Egypte antique : civilisation des pharaons et des pyramides

Egypte antique : civilisation des pharaons et des pyramides L'Egypte antique rayonne sur près de 3 000 ans de part et d'autre du Nil. Plusieurs dynasties de pharaons se sont succédé donnant naissance aux pyramides et aux hiéroglyphes.

L'Egypte antique résumée - L'Égypte antique incarne l'une des plus phénoménales civilisations anciennes, celle des pyramides du plateau de Gizeh et celle de la vallée des Rois, de part et d'autre du Nil. Elle représente aussi la civilisation des pharaons avec plus de 350 souverains, comme Toutankhamon, Ramsès ou Cléopâtre, mais aussi la civilisation des villes mythiques de Memphis, Thèbes ou encore Alexandrie… Cette très longue période de 3 000 ans naît à la fin du néolithique pour s'éteindre jusqu'à l'époque de l'Empire romain. De sa naissance à son déclin, voici l'histoire de cette civilisation hors du commun ! Depuis la conquête des "Deux Terres" jusqu'aux trois siècles de stabilité gréco-romaine qui précédèrent la conquête arabe au VIIe siècle de notre ère. Aujourd'hui plus que jamais, l'Égypte antique n'en finit pas de révéler sa formidable singularité en même temps que ses innombrables mystères.

Quand et comment est née l'Egypte antique ?

A l'instar d'autres grandes civilisations anciennes, l'Égypte antique prend racine dans la période néolithique (début de l'agriculture et de l'élevage). Elle progresse vers la constitution d'un État centralisé autour des dynasties pharaoniques. Bien que difficilement datable à son amorce, cette longue évolution a été conventionnellement scindée en deux périodes distinctes : la période prédynastique et la période thinite.

La période prédynastique se caractérise par la sédentarisation de la population dans la région fertile du cours inférieur du Nil. Par petites communautés, on y développe l'agriculture et l'élevage. Des tribus se constituent pour lutter contre les inondations ou les sécheresses. Les villages se coordonnent pour contrôler l'irrigation des terres, notamment via la construction de canaux. Par convention, on découpe cette période en trois sous-périodes, marquées par des cultures qui se distinguent par leurs technologies et leurs cultes :

  • Le Prédynastique ancien consacre les peuples Fayoum, Badarien, Amratien ou Nagada I, Mérimdien, Omarien ou encore Shamarkien (environ – 8000 à – 3650) ;
  • Le Prédynastique récent est marqué par l'émergence des peuples Nagada II ou Gerzéen, puis Méadien et Post-Shamarkien (environ – 3650 à – 3400) ;
  • Le Protodynastique est surtout marqué par la culture Nagada III (environ – 3400 à – 3150) qui, en Haute-Égypte, élabore la première société hiérarchisée égyptienne. Les nomes (territoires de plusieurs villages) sont dominés par des chefs.

La période thinite, du nom de sa capitale politique Thinis à proximité de la métropole religieuse Abydos en Haute-Égypte, est celle d'une conquête des rois de la Haute-Égypte sur ceux de la Basse-Égypte. Elle se caractérise par l'unification de la population du Nil autour d'une administration royale. Fondateur de la première dynastie, le roi Nârmer (– 3085/– 3025), souvent assimilé au pharaon Ménès, est considéré comme le premier unificateur de l'Égypte antique. Quatorze rois ou reines lui auraient succédé. Mais cette lignée s'étiole dans de nouvelles luttes intestines. La deuxième dynastie aurait compté six rois. Plus stable, elle laisse en héritage un territoire unifié, prêt pour l'Empire.

Jusqu'où s'étendaient les territoires de l'Egypte antique ?

Sous l'Antiquité, l'Égypte connaît déjà le climat semi-désertique d'aujourd'hui et ses frontières sont relativement semblables à celles de l'Égypte contemporaine : au nord, la mer Méditerranée ; au sud, les premières cataractes du Nil, spectaculaires chutes d'eau rendant la navigation difficile ; à l'ouest, le désert libyque ; et à l'est, la mer Rouge et le désert du Sinaï. Ce sont essentiellement les frontières avec la Nubie, au nord-ouest, qui fluctuent au cours des siècles, favorisant l'influence égyptienne jusqu'en Haute-Nubie. A certaines périodes fastes, en direction de l'Asie-Mineure, l'Égypte antique atteint au nord l'Amurru en Syrie, et à l'est les bords de l'Euphrate.

La crue annuelle du Nil est un événement majeur dans l'Antiquité : c'est elle qui apporte ce précieux limon noir à l'origine de la fertilisation des terres. Ses débordements sont néanmoins meurtriers, de même que les périodes de sécheresse. Aujourd'hui canalisés par le barrage d'Assouan (construit à partir de 1960) en Haute-Égypte, ces phénomènes d'inondation ont quasi disparu favorisant ainsi l'apparition d'un écosystème dans la vallée du Nil. Les principales villes de l'Égypte antique étaient Thèbes, Memphis, Alexandrie et Pi-Ramsès.

Qui était le pharaon sous l'Egypte antique ?

Sont appelés pharaons l'ensemble des souverains ayant régné sur l'Égypte dès la période thinite. Les pharaons de l'Égypte antique ont tenu entre leurs mains pendant près de 3 000 ans les fonctions gouvernementales, militaires et religieuses. Personnage central de l'État, le pharaon incarne l'intermédiaire obligé entre les dieux et les humains. Aux premiers, il garantit l'accomplissement des rituels dans les temples. Aux seconds, la prospérité, la sécurité et la justice. Le système pharaonique est basé sur l'idée d'unification des "Deux Terres", Haute et Basse-Égypte. La culture égyptienne antique matérialise la puissance royale par différents emblèmes, couronnes, coiffes ou sceptres (insignes). La transmission pharaonique se perpétue de père en fils aîné.

Chef religieux, le pharaon a pour mission première d'assurer la Maât sur terre, c'est-à-dire le maintien de l'ordre du monde, en combattant l'isfet, le mal. Dans la pratique, il protège et construit les temples, et assure le bien-être des prêtres auxquels il délègue l'exercice du culte. Le pharaon est administrateur principal de son peuple et chef de l'armée. Comme pour le culte, il délègue ses décisions gouvernementales à une cohorte de courtisans et fonctionnaires. Il s'appuie sur une administration divisée en sections (le Trésor, le Grenier, les Archives et les Travaux royaux) et chapeautée de vizirs.

L'entourage immédiat du pharaon compte de nombreuses conseillères, mères, épouses ou filles. Certaines, comme Hatchepsout, ont accédé à la charge pharaonique. Polygame, le pharaon multiplie les concubines – y compris par relations incestueuses – et les mariages diplomatiques. Ce harem est placé sous les ordres de la Grande Epouse. A sa mort, le pharaon momifié repose dans une tombe funéraire souvent somptueuse. En fonction des époques, son caveau est aménagé dans une pyramide, un hypogée de la vallée des Rois, une nécropole dans l'enceinte d'un temple…

Quels ont été les pharaons importants dans l'Egypte antique ?

Plusieurs pharaons ont marqué l'Égypte antique :

  • Khéops (environ – 2589/– 2566) est le deuxième pharaon de la quatrième dynastie sous l'Ancien Empire. Peu de traces témoignent de son règne ; si ce n'est la construction de la Grande Pyramide de Gizeh.
  • Hatchepsout (– 1507/– 1458) est la cinquième souveraine de la dix-huitième dynastie. Elle règne de – 1478 à – 1458 après avoir été épouse, fille et sœur d'un roi. Elle hérite du pouvoir à la mort de son mari et assure pendant 21 ans la paix et la stabilité en Égypte. Elle lance d'immenses chantiers, comme la construction de routes pour le commerce extérieur.
  • Akhénaton (– 1371/– 1338) est le dixième pharaon de la dix-huitième dynastie. Son règne (– 1355 à – 1338) est marqué par des réformes religieuses impopulaires qui bouleversent le peuple égyptien : il tente d'imposer le monothéisme incarné par Rê-Horakhty en faisant interdire les anciens cultes. Il est l'époux de la belle Néfertiti. A sa mort, son fils Toutankhamon récupère l'estime de son peuple en rétablissant les anciens cultes.
  • Toutankhamon (– 1345/– 1327) reste le plus célèbre des pharaons. S'il monte sur le trône dès l'âge de neuf ans, son règne ne dure que 10 ans. Il rétablit le polythéisme et réinstalle la couronne à Thèbes. Sa célébrité tient néanmoins à la découverte, en 1922 par le britannique Howard Carter, de son tombeau fastueux, resté intact, dans la vallée des Rois sur la rive ouest du Nil, face à Louxor. Les causes de sa mort prématurée font encore l'objet de recherches.
  • Ramsès II (– 1303/– 1213) est le troisième souverain de la dix-neuvième dynastie. Il aurait eu une carrière militaire exceptionnelle en combattant notamment les Hittites, les Syriens et les Nubiens. Il est aussi à la tête d'un immense patrimoine architectural implanté dans tout le pays. Il est enterré dans la vallée des Rois
  • Cléopâtre VII (– 69/– 30) est le dernier pharaon d'Égypte. Fille d'un Ptolémée, elle n'est pas d'origine égyptienne. Jalousée et contestée, notamment par son frère, elle règne de – 51 à – 30. Elle se révèle un leader remarquable, grâce à son sens aigu des relations extérieures. Selon la légende, elle se suicide à l'âge de 39 ans avec un serpent. Cette forte personnalité, connue aussi pour sa liaison avec l'empereur romain Jules César, puis avec Marc-Antoine, continue d'inspirer biographes, peintres, dramaturges et scénaristes.

Quelles ont été les grandes périodes de la chronologie de l'Egypte antique ?

  • La période thinite (– 3150 à – 2700 environ) est la première. Elle consacre la première civilisation égyptienne à proprement parler et couvre deux dynasties. La première dynastie s'établit entre environ – 3085 et – 2850 et la deuxième dynastie entre – 2850 et – 2687.
  • Vient ensuite l'Ancien Empire qui s'étale de – 2700 à – 2200 environ. Il recouvre les troisième, quatrième, cinquième et sixième dynasties. Considérée comme l'âge d'or de la civilisation antique, cette période est caractérisée par une grande stabilité intérieure et extérieure. Elle témoigne de nombreux développements artistiques et architecturaux. Il existe des vestiges de cette grande cité économique, située à l'entrée du delta du Nil, au sud du Caire. L'Ancien Empire témoigne de l'apogée des pyramides autour de Memphis, d'abord sous le règne de son premier pharaon, Djéser, plus tard sous la forme de trois pyramides monumentales sur le plateau de Gizeh, dont celle de Khéops.
  • La première période intermédiaire concentre les septième et huitième dynasties. C'est en réalité une période mal connue, parfois incluse dans l'Ancien Empire.
  • Le Moyen Empire débute vers – 2033 avec une nouvelle réunification du royaume. Il couvre de la neuvième à la treizième dynastie et s'épuise vers – 1650. Cette période est marquée par différentes expéditions et par la sécurisation des frontières. A la chute de la treizième dynastie, l'Égypte est à nouveau divisée.
  • La deuxième période intermédiaire commence vers – 1650 et dure environ un siècle. Elle recouvre les quatorzième, quinzième, seizième et dix-septième dynasties. Elle est caractérisée par le contrôle de deux royaumes d'origine sémitique sur le delta oriental du Nil.
  • L'année – 1549 est marquée par le début du Nouvel Empire et la réunification du royaume par Ahmôsis Ier autour de sa capitale, Thèbes. Celle-ci est située sur la rive orientale du Nil, la vallée des Rois lui faisant face sur l'autre rive. Le Nouvel Empire recouvre les dix-huitième, dix-neuvième et vingtième dynasties. Il s'achève en – 1069 avec la mort de Ramsès XI. Cette période d'environ cinq siècles est synonyme de prospérité, de raffinement et de grandes évolutions architecturales. La dix-huitième dynastie est la plus connue : elle marque l'apogée de l'Égypte pharaonique avec notamment les Amenhotep et les Thoutmôsis. Ses premiers rois sont de grands guerriers qui conquièrent plusieurs royaumes extérieurs, jusqu'à l'Euphrate. Cette dynastie entame son déclin avec l'hérétique Akhénaton.
  • La troisième période intermédiaire débute en – 1069 et couvre de la vingt-et-unième à la vingt-quatrième dynastie. Elle est marquée par des tentatives de domination de peuplades libyennes dans le delta du Nil et l'influence des prêtres d'Amon. Elle s'achève en – 695 avec l'assassinat de Bakenranef.
  • Cela mène donc à la nouvelle période, la Basse Epoque dès – 775, avec la prise de pouvoir par Alara, roi de Napata (actuel Soudan) qui prend fin en – 332 avec la défaite de Darius III face au roi de Macédoine, Alexandre le Grand. Elle est dominée par la dynastie des Nubiens, puis des Saïtes et enfin des Perses.
  • La dynastie lagide, ou ptolémaïque, doit son nom au général macédonien Ptolémée Ier, fils de Lagos. Elle débute en – 331 et prend fin trois siècles plus tard en – 31 avec la défaite de la reine Cléopâtre VII à la bataille d'Actium. Durant cette dynastie, les Ptolémées renversent la hiérarchie sociale de l'Égypte. C'est néanmoins une période qui modernise le pays, en particulier dans son architecture.
  • Enfin, la période de la Province romaine d'Égypte débute en – 30. L'ancienne Égypte pharaonique devient une simple province romaine. Le territoire égyptien garde un statut particulier en raison de sa géographie, de ses savoir-faire et de ses ressources. L'Égypte devient le grenier à blé du pourtour méditerranéen dominé par Rome. Ses immenses carrières de granite et de porphyre sont à l'origine de marbres somptueux. On n'assiste pas à une colonisation massive par les Romains. Le grec reste une langue courante. La religion égyptienne continue de rayonner sur le bassin méditerranéen jusqu'à l'arrivée du monothéisme.
Tombe de la vallée des rois
Tombe de la vallée des rois © Vladimir Melnik - stock.adobe.co

Quelle place prennent les affaires militaires dans l'Egypte antique ?

Dès la période thinite, l'Égypte antique développe une solide défense armée pour protéger ses "Deux Terres". Certains pharaons, comme Ramsès II, mènent personnellement bataille sur le terrain, d'autres délèguent ces fonctions. Sous l'Ancien Empire, une armada de fonctionnaires dont des militaires de haut rang se déploie à travers le pays. Une caste sociale est transformée en armée de métier au sein d'un système hiérarchisé. Autour du palais pharaonique et tout le long du Nil, de véritables lignes de fortifications sont édifiées pour gérer les risques permanents d'invasion. Au Nouvel Empire, avec l'invention du char de guerre, l'armée égyptienne se dote d'une nouvelle arme défensive et offensive incarnée par une charrerie sophistiquée. Sous Ramsès II, la cavalerie se spécialise et prend une place essentielle.

La marine militaire égyptienne devient très tôt un outil indispensable en raison de la géographie de ce pays intimement lié au Nil et à la mer Méditerranée. Dès la période thinite, une marine de pêche puis marchande est mise en place. Sous l'Ancien Empire, la marine contrôle les routes commerciales, transformant l'Égypte en véritable plateforme incontournable dans les échanges de marchandises.

Au niveau international, il faut compter avec le Nouvel Empire pharaonique, en particulier pendant la période de la lignée ramesside (les Ramsès), confrontée à de fréquents conflits armés : contre l'empire hittite sous Ramsès II, victoires contre les Libyens sous Mérenptah, contre l'ensemble des peuples de la mer sous Ramsès III. La Basse Epoque témoigne de plusieurs renversements de situations, notamment avec l'invasion de Thèbes puis Memphis par les Assyriens (– 700). En – 332, la conquête de l'Égypte par les troupes macédoniennes d'Alexandre le Grand marque le début de l'histoire grecque hellénistique de l'Égypte antique. En – 30, l'Egypte grecque s'épuise à son tour avec la défaite de Marc-Antoine et de la reine Cléopâtre face l'Empire romain.

Quelle était la religion dominante sous l'Egypte antique ?

L'Égypte antique est polythéiste, bien qu'il y ait eu une période monothéiste. Au cours de ces 3 000 ans, de nombreuses divinités peuplent la mythologie égyptienne, comme Horus, représenté par un faucon, surtout associé à la monarchie thinite. Epoux d'Isis et père d'Horus, Osiris incarne le dieu des morts, mais aussi de la résurrection. Il préside le jugement des morts : à son décès, tout membre de la cour pharaonique doit comparaître devant Osiris afin d'être jugé. Le soleil est singulièrement vénéré sous les traits de plusieurs dieux, notamment Râ ou Rê, desquels est censé descendre le pharaon.

Il existe aussi les dieux Amon et Aton qui ont marqué l'époque d'Akhénaton, ou encore Anubis, le dieu chacal ou Sekhmet, la déesse à tête de lionne… Pour honorer leurs dieux, les Egyptiens font des offrandes qui peuvent prendre différentes formes, objets rares, nourriture… L'Égypte antique vénère la plupart des animaux, considérés comme des incarnations vivantes des principes divins. C'est pourquoi ils sont souvent associés aux divinités qu'ils symbolisent en même temps que ces mi-dieux que sont les pharaons. Certains animaux (chats, taureaux, crocodiles, oiseaux…) ont droit à un enterrement cérémonial, et sont parfois momifiés.

Comment l'écriture permet-elle le fonctionnement de l'Egypte antique ?

Sous l'Égypte antique, l'écriture apparaît pendant la période thinite et se développe rapidement par nécessité. Pour déléguer efficacement ses décisions et se faire comprendre sur l'ensemble du territoire, l'administration pharaonique a besoin d'un langage écrit sophistiqué. Les hiéroglyphes (du grec hiéros, "sacré" et glyphein, "graver") sont la traduction de la parole des divinités. En fonction des périodes, les alphabets évoluent et se compliquent. Seuls quelques dignitaires nommément désignés ont la faculté de décrypter certains messages singulièrement importants. Les scribes eux-mêmes forment une élite privilégiée, très hiérarchisée et très contrôlée.

L'écriture hiéroglyphique passe par un système de messageries figuratives qui se lisent en ligne ou en colonne. Divers objets, naturels ou produits par l'Homme, la composent (plantes, animaux, ustensiles, autres symboles…). On distingue généralement :

  • Les signes-mots ou idéogrammes qui désignent plutôt une action.
  • Les signes phonétiques ou phonogrammes qui expriment un son.
  • Les déterminatifs, qui fournissent tout un champ lexical autour du mot.

Les supports diffèrent en fonction du contenu du message et de son caractère définitif ou non. La feuille de papyrus, obtenue par transformation des tiges de la plante du même nom, sert pour la correspondance officielle. Le papyrus exige néanmoins un climat sec, il se dégrade à l'humidité. Relativement onéreux, ce support est peu à peu remplacé par des ostraca, sortes de tessons de poterie faciles à trouver. L'argile et la pierre taillée en tablette servent plutôt pour la législation et les messages à caractère religieux, notamment à l'intérieur des temples. Intimement liée aux différentes divinités de l'Égypte antique, l'écriture hiéroglyphique perdure néanmoins au-delà de l'Égypte pharaonique. Certains Romains égyptiens continuent de l'utiliser. Elle disparaît à la suite de l'édit de Thessalonique qui, en 380, impose le christianisme comme religion officielle, notamment sur le territoire égyptien.

Papyrus de l'Egypte antique
Papyrus de l'Egypte antique © Federico Rostagno - stock.adobe.

Quelle place occupait l'agriculture dans l'Egypte antique ?

A partir d'environ – 3500, le désert gagne du terrain et l'agriculture se concentre autour du Nil, via ce fameux limon noir qui draine des matières organiques propices à la culture céréalière. En fonction des cycles du fleuve, crue annuelle ou périodes de sécheresse, l'homme construit des canaux permettant une irrigation régulière des terres. Les principales céréales cultivées sont l'avoine, le blé, l'orge et le "sorgo" en Haute-Égypte. Dès la période prédynastique, le moût de l'orge est transformé en une sorte de bière qui sert aussi à des fins médicales. Le lin est cultivé pour ses fibres textiles. Les roseaux pour diverses utilisations relatives à l'habitat. Le miel constitue un sucre excellent, il sert aussi à des fins thérapeutiques. Les animaux domestiqués sont très tôt le mouton, la chèvre, le bœuf, le porc, l'âne et les animaux de basse-cour.

Quelle était la place de l'architecture dans l'Egypte antique ?

Les temples égyptiens ont des murs très épais. On les approche via des promenades souvent bordées de sphinx. L'entrée est soutenue par un pylône et gardée par une grande muraille bordée d'obélisques. La cour intérieure est entourée de colonnes. Elle mène à plusieurs salles dont la salle hypostyle, une pièce sacrée aux colonnes géantes, à laquelle seuls pouvaient accéder le pharaon et les prêtres. Les sanctuaires sont gardés et placés sous la protection des divinités. Sur la rive est du Nil, le temple de Karnak est probablement le plus grand complexe religieux de toute l'Antiquité. Il comprend trois enceintes et s'étend sur plus de deux km². Il comprend le temple de Louxor. 

L'obélisque compte parmi les représentations religieuses d'importance. Il se compose d'une colonne quadrangulaire assise sur un piédestal et érigée à la verticale. Il est décoré d'inscriptions hiéroglyphiques à l'image du pharaon en place. Sa pointe pyramidale peut atteindre jusqu'à 28 mètres. Dédiés au culte du soleil, les obélisques se dressaient à l'entrée des temples, soit isolément, soit par paires. Il reste aujourd'hui une trentaine d'obélisques égyptiens, certains en bon état. Le sanctuaire de Rê (ou Râ) à Héliopolis possède les deux plus anciens obélisques.

L'Égypte antique se caractérise par ses constructions funéraires, qui sont la garantie d'une vie après la mort. Jusqu'à l'Ancien Empire, pharaons et personnalités sont enterrés dans un mastaba, sorte de chambre souterraine aménagée. La première pyramide apparaît autour de – 2700, sous forme d'empilement de mastabas. Elle comprend déjà des couloirs et des chambres fermées. Les pyramides deviennent progressivement monumentales. Les plus impressionnantes sont celles des pharaons Khéops, Khéphren et Mykérinos, sur le plateau de Gizeh.

Après le temps des pyramides de l'Ancien Empire, arrive celui des hypogées au Nouvel Empire. Il s'agit de tombes creusées dans la roche, permettant de cacher le corps du pharaon défunt (après les premiers pillages des pyramides). L'hypogée le plus célèbre est celui de Louxor dans la vallée des Rois, où 28 pharaons ont été enterrés sur 420 ans. La vallée des Rois doit sa célébrité au nombre phénoménal d'hypogées du Nouvel Empire. Elle abrite également des tombeaux de membres de la famille des pharaons. A l'exception d'Akhénaton, tous les pharaons des dix-huitième, dix-neuvième et vingtième dynasties y reposent.

L'architecture militaire de l'Égypte antique est partout présente, bien que mal conservée. Comme le temple funéraire de Médinet Habou construit sous Ramsès II, dont le mur d'enceinte de brique et de pierre forme une véritable forteresse. La pyramide du roi Djéser est elle aussi entourée d'un mur d'enceinte très protecteur. Les spécialistes pensent que ce type de mur est le même que celui qui protégeait Memphis pendant les premières dynasties. Le complexe funéraire de Djéser, à Saqqarah, est entièrement édifié en pierre de taille.

Temple de Karnak
Temple de Karnak © zbg2 - stock.adobe.com

Quelles sont les caractéristiques de l'art égyptien antique ?

Jusqu'à son époque grecque, l'Égypte antique est surtout un pays conquérant, fermé aux influences artistiques extérieures. L'art égyptien reste de fait spécifique sur la durée, longtemps caractérisé par des lignes claires, associées à des compositions simples et des aplats de couleurs. Pour proportionner leurs esquisses, les artistes utilisent des quadrillages. L'art égyptien est fortement influencé par le pouvoir en place et la religion. La hauteur des personnages est proportionnelle à leur fonction dans la société. Le pharaon et les divinités sont partout présents, de même que les animaux, mythiques en Égypte.

L'homme est représenté au plus fort de sa force, corps jeune, élancé et vigoureux. En peinture comme sur les reliefs, l'artiste met en avant les éléments qui vont révéler au mieux son sujet. C'est pourquoi la tête et les pieds sont représentés de profil, et le reste du corps de face. La diversité des échelles permet de définir la hiérarchie des personnages : le pharaon en grand, ses ennemis ou ses subordonnés en petit. Les artistes sont formés. Ils ont une connaissance approfondie de l'anatomie des personnages, notamment des animaux. Sous l'Ancien Empire, époque des grandes pyramides, des complexes funéraires et des statues gigantesques, l'art égyptien atteint un apogée jamais égalé. L'administration est bien installée et les artistes hautement qualifiés. C'est l'époque des fresques monumentales sur les murs des palais et des édifices religieux, en particulier dans les chambres funéraires des défunts. La taille des statues augmente en hauteur et en masse, elles sont parfois peintes ou couvertes d'or.

L'Égypte antique nous lègue de nombreuses merveilles et quelques chefs-d'œuvre, à commencer par le somptueux masque funéraire de Toutankhamon ou les "Livres des morts" placés à proximité des momies, contenant des formules magiques et de remarquables illustrations. On peut également citer les différentes techniques de sculpture de bas-relief, haut-relief ou relief en creux, comme le portrait d'Akhénaton exposé au musée de Berlin.

Quels jeux étaient populaires dans l'Egypte antique ?

Besogneux, guerriers ou artistes, les Egyptiens de l'Antiquité n'en sont pas moins joueurs. Le jeu de société se répand dès les premières dynasties. Le senet est le jeu le plus connu. Il est attesté sur des hiéroglyphes dès l'époque thinite. Il ressemble au jeu d'échecs actuel, mais ses règles relèvent davantage du jeu de dames. Le jeu de mehen, ou jeu du serpent, est de même présent pendant la période thinite. Il aurait disparu de façon énigmatique à la fin de l'Ancien Empire pour réapparaître aux dernières heures de l'Égypte antique. Il serait l'ancêtre de l'actuel jeu de l'oie. Le jeu des Vingt Cases, ou jeu des voleurs, est lui aussi très populaire dans l'Égypte antique. Possiblement originaire de Mésopotamie, il se répand sous la dix-huitième dynastie. Il consiste en des tablettes circulaires sur lesquelles chaque joueur doit ôter les pions déposés en début de partie. Le jeu du chien ou du chacal, encore appelé "jeu des 58 trous", est composé de deux séries de cinq bâtonnets décorés de têtes de chien sculptées. Il s'agit de déplacer ces bâtonnets sur un plateau percé de 58 trous.

Bataille de Qadesh
Ramsès II lors de la bataille de Qadesh contre les Hittites © Tom - stock.adobe.com

Comment la civilisation égyptienne antique a-t-elle progressivement disparu ?

La civilisation égyptienne s'est disloquée avec l'arrivée de grandes puissances comme les Assyriens et la conquête macédonienne en – 332 qui a abouti à l'installation progressive de la culture gréco-romaine. Déshabillé de ses croyances avec lesquelles il tissait un lien quasi organique, le peuple égyptien a dû peu à peu recomposer avec d'autres traditions, d'autres écritures, d'autres religions. Les Assyriens envahissent l'Égypte vers – 671, les Perses vers – 525. De fait, lorsqu'Alexandre le Grand débarque à son tour en – 332, il rencontre un peuple fragmenté qui l'accueille tel un libérateur. Après la mort d'Alexandre le Grand à Babylone en – 323, c'est l'un de ses généraux, Ptolémée, qui prend les rênes de l'État égyptien, en réimposant un mode de succession par hérédité.

La dynastie lagide perdure jusqu'à la reprise de nouvelles luttes intestines. Un climat à nouveau fébrile qui profite à Rome, alors en quête de denrées pour sa population. C'est en tout cas le prétexte invoqué par l'empereur romain Jules César pour revendiquer le contrôle de l'Égypte à partir de – 48. S'ensuit un court épisode de romance aussi bien personnelle que politique entre César et la reine d'Égypte Cléopâtre VII. Qui se transforme en nouvelles rivalités à la mort de César. La défaite de Marc-Antoine et Cléopâtre à Actium en – 31 clôt cet épisode. Après la mort de Cléopâtre, en – 30, l'Égypte passe aux mains d'Octave, le nouvel empereur Auguste. Le pays devient province impériale de Rome, gérée par un préfet. Cette situation politico-administrative perdurera six siècles.

Est-ce que les Egyptiens antiques étaient noirs ?

La question est récurrente : les Egyptiens de l'Antiquité avaient-ils la peau noire ? Dans les années 1950, l'hypothèse est en effet émise par l'universitaire sénégalais Cheikh Anta Diop, connu pour son érudition sur la question égyptienne. Selon lui, l'origine négro-africaine de la première civilisation égyptienne avait été dissimulée pour préserver la légitimité coloniale. Une thèse relayée par l'éminent égyptologue égyptien Théophile Mwené Ndzalé Obenga. Cheikh Anta Diop aurait en partie basé son affirmation sur la couleur noire des statues de certains pharaons, notamment Toutankhamon, ou sur plusieurs fresques. Les contradicteurs de Cheikh Anta Diop affirment que cette couleur noire symbolisait en réalité le limon du Nil, vénéré par les Egyptiens car propice à l'agriculture. Des études scientifiques récentes ont été menées : en 2017, les examens ADN effectués sur plusieurs dizaines de momies révèlent le lien étroit entre les Egyptiens et les peuples du Proche-Orient de l'Antiquité ; en tout cas davantage qu'avec ceux de l'Afrique subsaharienne. A quelques exceptions près cependant. De toutes nouvelles découvertes démontrent que certains pharaons avaient bien la peau noire : des souverains originaires du pays de Kouch, au sud de la Nubie, qui ont pris le contrôle de l'Égypte entre – 750 et – 664.

La chronologie de l'Egypte antique

– 3100 - L'unification des Deux Terres
Narmer (également appelé Ménès) unifie la Haute et la Basse-Egypte. Il donne ainsi naissance à la première dynastie des pharaons, la dynastie thinite. Durant cette période, l'écriture hiéroglyphique se développera. On découvrira bien plus tard une palette de schiste sur laquelle Ménès porte le pschent, la fameuse couronne symbolisant l'union des Deux Terres.
– 2800 - L'édification de la pyramide de Saqqarah
Le pharaon Djoser fonde la IIIe dynastie de l'Ancien Empire. Avec l'aide de son fidèle architecte Imhotep, il construira le premier tombeau royal sous forme de pyramide à degrés. Dominant le faubourg de Saqqarah, près de Memphis, le monument est conçu pour permettre au roi défunt de s'élever vers le ciel tout en veillant sur son royaume.
– 2650 - La grande pyramide de Gizeh
Khéops monte sur le trône égyptien. Fils de Snéfrou, premier pharaon de la IVe dynastie, il prend les rênes d'un puissant royaume qu'il embellira avec la grande pyramide de Gizeh. S'élevant à près de 150 mètres, les larges faces lisses du monument abriteront durant des siècles le corps du monarque.
– 2520 - Khéphren prend le pouvoir
Khéphren succède à son père, Khéops, et édifie à son tour une pyramide à Gizeh. Il l'accompagnera plus tard du célèbre sphinx, sculpté à son effigie et haut de près de 20 mètres. Son fils, Mykérinos, ajoutera lui aussi sa sépulture pyramidale à Gizeh.
– 2160 - Une Egypte divisée
Autrefois immense et rayonnant, le royaume est morcelé par des guerres de pouvoir entre nomarques. C'est le début de ce que l'on nommera plus tard la Première période intermédiaire. Elle s'achèvera avec le règne de Montouhotep II qui parviendra à réunifier les Terres et à conquérir la Nubie et la Syrie. Il mourra vers 1982 av. J.-C. et reposera pendant des millénaires dans le grand temple de Deir el-Bahari.
– 1675 - L'invasion hyksos
Occupant l'Egypte depuis quelques années, les Hyksos fondent la XVe dynastie. Ils s'emparent de la ville de Memphis sans toutefois exercer leur autorité sur le sud du pays, régi par une dynastie thébaine. Les Hyksos seront finalement chassés par Ahmosis, dernier roi thébain de la XVIIe dynastie. Il réunifiera le pays avant de fonder la dynastie suivante.
– 1527 - Le règne d'Aménophis Ier
Aménophis Ier monte sur le trône du Nouvel Empire égyptien. Il règnera quelques années en compagnie de sa mère, Ahmès-Nefertari, épouse d'Ahmosis. Son influence et son autorité s'étendront par la suite en Nubie et en Syrie. Lorsqu'il parviendra à assurer une paix durable, il ajoutera un édifice au temple de Karnak et restaurera quelques monuments. Afin de préserver sa sépulture des pilleurs, il préférera ne pas être inhumé dans son temple funéraire.
– 1490 - Hatchepsout prend le pouvoir
Epouse de son demi-frère Thoutmosis II, Hatchepsout assure la régence de l'Egypte. Son époux mourra prématurément, laissant le trône à son gendre, Thoutmosis III. Considérant le nouveau souverain comme trop jeune, la reine s'arrogera les pouvoirs et se fera proclamer pharaon. Elle règnera sur une terre prospère et influente et édifiera le vaste temple funéraire de Deir el-Bahari.
– 1468 - Thoutmosis III prend le pouvoir des Deux Terres
Thoutmosis III monte sur le trône. Sa belle-mère Hatchepsout, qui exerçait déjà son autorité sur le pays, usurpe le pouvoir. Lorsqu'elle mourra, Thoutmosis III anéantira toute trace artistique de son règne et se lancera dans une conquête militaire remarquable. Il s'emparera de la Syrie et de la Palestine avant de dominer la Nubie. Des siècles plus tard, sa tombe sera mise au jour à Deir el-Bahari et ses constructions au temple de Karnak perdureront.
– 1410 - Aménophis III bâtit Louxor
Aménophis III prend le pouvoir des Deux Terres et édifie le temple de Louxor. Plusieurs statues de sphinx veillent sur le chemin qui le relie au vaste temple d'Amon, à Karnak. Il fera également ériger devant son temple funéraire les impressionnants colosses de Memnon, qui traverseront les siècles sans trop de dommages.
– 1364 - Aménophis IV, vers le monothéisme
En arrivant au pouvoir, Aménophis ou Amenhotep IV (– 1371/– 1338) se lance dans une aventure sans précédent en imposant le monothéisme. En ce Nouvel Empire, le dieu de Thèbes, alors capitale pharaonique, est Amon. Pour des raisons stratégiques, Aménophis IV lui préfère la divinité Aton. Un renversement de tendance cultuelle qui s'accompagne d'une confiscation des biens de tous les autres cultes sur tout l'Empire. Mais le monothéisme ne passe pas auprès des Egyptiens. A la mort d'Akhénaton, son fils Toutankhamon rétablira le polythéisme.
– 1352 - Néfertiti disparaît
Légendaire pour sa beauté, la reine Néfertiti, "La belle est venue" (– 1370/– 1333), joue un rôle de premier plan auprès de son mari Akhénaton. Pourtant, aux alentours de – 1352, Néfertiti disparaît presque entièrement de l'iconographie. C'est désormais sa fille, Mérytaton, qui est partout représentée auprès du roi. La disparition de Néfertiti développe l'imagination des chercheurs : disgrâce ou mort violente ? Certains historiens pensent qu'elle aurait pu gouverner dans l'ombre du jeune roi Toutankhamon à la mort d'Akhénaton.
– 1347 - Le règne du jeune Toutankhamon
Toutankhamon (– 1345/– 1327) est le onzième pharaon de la dix-huitième dynastie. Il devient roi à 9 ans, mais décède à l'âge de 19 ans. En 10 ans à peine, le jeune pharaon n'a pas le temps d'introduire de grandes réformes. Il rétablit néanmoins le polythéisme et réinstalle la cour royale à Thèbes, capitale historique du Nouvel Empire. Sa célébrité tient surtout à la découverte de son tombeau, presque intact, par l'égyptologue britannique Howard Carter en 1922.
– 1304 - Début du règne de Séthi Ier
Séthi Ier prend le pouvoir et lance des expéditions militaires au Proche-Orient. Il s'emparera de la Palestine et combattra les Hittites. Il laissera dans son sillage le vaste temple d'Abydos ainsi qu'un remarquable tombeau dans la vallée des Rois. Sa sépulture sera d'ailleurs la toute première découverte archéologique de la vallée.
– 1294 - La bataille de Kadesh
Monté sur le trône quelques années plus tôt, le jeune Ramsès II livre une bataille mémorable à Kadesh, contre les envahisseurs hittites. Il souhaitait ainsi récupérer les terres d'Afrique et d'Asie Mineure. Au lendemain de l'affrontement, il fera sculpter les différentes scènes de sa victoire sur les murs de son temple d'Abou Simbel. Ces fresques montrent le souverain du haut de son char, exterminant à lui seul des centaines de Hittites enragés. Il signera finalement un traité de paix avec le roi hittite et épousera l'une de ses filles pour sceller leurs accords.
– 1250 - Moïse mène les Hébreux hors de l'Egypte
Moïse, "homme de dieu", est un personnage prophétique biblique, missionné pour révéler au pharaon les "10 commandements" qu'il a lui-même reçus au mont Sinaï. Il ordonne donc au pharaon de libérer le peuple hébreu, alors réduit en esclavage. Le pharaon refuse : l'Egypte voit alors s'abattre sur ses terres les dix plaies infligées par Yahvé (dieu). Enfin libérés par le pharaon Ramsès II (– 1304/– 1213), les Juifs rejoignent la Palestine, Terre promise, au cours d'un périple de 40 ans. Ils emportent avec eux les Tables de la loi, ou 10 commandements, qui seront mis à l'abri dans l'Arche de l'alliance.
– 1250 - Ramsès II fait édifier Abou Simbel
Ramsès II ordonne la construction des temples d'Abou Simbel, dans la vallée du Nil. Creusés directement dans le grès de la falaise, les deux monuments symbolisent le règne sacré du couple royal. Ramsès édifie le plus petit d'entre eux en hommage à son épouse favorite et à la déesse Hathor. A cinquante mètres, le grand temple, gardé par quatre colosses à l'effigie du souverain, est dédié aux dieux Amon, Rê et Ptah. Il fait ériger au fond du temple les statues des trois dieux et la sienne qui le divinise. Le grand temple est conçu de manière à toujours laisser la statue de Ptah, dieu des morts, dans l'obscurité. Ce trésor architectural traversera les siècles et sera entièrement démonté bloc par bloc, puis rebâti à l'identique plus loin lors de la construction du barrage d'Assouan.
– 1080 - L'Egypte en déclin
Le grand prêtre d'Amon Hérihor prend le contrôle de Thèbes tandis qu'au nord règne encore Ramsès XI. Il signe alors définitivement l'acte de décès de l'empire uni et rayonnant de Ramsès II. Le pays tombera dans une succession d'invasions qui jamais ne lui redonneront la prospérité d'autrefois.
– 525 - Les Perses conquièrent l'Egypte
Affaibli par les diverses invasions et les guerres de succession, le pays passe aux mains des Perses. Le Roi Cambyse II domine alors la totalité des terres. Les Perses seront chassés par les derniers pharaons autochtones, mais reprendront le contrôle quelques années plus tard.
– 332 - L'entrée d'Alexandre le Grand en Egypte
L'entrée d'Alexandre le Grand en Egypte intervient alors que l'Empire perse achéménide à la main mise sur le royaume des pharaons. En conquérant l'Egypte, Alexandre le Grand retire aux Perses leur dernière façade maritime. A l'automne – 332, l'avancée macédonienne envahit Gaza avant d'atteindre Péluze en Basse-Egypte, en décembre, où il est accueilli en libérateur. Après avoir promis d'honorer les dieux égyptiens, Alexandre est proclamé pharaon à Memphis en – 331. Avant de poursuivre ses conquêtes, le nouveau pharaon prend le temps d'ordonner la construction de la future capitale d'Egypte, Alexandrie.
– 331 – Edification d'Alexandrie par Ptolémée Ier
A la mort d'Alexandre le Grand en – 323, c'est l'un de ses généraux, Ptolémée, qui est consacré pharaon d'Egypte. Son règne est marqué par la construction de la nouvelle capitale de l'Egypte, Alexandrie, à l'ouest du delta du Nil. Il y installe une immense bibliothèque, qui devient le pôle culturel hellénistique et le centre culturel du pourtour méditerranéen. Sous Ptolémée II, Alexandrie devient la plus grande ville du monde grec.
– 305 - Ptolémée se proclame roi d'Egypte
Ptolémée succède à Alexandre le Grand et poursuit son œuvre en édifiant la célèbre bibliothèque d'Alexandrie. La capitale deviendra alors un véritable centre culturel et intellectuel. Ptolémée est le premier de la dynastie lagide, qui règnera pendant près de trois siècles et s'éteindra avec le règne de Cléopâtre.
– 42 - Marc Antoine rencontre Cléopâtre
La rencontre de Marc Antoine et Cléopâtre VII est avant tout stratégique. Depuis l'arrivée de Jules César, l'Egypte est sous protectorat romain. Pour Cléopâtre, l'assassinat du dictateur en mars – 44 ouvre une nouvelle période d'incertitudes. En octobre – 42, un triumvirat romain est constitué, qui regroupe Octave, petit-neveu et fils adoptif de César, Antoine, principal lieutenant de César, et Lépide. L'enjeu est alors le partage géographique du pouvoir depuis les berges de l'Asie Mineure jusqu'à l'Egypte en passant par l'Italie. C'est donc dans un contexte contractuel que Marc Antoine rencontre la reine d'Egypte, à Tarse, capitale de la province de Cilicie en Asie Mineure.
– 31 - Bataille d'Actium
Selon les spécialistes, la bataille d'Actium, le 2 septembre – 31, est l'une des plus grandes batailles navales de l'histoire. Elle intervient dans un contexte de guerre civile de la République romaine à la suite de l'assassinat de Jules César. Elle a lieu près d'Actium, sur la côte occidentale de Grèce, dans le golfe d'Ambracique. Elle consacre la victoire d'Octave et de son commandant de flotte, Agrippa, sur l'association Antoine-Cléopâtre. Elle met un terme au protectorat dont bénéficiait jusqu'ici l'Egypte.
– 30 - L'Egypte passe sous la domination romaine
Après la mort d'Antoine et de Cléopâtre en – 30, l'Egypte passe sous domination romaine, au pouvoir d'Octave devenu Auguste. Elle y restera six siècles. L'Egypte est gouvernée par un "préfet d'Alexandrie et d'Egypte". Le premier préfet est Caius Cornelius, ami de Virgile. Forte de ses ressources en granite et porphyre, l'Egypte bénéficie d'un statut particulier. Alexandrie est le plus grand port de Méditerranée, c'est aussi la 2e plus grande ville de l'Empire romain.
395 - L'Egypte byzantine
Suite à la division de l'Empire romain, l'Egypte tombe sous la domination byzantine. Les croyances coptes s'intensifieront jusqu'à la conversion de tous les chrétiens égyptiens. Deux siècles plus tard, le temple d'Isis sur l'île de Philae, dernier à vénérer la déesse, sera pris d'assaut. Avec lui s'éteindront définitivement les anciennes croyances égyptiennes.