Templiers : trésor, devise, histoire de l'ordre de religieux et militaire

Templiers : trésor, devise, histoire de l'ordre de religieux et militaire Créé au XIIe siècle pour protéger les pèlerins sur la route de Jérusalem, l'ordre du Temple est un ordre religieux et militaire dont la puissance a inquiété jusqu'au roi de France. Ce dernier parvient à les éliminer au début du XIVe siècle.

Histoire des templiers - Les Templiers sont un ordre religieux et militaire d'abord implanté à Jérusalem puis en Europe, principalement en France, entre le XIIe et le XIVe siècle. Destinés à protéger les pèlerins chrétiens sur la route de la Terre sainte, les Templiers s'installent dans le palais du roi de Jérusalem Baudouin II. C'est à cet endroit que se trouvait le Temple de Salomon, selon la tradition juive, d'où leur nom de "Templiers". Au début du XIVe siècle, après l'effondrement du royaume franc en Orient, l'ordre du Temple se replie principalement en France. Le roi Philippe le Bel, qui combat l'autorité temporelle de la papauté, est inquiet de cette arrivée de religieux armés et puissants, soumis à la seule autorité du pape. Il va s'acharner à les détruire, avec succès. L'ordre du Temple n'aura duré que deux siècles, mais sa fin tragique aura suffisamment marqué les esprits pour que de nombreuses légendes lui soient attachées. Il reste néanmoins à voir aujourd'hui les vestiges architecturaux, bien réels, eux, en Europe et au Proche-Orient, édifiés par ces constructeurs de commanderies et de forteresses.

Qui étaient les Templiers ?

Jacques de Molay
Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers © MARY EVANS/SIPA

Quelques chevaliers, groupés autour de Hugues II de Payns (premier maître de l'ordre, originaire de Champagne), font le vœu de protéger les chemins menant les pèlerins à la Terre sainte, reprise par les croisés en 1099. Vingt ans plus tard, ils fondent officiellement l'ordre du Temple de Salomon, un ordre religieux et militaire à Jérusalem même. Reconnus par le concile de Troyes en 1128, les Templiers connaissent une expansion extraordinaire. A la fois guerriers, constructeurs, protecteurs des routes, administrateurs, banquiers, les chevaliers de l'ordre du Temple s'implantent dans toute l'Europe et au Proche-Orient.

Quel est le rôle des Templiers lors des croisades ?

Leur participation des Templiers s'assimile à la constitution d'une garde rapprochée des rois. Lors de la deuxième croisade (1147-1149), les chevaliers aident l'armée de Louis VII, attaquée par les Turcs en Asie Mineure et notamment en difficulté à cause de l'inexpérience du roi. Grâce à eux, l'armée peut continuer sa croisade vers Jérusalem. Ils forment également l'avant-garde de Richard Cœur de Lion lors de la troisième croisade (1189-1192). Puis durant la cinquième croisade, les Templiers sont encore l'indispensable protection des troupes de Saint Louis devant le port égyptien de Damiette.

Quelle est la devise des Templiers ?

La devise des Templiers est inscrite sur leur étendard de bataille : "Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tu da gloriam" (Non pour nous, Seigneur, non pour nous, mais pour la gloire de ton nom). Il faut comprendre qu'ils n'agissent pas pour leur propre renommée, mais au nom de Dieu, et c'est donc à lui que revient le mérite de leurs actions. Ce psaume décrit les motivations chrétiennes de l'ordre, mais est issu de la tradition juive. Il apparaît dans le psaume hébreu et constitue le premier verset du psaume 113 B dans la Bible liturgique. Certains historiens contestent son statut de devise officielle.

Pourquoi les Templiers ont-ils été emprisonnés ?

Le roi de France, Philippe le Bel, est en conflit avec la papauté depuis plusieurs années. Il n'admet pas que l'autorité pontificale soit supérieure à son pouvoir royal. Pour faire pression sur le Pape, il veut soumettre à son autorité l'ordre du Temple qui est sous protection et tutelle papale. De plus, les chevaliers qui ont pourtant fait vœu de pauvreté possèdent de nombreuses richesses qui intéressent Philippe le Bel. Après avoir lancé des rumeurs, le roi de France accuse les Templiers d'attitudes immorales et obscènes, et d'hérésies diverses (idolâtrie, messes noires, etc.). Seul juge possible, le Pape Clément V prévient la royauté qu'une enquête commencera fin octobre 1307. Impatient, Philippe le Bel fait arrêter tous les Templiers de son royaume dès le vendredi 13 octobre 1307, sans respecter le droit canon. Soumis à la torture, les chevaliers de l'ordre avouent tout. Pour le satisfaire, après plusieurs rebondissements, le Pape dissout définitivement l'ordre en 1312 en fulminant la bulle papale Vox in excelso. Le dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est brûlé vif en clamant son innocence en 1314. Selon la légende, il lance une malédiction sur le roi de France et le Pape depuis son bûcher.

Où est caché le trésor des Templiers ?

Château de Gisors
Château de Gisors © Philippe Halle - 123RF

Comme d'autres institutions religieuses et malgré leur vœu de pauvreté, l'ordre du Temple est riche de reliques, d'archives, de terrains, de troupeaux, de bâtiments, de legs, etc. Bon gestionnaire, il les fait fructifier et commence à prêter de l'argent. Néanmoins, il semble que les Templiers ne possèdent pas une immense fortune en pièces ou pierres précieuses, car leurs missions en Terre sainte coûtaient très cher. Toutefois, la légende de leur "trésor" fait courir de nombreux aventuriers au Portugal, en Écosse, ainsi qu'au château de Gisors ou à Rennes-le-Château en France. Sans succès jusqu'à présent.

Les Templiers ont-ils trouvé le Graal ?

Il est possible que la recherche de la coupe ayant recueilli le sang du Christ ait été parmi les missions de l'ordre du Temple, comme pour toute la chevalerie chrétienne occidentale. En revanche, sans base historique sérieuse, le fait que les Templiers aient trouvé l'objet sacré appartient plutôt au domaine de la légende. De nombreuses hypothèses ont toutefois été émises : de la découverte du Graal à Jérusalem jusqu'à son transfert sur les lointaines terres écossaises pour y être enterré au moment de la chute de l'ordre en 1307.

L'ordre des Templiers existe-t-il toujours aujourd'hui ?

La destruction de l'ordre en France ne s'est pas accompagnée de la mort de tous ses membres. En Europe, certaines branches ont continué à vivre jusqu'à leur incorporation à d'autres ordres. La postérité des Templiers s'est néanmoins perpétuée : leurs liens avec les communautés de constructeurs ont connu un prolongement dans le compagnonnage et certains rites maçonniques. Enfin, des sociétés secrètes (la Rose-Croix) ou des sectes (l'ordre du Temple solaire) ont fait valoir leur filiation directe avec les Templiers sans jamais pouvoir la prouver.

Les dates clés des Templiers

13 janvier 1128 - L’Ordre des Templiers est approuvé
Le concile de Troyes approuve la règle de l’ordre des Templiers. C’est ainsi que l’ordre est officiellement reconnu. Il fut pourtant fondé dix ans plus tôt sous l’impulsion du chevalier Hugues de Payns. Le roi de Jérusalem, Baudoin II, avait alors logé les chevaliers sur l’ancien temple de Salomon, duquel ils tirèrent leur nom. Ils avaient pour mission de protéger les pèlerins venus en Terre sainte. L’ordre des Templiers, ou ordre du Temple, s’enrichira ensuite très rapidement et gagnera en puissance. Les Templiers seront finalement arrêtés par Philippe le Bel en 1307.
13 octobre 1307 - L'arrestation des Templiers
Philippe le Bel a envoyé à ses baillis et sénéchaux, le 14 septembre 1307, ses instructions pour incarcérer les Templiers et confisquer leurs biens lors d’une date précise : le vendredi 13 octobre 1307. C’est ainsi qu’au matin de cette journée, à Paris et en province, les Templiers sont arrêtés sans résistance par les hommes d’armes munis de l’ordonnance royale. Le maître de l’ordre, Jacques de Molay, fait partie des prisonniers et sera brûlé vif.
19 mars 1314 - Le Templier Jacques de Molay sur le bûcher
Sur ordre du roi Philippe IV le Bel, le dernier grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est brûlé vif sur l'île de la Cité à Paris. Au moment de mourir il maudit le roi et le pape Clément V leur prédisant qu'ils mourraient eux aussi avant la fin de l'année. Arrêté en 1307 parce qu'il refuse que son ordre fusionne avec l'ordre concurrent des Hospitaliers, Jacques de Molay est torturé. Tous les Templiers de France sont remis aux inquisiteurs dominicains et l'ordre est supprimé le 3 avril 1312 par la bulle papale "Vox in excelso".