Guerres de Religion : résumé des huit guerres entre Protestants et Catholiques

Guerres de Religion : résumé des huit guerres entre Protestants et Catholiques Les guerres de Religion sont une série de huit guerres civiles qui ont frappé la France entre 1562 et 1598. Retrouvez le résumé des huit épisodes, en passant par le massacre de la Saint-Barthélemy et l'édit de Nantes signé par Henri IV.

Résumé des guerres de Religion - Au début du XVIe siècle, un religieux allemand répondant au nom de Martin Luther conteste l'Église catholique et met en place la Réforme. Très vite, le mouvement révolutionnaire protestant va se diffuser dans toute l'Europe. En France, la Réforme est répandue par Lefèvre d'Étaples avant d'être considérablement influencée par les pensées de Calvin. Mais le mouvement prenant de plus en plus d'ampleur, les réformés ne tardent pas à faire l'objet de persécutions. Divisée, la France sombre dans une série de guerres civiles que le contexte politique du pays ne cesse d'alimenter : ce sont les guerres de Religion. Nés dans une atmosphère propice, les conflits armés dureront plus de 30 ans et ne s'achèveront qu'avec l'effort de réunification d'Henri IV. Aussi, irrémédiablement, les huit guerres de Religion ouvriront la voie à l'absolutisme français. 

Quelles sont les origines des guerres de Religion ?

Apparue en France sous le règne de François Ier, la Réforme ne connaît pas tout de suite d'opposition. Le roi, bien que catholique, fait en effet preuve de tolérance vis-à-vis des Protestants. Toutefois, ceux-ci, bien décidés à répandre leur confession, finissent par l'exaspérer, notamment lorsqu'en 1534, des placards hostiles à la messe sont affichés dans tout le pays, jusque dans la chambre royale. C'en est trop, le roi offensé amorce immédiatement une série de persécutions pour expulser les "hérétiques" du pays. La répression se poursuit sous le roi Henri II, catholique sans fermeté qui laisse se développer sous son règne le pouvoir de la famille de Guise, de fervents catholiques avides de pouvoir. Sa mort apparaît comme une aubaine pour les Protestants, puisque c'est François II, son jeune fils inexpérimenté, qui lui succède. Ils profitent donc de la fragilité politique du pays pour organiser la conjuration d'Amboise, en 1560, afin d'influencer le jeune monarque. Mais leur projet échoue. 

À la mort du roi, son frère, Charles IX, lui succède alors qu'il n'a pas 10 ans. Sa mère, Catherine de Médicis, prend donc la régence du pays. Malgré le comportement de son défunt époux et la conjuration d'Amboise, elle mise sur la conciliation des deux tendances religieuses. Avec l'aide de son nouveau chancelier, Michel de L'Hospital, elle fait ainsi signer à son fils l'édit de janvier, plutôt favorable aux Protestants. Mais François de Guise, évincé du pouvoir à cause de sa position rigide en faveur du catholicisme, ne l'entend pas ainsi et organise le massacre de Wassy en 1562. L'événement tragique déclenche aussitôt la première des huit guerres de Religion françaises. 

Comment se sont déroulées les huit guerres de Religion ?

La première guerre de Religion : de 1562 à 1563

La politique de tolérance du pouvoir royal se conclut par un échec et entraîne la première guerre de Religion. D'ailleurs, la famille royale ne semble guère pouvoir contrôler la situation. Cette première guerre qui débute par le massacre de Wassy voit s'opposer François de Guise et le connétable de Montmorency dans le camp catholique, au prince de Condé et à Gaspard de Coligny dans le camp protestant. Elle se clôt finalement sur l'assassinat du duc de Guise et sur la paix d'Amboise. Bien que les Protestants aient essuyé une défaite à Dreux, ils sortent du conflit avec de nombreux avantages. 

La deuxième guerre de Religion : de 1567 à 1568

Toutefois, au bout de quatre ans seulement, la seconde guerre de Religion éclate lorsque le prince de Condé tente d'enlever le jeune roi Charles IX. Elle s'achève avec la paix de Longjumeau, en 1568, mais il ne faut qu'une année pour que les deux partis reprennent les armes.

La troisième guerre de Religion : 1568 à 1570

La décision de Catherine de Médicis de faire arrêter le prince de Condé aboutit à la bataille de Jarnac en 1569, puis à celle de Moncontour. Toutes deux se soldent par la défaite des Protestants face aux troupes du duc d'Anjou, frère du roi et futur Henri III. Pourtant, une fois de plus, un traité de paix, signé à Saint-Germain-en-Laye (1570), leur octroie de nouveaux privilèges. 

La quatrième guerre de Religion : de 1572 à 1573

Au lendemain de la troisième guerre de Religion, la France s'apprête à connaître l'un des pires massacres perpétrés sur le territoire. En effet, Gaspard de Coligny, de plus en plus influent auprès du roi, envisage de prendre les armes pour soutenir Guillaume d'Orange contre les troupes du roi d'Espagne. Le projet ne plaît ni à Catherine de Médicis, ni aux Guise qui passent à l'action : le 22 août 1572, Coligny échappe de justesse à une tentative d'assassinat. Les rouages du massacre de la Saint-Barthélemy se mettent en place.

Que s'est-il passé lors du massacre de la Saint-Barthélemy ?

La reine mère convainc son fils que les Protestants, réunis dans la capitale pour le mariage de Marguerite de Valois et d'Henri de Navarre, sont en train de comploter contre lui. Elle craint également que les Guise ne se retournent contre l'autorité royale, c'est pourquoi elle préfère s'allier à eux. Dans la panique, le roi donne son aval à l'exécution des chefs protestants. Le massacre de la Saint-Barthélemy fait 3 000 morts dans la capitale le 24 août 1572. Le prince de Condé et Henri de Navarre, futur Henri IV, sont contraints de se convertir et sont retenus à la Cour. Cette quatrième guerre dramatique s'achève avec l'édit de Boulogne, en juillet 1573. Dès cet instant, les Protestants ont perdu toute confiance en la monarchie et s'organisent. Ils lèvent une armée et prélèvent des impôts sur leur territoire. 

La cinquième guerre de Religion : de 1574 à 1576

De traité en traité, la situation n'évolue guère et mène irrémédiablement vers un autre conflit. Cette fois, la cinquième guerre de Religion se déroule dans la première année du règne d'Henri III. Elle est déclenchée par la révolte de son frère, duc d'Alençon auquel se rallie Henri de Navarre, parvenu à s'évader de la Cour. Ce dernier s'empresse d'ailleurs d'abjurer la confession catholique. Les Protestants possèdent désormais un chef digne de les mener à la victoire. Le conflit se solde par la paix de Monsieur – aussi appelé édit de Beaulieu – particulièrement favorable aux Protestants.

La sixième guerre de Religion : en 1577

Ces nouvelles faveurs accordées aux Protestants, c'en est trop aux yeux des Guise qui fondent la Ligue, organisation militaire et politique prête à lutter ardemment contre les Réformés. Face au pouvoir des Guise, Henri III n'a d'autre choix que de se rallier à la Ligue. La sixième guerre se clôt en quelques mois sur le traité de Bergerac. Celui-ci prive les Protestants de la plupart des avantages qu'ils avaient obtenus avec l'édit de Beaulieu, l'année précédente. 

La septième guerre de Religion : de 1579 à 1580

Pour apaiser les esprits, le roi de France cède aux Protestants quinze places de sûreté pour six mois. C'est le traité de Nérac (1579). Au terme des six mois, le conflit reprend : les Huguenots refusant de rendre les places. La paix du Fleix en 1580 vient clôturer les combats et accorde les quinze places de sûreté aux Protestants pour six ans.

La huitième et dernière guerre de Religion : de 1585 à 1598

En 1584, la France est sur le point de connaître la plus importante des guerres de Religion. Le frère du roi meurt et Henri III n'a pas d'héritier. Il cède donc à la Ligue et interdit le culte protestant en 1585. La guerre éclate, opposant les Catholiques à Henri de Navarre, héritier présomptif de la couronne de France. Toutefois, un revirement de situation se produit en mai 1588, lorsque la population parisienne s'insurge à l'appel d'Henri de Guise, chef de la Ligue. L'événement contraint le roi à abandonner la capitale et à se rallier à Henri de Navarre. Ensemble, ils tentent de récupérer Paris, mais le roi est assassiné, juste après avoir choisi son allié comme successeur. Henri de Navarre, futur Henri IV, est rejeté par les Catholiques, qui continuent à recevoir l'aide militaire de Philippe II d'Espagne. La France sombre dans un immense désordre politique. Alors qu'Henri IV tente d'obtenir la couronne, certains nobles profitent de la situation et essaient de mettre en place des territoires autonomes, comme les ducs de Mercoeur et d'Épernon. D'autres, tels que les ducs de Savoie et de Lorraine, cherchent à pousser les limites de leurs terres.

Comment Henri IV a mis fin aux guerres de Religion ?

Le seul moyen pour Henri IV d'obtenir le trône de France est d'abjurer le protestantisme et de se convertir au catholicisme. Le roi se fait ensuite sacrer à Chartres et fait enfin son entrée dans Paris. Il doit désormais réunifier la France derrière la couronne et, pour éviter une révolte des Protestants, il signe l'édit de Nantes en 1598. Ce dernier leur octroie une grande liberté de culte ainsi que l'égalité civile. Pourtant, la tâche reste difficile. Aucun des deux partis n'est véritablement satisfait, mais la lassitude du peuple joue un grand rôle dans l'abandon des conflits armés. Henri IV est, certes, parvenu à rétablir un équilibre, mais celui-ci reste fragile, comme en témoigne son assassinat par Ravaillac, en 1610. 

Combien de morts ont causé les guerres de Religion ?

Les guerres de Religion se sont achevées en 1598, après plus de 30 ans de conflit presque sans interruption. La démographie de la France a connu une chute à cette époque. La population a en effet diminué de un à deux millions d'habitants entre 1560 et 1600. Difficile d'imputer tous ces morts au seul conflit en Catholiques et Protestants. Les guerres certes, mais aussi les famines, la peste, les épisodes météorologiques peu cléments sont autant de facteurs à ne pas négliger. En revanche, les historiens avancent des chiffres qui tournent autour des 30 000 morts pour le seul massacre de la Saint-Barthélemy qui s'est étendu à la France entière en 1572.

Comment les guerres de Religion ont-elles conduit à l'absolutisme français ?

Malgré l'édit de Nantes, les conflits religieux sont loin de disparaître. Sous le règne de Louis XIII, les Protestants se révoltent encore par crainte d'être à nouveau réprimés. C'est pourtant ce qui se produit, avec la politique de Richelieu qui, après le siège de La Rochelle, signe la paix d'Alès. Celle-ci retire aux Protestants tout pouvoir militaire ou politique. Henri IV, Richelieu et Louis XIII ont ainsi ouvert la voie à l'absolutisme, qui ne se ne met vraiment en place que sous Louis XIV. Aux yeux du roi, le seul moyen de réunifier et consolider la France, est d'imposer une religion unique à tous. C'est la raison pour laquelle, outre les persécutions qui reprennent à l'encontre des Protestants, l'édit de Nantes est révoqué par Louis XIV en 1685. 

Nées dans un contexte de fragilité monarchique, les guerres de Religion semblent avoir souvent échappé au pouvoir royal, qui tantôt jouait la conciliation, tantôt la répression. À cette fragilité s'ajoutaient les puissances féodales, susceptibles à tout instant d'ébranler le royaume. Aussi la France a-t-elle sombré dans l'anarchie avant que Henri IV ne parvienne à s'emparer du pouvoir. La réconciliation et le compromis du roi se sont soldés par un échec, puisqu'après sa mort, les révoltes protestantes et la répression ont repris. Les esprits n'étaient pas prêts pour la tolérance. Avec ce lourd passé conflictuel, les rois de France ont préféré emprunter la voie de l'absolutisme. Quant à la cohabitation pacifique des deux confessions chrétiennes, il faudra attendre le siècle des Lumières, puis le XIXe siècle pour la voir se concrétiser.

Frise des guerres de Religion
Frise des guerres de Religion © Linternaute.com

Chronologie des guerres de Religion

18 octobre - L'Affaire des placards
Réalisés à Neuchâtel par le Père François Antoine Marcourt, les "placards" sont des affiches protestantes. Ils remettent en cause les messes, qui auraient été créées par le pape pour asseoir son pouvoir. Ils sont placardés dans la France entière dans la nuit du 17 au 18 octobre, même dans le cabinet du roi François Ier à Amboise. Cet évènement a des conséquences dramatiques pour les Protestants français. François Ier, croyant à la conspiration, décide de traquer les "hérétiques". L'affaire des "placards" met fin à la tolérance religieuse qui prévalait en France depuis plusieurs années.
mars 1660 - Conjuration d'Amboise
Le prince de Condé et Antoine de Bourbon, roi de Navarre, conspirent pour obtenir les faveurs du jeune roi François II et la liberté du culte réformé. En effet, les deux huguenots craignent l'influence que les Guises, ardents défenseurs du catholicisme, pourraient avoir sur lui. La conspiration menée par Godefroi de La Renaudie échoue après la trahison de Pierre des Avenelles. Les conspirateurs qui sortent leurs armes, comme La Renaudie, sont tués, ceux qui se rendent sont arrêtés. Cependant, la plupart sont exécutés après coup.
5 décembre 1560 - Charles IX succède à François II
Le jeune roi de France, François II, meurt d'une otite. Son frère Charles IX, âgé de dix ans, est dans l'incapacité de gouverner seul. Sa mère, la reine Catherine de Médicis, assure la régence et tiendra les rênes du pouvoir dans l'ombre de son fils jusqu'à sa mort.
9 septembre 1561 - Colloque de Poissy pour rapprocher catholiques et réformés
Le colloque de Poissy a eu lieu du 9 septembre au 14 octobre 1561. Convoqué par Catherine de Médicis, il a pour but de rechercher la réconciliation entre Catholiques et Protestants. Incapable de s'accorder sur la question de la présence du Christ pendant la célébration de l'Eucharistie, le colloque est rompu. Catherine de Médicis doit abandonner l'idée d'un accord religieux.
17 janvier 1562 - Signature de l'édit de Janvier
À l'instigation de sa mère, Catherine de Médicis, et du chancelier Michel de l'Hospital, le roi Charles IX signe l'édit de janvier à Saint-Germain-en-Laye. Les Protestants se voient accorder la liberté de culte en dehors des murs de la ville. En contrepartie, ils doivent renoncer aux lieux de culte qu'ils avaient confisqués. Mais cet édit ne fera qu'attiser la colère des Catholiques, en particulier du duc de Guise, qui déclenchera la première guerre de Religion avec le massacre de Wassy.
1 mars 1562 - Massacre de Wassy
Dans le village de Wassy (Champagne), 80 protestants sont assassinés par les mercenaires du Duc de Guise alors qu'ils assistaient à un office religieux. Ce massacre marque le début de la première guerre de Religion en France. Le 10 mars suivant, le chef des huguenots, Louis de Condé, appelle les Protestants à prendre les armes et à venger les habitants de Wassy. Ce premier conflit prendra fin en mars 1563, lorsque Catholiques et Protestants signeront la paix d'Amboise.
20 septembre 1562 - Signature du traité d'Hampton Court
Le 20 septembre 1562 acte la signature du traité d'Hampton Court par la reine Elisabeth Ire d'Angleterre. En France, la guerre de Religion entre catholiques et protestants, fait rage. L'Angleterre protestante tente de profiter de la situation et s'engage à soutenir les huguenots français, en échange de l'intégration du Havre à la Couronne. Invalidant ce traité signé par les huguenots, Catherine de Médicis fait assiéger Le Havre et obtient la reddition des occupants durant l'été 1563.
26 octobre 1562 - Les catholiques prennent Rouen
Alors que la première guerre de Religion vient d’éclater, le duc de Guise assiège la ville de Rouen, prise par les protestants au cours du mois d’avril. Ceux-ci, au lendemain du massacre de Wassy, avaient en effet pris les armes et envahi les lieux.
19 décembre 1562 - Victoire catholique à Dreux
Alors que les guerres de Religion font rage, Catholiques et Protestants s'affrontent dans la campagne de Dreux. Le chef des huguenots, le prince Louis de Condé, est capturé par le duc de Guise, tandis que le connétable Montmorency est à son tour capturé par les Réformés. Les Catholiques, en surnombre, l'emportent. La signature de la paix d'Amboise, le 19 mars 1563, mettra fin à la première guerre de Religion et permettra la libération du prince de Condé.
18 février 1563 - Assassinat de François de Guise
Pendant le siège de la ville d'Orléans, François de Guise, surnommé "le Balafré", est assassiné par un Protestant nommé Jean de Poltrot de Meré. Coligny sera soupçonné d'être l'instigateur du meurtre du duc.
19 mars 1563 - Paix d'Amboise
L'édit signé par Louis de Condé et le connétable de Montmorency marque la fin de la première guerre de Religion, qui oppose depuis un an Catholiques et Protestants. La paix d'Amboise accorde aux huguenots une amnistie complète et la liberté de culte dans certains territoires. Elle vise à séparer la noblesse des masses protestantes en n'autorisant que les seigneurs à pratiquer leur culte. Loin de satisfaire les deux camps, l'édit n'instaurera qu'une paix temporaire. Le conflit reprendra en 1567.
28 septembre 1567 - Tentative d'enlèvement de Charles IX
Craignant les conséquences des négociations de Catherine de Médicis avec l'Espagne catholique, le prince de Condé organise l'enlèvement du jeune Charles IX, mais le projet n'aboutit pas. Ainsi commence la deuxième guerre de Religion. En novembre, les Réformés subissent une cuisante défaite à Saint-Denis contre le duc de Montmorency et doivent signer la paix de Longjumeau.
29 septembre 1567 - Début de la deuxième guerre de Religion
Après quatre ans de paix, la France est touchée par une deuxième guerre de Religion, de 1567 à 1568. Trois causes sont avancées : échec de l'édit d'Amboise, contexte international sulfureux et rivalité entre le prince de Condé et Henri, duc d'Anjou. L'élément déclencheur du conflit est la Surprise de Meaux, évènement ayant lieu le 28 septembre 1567. Cette conspiration menée par Condé pour enlever le roi de France, Charles IX, s'avérera un échec.
23 mars 1568 - Paix de Longjumeau
La paix de Longjumeau met un terme à la deuxième guerre de Religion. Le conflit entre Protestants et Catholiques avait repris en septembre 1567 à l'initiative du prince de Condé. Malmenées, les deux parties ont dû décider à nouveau d'entamer des négociations. Le traité confirme les droits accordés aux Protestants par la paix d'Amboise (1563). Mais la trêve de Longjumeau sera de courte durée : à peine cinq mois plus tard, la troisième guerre de Religion commence.
23 août 1568 - Début de la troisième guerre de Religion
La troisième guerre de Religion commence le 23 août 1568, lorsque Condé et Coligny fuient la Bourgogne pour La Rochelle. Les tensions entre Catholiques et Protestants rendent la paix de Longjumeau caduque. Les combats se déroulent dans l'ouest de la France et dans le sud de la Loire. Les Réformés subissent plusieurs revers et Condé est tué le 13 mars 1569 lors de la prise de Jarnac.
13 mars 1569 - Les Protestants vaincus à Jarnac
La troisième guerre de Religion a éclaté après que le roi Charles IX, toujours sous l'influence de Catherine de Médicis, a ordonné l'arrestation du prince de Condé. Obligés de reprendre les armes, les Protestants doivent à nouveau affronter les Catholiques. La bataille de Jarnac se termine finalement par la défaite des huguenots et la mort de Condé.
25 juin 1569 - Bataille de La Roche-l'Abeille
La bataille de La Roche-l'Abeille fait partie de la longue liste des batailles de la troisième guerre de Religion en France. Après la mort du duc de Condé, Coligny prend la tête des troupes protestantes et affronte le général en chef de l'armée royale, Philippe Strozzi. Les Protestants gagnent la bataille et forcent le passage, ce qui leur permet de prendre la route du Sud et du Périgord. Philippe Strozzi est fait prisonnier à l'occasion.
3 octobre 1569 - Victoire de Moncontour
Le duc d'Anjou gagne contre les hommes de Coligny. Avec la bataille de Jarnac, où il a également vaincu les Protestants quelques mois plus tôt, les mérites militaires personnels sont attribués au futur Henri III, qui a suivi les ordres des vieux généraux expérimentés que sont Cossé et Tavannes. Après la mort de son frère Charles IX en 1574, il devient roi de France.
8 août 1570 - La paix de Saint-Germain
Pour mettre un terme aux hostilités entre Protestants et Catholiques, un édit est publié par le roi Charles IX et octroie à nouveau la liberté de culte aux Protestants, dans une limite territoriale. C'est la paix de Saint-Germain. Les Réformés obtiennent également la garantie de quatre villes de sûreté, parmi lesquelles figure La Rochelle.
18 août 1572 - Mariage d'Henri de Navarre et de la Reine Margot
Pour tenter de réconcilier Protestants et Catholiques, Jeanne d'Albret et Catherine de Médicis décident de marier leurs enfants : Henri de Navarre et Marguerite de Valois. Les Catholiques vont profiter du rassemblement des Protestants pour le mariage à Paris pour ordonner le massacre de la Saint-Barthélemy (nuit du 23 au 24 août 1572). Henri de Navarre deviendra roi de France en 1589 sous le nom d'Henri IV. Désireux d'assurer sa descendance, il fera annuler le mariage en 1599 et épousera Marie de Médicis en 1600.
22 août 1572 - Coligny manque d'être assassiné
Gaspard de Coligny, qui exerce de plus en plus d'influence sur Charles IX, inspire la méfiance de Catherine de Médicis et attise la haine des Catholiques. Le chef des Protestants tente de convaincre le roi d'intervenir aux Pays-Bas contre l'Espagne. C'est sans doute pour cela que les Guise, ardents défenseurs du catholicisme, essaient de l'assassiner. Il en réchappe de justesse, mais cet événement déclenche le massacre de la Saint-Barthélemy deux jours plus tard. Coligny sera notamment l'un des premiers Protestants à être exécuté.
24 août 1572 - Le massacre de la Saint-Barthélemy
Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, les Protestants qui s'étaient rassemblés à Paris pour le mariage de leur chef, Henri de Navarre, avec la sœur du roi, Marguerite de Valois, sont exécutés. Deux jours auparavant, Coligny fut victime d'une tentative d'assassinat, probablement organisée par les Guises, créant un climat de tension. Catherine de Médicis craint d'être renversée par les Guise, mécontents de la politique royale conciliante envers les Protestants. Elle se méfie tout autant de l'influence de Coligny sur son fils, Charles IX. Elle aurait donc convaincu le roi d'ordonner le massacre des chefs protestants. Lorsque le tocsin de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois retentit, les Parisiens se déchaînent sur les Réformés, hommes, femmes et enfants. Le massacre fait environ 3 000 morts et se poursuit dans le reste de la France jusqu'en octobre. Coligny est parmi les premières victimes et Henri de Navarre est obligé de se convertir au catholicisme.
novembre 1572 - La Rochelle assiégée
Au lendemain du massacre de la Saint-Barthélemy, les Protestants se réfugient dans la ville de La Rochelle, l’une de leur place de sûreté. Mais elle ne tarde pas à être assiégée par les forces du duc d’Anjou, futur Henri III. Face à la détermination des Rochelais, le siège durera huit mois. Il s’achèvera lorsque le duc d’Anjou sera nommé roi de Pologne, en 1573.
11 mai 1573 - Henri, Duc d'Anjou, devient roi de Pologne
L'élection d'Henri, duc d'Anjou, au trône de Pologne, se concrétise le 11 mai 1573. Il reçoit le plébiscite de la noblesse polonaise, à la recherche d'un souverain depuis la mort de Sigismond II sans descendance, lors de la Confédération de Varsovie. Le futur Henri III de France règne jusqu'au 12 mai 1574 car le décès de son frère Charles IX précipite son retour en France où il est sacré à Reims le 13 février 1575.
11 juillet 1573 - Édit de Boulogne
Au lendemain du siège de la Rochelle, Protestants et Catholiques concluent la paix avec l'édit de Boulogne. Celui-ci met fin à la quatrième guerre de Religion et permet aux Protestants d'obtenir la liberté de conscience. Toutefois, ils ne pourront bénéficier de la liberté de culte que dans trois villes, dont La Rochelle.
30 mai 1574 - Décès de Charles IX
Charles IX qui est né le 27 juin 1550, accède au trône de France en 1560, à l'âge de dix ans. Fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, il succède à son frère François II, mort prématurément. Son règne est marqué par les guerres de Religion qui déchirent le royaume. Malgré les velléités d'apaisement de Catherine de Médicis, la décision d'exécuter les chefs de file protestants entraîne le massacre de la Saint-Barthélemy. Il meurt le 30 mai 1574.
13 février 1575 - Sacre d'Henri III à Reims
Henri III, quatrième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, est sacré à Reims. Il se trouve à Cracovie sur le trône de Pologne lorsqu'il apprend la mort de son frère, Charles IX. Son retour en France dure cinq mois, pendant lesquels sa mère assume la régence. Deux jours après son couronnement, Henri III épouse Louise de Lorraine-Vaudémont.
15 septembre 1575 - Début de la cinquième guerre de religion en France
Entre le 15 septembre et le 21 novembre 1575, a lieu la cinquième guerre de Religion Le renforcement du pouvoir royal régenté par Catherine de Médicis et son rapprochement avec les Catholiques, ravivent les tensions chez les Protestants. François d'Alençon, frère du roi, mène cette fronde avec l'armée des malcontents. Malgré la victoire royaliste du duc de Guise à Dormans, le roi de France Henri III est contraint de négocier l'édit de Beaulieu en mai 1576.
6 mai 1576 - La paix de Beaulieu clôt la cinquième guerre de Religion
La cinquième guerre de Religion est déclenchée en 1574, alors qu'Henri III vient de succéder à son défunt frère. Elle est menée par le parti des Politiques, aussi appelé "Malcontents". Réunie autour du duc d'Alençon, frère cadet du roi, la noblesse catholique modérée s'oppose au pouvoir royal. Des Réformés, comme Henri de Condé, rejoignent rapidement le mouvement, d'autant plus que Henri de Navarre a réussi à échapper à sa prison. Inquiet, le roi finit par accepter des négociations. Le conflit se termine donc par l'édit de Beaulieu, qui donne des avantages importants au frère du roi, mais aussi aux Protestants. Ils peuvent désormais jouir de la liberté de culte dans toute la France, à l'exception de Paris. Ils bénéficient de huit places de sûreté , ainsi que d'une représentation égale dans les chambres. De tels avantages ne peuvent que provoquer la colère des Catholiques conservateurs qui vont créer la Sainte Ligue sous la direction d'Henri de Guise.
17 septembre 1577 - Signature du traité de Bergerac
Les Protestants et les Catholiques signent le traité de Bergerac pour mettre un terme à la sixième guerre de Religion. Celle-ci a été déclenchée par la Ligue catholique, qui est parvenue à convaincre le roi d'annuler l'édit de Beaulieu. Vaincus à la bataille de la Charité-sur-Loire, puis à Issoire, les Protestants n'ont d'autre choix que de signer un traité diminuant considérablement les avantages qu'ils avaient acquis. Ainsi, ils obtiennent la liberté de culte pour un bourg par bailliage et leurs huit places de sûreté ne sont valables que temporairement. En octobre, le traité sera confirmé par l'édit de Poitiers.
8 octobre 1577 - Publication de l'édit de Poitiers
Le 8 octobre 1577 est publié l'édit de Poitiers qui signe la fin de la sixième guerre de Religion en France. Les combats sont concentrés dans le Sud, entraînant la destruction de la citadelle de Montpellier par les troupes royalistes et catholiques. L'édit de Poitiers restreint les droits acquis par les Protestants suite à l'édit de Beaulieu. Dès lors, les huguenots ont uniquement droit de culte réformé dans les faubourgs et les villes occupées préalablement.
26 novembre 1580 - Signature de la paix de Fleix
Le duc d'Alençon et Henri de Navarre signent le traité mettant fin à la septième guerre de religion au château de Fleix. Il confirme le traité de Bergerac signé en 1577. L'équilibre entre les forces catholiques et protestantes est rétabli. Cette septième guerre est également appelée la "guerre des amoureux" car elle aurait débuté par les amours de Marguerite de Valois, dite reine Margot.
7 juillet 1585 - Henri III interdit le culte protestant
Le 10 juin 1584, le duc d'Alençon, frère cadet du roi et unique héritier de la couronne de France, meurt de la tuberculose. Les Guise craignent de voir monter sur le trône un Protestant, Henri de Navarre, seul héritier légitime. Le roi de France, Henri III, sous la pression générale, prend la tête de la Ligue et annonce son intention d'attaquer fortement le culte protestant par le traité de Nemours. Cet édit va priver les Protestants de tous leurs privilèges et interdire leur culte, rendant impossible la montée sur le trône d'Henri de Navarre.
18 juillet 1585 - Publication de l'Edit de Nemours
Le 18 juillet 1585, Henri signe l'édit de Nemours, réformant le statut des Protestants. Ce traité fait suite à la volonté de l'Eglise catholique d'imposer une règle concernant la religion du roi de France : ce dernier doit être impérativement catholique, afin d'éviter la prise de pouvoir par un Protestant, qui pourrait alors diffuser sa religion dans tout le pays. Afin de s'attirer les bonnes grâces de l'Eglise et de la Sainte Ligue, Henri III stipule l'interdiction du culte protestant, et donc l'obligation pour ces derniers d'abjurer ou de s'exiler.
20 octobre 1587 - Bataille de Coutras
Pendant les guerres de Religion, Henri de Navarre conduit les Protestants contre l'armée royale, alors commandée par le duc Anne de Joyeuse. Cette guerre fait suite à l'édit de Nemours stipulant que tous les Réformés doivent quitter le pays ou être exécutés. Le 20 octobre 1587, une bataille se déroule à Contras, en Gironde, les cavaliers des deux troupes s'élancent, mais le duc utilise une mauvaise tactique : lançant les chevaux de loin, ces derniers se retrouvent épuisés face à l'ennemi. Rapidement, Henri de Navarre et les Protestants prennent le dessus. Cette bataille se conclut par la mort du duc Anne de Joyeuse.
20 octobre 1587 - Mort d'Anne de Batarnay de Joyeuse
Baron d'Arques, vicomte et duc de Joyeuse, Anne de Joyeuse fut l'un des mignons du roi Henri III. Né en 1560, il fréquenta le collège de Navarre et accompagna dès ses 17 ans son père sur les champs de bataille, contre les huguenots. En 1579, il reçoit le commandement d'une première troupe, puis devient gouverneur du Mont-Saint-Michel. Le 18 septembre 1581, il se marie avec Marguerite de Lorraine. En 1587, il mène ses troupes contre les Protestants, d'abord dans le Poitou, où il massacre plus de 800 personnes, puis, le 20 octobre, à Coutras. Là, son armée fut décimée, et lui-même fait prisonnier. Reconnu, il est tué d'une balle de fusil. Son frère, Claude de Joyeuse, fut également tué, ainsi que 2 000 Catholiques.
26 octobre 1587 - Bataille de Vimory
Durant les guerres de Religion qui opposèrent Henri III de Navarre et l'armée royale pour la reconnaissance de la religion protestante en France, une bataille se déroule le 26 octobre 1587 à Vimory, près de Montargis. Cette bataille oppose l'armée française commandée par le duc de Guise, aux troupes protestantes allemandes et suisses. Ces dernières avancent sans rencontrer aucune résistance, jusqu'à s'installer au château de Bechereau, où elles sont surprises par le duc de Guise. Celui-ci les décime, le commandant suisse accepte alors de négocier.
5 mars 1588 - Mort d'Henri Ier de Bourbon-Condé
Deuxième prince de Condé et protecteur des Protestants durant les guerres de Religion, Henri Ier de Bourbon-Condé fut le rival d'Henri III de Navarre, contre qui il mena de nombreuses campagnes militaires. Issu d'une famille calviniste, il est le cousin du futur Henri IV, roi de Navarre. C'est à partir de la quatrième guerre de Religion qu'il prend la tête du parti protestant : il n'a alors de cesse de combattre l'hégémonie catholique et l'édit de Nemours qui interdit le protestantisme. Il meurt brusquement le 5 mars 1588, de telle sorte que certains membres de sa famille soupçonnent un meurtre par empoisonnement, peut-être par Henri de Navarre lui-même.
12 mai 1588 - Journée des Barricades
Lors de la huitième guerre de Religion, le peuple de Paris prend parti pour la Ligue, dirigée par Henri de Guise. Le duc se rend à Paris à l'invitation du Conseil des Seize et éveille les soupçons du roi Henri III, qui se sent menacé par une telle présence et réunit une force de 4 000 Suisses et 2 000 Français pour assurer la sécurité de la ville. Immédiatement, les ligueurs appellent les Parisiens à la révolte. La population bloque les rues avec des chaînes, des tonneaux et des barriques, empêchant les troupes royales d'intervenir. Henri III n'a d'autre choix que de fuir Paris. Cette journée marque sa rupture définitive avec la Ligue et conduit à son ralliement à Henri de Navarre, le futur Henri IV. Les deux hommes établiront le siège de Paris.
23 décembre 1588 - Assassinat du duc de Guise
Henri III met fin à l'ascension du duc de Guise en ordonnant aux membres de sa garde rapprochée, "les quarante-cinq", de l'exécuter. Dès le début des États généraux de Blois, le catholique "Henri le balafré" n'a pas caché ses ambitions de prétendant au trône. A la tête de la Sainte Ligue en pleine guerre de Religion, le duc de Guise profite des difficultés du roi pour être nommé lieutenant général. Il a l'intention de devenir l'héritier officiel de la couronne, car Henri III n'a pas d'enfant. Après cet assassinat, le roi s'emploiera à décapiter la Sainte Ligue avant d'être lui-même assassiné le 1er août 1589.
5 janvier 1589 - Mort de Catherine de Médicis
Le reine mère Catherine de Médicis meurt à l'âge de 70 ans au château de Blois. En 1560, elle doit assumer la régence à la disparition de son fils François II pour Charles IX, alors âgé de 10 ans. Dès lors, elle joue un rôle prépondérant dans les affaires politiques françaises. A partir de 1562, quand les guerres de Religion éclatent entre Catholiques et Protestants, elle n’a de cesse de trouver des accords entre les belligérants pour pacifier la France. Catherine de Médicis fut à l'origine de la signature de nombreux traités de paix, mais fut aussi paradoxalement l’instigatrice du massacre de la Saint-Barthélemy.
1 août 1589 - Henri III assassiné
Henri III est poignardé à mort par Jacques Clément, un moine fanatique. Le roi s'était rapproché de son adversaire protestant, Henri de Navarre, avec lequel il avait entrepris de soumettre les membres de la Ligue. Avant sa mort, Henri III a eu le temps de faire reconnaître par les nobles Henri de Navarre comme son successeur. Ce sera l'avènement de la dynastie des Bourbons. Sous le nom d'Henri IV, le nouveau roi réussira à mettre fin aux guerres de Religion, mais sera assassiné en 1610 par un autre catholique fanatique.
14 mars 1590 - Henri IV gagne la bataille d'Ivry
Luttant contre les membres de la Ligue catholiques, menés par le duc de Mayenne (famille de Guise), le protestant Henri IV gagne la bataille d'Ivry. L'année d'avant, il avait déjà remporté une victoire identique à Arques. Lors d'une manœuvre, le Béarnais annonce : "Si vos cornettes vous manquent, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de la victoire et de l'honneur." Les partisans du nouveau roi de France attribueront cette victoire à une intervention divine.
25 juillet 1593 - Henri IV se convertit
En présence de l'archevêque de Bourges, Henri de Navarre, renonce solennellement à la confession protestante et se convertit au catholicisme pour faire valoir ses droits sur le royaume de France. Il met ainsi fin à l'opposition des Guises qui bénéficient de l'aide du roi d'Espagne, Philippe II. Après sa conversion, Henri IV se serait alors rendu sur la Butte Montmartre pour contempler la capitale, s'exclamant : "Paris vaut bien une messe !" Il sera sacré à Chartres le 27 février 1594 et fera son entrée officielle à Paris en mars. Mais le roi doit encore obtenir le soutien de toute la France pour s'assurer le pouvoir. À cet égard, il ira jusqu'à demander l'absolution du pape, qu'il recevra en septembre 1595.
27 février 1594 - Sacre d'Henri IV
Le sacre d'Henri IV se déroule dans la cathédrale de Chartres. Il lui est impossible d'organiser la cérémonie à Reims, la ville étant toujours sous l'autorité de la famille de Guise. Le roi nouvellement converti agit dans une logique politique. Il espère de cette manière mettre fin au pouvoir de la Ligue, qui ne peut plus s'opposer à un roi devenu catholique. En ce sens, il reçoit l'absolution du pape en 1595.
27 décembre 1594 - Assassinat manqué sur Henri IV
Chez Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'Henri IV, un certain Jean Châtel tente de poignarder le roi. Ce dernier est blessé à la bouche et perd une dent, mais s'en remet rapidement. L'assassin, ancien élève du collège des Jésuites, est condamné à mort le 29 et écartelé sur la place de Grève. Le même jour, le Parlement accuse la Confrérie d'avoir commandité l'assassinat et demande l'expulsion des Jésuites de France.
5 juin 1595 - Victoire d'Henri IV à la Fontaine-Française
Malgré sa conversion, Henri IV rencontre toujours de nombreuses oppositions. Il affronte les troupes de la Ligue lors de la bataille de Fontaine-Française. La victoire royale permettra enfin le démantèlement de la Ligue des Catholiques.
18 septembre 1595 - Henri IV est reconnu par le Pape
Les envoyés du roi de France forcent le pape Clément VIII à accorder l'absolution à Henri IV pour une accusation d'hérésie portée dix ans plus tôt par Sixte V et à le reconnaître comme roi de France. La cérémonie a eu lieu à Saint-Pierre de Rome, en l'absence du roi de France et de Navarre. Ce sont ses envoyés catholiques, Jacques Davy du Perron et Arnauld d'Ossat, qui reçoivent la bénédiction du pape à sa place.
14 mai 1596 - Signature du traité de Greenwich entre France et Angleterre
Afin de contrer les ambitions territoriales de l'Espagne de Philippe II sur les Flandres, la France d'Henri IV et l'Angleterre d'Elisabeth Ire signent le traité de Greenwich. En plein conflit anglo-espagnol, l'alliance militaire des deux nations intervient sur l'autre grand "chantier" intra-européen, celui de la guerre de Quatre-vingts Ans ou "Révolte des gueux", qui met aux prises la monarchie catholique espagnole avec les provinces du Nord (Luxembourg, Pays-Bas, Belgique) gagnées à la Réforme. De facto, par le traité de la Haye, le 31 octobre, les Provinces-Unies hollandaises intègrent l'alliance.
25 septembre 1597 - Henri IV reprend Amiens aux Espagnols
Après six mois de siège (connu sous le sobriquet de siège de velours), Henri IV, roi de France, contraint le gouverneur espagnol de la cité d'Amiens, à la capitulation. Prise par les 7 000 fantassins et 700 cavaliers de Hernando Porto Tareillo, le 11 mars 1597, lors de la huitième guerre de Religion, la cité picarde ne fut délivrée que sous les coups de boutoir du maréchal Charles de Gontaut-Biron, au prix de 600 hommes seulement. Signé en mai 1598, la paix de Vervins refoula les Espagnols.
13 avril 1598 - Signature de l'Edit de Nantes
Henri IV signe l'Édit de Nantes en 1598 avec des envoyés protestants. Les Réformés bénéficient ainsi de la liberté de conscience et la garantie de leurs droits. Ils peuvent s'adonner à leur culte dans deux villages par bailliage et dans les villes où leur religion est déjà établie. Ils jouissent de l'égalité civile, peuvent occuper des fonctions publiques, et reçoivent la concession de plus de cent villes françaises. Les anciens temples leur sont rendus et ils peuvent en construire de nouveaux. L'édit de Nantes permet de mettre un terme aux guerres de Religion, mais ne sera jamais totalement respecté. Partiellement aboli par Richelieu sous Louis XIII, il est révoqué par Louis XIV en 1685.
2 mai 1598 - Paix de Vervins
Les rois Henri IV et Philippe II d'Espagne concluent la paix de Vervins. Depuis 1585, la huitième guerre de Religion agite la France, tandis qu'Henri IV tente de se faire accepter sur le trône de France. L'Espagne avait envoyé des troupes pour soutenir les Guise, ennemis du roi. Ce traité prévoit donc le retrait de l'armée espagnole de Picardie, mais l'Espagne conserve Cambrai et le Charolais. Henri IV réussit enfin par ce traité à réunir la France derrière la couronne.
24 octobre 1599 - Henri IV répudie la Reine Margot
Comme elle ne lui a pas donné d'héritier, Henri IV décide de se séparer de Marguerite de Valois, connue sous le nom de reine Margot. En 1587, elle avait été expulsée de la cour par Henri III, son frère. Depuis ce jour, elle était détenue en Auvergne, s'entourant de livres, d'hommes de lettres et d'amants. Dès 1600, Henri IV prend pour femme Marie de Médicis, avec qui il aura six enfants, dont le futur Louis XIII qui montera sur le trône en 1610 à l'âge de 8 ans.