Marguerite d'Angoulême : biographie de la reine de Navarre

Marguerite d'Angoulême : biographie de la reine de Navarre BIOGRAPHIE MARGUERITE D'ANGOULÊME - Reine de Navarre et sœur de François Ier, Marguerite d'Angoulême assure un rôle politique à la Cour. Femme de lettres humaniste, l'Heptaméron est le plus connu de ses livres.

Biographie courte de Marguerite d'Angoulême - Sœur aînée de François d'Angoulême, futur François Ier, Marguerite d'Angoulême (ou Marguerite de Navarre) naît au château de la ville du même nom en 1492. Princesse de haut rang, elle reçoit une solide éducation aux côtés de son frère qui préfigure son goût pour l'humanisme. A compter de 1515, elle joue un rôle politique de premier au rang aux côtés de son frère devenu roi de France. Elle anime la vie à la Cour, participe à la vie mondaine et intellectuelle et contribue à la Renaissance française. Elle participe aux négociations avec Charles Quint afin de faire libérer son frère, François Ier, après la déroute de la défaite de Pavie. En 1527, Marguerite d'Angoulême devient reine de Navarre par son mariage à Henri II d'Albret, elle donne naissance à Jeanne d'Albret en 1528, future mère d'Henri IV. Femme de lettres de premier plan au début du XVIe siècle, elle encourage les idées nouvelles, tant en littérature, en finançant des écrivains, qu'en religion, en appuyant la réforme de l'Eglise. Elle rédige notamment l'Heptaméron (1558), recueil de 72 nouvelles et de contes, ainsi qu'un recueil de poésie, Marguerites de la Marguerite des princesses, publié en 1531 et 1533. Elle décède dans la foi catholique, et non dans le protestantisme, en 1549. Marguerite d'Angoulême est sans conteste l'une des figures les plus marquantes du début du XVIe siècle. Elle laisse à la postérité une œuvre conséquente.

Enfance et éducation de Marguerite d'Angoulême

marguerite d'angoulême
Représentation de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre et écrivaine humaniste du XVIe siècle © MARY EVANS/SIPA (publiée le 02/05/2022)

Marguerite d'Angoulême naît le 11 avril 1492 au château d'Angoulême. Princesse de sang de la première branche d'Orléans de la dynastie capétienne, ses parents sont Charles d'Orléans, comte d'Angoulême et Louise de Savoie. Son frère, futur François Ier, voit le jour deux ans après sa naissance. Sous la direction de Blanche de Tournon et de sa mère, elle reçoit une solide éducation. Elle étudie la philosophie, apprend l'italien, le latin, un peu de grec et dispose d'une riche bibliothèque à Blois où elle s'instruit. Toute sa vie durant, Marguerite d'Angoulême conseille son frère et exerce un ascendant sur lui. Elle est courtisée au cours de sa jeunesse par différents prétendants issus de la haute noblesse ou de la royauté européenne. 

La vie à la Cour de François Ier, son frère

En 1509, à l'âge de 17 ans, Marguerite d'Angoulême est mariée au duc d'Alençon, Charles IV, afin de mettre fin à un conflit entre leurs maisons respectives. Elle intègre sans enthousiasme sa famille et leur château médiéval. Son frère cadet, François de Valois-Angoulême, monte sur le trône de France suite au décès sans héritier mâle de leur cousin Louis XII. Il prend le nom de François Ier et Marguerite accompagne son frère, qu'elle nomme affectueusement mon césar. Elle joue un rôle central à la Cour du roi et tient un rôle politique important. Lorsque l'épouse de François Ier, la reine Claude, est enceinte, c'est elle qui accompagne son frère lors des cérémonies officielles. Elle prend une part active à la vie mondaine et intellectuelle de Paris, Fontainebleau et dans le Val de Loire. Son portrait est décrit en ces termes par Clément Marot, valet de chambre François Ier et poète : corps féminin, cœur d'homme, tête d'ange.

Le rôle de diplomate de Marguerite d'Angoulême

marguerite d'angoulême reine de navarre
Portrait de Marguerite d'Angoulême et représentation aux côtés de son frère François Ier, captif de Charles Quint © ABECASIS/SIPA

En l'an 1525, lors de la défaite de Pavie, François Ier est fait prisonnier et envoyé en Espagne, où il est détenu par son adversaire, Charles Quint. L'époux de Marguerite, Charles IV d'Alençon, réussit à prendre la fuite mais décède peu de temps plus tard. La jeune femme est choisie pour négocier avec l'empereur Charles Quint la libération du roi de France. L'empereur souhaite la rétrocession de la Bourgogne et refuse toute rançon en échange de la liberté de François Ier. La mission de Marguerite échoue, mais elle apporte soins et réconfort à son frère, tombé malade, durant les deux ans que durent sa captivité. 

Marguerite d'Angoulême devient Marguerite de Navarre

Au décès de son époux, le duc d'Alençon, Marguerite d'Angoulême hérite de ses titres de comte d'Armagnac, de Rodez et duc d'Alençon car leur mariage est sans postérité. En 1527, elle se remarie avec Henri II d'Albret, roi de Navarre, au château de Saint-Germain-en-Laye. Grâce à cette union, elle devient reine de Navarre, bien que ce royaume soit amputé de son versant sud par le roi Ferdinand II d'Aragon. Elle donne naissance en 1528 à une petite fille, Jeanne d'Albret, future mère d'Henri IV. Elle donne ensuite naissance à un fils, Jean, en 1530 qui décède au cours de son sixième mois. 

Une femme de lettres humaniste et influente

A mesure que son influence politique décroit à la Cour, notamment lors du remariage de son frère avec Éléonore de Habsbourg, Marguerite de Navarre s'investit dans son rôle de protectrice des lettres. Elle protège notamment Rabelais et Marot. A l'époque, son rayonnement intellectuel fait du château de Nérac un éminent centre de l'humanisme. Elle assume les responsabilités du pouvoir en l'absence de son mari et compose en parallèle l'œuvre l'Heptaméron (1558), recueil de 72 nouvelles et de contes. Bon nombre de ses poésies sont rassemblées sous le titre de Marguerites de la Marguerite des princesses, publié en 1531 et 1533. Dans cet ouvrage, elle prend notamment position contre l'intolérance. Sensible aux idées nouvelles, elle accueille et protège à sa cour des protestants bien qu'elle meurt dans la foi catholique en 1549.

Origines et descendance de Marguerite de Navarre

Marguerite d'Angoulême (ou de Navarre) est la fille de Charles d'Orléans, comte d'Angoulême, et de la princesse Louise de Savoie. Elle est également la sœur de François Ier, ils descendent tous deux du roi Charles V, par la branche cadette des Valois. Quand leur père décède, le jeune François est fait comte à l'âge de 2 ans tandis que leur mère est veuve à 19 ans. Alors que François n'est que le petit cousin au 4e degré du roi français Louis XII, il est appelé à la Cour par ce dernier en compagnie de Marguerite. Agés de 4 et 6 ans, les deux jeunes enfants intègrent la Cour car aucun des héritiers donnés par Anne de Bretagne n'a survécu. En vertu de la loi salique, François est l'héritier présomptif de la couronne, en qualité d'aîné de la maison de Valois. Lorsque François de Valois-Angoulême accède au trône en 1515, Marguerite l'accompagne et l'épaule dans ses fonctions. Il fait d'elle la duchesse de Berry. En 1527, elle épouse Henri d'Albret, roi de Navarre. Ils ont deux enfants, un seul survit : il s'agit de Jeanne d'Albret, née en 1528. Cette dernière est élevée sous l'autorité de son oncle, le roi de France. Elle épouse Antoine de Bourbon, premier prince du sang, elle donne naissance à cinq enfants, dont deux survivent, notamment le futur roi de France Henri IV. En 1555, Jeanne d'Albret devient l'avant-dernière reine de Navarre au décès de son père. Fidèle à l'esprit de sa mère, Marguerite de Navarre, Jeanne favorise l'implantation de la réforme protestante sur ses terres, tout en refusant de rompre avec l'Église catholique à laquelle elle demeure attachée. Elle élève cependant son fils, futur Henri IV, dans le calvinisme.

Marguerite d'Angoulême et la réforme de l'Eglise

A compter des années 1520, Marguerite d'Angoulême s'intéresse aux nouvelles idées religieuses de son temps. Entre 1521 et 1525, sous l'influence de Briçonnet et de Lefèvre d'Étaples, elle s'initie au mysticisme et favorise des formes de pensée qui la rendent suspecte. Elle semble souhaiter une réforme intérieure de l'Eglise catholique, volonté qui transparaît dans sa première œuvre, Dialogue en forme de vision nocturne (1524). Elle est inquiétée à plusieurs reprises, mais ses statuts de sœur du roi de France et de reine de Navarre la protègent durablement. Au sein de sa Cour, en Navarre, de nombreux protestants se réfugient, dont le poète Clément Marot, ayant quitté le royaume de France car soupçonné d'adhérer au protestantisme