Grèce antique : histoire d'une civilisation clé en résumé

Grèce antique : histoire d'une civilisation clé en résumé La Grèce antique s'étale sur plusieurs siècles et revêt bien des aspects. Cette civilisation a profondément marqué l'histoire jusqu'à nos jours. Résumé.

Résumé : L'histoire de la Grèce antique remonte très loin dans le temps et s'étale sur une longue période. Elle a été marquée par l'essor et le déclin de plusieurs civilisations, qui ont façonné le monde européen et même au-delà de ses frontières. Les Grecs de l'Antiquité ont inventé plusieurs concepts politiques, tels que la démocratie ou la tyrannie. Ils ont également créé l'alphabet phonétique, la philosophie, les Jeux olympiques… 

Leur héritage se retrouve aussi en architecture, en peinture, en céramique, en poésie ou en sculpture. De ses débuts, à l'ère minoenne (vers 2700 av. J.-C.) , jusqu'à sa fin, au terme de la période hellénistique (en -31), l'Antiquité grecque a conduit à une vaste transformation du monde. Elle a laissé une empreinte profonde dans l'histoire de l'humanité.   

Quand se développe la Grèce antique ?

L'histoire de l'Antiquité grecque est marquée par l'avènement et le déclin de plusieurs civilisations successives. Si l'on se réfère à une vision très large de l'Antiquité, l'histoire de la Grèce antique débute aux alentours de 2700 av. J.-C., avec l'apparition et le développement de la civilisation minoenne. Environ mille ans plus tard, c'est la civilisation mycénienne qui prend le relais pour une période allant approximativement de 1700 à 1100 av. J.-C. Viennent ensuite l'âge dit "des siècles obscurs" (-1100 à -700), puis le déclin de la civilisation mycénienne. Il s'agit d'une période de transition, qui pose les bases de la Grèce antique telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'histoire de celle-ci se décompose en trois grandes périodes : la Grèce archaïque (de 700 à 480 av. J.-C.) ; la Grèce classique (de -480 à -323) ; et la période hellénistique, qui prend fin en 31 av. J.-C. Cette dernière se termine lorsque l'Empire romain prend le contrôle de l'Egypte, la dernière grande province contrôlée par les Grecs.

Qui dirige la Grèce antique ?

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Vestiges de la période classique sur la colline de l'Acropole, à Athènes, en Grèce. © scaliger - stock.adobe.com

De nombreux régimes différents ont été mis en place. Durant la période mycénienne, ce sont essentiellement des rois qui ont dirigé la Grèce antique. Durant les siècles obscurs, ce sont plutôt des chefs guerriers qui assuraient le pouvoir sur des territoires nommés "chefferies". Durant les périodes archaïques et classiques, trois régimes politiques vont apparaître : l'oligarchie, la tyrannie et la démocratie. L'oligarchie correspond à un système où des magistrats dirigent le territoire, alors que la tyrannie correspond à un pouvoir exercé par une seule personne. Quant à la démocratie, rendue célèbre par la cité-État d'Athènes, elle permet à un grand nombre de citoyens de s'exprimer et de participer à la vie politique.

L'ethnos est une autre forme d'institution politique. Il dirige non pas des cités-États, mais des ensembles de communautés réunies sur un territoire. Disposant d'assemblées, les ethnos peuvent être dirigés par des rois devant s'appuyer sur des magistrats, pour exercer leur pouvoir et édicter des lois. Sont également mis en place des fédérations et des royaumes. Alexandre le Grand, suite à ses conquêtes, représente un des grands dirigeants de la Grèce antique.

Quelles sont les dates et les grandes périodes de la Grèce antique ?

  • Âge du bronze : sur un plan historique, l'âge du bronze s'étend de 2200 à 800 av. J.-C. environ. En ce qui concerne la Grèce antique, l'âge du bronze correspond à l'avènement de la civilisation minoenne originaire de Crète, mais aussi à son déclin.
  • Âges obscurs : de -1100 à -700 s'étend la période dite des "âges obscurs" ou "siècles obscurs". Il s'agit d'une phase de transition qui commence par un certain déclin suite à la chute de la civilisation mycénienne, mais qui va peu à peu poser les bases des phases suivantes de l'Antiquité grecque.
  • Époque archaïque : l'époque archaïque débute aux alentours de 700 av. J.-C., mais de nombreux historiens estiment qu'elle puise ses origines dans la fin des âges obscurs. L'année -776 est souvent évoquée pour dater le début de la période, celle-ci correspondant aux premiers Jeux olympiques antiques. L'époque archaïque s'achève en -480, à l'issue des guerres médiques, et a vu notamment l'apparition de l'écriture, des cités-États, des hoplites… 
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Buste d'Alexandre le Grand, bronze conservé au Musée du Louvre, à Paris. © ZENOBEL/SIPA
  • Époque classique : l'époque classique de l'Antiquité grecque débute en -480, à la fin de la Seconde guerre médique qui voit les Grecs l'emporter sur les Perses. Elle se termine en -323, année de la mort d'Alexandre le Grand. Elle est considérée comme l'âge d'or des cités grecques, et notamment de Sparte et Athènes.
  • Époque hellénistique : à la mort d'Alexandre le Grand, en -423, débute l'époque hellénistique qui s'achève en -31, lorsque l'Empire romain conquiert l'Egypte. Cette période hellénistique est marquée par de nombreuses guerres entre cités-États et royaumes de Grèce, puis par des défaites successives face aux armées parthes et romaines.
  • Époque romaine : l'époque romaine, qui débute en 31 av. J.-C. est parfois considérée comme faisant partie intégrante de l'histoire de la Grèce antique. Il faut dire que si les Grecs ont été vaincus par les Romains, ceux-ci leur laissent une large autonomie, et c'est la culture grecque qui imprègne le monde romain plutôt que l'inverse. Cette période s'achève au début du IVe siècle.

Comment la société est-elle organisée ?

Au temps de la Grèce antique, le modèle familial ressemble assez à ce que nous connaissons aujourd'hui. Les familles sont souvent composées d'un couple marié vivant sous le même toit avec leurs enfants, et parfois avec d'autres parents (tantes, cousines…). Le mari est considéré comme le chef de famille. L'économie est en grande partie fondée sur l'autosuffisance des familles. Cela passe par une production agricole importante, et des esclaves sont souvent utilisés pour ces tâches. L'artisanat est également très développé. Le commerce se fait souvent sous forme de troc, même si l'apparition de la monnaie permet également de vendre et acheter des marchandises. Des échanges longue distance, pour vendre ou se procurer certains produits, existent : ils sont généralement effectués par voie maritime. Quant à l'alimentation, elle est de type méditerranéenne, avec une grande consommation de céréales (blé, orge, épeautre), de fruits, de légumineuses et de poissons. La viande est souvent réservée pour des occasions spéciales.

Quelle place les femmes occupent-elles ?

Étant donné la longue période que constitue l'Antiquité grecque, la place des femmes a logiquement évolué au fil des siècles. Néanmoins, l'homme jouit d'un statut supérieur tout au long de l'histoire. Seul un homme peut, par exemple, bénéficier du statut de citoyen, et participer à la vie politique de la cité. Il s'agit d'une société patriarcale. Le statut de la femme varie en fonction de la position de son époux, selon qu'il est citoyen, esclave ou affranchi par exemple. À noter également qu'une femme ne peut pas hériter des biens de son mari ou de son père. Les femmes les plus aisées se consacrent à gérer le quotidien de leur foyer, tandis que les plus pauvres doivent travailler. Au cours de la période hellénistique, les femmes joueront toutefois un rôle plus important dans la vie de la cité, et certaines deviendront même écrivaines, savantes ou enseignantes. La mythologie prend une place importante dans la vie des femmes ; à ce titre, Pandore représente la première femme humaine.

Quelles sont les religions pratiquées en Grèce antique ?

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Les dieux de l'Olympe. © Erica Guilane-Nachez - stock.adobe.com

Dans la Grèce antique, la religion est polythéiste. Cela signifie que les Grecs vénèrent non pas un seul dieu, mais plusieurs. À noter que la religion n'est pas dirigée par une église officielle, et qu'il n'existe pas de textes sacrés de référence. La religion de la Grèce antique est axée autour de divinités puissantes, de mythes et de croyances. Chaque dieu intervient dans un ou plusieurs domaines de la vie quotidienne. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment Zeus, roi des dieux, du ciel et de la foudre ; Athéna, déesse de la guerre : Apollon, dieu du soleil et des arts…, les dieux grecs de l'Olympe (le royaume des dieux) étant au nombre de douze. La mythologie grecque a traversé de nombreux siècles, et a beaucoup inspiré la religion romaine. Les différents cultes voués aux dieux donnaient souvent lieu à des sacrifices d'animaux et à des offrandes. Quant aux rites funéraires, ils sont variables puisque les corps des défunts peuvent être aussi bien incinérés qu'enterrés.

Quels sont les différents savoirs et habitudes culturelles ?

La Grèce antique se révèle très riche sur le plan culturel, en particulier depuis la fin des âges obscurs. Au cours de ces siècles, l'écriture avait disparu, même si les civilisations minoennes et mycéniennes précédentes possédaient un système d'écriture. Cependant, au cours de la période archaïque, apparaît l'alphabet grec tel qu'on le connaît. Cette véritable révolution culturelle conduira à la rédaction de nombreux ouvrages, dont les plus célèbres sont l'Iliade et l'Odyssée, écrits par Homère. La poésie et le théâtre sont également très en vogue durant l'Antiquité grecque, tout comme la rhétorique, c'est-à-dire l'art de bien s'exprimer et de persuader. À cette période naît aussi une nouvelle discipline : la philosophie, une forme de pensée qui peut s'apparenter à la recherche de la sagesse. La sculpture, l'architecture, les sciences et l'éducation se développent également de façon spectaculaire au cours des derniers siècles de la Grèce antique, ce qui explique l'influence de cette dernière sur les civilisations suivantes et même jusqu'à nos jours.

Quels vêtements porte-t-on pendant la Grèce antique ?

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Chiton grec © Archivist - stock.adobe.com

La mode de la Grèce antique tire ses origines des civilisations minoennes et mycéniennes. Elle favorise les vêtements amples et souples. Durant les périodes archaïques et classiques de l'histoire, certains vêtements étaient très largement portés, comme le chiton, une tunique blanche arborée aussi bien par les hommes que par les femmes et même par les enfants. Les hommes accompagnaient parfois cette tenue d'une chlamyde, soit une cape courte sur le dos. Le péplos était lui un morceau de tissu de forme carrée qui pouvait être porté sous le chiton. Prisé des nobles, l'himation était une grande cape pouvant mesurer plusieurs mètres de long. Les femmes portaient aussi fréquemment un châle nommé epiblema. Ces différents éléments constituaient la principale garde-robe des Grecs antiques.

En quoi les vases sont-ils importants durant la Grèce antique ?

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Vase grec ancien. © kmiragaya - stock.adobe.com

L'art de la céramique trouve ses origines au Proche-Orient, mais très rapidement, les Grecs de l'Antiquité ont assimilé cette technique et l'ont développée. De nombreux vases datant des diverses époques de l'Antiquité grecque ont été retrouvés, certains remontant à l'époque mycénienne. Très souvent, ces vases sont ornés de peintures représentant des formes géométriques, des animaux, mais aussi des scènes historiques ou de la vie quotidienne. Ces vases nous ont permis d'apprendre beaucoup de choses sur la vie de cette époque. Les plus beaux vases étaient destinés à des gens fortunés, mais nombre de ces objets étaient utilisés au quotidien, que ce soit pour le transport ou la conservation de produits et de liquides. Les vases jouaient aussi un rôle important dans la vie religieuse, puisqu'ils servaient de réceptacles aux offrandes faites aux dieux. La production de vases revêtait donc parfois un caractère artistique. Il faut dire que les Grecs antiques ont particulièrement développé l'art, que ce soit la musique, le théâtre, la poésie, mais aussi la sculpture. Les sculpteurs grecs, notamment de la période classique, ont ainsi laissé bon nombre d'œuvres à la postérité, et inspiré leurs héritiers durant les siècles suivants.

Comment sont nés les Jeux olympiques (JO) antiques ?

C'est au cours de l'Antiquité grecque que sont nés les premiers Jeux olympiques de l'histoire. Cette compétition sportive, se déroulant tous les quatre ans, a perduré durant plusieurs siècles. La première édition des Jeux olympiques antiques date vraisemblablement de 776 av. J.-C. et la dernière s'est sans doute déroulée en l'an 393 de notre ère. Plusieurs mythes évoquent la création de ces Jeux olympiques. Il semble que ce soit le roi d'Elide, Iphitos, qui ait été à leur origine. Ces jeux se déroulaient dans la ville d'Olympie. Une trêve d'un mois était décrétée entre tous les États qui y participaient. Les Jeux olympiques antiques étaient composés d'épreuves hippiques et athlétiques, notamment la course à pied, le lancer de javelot, le saut en longueur, la lutte, le lancer du disque…

Quel est l'héritage de la Grèce antique dans le monde contemporain ?

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L'hémicycle de l'Assemblée nationale. Le système démocratique français fait partie de l'héritage direct de la Grèce Antique dans nos sociétés occidentales contemporaines. © Jacques Witt/SIPA

Dans un premier temps, la culture grecque a fortement influencé le monde romain, qui lui a succédé comme puissance dominante en Europe. Cependant, l'héritage des Grecs anciens s'ancre beaucoup plus loin : il se ressent encore de nos jours. La création d'un alphabet phonétique a permis à l'écriture moderne d'apparaître et de se développer dans de nombreux pays. Bon nombre de peintres et de sculpteurs contemporains s'inspirent toujours des artistes grecs de l'époque. L'apparition de la philosophie ou du concept de démocratie a également eu une influence considérable sur les civilisations des siècles suivants, jusqu'à aujourd'hui. Que ce soit sur le plan des arts, de l'architecture, de l'archéologie, de la politique, de l'écriture ou de la pensée, les Grecs ont donc créé les bases des sociétés occidentales actuelles.

les dates clés de La Grèce antique

-593 : Réformes de Solon
Alors qu'Athènes subit une grave crise agraire, Solon modifie en profondeur le fonctionnement de la cité. Il interdit la servitude pour dettes et efface ces dernières. Mais surtout il réforme le corps civique. L'accès au pouvoir était déterminé par l'appartenance à des classes, celles-ci ne seront plus simplement déterminées par le sang, mais par la richesse. Un rôle militaire est également attribué à chaque classe. Surtout, Solon donne un pouvoir à la Boulê, assemblée jusqu'ici purement consultative. Enfin, la création de l'Héliée, tribunal populaire, permet à tous de participer à la justice de la cité.
28 mai -585 : L'éclipse solaire prévue par Thalès a lieu
Le philosophe et astronome Thalès avait prédit une éclipse solaire pour l'année 585 av. J.-C. Lorsque celle-ci a lieu, il accède à une célébrité immédiate. Les moyens lui ayant permis de réaliser cette prédiction restent cependant inconnus : peut-être a-t-il réalisé des calculs sur le mouvement des astres. Une autre hypothèse serait qu'il ait eu la connaissance ou bien l'intuition du Saros, l'intervalle — régulier — entre deux éclipses. L'historien Hérodote racontera plus tard que cette éclipse aurait interrompu un combat entre le roi de Babylone Nabuchodonosor et les Lydiens.
-514 : Les Tyrannoctones poignardent Hipparque
Souhaitant renverser la tyrannie mise en place par Pisistrate en 546 avant J.-C., Aristogiton et Harmodius organisent une tentative de meurtre sur les détenteurs du pouvoir, Hippias et Hipparque. Finalement, seul Hipparque est poignardé. Les deux fils de Pisistrate se partageaient le pouvoir, mais ne bénéficiaient pas de l'aura de leur père. La tyrannie, qui avait jusqu'ici fait prospérer Athènes, est de plus en plus impopulaire et les tueurs de tyrans, alors punis de morts, seront ensuite célébrés comme des héros de la démocratie sous le nom de Tyrannoctones. Le régime d'Hippias, de plus en plus autoritaire, sera renversé quelques années plus tard.
-510 : Renversement de la tyrannie athénienne
N'ayant pas reçu le soutien populaire dont a bénéficié son père, Hippias ne parvient pas à maintenir son autorité. Il est renversé deux ans après l'assassinat de son frère et fuit pour rejoindre la cour de Darius. Cet exil auprès des Perses, avant les guerres médiques, sera perçu comme une ultime et impardonnable trahison. Athènes, qui doit ce renversement à Sparte et aux grandes familles qui s'y étaient exilées, est alors en pleine crise politique. Ces dernières tenteront de rétablir l'oligarchie.
-507 : Naissance de la démocratie athénienne
Clisthène parvient à établir un régime qui évite le retour à l'oligarchie à Athènes. Il instaure alors une règle bien précise : tous les citoyens ont les mêmes droits et devoirs. Ce précepte, appelé isonomie, fait naître la démocratie. Le redécoupage du territoire en dix tribus au lieu de quatre, mais surtout en dèmes, équivalent de notre commune, permet de court-circuiter et de reléguer à des fonctions civiles le pouvoir des grandes familles.
-498 : Prise de Sardes
Les Grecs tentent de se débarrasser de la domination de la Perse dans certaines citées, et parviennent à investir Sardes en Asie mineure. Ils brûlent la ville basse, mais la citadelle résiste. Les tyrans mis en place dans les citées ioniennes (autour de la mer Egée, notamment en actuelle Turquie) par les Perses sont dirigés par le gouverneur de Sardes. Mais cette demi-victoire annonce une défaite à Ephèse et une politique de répression de Darius, le roi des Perses.
-494 : Sac de Milet
Point de départ de la révolte des citées ioniennes contre la domination perse, Milet subit la vengeance du royaume. La cité est mise à sac tandis que ses habitants, femmes et enfants sont emmenés vers l'Est en esclavage. Cette cruelle défaite, due au manque de cohésion des citées grecques, annonce d'une part la première Guerre médique et d'autre part la future hégémonie d'Athènes, reposant sur cette volonté d'union.
13 septembre -490 : Bataille de Marathon
Sous la direction du stratège Miltiade, les 10 000 hoplites athéniens lancent une attaque contre les troupes perses débarquées sur la plaine de Marathon. Largement supérieurs en nombre, les Perses subiront pourtant une déroute radicale. La légende affirme que seulement 192 Grecs sont morts, contre 6400 Perses. Toujours selon la légende, un soldat du nom de Philippidès court alors jusqu'à Athènes annoncer la victoire et meurt d'épuisement immédiatement après. L'épreuve du Marathon fera honneur à cette course glorieuse. Tandis que la Première Guerre médique prend fin dans cette plaine, l'apogée d'Athènes et de la démocratie s'amorce.
-483 : Découverte des mines de Laurion
Les Athéniens mettent à jour sur leur territoire les mines d'argent du Laurion. Cette découverte participe non seulement à l'enrichissement de la cité, mais ces mines vont surtout avoir un rôle essentiel dans la Deuxième Guerre médique. Thémistocle, profitant des conflits avec Egine, fait voter l'attribution des crédits de cette richesse à la construction de 200 trières (des galères de combat antique). Mais il pressent que le danger est au-delà des voisins grecs : ainsi, ces bateaux de guerre modernes et rapides seront essentiels lors de la bataille de Salamine.
Juillet -480 : Jonction des troupes perses
Les troupes perses opèrent leur jonction en Thessalonique, rassemblant une armée gigantesque comptant peut-être 150 000 hommes et 6 000 navires. Les navires vont alors longer la côte pour ne pas s'éloigner des troupes terrestres. Les Grecs, qui ont réussi à s'entendre lors du Congrès de Corinthe à l'été -481, se coordonnent et décident d'abandonner le nord de la Grèce. Ils attendront les Perses à la passe des Thermopyles, lieu étroit qui devrait réduire l'avantage du nombre.
17 septembre -480 : Début de la bataille du Cap d'Artémision
Trois cents trières grecques, dont une majorité athénienne, attendent l'immense flotte perse au Cap d'Artémision. Les combats qui s'engagent seront alors indécis, mais le but pour les grecs est avant tout de retarder l'avancée des Perses. La flotte de ces derniers est trop imposante et force les grecs à se replier. Toutefois, un tournant s'opère quelques jours plus tard. Une partie de la flotte perse, s'étant éloignée de la côte, est décimée par une tempête.
19 septembre -480 : Défaite héroïque de Léonidas aux Thermopyles
Entouré de sept cents volontaires spartiates, thébains et platéens, Léonidas Ier, roi de Sparte, résiste héroïquement aux plusieurs milliers de Perses qui l'entourent. Le chef des Lacédémoniens et ses hommes luttent jusqu'à la mort pour couvrir le retrait du gros des troupes grecques. En effet, certainement suite à une trahison, les Perses avaient trouvé le moyen de prendre les Grecs à revers, contournant ainsi leur plan de défense. Les Grecs se replient alors pour se concentrer sur l'isthme de Corinthe. Quant à Athènes, elle sera saccagée par les Perses, et le Parthénon, alors en bois, sera incendié.
29 septembre -480 : Victoire des Grecs à Salamine
Devant la supériorité numérique de la flotte perse qui s'apprête à faire débarquer les armées de Xerxès Ier sur le sol grec, les navires athéniens simulent une retraite. Ils entraînent les Perses dans le détroit de Salamine. C'est un piège : le passage entre l'île et le continent est trop étroit. Les bateaux grecs, plus maniables et menés par le stratège athénien Thémistocle, détruisent les navires ennemis qui se sont engouffrés dans le chenal. Xerxès 1er assistera à la défaite de son armée du haut d'une colline de l'Attique.
27 août -479 : Mort de Mardonios à Platées
Au cours d'un assaut contre une troupe lacédémonienne, le commandant Perse Mardonios est tué. Dirigées par Pausanias, les armées grecques mettent alors en déroute l'armée perse à Platées, au nord-ouest d'Athènes. Après Salamine, les deux camps étaient restés sur un statu quo pendant l'hiver tandis que Xerxès rentrait en Perse, abandonnant le commandement à Mardonios. Depuis le printemps, les combats ont fait rage, mais ils s'avèrent payants pour les Grecs. C'est le début du retrait des Perses, qui finiront par quitter les citées Ioniennes qu'ils dominaient depuis la fin du siècle précédent.
-478 : Formation de la ligue de Délos
La ligue de Délos a été constituée pour faire face à la menace perse pesant sur les cités grecques. Les Perses ont été vaincus peu de temps auparavant, mais pour assurer leur sécurité dans les années à venir, les Grecs, sous l'impulsion de Thémistocle et Aristide, décident d'unir leurs forces au sein de cette ligue. Cette alliance entre plusieurs cités-États est dominée par celle d'Athènes, chaque cité disposant d'une voix lors d'un conseil qui se réunit chaque année à Délos. A noter que la puissante cité de Sparte ne fait pas partie de la ligue de Délos, mais qu'elle a fondé la ligue du Péloponnèse.
-471 : Ostracisme de Thémistocle
Malgré le prestige qu'il a pu obtenir lors de la bataille de Salamine, Thémistocle a subi, dans les années -470, un déclin politique qui va de pair avec la montée en puissance de Cimon. Face à leur conflit de point de vue en politique extérieure, Cimon obtient l'ostracisme de Thémistocle, c'est-à-dire un exil de la cité pendant dix ans pour aspiration à la tyrannie. Ce dernier considère en effet que l'ennemi véritable d'Athènes est Sparte, tandis que Cimon craint avant tout les Perses. L'ostracisme est alors un acte qui touche couramment les stratèges grecs, magistrats les plus importants d'Athènes.
-464 : Révoltes des Hilotes à Sparte
Les Hilotes sont des habitants de Grèce peuplant les régions de Messénie et Laconie. Durant l'Antiquité grecque, ils ont longtemps été sous la domination de la cité de Sparte. Pour les Spartiates, les Hilotes ne sont ni plus ni moins que des esclaves chargés de la production agricole. Victimes de nombreuses violences, les Hilotes se sont révoltés à plusieurs reprises et notamment en -464. Cette année-là se produit un violent tremblement de terre, qui fit de nombreuses victimes chez les Spartiates. Les Hilotes profitent de la situation pour se révolter et une guerre de dix ans s'engage, guerre au cours de laquelle les Spartiates sont obligés de demander de l'aide aux Athéniens.
-454 : Le trésor de la ligue de Délos est transféré au Parthénon
Athènes franchit le pas symbolique qui entérine son hégémonie en mer d'Egée : elle transfère le trésor de la ligue de Délos au Parthénon. Après plusieurs guerres destinées à maintenir de force des cités dans l'union, la ligue devient un empire, une "hégémonie" d'Athènes, sans pour autant être un État. En fait, la domination est avant tout financière, Athènes décidant du tribut à apporter à la ligue et se l'attribuant en partie.
-451 : Réformes politiques à Athènes
Périclès émet son premier décret majeur, tandis que le fonctionnement politique de la cité semble évoluer. Dorénavant, il faudra deux parents athéniens pour prétendre à la citoyenneté. Les assemblées deviennent plus rigoureusement fixées et les magistrats plus contrôlés. Issu d'une famille aristocratique, Périclès devient de plus en plus influent.
-447 à -432 : Périclès fait construire le Parthénon
Le temple du Parthénon est le vestige archéologique le plus connu de l'histoire de la Grèce antique. Cette construction fut décidée suite à la destruction du temple précédent par les Perses. C'est l'homme d'État et orateur Périclès qui est à l'initiative de cette construction, qui débute en -447 pour s'achever en -432. Cette durée peut être considérée comme très courte pour un temple aux si grandes dimensions (environ 31 mètres par 70). Situé sur l'Acropole, le Parthénon est un véritable chef-d'œuvre d'architecture, ce qui était le souhait de Périclès qui voulait ainsi démontrer la puissance athénienne.
-443 : Périclès stratège
Issu d'un milieu aristocratique, Périclès est un citoyen d'Athènes. Il se tourne très tôt vers la politique et devient une figure importante de la cité-État. Démocrate, il s'oppose notamment à Cimon et parvient à le faire ostraciser en -461, en l'accusant d'avoir pactisé avec Sparte. Cette même année, il est nommé en tant que stratège, soit la plus haute fonction de la magistrature athénienne. Preuve de son importance, il sera réélu à chaque fois, et occupera cette fonction de stratège jusqu'à son décès en -429.
-438 : Achèvement du Parthénon
Après onze ans de travaux, la cité achève le Parthénon. Le sculpteur Phidias a réalisé les statues et supervisé la construction de la frise. Au sein du Parthénon trône une statue haute de quinze mètres d'Athéna Parthénos. Athéna est célébrée dans la ville qui porte son nom pour de multiples raisons. Elle est généralement nommée Athéna Polias, la protectrice de la cité. Mais les constructions à sa gloire ne s'arrêtent pas là. Pendant cinq ans, l'entrée du Parthénon, passage monumental, est construite : ce sont les Propylées.
Mai -431 : Sparte envahit l'Attique
Au début du Ve siècle av. J.-C., la Grèce antique est en proie à de vives tensions entre les deux plus puissantes cités-États, Sparte et Athènes. Les Spartiates souhaitent étendre leur territoire au nord et au centre de la Grèce. C'est ainsi qu'en -431, ils envahissent l'Attique, déclenchant un conflit qui deviendra la guerre du Péloponnèse et ne s'achèvera qu'en -404.
Septembre -429 : Mort de Périclès
Alors que la guerre du Péloponnèse opposant Sparte à Athènes se poursuit, une épidémie de peste frappe la cité athénienne. Celle-ci cause de très nombreuses morts, certains historiens estimant qu'un tiers de la population a péri. Parmi les victimes figure le stratège Périclès, qui succombe en septembre -429 des suites de la maladie. Il s'agit d'une grande perte pour Athènes.
Août -425 : Victoire athénienne à Sphactérie
Les Athéniens prennent le dessus sur l'armée spartiate à Sphactérie et capturent alors environ 400 hoplites. Parmi ces soldats, au moins cent sont Spartiates. La victoire est alors également psychologique : ces armées, dans lesquelles combattaient des "égaux", étaient réputées pour leur invincibilité. Toutefois, au cours des dix années de conflits qui précèdent la Paix de Nicias, les victoires ou défaites des deux camps s'équilibreront.
-421 : Construction de l'Erechthéion
Les Athéniens entreprennent la construction du monument le plus sacré de l'Acropole : l'Erechthéion. Construit à l'emplacement du temple d'Athéna, il parvient à un raffinement et une élégance parfaits tout en tenant compte du terrain accidenté. A aucun moment celui-ci ne doit être modifié : c'est le lieu mythique où Athéna et Poséidon se sont battus pour la possession de la cité, où Athéna a fait pousser son olivier et où le fondateur de la cité repose. Achevé vers 406, c'est la dernière grande construction sur l'Acropole.
Mars -421 : Paix de Nicias
Athènes et Sparte mettent un terme à dix années de conflit en signant un accord instaurant une paix de cinquante ans. La paix de Nicias permet une pause dans la guerre du Péloponnèse. Née d'une rivalité entre la démocratie athénienne qui cherchait à répandre (voire à imposer) son modèle à travers la ligue de Délos, et le régime oligarchique de Sparte qui souhaitait conserver sa prédominance, cette guerre aboutit finalement au statu quo. Mais tandis que les alliés de Sparte refusent d'approuver cet accord, Athènes est exsangue et la ligue de Délos en pleine déliquescence.
Juin -411 : Instauration du régime des 400
Après l'échec de l'expédition de Sicile, Athènes subit une grave crise politique et financière. La démocratie est alors renversée pour être remplacée par un système oligarchique : le régime des Quatre cents. Mais l'armée, qui s'est reconstituée à Samos, n'est pas prête à l'accepter. De surcroît, le régime échoue dans ses négociations de paix avec Sparte. Il sera remplacé par le régime des Cinq milles dès le mois de juin. Mais le peuple et l'armée le mettront en échec, et la démocratie sera restaurée. Ces évènements permettent à Alcibiade de faire son retour.
Mars -410 : Victoire d'Athènes à Cyzique
Profitant des difficultés de politique intérieure à Athènes, Alcibiade achève de se racheter aux yeux de ses concitoyens en multipliant les victoires militaires. Conduisant la flotte, il est victorieux à Cyzique. Cette troisième victoire consécutive face à Sparte met Athènes en position de force. Durant l'été, les Lacédémoniens feront donc des propositions de paix, mais c'est au tour d'Athènes de refuser.
Août -406 : Condamnation à mort des stratèges des Arginuses
De retour à Athènes, les stratèges victorieux lors de la bataille des Arginuses sont jugés et condamnés à mort. La victoire sur Sparte ne pardonne pas, aux yeux des Athéniens, l'abandon des naufragés en pleine mer suite à une tempête. Pour Athènes, cette victoire au cours de la guerre du Péloponnèse est la dernière. Alcibiade, condamné après une défaite, s'est exilé depuis un an.
Septembre -405 : Lysandre détruit la flotte athénienne
Lysandre, à la tête d'une flotte de 180 navires spartiates, attaque par surprise et inflige une sévère défaite à la flotte athénienne postée à Aigos-Potamos. Constituée de 170 trières et dirigée par Conon, cette flotte avait pour but de garantir le ravitaillement en blé d'Athènes. La cité se retrouve donc dans une situation intenable. Privée à la fois de sa puissance militaire et de sa capacité de ravitaillement, tout siège peut la mettre à genoux rapidement, et c'est ce qu'entreprendra Sparte.
22 avril -404 : Chute d'Athènes
Assiégée, affamée et dénuée de ressources militaires navales, Athènes capitule et est contrainte d'accepter les conditions imposées par Sparte. Les longs murs qui l'entouraient, symbole de sa puissance, sont détruits, tandis que l'Empire, existant à travers la ligue de Délos, est dissout. Mais surtout, la démocratie est remplacée par un régime oligarchique : le conseil des Trente. Sparte imposera ensuite à toutes les démocraties construites sur le modèle athénien des décarchies, oligarchies gouvernées par dix personnes. Ces régimes, autoritaires et violents, seront perçus comme une régression, notamment à Athènes qui l'interprète comme un retour à la tyrannie. Or, Athènes s'est construite contre la tyrannie et le pouvoir d'un seul : cette courte expérience traumatisante sera perçue comme un régime de trente tyrans.
-343 : Aristote est chargé de l'éducation d'Alexandre le Grand
Aristote est l'un des plus grands philosophes de l'Antiquité grecque. Né en -384, il s'intéresse à de nombreux domaines tels que la physique, la biologie, la poétique, la politique… Il est donc un homme de savoir global, et c'est ainsi qu'il faut entendre le terme de philosophe à l'époque. En -343, à la demande du roi de Macédoine Philippe II, il devient le précepteur de son fils prénommé Alexandre. Celui qui deviendra Alexandre le Grand n'a alors que 13 ans, et Aristote aura une grande influence sur son évolution, notamment en matière de politique.
-336 : Alexandre le Grand devient roi de Macédoine
Né en -356, Alexandre est le fils de Philippe II, roi de Macédoine. Durant l'été -336, le monarque est assassiné durant le mariage de sa fille Cléopâtre. Les raisons de cet assassinat demeurent floues, mais les conséquences sont importantes. En effet, à 20 ans, Alexandre est proclamé roi de Macédoine par l'Assemblée des Macédoniens. Celui qui deviendra pour la postérité Alexandre le Grand fait alors assassiner ses rivaux et prend ainsi les pleins pouvoirs sur le royaume.
1er octobre -331 : Victoire d'Alexandre le Grand à Gaugamèles
En -334, Alexandre roi de Macédoine part en expédition pour affronter les Perses commandés par le roi Darius III, dit le "Roi des Rois". L'objectif d'Alexandre est de conquérir l'Asie, et le début de sa campagne le voit remporter plusieurs victoires sur le champ de bataille. Malgré quelques revers, Alexandre continue la guerre, et le 1er octobre -331, à Gaugamèles, l'armée macédonienne fait face à une armée perse largement supérieure en nombre. La bataille se termine par la victoire d'Alexandre et la fuite de Darius. Le vainqueur se fait proclamer roi d'Asie, et c'est le véritable point de départ de la légende que deviendra Alexandre le Grand.
13 juin -324 : Mort d'Alexandre le Grand
Véritable conquérant, Alexandre le Grand va mener ses troupes jusqu'en Inde. Au cours de ses campagnes militaires, il conquiert ainsi un immense empire et fonde de nombreuses cités nommées Alexandrie. Mais le 11 juin -323, alors qu'il n'a que 33 ans, Alexandre le Grand décède des suites de fortes fièvres, peut-être dues au paludisme. Le corps d'Alexandre le Grand sera momifié et sa sépulture deviendra un lieu de visite et de pèlerinage même si, aujourd'hui, son tombeau a disparu et que les archéologues sont à sa recherche.