Bataille d'Azincourt : résumé de la plus grave défaite française de la guerre de Cent Ans

Bataille d'Azincourt : résumé de la plus grave défaite française de la guerre de Cent Ans Au cours de la guerre de Cent Ans, la bataille d'Azincourt voit s'affronter le Royaume de France et le Royaume d'Angleterre. Résumé, date, déroulement, conséquences... Voici ses enjeux clés.

Résumé de la bataille d'Azincourt - La bataille d'Azincourt est l'un des faits d'armes marquants de la guerre de Cent Ans. Elle se déroule le 14 octobre 1415 et voit les troupes du roi d'Angleterre Henri V, pourtant très inférieures en nombre, écraser la chevalerie française. C'est une défaite historique qui relance totalement ce conflit, s'étalant sur plusieurs décennies et qui ne se terminera qu'en 1453. Le roi de France Charles VI, à la santé mentale fragile, ressort de cette défaite très affaibli et, de façon plus globale, c'est toute la stratégie militaire de l'époque qui est remise définitivement en question : la bataille d'Azincourt marque la fin de la chevalerie française dans un royaume au bord du gouffre.

Pourquoi la bataille d'Azincourt a-t-elle eu lieu ?

La guerre de Cent Ans débute en 1337 et s'achève officiellement en 1453. Ce conflit oppose le royaume d'Angleterre à celui de France et connaît des trêves de durées variables. Dans les années précédant la bataille d'Azincourt, les deux royaumes font face à des troubles politiques importants. Couronné roi d'Angleterre en 1413, Henri V voit sa légitimité remise en cause. Pour asseoir son autorité, il pose un ultimatum aux Français et exige la restitution de tous les territoires anglais perdus sur le sol français depuis Philippe Auguste. Essuyant un refus, il décide de prendre les armes, et en août 1415 il débarque en Normandie à la tête d'environ 10 000 hommes. Il s'empare de la ville d'Harfleur mais son armée n'est pas assez nombreuse pour une invasion. Il marche alors vers Calais pour réembarquer quand les Français l'interceptent près d'Azincourt.

La guerre de Cent Ans et la bataille d'Azincourt

La bataille d'Azincourt fait partie des nombreux événements marquants de la guerre de Cent Ans. Durant les premières années du conflit, les Anglais ont l'avantage. Ils remportent notamment deux batailles importantes à Crécy (1346) et Poitiers (1356). À l'issue de cette dernière, le roi de France Jean le Bon est capturé. Cette défaite aboutit au traité de Brétigny en 1360, qui octroie de très nombreux territoires aux envahisseurs. En 1364 et 1370, menées par Bertrand du Guesclin, les troupes françaises inversent la tendance. Mais en 1415, profitant des problèmes de santé du roi Charles VI et des rivalités politiques qui minent le pays, le roi d'Angleterre Henri V débarque et remporte la bataille d'Azincourt.

En quelle année la bataille d'Azincourt a-t-elle eu lieu ?

La bataille d'Azincourt a eu lieu le 25 octobre 1415.

Quel rôle a joué le roi de France dans la bataille ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le roi de France Charles VI n'a joué aucun rôle dans la bataille d'Azincourt. Il faut dire que sa santé l'en rendait incapable. Couronné à seulement 11 ans, après le décès de son père Charles V, son règne a plutôt bien débuté. Le peuple apprécie ses efforts pour rétablir l'ordre et la sécurité et il est surnommé Charles le Bien-Aimé. Mais le 5 août 1392, alors qu'il voyage avec sa troupe il est pris d'un accès de folie et tue quatre hommes de son escorte. S'il se rétablit au bout de deux jours, ses accès de folie vont se répéter régulièrement jusqu'à son décès en 1422. À tel point qu'il est aujourd'hui connu sous le nom de Charles le Fou. C'est son cousin et connétable de France Charles 1er d'Albret qui commande les troupes françaises à Azincourt.

Comment s'est déroulée la bataille d'Azincourt ?

Sur le plan stratégique, la bataille d'Azincourt est une catastrophe du côté des Français. Ils sont pourtant largement supérieurs en nombre. Les estimations varient mais il semble que la France disposait de 13 000 à 20 000 hommes contre 8 000 Anglais. Le choix du terrain est une erreur. Une clairière bordée de deux forêts qui empêchent l'armée française de se déployer. Les troupes doivent avancer les unes derrière les autres. Le terrain est boueux ce qui ne favorise pas une charge de cavalerie. C'est pourtant ce que vont faire les Français, lançant la fine fleur de leur chevalerie en première ligne pour une charge suicidaire. Les Anglais disposent de milliers d'archers qui font pleuvoir un déluge de flèches sur les cavaliers français qui se font massacrer. Les vagues suivantes sont bloquées par les chevaux et chevaliers morts. Les Anglais glissent sur les flancs et continuent le massacre.

Qui a gagné la bataille d'Azincourt ?

La stratégie militaire française, totalement inappropriée au profil du terrain et surtout à la nouvelle stratégie de combat, à savoir une utilisation massive d'armes à distance, ne pouvait que conduire à une débâcle. Alors que le roi d'Angleterre Henri V ne perd que quelques centaines d'hommes, on estime à environ 6 000 le nombre de tués côté français. Beaucoup meurent durant la bataille et d'autres sont exécutés au terme de celle-ci, Henri V ne souhaitant pas s'encombrer d'un trop grand nombre de prisonniers.

Quelle est la liste des morts notoires de la bataille d'Azincourt ?

Du côté des Anglais, très peu de chevaliers ont péri lors de la bataille d'Azincourt. Ils sont environ une douzaine de représentants de la noblesse à y laisser la vie, le plus célèbre étant le petit fils du roi Edouard III, le duc Edouard d'York. Le bilan est plus lourd côté français. Le commandant des troupes, le connétable de France Charles 1er d'Albret, y laisse la vie. D'autres nobles de haut rang comptent parmi les victimes, à commencer par les ducs de Bar, d'Alençon et de Brabant ou les comtes de Vaucourt, de Dammartin et de Nevers. Parmi les prisonniers français figure le neveu du roi, Charles d'Orléans, qui restera aux mains des Anglais durant 25 ans.

Comment le dauphin Louis est-il mort après la bataille d'Azincourt ?

Dans le système royal français, le dauphin occupe une position particulière. Il est le successeur désigné du roi si celui-ci vient à mourir. Ce titre revient au fils aîné du roi et peut être transmis à son frère cadet en cas de décès. En 1415 le dauphin de France est le fils de Charles VI, le duc Louis de Guyenne. Né en 1397 il succède à son frère Charles de Guyenne décédé le 13 janvier 1401. Encore très jeune, il n'était pas présent à Azincourt. Mais s'il n'est pas mort sur le chemin de bataille, il décède très peu de temps après, le 18 décembre 1415, sans que les causes de sa mort soient connues. C'est son frère Jean de Touraine qui lui succède.

Quelles sont les conséquences de la bataille d'Azincourt ?

La première des conséquences est la mort de très nombreux seigneurs de haut rang français. Parmi les tués figurent aussi un nombre conséquent de baillis et sénéchaux ce qui affaiblit le secteur administratif du royaume. La terrible défaite d'Azincourt envenime encore un peu plus la situation entre les Bourguignons et les Armagnacs qui s'opposent depuis des années, ce qui favorise le roi d'Angleterre Charles V qui noue une alliance avec les premiers. La bataille d'Azincourt marque quasiment définitivement la fin des charges de cavalerie et l'ère des chevaliers en armure au profit d'armées équipées d'armes à distance. L'apparition de l'artillerie quelques décennies plus tard viendra entériner cet état de fait. Azincourt était donc bien le chant du cygne de la chevalerie française.

Comment Shakespeare parle-t-il de la bataille d'Azincourt ?

Le célèbre poète et dramaturge anglais William Shakespeare s'est emparé du mythe de la bataille d'Azincourt pour écrire une de ses pièces les plus fameuses : "Henri V". Cette œuvre est publiée 184 ans après le déroulement de la bataille et l'écrivain n'a pas hésité à prendre certaines libertés vis-à-vis des faits historiques. Le roi d'Angleterre Henri V est ainsi présenté comme un noble seigneur proche de ses hommes alors qu'il était réputé pour être dur, voire violent même, envers ses troupes. Mais pour William Shakespeare, l'essentiel est de magnifier l'unité nationale anglaise et la victoire de soldats issus de gens du peuple face à une noblesse française qu'il juge démesurément orgueilleuse.