Guerres médiques : les Grecs affrontent les Perses, dates, résumé

Guerres médiques : les Grecs affrontent les Perses, dates, résumé Se déroulant au Vᵉ siècle avant notre ère, la Première guerre médique et la Deuxième guerre médique sont deux conflits militaires opposant Athènes et de Sparte à l'Empire perse achéménide.

Résumé des guerres médiques - Vers -500, les cités grecques longeant la côte de l'Asie Mineure se révoltent contre l'Empire perse, dirigé par Darius. La cité-Etat d'Athènes tente de leur porter assistance, en vain. L'empereur anéantit la rébellion, et décide d'envahir la Grèce en guise de représailles. Cela marque le début de la Première guerre médique en -492, qui se conclut sur un échec inattendu des Perses. A sa mort, Darius est remplacé par son fils Xerxès, qui est désireux de venger cet affront. Après des années de préparatifs, la Deuxième guerre médique débute en -480. Là encore, c'est une victoire improbable et spectaculaire des Grecs. Un événement qui marque la fin de l'expansionnisme perse, et le passage à l'époque classique.

Première guerre médique (-492 à -490) 

Quelles sont les causes de la Première guerre médique ?

Au VIᵉ avant notre ère, le roi perse Cyrus II transforme, au cours de son règne, son petit royaume en vaste empire s'étendant de l'Inde jusqu'à la Méditerranée. En -547, après une série de conquêtes militaires, il annexe le royaume de Lydie proche de la mer Egée, en capturant au passage de nombreuses cités côtières grecques d'Asie Mineure. Vingt ans plus tard, le nouvel empereur perse Darius Ier décide à son tour d'étendre le territoire impérial en lançant avec succès la conquête de la Thrace, et des pourtours de la mer de Marmara dont l'emplacement est stratégique. Cette extension permet de facto à la Perse de contrôler le commerce maritime entre la mer Noire, la mer Egée, et donc la Méditerranée. Une menace pour la Grèce.

De leur côté, les cités grecques d'Ionie, sous domination perse, et disposant d'une relative indépendance du temps de Cyrus, voient leurs prérogatives disparaître peu à peu avec Darius. Celui-ci applique une taxation massive et inégalement répartie, ceux qui soutiennent l'empereur étant exemptés. Ce sentiment d'injustice décuplé par une volonté d'émancipation pousse les Grecs à se rebeller contre les Perses. C'est le début de la révolte de l'Ionie en -499. En mauvaise posture, les Ioniens se tournent vers Sparte, à la tête de la plus puissante armée de la région, qui refuse de s'engager malgré les appels à la "fraternité grecque", comme la plupart des autres cités de la péninsule. Seule Athènes va apporter son soutien militaire. Bien que les combats soient favorables aux Ioniens initialement, les Perses finissent par reprendre le dessus, et remportent la bataille navale de Ladé en -494. La flotte grecque est anéantie, la ville de Millet est prise et entièrement rasée.

Comment s'est déroulée la Première guerre médique ?

Pour punir Athènes de son aide aux insurgés, Darius entame en -492 les préparatifs d'une invasion de la Grèce continentale. C'est le début de la Première guerre médique. En -491, des ambassadeurs perses sont envoyés dans l'ensemble des cités grecques pour demander leur soumission à l'Empire. Certaines acceptent, mais Athènes et Sparte refusent et font exécuter les ambassadeurs. En -490, la Première guerre médique commence alors avec la traversée de la mer Egée par l'armée perse. Une à une, les îles des Cyclades séparant les deux rives sont prises. L'expédition perse atteint rapidement la pointe sud d'Eubée, puis remonte vers la cité d'Érétrie, alliée d'Athènes. Sa population est rapidement capturée, puis déportée en Mésopotamie, première étape de la vengeance de l'empereur. L'armée perse ne s'arrête pas là, et se tourne vers Athènes. Toutefois, au lieu d'attendre sur place pour protéger la ville, les Athéniens décident d'employer une autre stratégie, en allant à la rencontre des Perses dans la plaine de Marathon : cette bataille décisive a lieu à la mi-septembre -490. Disposant d'une bonne infanterie lourde et d'une cuirasse épaisse, les soldats athéniens parviennent à repousser les forces perses, contre toute attente.

Qui a gagné la Première guerre médique ?

La victoire de la cité-Etat d'Athènes devient vite un symbole dans toute la Grèce, en démontrant que les Perses ne sont pas invincibles et peuvent être défaits. Les Athéniens vont utiliser leur prestigieux succès à la bataille de Marathon pour renforcer leur hégémonie sur le monde grec. Dans ce cadre, le stratège militaire Thémistocle gagne en importance, et joue un rôle majeur dans la constitution d'une alliance militaire avec d'autres cités grecques, surnommée la ligue panhellénique de Délos. Du côté perse, la défaite reste un échec relatif, puisque la campagne est parvenue à remplir plusieurs objectifs clés : le contrôle de la mer Egée, et l'institution de régimes serviles dans toutes les îles. L'attention de Darius est vite détournée cependant, avec l'irruption soudaine d'une révolte en Egypte, aux mains des Perses depuis -525, et qui désire également recouvrer son indépendance.

Deuxième guerre médique (-480 à -479) 

Quelles sont les causes de la Deuxième guerre médique ?

Darius consacre les derniers mois de sa vie à réprimer la rébellion égyptienne, et meurt en -486. Son fils Xerxès Ier lui succède, avec pour ambition de venger l'humiliation infligée à l'armée perse par Athènes et de "faire souffler un vent de terreur en Grèce". Il passe près de cinq ans à préparer une gigantesque expédition militaire, sous la forme d'une double invasion par la mer et par la terre. 600 vaisseaux sont mobilisés, et 300 000 à 500 000 soldats selon certains historiens contemporains. Les Grecs aussi se préparent au conflit à venir, mais leurs effectifs sont moindres : 370 galères environ, et moins de 100 000 soldats. La majeure partie de la flotte est fournie par Athènes, qui a financé la construction de 200 navires grâce aux mines de Laurion. En dépit de sa supériorité numérique, Xerxès ne veut rien laisser au hasard et fait alliance avec Carthage, chargée de mener une seconde attaque sur les territoires grecs en Sicile. L'empereur utilise également l'animosité ancestrale entre les différentes cités à son avantage, en s'alliant avec certains peuples locaux. De nombreuses cités grecques décident ainsi de rester neutres, et de ne pas rejoindre la ligue panhellénique. Durant les premiers mois du conflit, les Perses enchaînent les victoires.

Comment s'est déroulée la Deuxième guerre médique ?

La Deuxième guerre médique débute au printemps -480. Les forces perses prennent la Thessalie, puis la Piérie, et continuent leur expédition éclair vers Athènes. Une violente tempête prive Xerxès d'une part de sa flotte navale, tandis que les alliés grecs infligent de grandes pertes aux forces perses durant les deux batailles de l'Artémision et des Thermopyles au cours de l'été -480. Celles-ci se concluent sur une nette victoire perse, mais qui s'avère plus difficile et laborieuse que prévu. Xerxès poursuit sa conquête en prenant la Boétie avant de pénétrer en Attique. Face à ce danger imminent, la population athénienne est évacuée. Les Perses investissent Athènes en septembre et la mettent à sac, en éliminant tous ceux qui sont restés. La situation semble désespérée pour les Grecs, qui échafaudent un stratagème pour reprendre la main. Un message est envoyé à Xerxès pour l'avertir que plusieurs généraux grecs veulent faire défection, en lui demandant de les laisser partir. Ce à quoi l'empereur consent, espérant une victoire proche. 

Néanmoins, il s'agissait d'une ruse : les navires grecs en profitent aussitôt pour encercler les navires perses, et ce faisant bloquer l'approvisionnement des soldats de l'empereur. La bataille de Salamine marque un tournant dans le conflit avec la disparition de la moitié de la flotte perse, et le retrait des forces terrestres. Par précaution, Xerxès quitte ses troupes et se réfugie en Asie Mineure. Les hostilités reprennent au printemps -479 : les Perses envahissent à nouveau l'Attique. La cité-Etat de Sparte, jusqu'ici peu active dans le conflit, décide de réagir et de participer pleinement aux combats, pour cette fois. Les troupes alliées grecques remportent la bataille de Platées de manière éclatante, et expulsent toutes les armées perses d'Europe. La contre-attaque grecque est enfin parachevée avec la victoire navale du cap Mycale, en Ionie, à l'automne -479.

Qui a gagné la Deuxième guerre médique ?

La victoire grecque est sans appel. Les Spartiates, qui l'estiment définitive, retournent chez eux. Les Athéniens choisissent de poursuivre le combat et notamment d'assiéger la ville de Sestos, un point de ravitaillement important où sont retranchés les Perses. Après quelques mois, Sestos est prise d'assaut, et le commandant perse est crucifié. Pour certains anciens historiens comme Hérodote et Thucydide, la prise de cette ville marque la fin des guerres médiques. Pour autant, ce n'est pas un consensus, et les combats entre Perses et Grecs vont se poursuivre pendant des décennies. Les Athéniens sortent renforcés du conflit : ils reconstruisent Athènes avec le butin confisqué aux Perses, prennent la tête de la ligue de Délos, et leur flotte devient largement dominante dans la région. L'armée perse est une fois de plus vaincue par Athènes et ses alliés de la ligue lors de la bataille de l'Eurymédon qui a eu lieu entre -469 et -466. Ainsi, il est mis fin à la menace d'une autre invasion perse de la Grèce et d'une reprise des cités grecques d'Asie Mineure par l'Empire.

Quelles sont les conséquences des guerres médiques ?

En -449, la paix de Callias est signée entre Athènes et la Perse pour mettre un terme aux guerres médiques. L'empereur Artaxerxès Ier (fils de Xerxès) garantit l'autonomie des cités grecques d'Asie, et promet de ne pas envoyer de navires de guerre dans les eaux grecques, ni de soldats à moins de trois jours de marche des côtes. En -445, Hérodote se lance dans la rédaction des "Histoires", l'unique œuvre de l'historien grec, dans laquelle il relate le développement de l'Empire perse et les guerres médiques. Athènes profite de son rôle déterminant dans la victoire des forces grecques face aux Perses pour accroître son influence, au détriment de Sparte. Cette rivalité grandissante débouche sur la guerre du Péloponnèse, entre -431 et -404, opposant d'un côté la ligue de Délos (sous hégémonie athénienne) et de l'autre la ligue du Péloponnèse (sous hégémonie spartiate).

Guerres médiques
Guerriers grecs lors des guerres médiques © imageBROKER.com/SIPA

Les dates clés des guerres médiques

-498 - Prise de Sardes
Les Grecs tentent de se débarrasser de la domination de la Perse dans certaines cités et parviennent à investir Sardes en Asie Mineure. Ils brûlent la ville basse, mais la citadelle résiste. Les tyrans mis en place dans les cités Ioniennes (autour de la mer Egée, notamment en actuelle Turquie) par les Perses sont dirigés par le gouverneur de Sardes. Mais cette demi-victoire annonce une défaite à Ephèse et une politique de répression de Darius, le roi des Perses.
-494 - Sac de Milet
Point de départ de la révolte des cités Ioniennes contre la domination Perse, Milet subit la vengeance du royaume. La cité est mise à sac tandis que ses habitants, femmes et enfants, sont emmenés vers l'Est en esclavage. Cette cruelle défaite, due au manque de cohésion des cités grecques, annonce d'une part la Première guerre médique et d'autre part la future hégémonie d'Athènes, reposant sur cette volonté d'union.
-490 - Darius détruit Byzance
Lors de la Première guerre médique, les troupes du roi perse Darius le Grand envahissent la cité de Byzance, la pillent et la détruisent. Occupée par des Grecs depuis sa fondation, semble-t-il deux siècles plus tôt, Byzance est irrémédiablement devenue l'une des cibles du roi perse. D'une part, elle bénéficie d'une position stratégique, entre l'Asie et l'Europe, sur la côte du Bosphore. D'autre part, Darius cherche à punir les Athéniens d'avoir soutenu les révoltes à son encontre.
13 septembre -490 - Bataille de Marathon
Sous la direction du stratège Miltiade, les 10 000 hoplites athéniens lancent une attaque contre les troupes perses débarquées sur la plaine de Marathon. Largement supérieurs en nombre, les Perses subiront pourtant une déroute radicale. La légende affirme que seulement 192 Grecs sont morts contre 6400 Perses. Toujours selon la légende, un soldat du nom de Philippidès court alors jusqu'à Athènes annoncer la victoire et meurt d'épuisement immédiatement après. L'épreuve du Marathon fera honneur à cette course glorieuse. Tandis que la Première guerre médique prend fin dans cette plaine, l'apogée d'Athènes et de la démocratie s'amorce.
-486 - Mort de Darius Ier
Alors qu'une expédition est en cours pour mater la rébellion égyptienne, le roi perse Darius Ier s'éteint. Son fils, Xerxès Ier, lui succède et entend réussir là où son père a échoué : en Grèce. Rapidement, il lancera une grande offensive, connue sous le nom de Deuxième guerre médique et cherchera à se venger d'Athènes, cité qui a sauvé les Grecs en 490 avant J.-C. L'empire perse est alors immense et puissant, et, sous la domination de la dynastie Achéménide, il le restera jusqu'à l'avènement en Macédoine d'Alexandre le Grand.
-483 - Découverte des mines de Laurion
Les Athéniens mettent à jour sur leur territoire les mines d'argent du Laurion. Cette découverte participe non seulement à l'enrichissement de la cité, mais elles vont surtout avoir un rôle essentiel dans la Deuxième guerre médique. Thémistocle, profitant des conflits avec Egines, fait voter l'attribution des crédits de cette richesse à la construction de 200 trières. Mais il pressent que le danger est au-delà des voisins grecs : ainsi ces bateaux de guerre modernes et rapides seront essentiels lors de la bataille de Salamine.
Juillet -480 - Jonction des troupes perses
Les troupes perses opèrent leur jonction en Thessalonique, rassemblant une armée gigantesque comptant peut-être 150 000 hommes et 6 000 navires. Les navires vont alors longer la côte pour ne pas s'éloigner des troupes terrestres. Les Grecs, qui ont réussi à s'entendre lors du Congrès de Corinthe à l'été -481, se coordonnent et décident d'abandonner le nord de la Grèce. Ils attendront les Perses à la passe des Thermopyles, lieu étroit qui devrait réduire l'avantage du nombre.
17 septembre -480 - Début de la bataille du Cap d'Artémision
Trois cents trières grecques, dont une majorité athénienne, attendent l'immense flotte perse au Cap d'Artémision. Les combats qui s'engagent seront alors indécis, mais le but pour les Grecs est avant tout de retarder l'avancée des Perses. La flotte de ces derniers est trop imposante et force les Grecs à se replier. Toutefois, un tournant s'opère quelques jours plus tard. Une partie de la flotte perse, s'étant éloignée de la côte, est décimée par une tempête.
19 septembre -480 - Défaite héroïque de Léonidas aux Thermopyles
Entouré de sept cents volontaires spartiates, thébains et platéens, Léonidas Ier, roi de Sparte, résiste héroïquement aux plusieurs milliers de Perses qui l'entourent. Le chef des Lacédémoniens et ses hommes luttent jusqu'à la mort pour couvrir le retrait du gros des troupes grecques. En effet, certainement suite à une trahison, les Perses avaient trouvé le moyen de prendre les Grecs à revers, contournant ainsi leur plan de défense. Les Grecs se replient alors pour se concentrer sur l'isthme de Corinthe. Quant à Athènes, elle sera saccagée par les Perses et le Parthénon, alors en bois, sera incendié.
29 septembre -480 - Victoire des Grecs à Salamine
Devant la supériorité numérique de la flotte perse qui s'apprête à faire débarquer les armées de Xerxès Ier sur le sol grec, les navires athéniens simulent une retraite. Ils entraînent les perses dans le détroit de Salamine. C'est un piège : le passage entre l'île et le continent est trop étroit. Les bateaux grecs, plus maniables et menés par le stratège athénien Thémistocle, détruisent les navires ennemis qui se sont engouffrés dans le chenal. Xerxès 1er assistera à la défaite de son armée du haut d'une colline de l'Attique.
27 août -479 - Mort de Mardonios à Platées
Au cours d'un assaut contre une troupe lacédémonienne, le commandant Perse Mardonios est tué. Dirigées par Pausanias, les armées grecques mettent alors en déroute l'armée perse à Platées, au nord-ouest d'Athènes. Après Salamine, les deux camps étaient restés sur un statu quo pendant l'hiver tandis que Xerxès rentrait en Perse, abandonnant le commandement à Mardonios. Depuis le printemps, les combats ont fait rage, mais ils s'avèrent payants pour les Grecs. C'est le début du retrait des Perses qui finiront par quitter les cités Ioniennes qu'ils dominaient depuis la fin du siècle précédent.
-478 - Le Spartiate Pausanias prend Byzance
Régent de Sparte, Pausanias prend les rênes de l'armée grecque contre les Perses. Après s'être illustré lors de la bataille de Platée, il marche sur Chypre puis s'empare de la cité de Byzance. Détruite par Darius quelques années plus tôt, la ville sera alors reconstruite. Elle sera finalement prise par le général athénien Alcibiade, en -409.
-478 - Formation de la Ligue de Délos
Sous l'impulsion de Thémistocle et Aristide, quelques cités grecques s'associent en une ligue dont le commandement revient à Athènes. Cet accord est passé à Délos et en gardera le nom. Il ne concerne que la flotte et non l'armée de terre et a pour but de prévenir toute nouvelle attaque des Perses. Il annonce déjà un impérialisme naissant dans la cité encore auréolée de son succès à Salamine.
-472 - Eschyle présente "Les Perses"
Eschyle fait représenter "Les Perses" à Athènes. C'est la plus ancienne tragédie grecque dont le texte nous soit parvenu : elle évoque la Seconde guerre médique et notamment la bataille de Salamine. Ayant lui-même combattu lors de ces guerres, Eschyle en fait des descriptions violentes et crues, mais surtout, cet auteur va révolutionner le genre en faisant apparaître plusieurs acteurs et non plus seulement un narrateur accompagné du chœur.