Bataille de Marathon : victoire grecque de 490 av. J-C

Bataille de Marathon : victoire grecque de 490 av. J-C Lors de la bataille de Marathon, en 490 av. J.-C., les Athéniens sauvent les Grecs de l'invasion perse. Le messager grec Phidippidès, qui parcourt 250 km en 36 heures, entre dans la légende.

Résumé de la bataille de Marathon - La bataille de Marathon est l'une des plus célèbres batailles de l'Antiquité. Elle a lieu dans le cadre de la Première guerre médique, qui voit s'affronter les Grecs et les Perses. En 490 av. J.-C., le roi perse Darius Ier envoie une expédition en Grèce pour soumettre Athènes. Après avoir conquis les îles de la mer Égée, les Perses débarquent non loin de la cité. Mais les Athéniens, aidés par les Platéens, mettent en échec les envahisseurs, sans même avoir eu besoin des renforts de Sparte. Cette victoire permet à Athènes de renforcer son statut hégémonique en Grèce.

Quelles sont les causes de la bataille de Marathon ?

A la fin du VIᵉ siècle avant notre ère, l'Empire achéménide (empire perse), dirigé par le roi Darius Ier, est en plein essor. Les Perses règnent sur tout le Moyen-Orient et continuent leurs conquêtes vers l'ouest. Des royaumes comme la Thrace et la Macédoine tombent sous domination perse, ainsi que de nombreuses cités grecques d'Ionie, situées sur la côte ouest de l'actuelle Turquie. Pour les Grecs, les Perses sont des barbares arrogants, assoiffés d'or et de luxe, qui considèrent leur roi tel un dieu. Le fossé culturel et politique est trop grand pour que les Grecs acceptent la domination perse.

En 499 av. J.-C., l'Ionie se révolte contre l'occupant, déclenchant la Première guerre médique. Malgré une aide militaire venue des cités d'Athènes et d'Érétrie, les rebelles sont vaincus par les Perses en 494 av. J.-C., avec la prise de Milet. Les îles grecques, comme Lesbos et Ténédos, sont également conquises. Le roi des Perses, Darius Ier, exige la soumission d'Athènes et de Sparte. Il leur envoie des émissaires, qui sont parfois mis à mort. Exaspéré par l'obstination des Grecs, et souhaitant punir Athènes d'avoir aidé l'Ionie à se rebeller, Darius lance une expédition punitive vers la Grèce continentale, en 490 av. J.-C. Traversant la mer Égée vers l'ouest, les Perses ravagent la cité d'Érétrie, déportant une partie de sa population vers la Basse Mésopotamie.

Où et quand a lieu la bataille de Marathon ?

Lors de sa campagne, Darius est aidé par un ancien tyran athénien, Hippias. Ce dernier, exilé vingt ans auparavant, souhaite se venger et reprendre le contrôle d'Athènes. Il conseille à Darius de débarquer sur une plage située non loin de la cité de Marathon, à 38 km d'Athènes. L'objectif est d'attirer les Athéniens hors de leur cité afin de rendre celle-ci sans défense. Aux alentours du 12 septembre 490 av. J.-C., les Perses débarquent à Marathon. Les Athéniens, commandés par le stratège Miltiade, vont à la rencontre de l'ennemi, mais n'attaquent pas tout de suite. Les deux armées se font face et s'observent à 1 500 mètres de distance.

L'armée grecque est constituée de 9 000 à 10 000 hoplites, renforcée par 1 000 soldats platéens ainsi qu'un nombre inconnu d'esclaves libérés. En face, le corps expéditionnaire perse est en large supériorité numérique. Selon les historiens grecs de l'Antiquité, les Perses comptent entre 200 000 et 600 000 soldats. Néanmoins, les historiens modernes estiment que leur nombre est plutôt compris entre 20 000 et 100 000 hommes. L'armée perse est commandée par Artapherne, neveu de Darius, tandis que la flotte est sous les ordres de Datis.

Qui a gagné la bataille de Marathon ?

Le 17 septembre 490 av. J.-C., la cavalerie perse rembarque, puis une partie de la flotte se dirige vers Phalère, l'un des ports d'Athènes. Le restant de l'armée se dirige vers la cité par voie terrestre. Les Grecs doivent donc d'abord empêcher les envahisseurs de progresser vers la ville, puis revenir vers celle-ci pour la protéger contre la flotte perse. Ils espèrent l'arrivée des renforts de Sparte, que le messager Phidippidès est parti prévenir. Malgré son infériorité numérique, c'est l'armée grecque qui attaque en premier. Les défenseurs ont probablement profité du fait que la cavalerie perse avait rembarqué. Les hoplites grecs disposent d'un équipement de qualité. Ils sont protégés par une cuirasse, un casque, des jambières, et sont armés d'une épée, d'une longue lance et d'un bouclier très résistant. Les Grecs appliquent la formation de la phalange : ils sont en rangs serrés et forment un mur avec leurs boucliers, écrasant tout sur leur passage.

Face à cette infanterie lourde, l'ennemi est vulnérable. Au corps à corps, les armes perses ne peuvent rivaliser avec celles des Grecs. Les Athéniens s'avancent sans redouter les volées de flèches ennemies. Pris au dépourvu, les Perses ne peuvent résister à la charge des Grecs et s'enfuient vers la mer, tentant de retourner à leurs navires. Au centre de la ligne perse, les troupes d'élite résistent quelque temps avant d'être prises en tenaille et mises hors combat. Dans le combat, les Perses perdent 6 400 hommes tandis que les Grecs comptent environ 200 morts. Sept navires perses sont capturés. Après cette victoire, les Athéniens retournent défendre leur cité, menacée par le restant de la flotte perse. Au bout de huit heures de marche forcée, ils atteignent leur but. Les Perses, voyant que leur stratégie a échoué, renoncent à débarquer. Quelques jours plus tard, les troupes spartiates arrivent en renfort, inutilement : Athènes est sauvée.

Qui est le premier coureur de marathon ?

Voyant le débarquement des Perses, les Athéniens envoient un messager à Sparte pour demander des renforts. Ce messager, nommé Phidippidès, parcourt les 250 km qui séparent Athènes à Sparte en 36 heures, réalisant un véritable exploit. Néanmoins, les Spartiates sont alors en pleine célébration des Karneia, des festivités en l'honneur d'Apollon, et ne peuvent envoyer des troupes avant dix jours. Une autre version fait apparaître le nom d'un certain Euclès, envoyé par le général Miltiade depuis Marathon, pour prévenir Athènes de la victoire grecque. Le messager serait mort d'épuisement juste après avoir délivré son message.

En 1896, l'académicien Michel Bréal s'inspire de ces exploits pour créer l'épreuve du marathon dans le cadre des Jeux olympiques d'Athènes. Cette course à pied d'environ 40 km part du site de Marathon pour se terminer au stade panathénaïque, dans le centre d'Athènes. Lors des Jeux olympiques d'Athènes de 1896, le Grec Spyrídon Loúis est vainqueur de l'épreuve en parcourant 38 km en 2 h 58 min 50 s. Depuis, de nombreux marathons sont organisés chaque année à travers le monde. Le Spartathlon, une course de fond de 246 km entre Marathon et Sparte, existe aussi depuis 1983, rendant hommage à Phidippidès.

Quelles sont les conséquences de la bataille de Marathon ?

Après sa victoire sur l'armée perse sans l'aide des Spartiates, Athènes jouit d'un grand prestige. Elle fonde la ligue de Délos en 478 av. J.-C. pour se protéger des Perses, qui constituent toujours une menace. La cité orgueilleuse utilise souvent la bataille de Marathon pour justifier sa domination sur les autres villes. Pour Athènes, cette victoire est avant tout politique. C'est la victoire de la démocratie, symbolisée par les hoplites, citoyens-soldats, prêts à mourir pour défendre leur cité. Néanmoins, l'impérialisme athénien sera confronté 40 ans plus tard à la résistance de Sparte, entraînant la guerre du Péloponnèse. Cette victoire marque également la fin de la Première guerre médique.

Du côté perse, la bataille de Marathon n'est pas considérée comme une grave défaite. Même si Athènes n'a pas pu être vaincue, les Perses ont pu prendre le contrôle des îles de la mer Égée durant la campagne. Darius Ier prévoit une nouvelle expédition, mais doit auparavant mater une révolte en Égypte. Le roi meurt en 486 av. J.-C., avant de pouvoir lancer sa nouvelle campagne contre la Grèce. C'est son fils, Xerxès Ier, qui s'en charge au cours de la Seconde guerre médique, en 486 av. J.-C. Le sacrifice des Spartiates de Léonidas à la bataille des Thermopyles, le sac d'Athènes par les Perses et la bataille navale de Salamine sont les épisodes les plus importants de cette guerre qui se solde par la paix de Callias.