un total de près de 4,2 millions de soldats, un chiffre qui participe à renforcer leur supériorité. En face, l'Armée rouge peut néanmoins s'appuyer sur une force d'un peu plus de 3,3 millions de combattants. 600 000 véhicules et autant de chevaux sont également mobilisés par la Wehrmacht pour cette seule bataille, qui doit aussi sa célébrité aux moyens colossaux déployés. Les forces soviétiques étaient quant à elles soutenues par 16 000 avions obsolètes.

Quand a commencé et s'est terminée l'opération Barbarossa ?

L'opération Barbarossa débute le 22 juin 1941 avec l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie. Elle se termine quelques mois plus tard, en décembre 1941, lorsque l'armée allemande cesse d'avancer en territoire russe. C'est à cette période que fait rage la célèbre bataille de Moscou, qui signe la première défaite militaire de la Wehrmacht. Pour beaucoup d'historiens, la bataille de Moscou et l'échec de l'opération Barbarossa sont les premiers éléments déclencheurs du recul du nazisme et de la défaite à venir des troupes de Hitler, tout comme l'a été la bataille de Stalingrad (1942-1943), qui opposaient les forces soviétiques au Reich allemand.

Comment s'est déroulée l'opération Barbarossa ?

L'opération Barbarossa est chronologiquement marquée par trois temps forts :

  • l'invasion de l'URSS : le 22 juin 1941, les unités allemandes franchissent la frontière et lancent les premières attaques contre l'Armée rouge ;
  • la bataille de Smolensk : le 10 juillet 1941, l'armée allemande est ralentie dans sa progression vers Moscou par la résistance de l'armée soviétique ;
  • la bataille de Kiev : en septembre 1941, l'armée allemande parvient à encercler les troupes soviétiques à proximité de Kiev et, début octobre 1941, Hitler lance son opération Typhon, amorce de la bataille de Moscou.

Pourquoi l'opération Barbarossa est un échec pour l'Allemagne ?

En URSS, la guerre éclair – ou Blitzkrieg – et les stratégies allemandes, qui avaient jusque-là permis l'expansion rapide du IIIe Reich, ne fonctionnent pas. Les conditions météorologiques particulières, l'étendue des territoires russes et leur méconnaissance par l'armée allemande, sont les principaux éléments qui expliquent les difficultés de progression de la Wehrmacht. Les troupes de Hitler voient également l'armée soviétique s'équiper de nouveaux avions de chasse. Confiantes en leur supériorité numérique, les troupes de Hitler ont probablement sous-estimé la résistance soviétique à laquelle elles allaient être confrontées. Même encerclés, les soldats soviétiques préfèrent lutter jusqu'à la mort plutôt que de se rendre.

Quelles sont les pertes à déplorer suite à l'opération Barbarossa ?

L'opération Barbarossa constitue l'une des batailles les plus meurtrières de la Seconde Guerre mondiale. On dénombre plus de 1 million de pertes humaines du côté de l'Axe avec une moyenne de 3 200 soldats allemands tués par jour lors du conflit, et près de 5 millions de personnes tuées, blessées, disparues ou faites prisonnières du côté de l'URSS et des forces alliées. Côté matériel, les chiffres font état de la destruction par l'armée allemande de 20 000 blindés et 35 000 canons soviétiques.

Quelles sont les conséquences de l'échec de l'opération Barbarossa ?

Pourquoi l'opération Barbarossa marque-t-elle un tournant dans la Seconde Guerre mondiale ? L'échec de l'opération Barbarossa est le premier revers de l'Allemagne nazie depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Au sein de l'armée allemande, des doutes apparaissent quant à la capacité du IIIe Reich à affronter les grandes puissances que sont l'URSS ou les Etats-Unis. Alors qu'il pensait mener une nouvelle attaque éclair, Hitler se retrouve contraint de mener des batailles sur les deux fronts, Est et Ouest. Avec les pertes humaines et matérielles de l'opération Barbarossa, l'armée allemande s'épuise, tandis que l'Armée rouge reprend l'avantage, notamment lors de la bataille de Stalingrad qui l'oppose à Hitler, et jusqu'à l'arrivée des troupes soviétiques à Berlin en 1944. L'URSS, autrefois alliée de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, fera finalement partie des Alliés, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, aux côtés notamment des Etats-Unis, de la Chine et de la France.

Les dates clés de l'opération Barbarossa

22 juin 1941 - Opération "Barbarossa" en URSS
C'est le début de l'opération Barbarossa. Les premiers soldats allemands franchissent la frontière soviétique, et ce en dépit du pacte de non-agression signé entre Hitler et Staline en 1939. L'effet de surprise est d'ailleurs important pour ce dernier, et l'Armée rouge doit rapidement s'organiser. En Europe, le premier ministre britannique Winston Churchill apporte son soutien immédiat à l'URSS face à l'invasion allemande.
8 septembre 1941 - Début du siège de Leningrad
Dans sa tentative de conquête de la Russie, Hitler décide d'encercler la ville de Leningrad, aujourd'hui connue sous le nom de Saint-Pétersbourg. Du 8 septembre 1941 au 18 janvier 1944, la capitale historique de la Russie est entourée par les armées allemande et finlandaise qui privilégient la stratégie du siège à une bataille militaire basique. Pendant toute cette période, trois millions d'habitants vivent reclus au sein de la ville dans des conditions difficiles. Un tiers ne verra pas la fin du conflit militaire.
22 janvier 1942 - Fin de la bataille de Moscou
Dans la lignée de l'opération Barbarossa, l'armée allemande se lance en direction de la capitale russe avec l'opération Typhon (ou bataille de Moscou). Entre la fin de l'année 1941 et le début de l'année 1942, l'armée allemande se retrouve toutefois enlisée dans la bataille de Moscou, confrontée à des forces soviétiques attachées à défendre leur territoire et à des conditions climatiques difficiles. La Wehrmacht enregistre son premier revers.
1943 - Seconde bataille de Smolensk - front de l'Est
Du 7 août au 2 octobre 1943, l'Armée rouge s'engage dans une offensive militaire pour la reprise de la ville de Smolensk et le contrôle de la région de Briansk. Deux mois de combats sont nécessaires pour atteindre l'objectif. Les troupes allemandes engagées dans cette bataille manquent à celle du Dniepr.
1943 - Bataille du Dniepr - front de l'Est
Vaincu à Kharkov en août 1943, Hitler organise ses troupes pour empêcher l'Armée rouge de libérer l'Ukraine. La bataille du Dniepr, l'une des plus importantes de la Seconde Guerre mondiale, débute. 4 millions de soldats sont engagés dans cet affrontement qui s'étend sur un front de 1 400 kilomètres. Après quatre mois de combats, l'Armée rouge parvient à faire reculer les troupes nazies et fait son entrée dans la ville de Kiev.
31 janvier 1943 - Défaite allemande à Stalingrad
Assiégées depuis plusieurs mois dans la ville de Stalingrad (aujourd'hui connue sous le nom de Volgograd), les troupes de la VIe armée allemande, dirigées par Friedrich Paulus, rencontrent de plus en plus de difficultés de ravitaillement en nourriture et en munitions. Malgré l'interdiction formulée par Hitler, Friedrich Paulus et ses troupes capitulent et se livrent à l'Armée rouge. 90 000 soldats allemands meurent de froid et de faim au cours du siège de Stalingrad.