Massacre de la Saint-Barthélemy : assassinat des protestants le 24 août 1572

Massacre de la Saint-Barthélemy : assassinat des protestants le 24 août 1572 Le massacre de la Saint-Barthélemy a débuté le 24 août 1572 à Paris. Cet événement est la conséquence d'une exacerbation des tensions entre catholiques et protestants en pleines guerres de Religion.

Résumé du massacre de la Saint-Barthélemy - Événement marquant des guerres de Religion qui ont ensanglanté la France au XVIe siècle, le massacre de la Saint-Barthélemy du 24 août 1572 a été déclenché le jour de la Saint-Barthélemy à Paris. Ce massacre conduit à l'extermination des protestants dans la Capitale avant de s'étendre dans plus d'une vingtaine de villes de Province. Ce moment de l'histoire de France est devenu le symbole du fanatisme religieux en Europe au temps de la Renaissance. Dans la nuit, les catholiques assassinent les milliers de protestants présents dans la capitale française. Des exactions se produisent également dans d'autres villes de France.

Quelles sont les causes du massacre de la Saint-Barthélemy ?

Massacre de la Saint-Barthélemy
Massacre de la Saint-Barthélemy © ICONO/GOLDNER/E.R.L./SIPA

Le massacre de la Saint-Barthélemy est le résultat d'un enchevêtrement de plusieurs événements complexes, liés aux guerres de religion qui ont durablement marqué le XVIe siècle en France et en Europe. En 1570, la troisième guerre de religion s'est soldée par la très critiquée paix de Saint-Germain et les protestants ont obtenu la liberté de cultes dans des zones limitées. Leur chef, Coligny, devient l'un des conseillers de Charles IX. Deux ans plus tard, les rumeurs d'une possible guerre contre l'Espagne aux Pays-Bas opposent les chefs de la faction catholique, défavorables à cette guerre, et ceux de la faction protestante, qui y sont favorables. Le 18 août 1572, le mariage, prévu par le traité de Saint-Germain, entre le souverain protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) et la catholique Marguerite de Valois (sœur du roi de France), est célébré. De nombreux seigneurs huguenots se sont déplacés pour l'occasion et l'évènement loin d'opérer la réconciliation voulue entre les deux religions, déclenche au contraire les hostilités.

Qui est responsable de la Saint-Barthélemy ?

Plusieurs acteurs ont déclenché le massacre de la Saint-Barthélemy. Le 22 août 1572, un capitaine gascon, du nom de Maurevert, souffle sur les braises du conflit en tentant d'assassiner Gaspard de Coligny, conseiller protestant et intime du roi de France. Le nom du commanditaire reste un mystère, mais la maison de Guise semble toute désignée. Les huguenots réclament réparation, tandis que les catholiques pressent la monarchie de mettre un terme au conflit qui se prépare. Catherine de Médicis, mère de Marguerite de Valois et reine de France, est notamment accusée par les catholiques d'être trop conciliante à l'égard des protestants. Lors d'un conseil étroit, le 23 août au soir, le peur d'un complot prend le dessus. La reine et les proches du roi recommandent à Charles IX l'exécution des chefs protestants durant la nuit du 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, afin de réprimer l'insurrection des huguenots.  

Qui sont les victimes du massacre de la Saint-Barthélemy ?

Les protestants sont les principales victimes du massacre de la Saint-Barthélemy. Les hommes, autant que les femmes et les enfants, sont massacrés dans des conditions abominables. Coligny est le premier à être assassiné ; son corps est trainé dans les rues de Paris. Les catholiques organisent une curée, et tuent arbitrairement et sommairement tous les protestants de Paris, allant jusqu'à entrer dans leurs domiciles et à les assassiner dans leur lit. On estime à plus de 30 000 le nombre de huguenots tués le 24 août 1572, puis dans toute la France. En effet, si le roi de France fait cesser le carnage dans Paris dès le lendemain, la nouvelle se répand et plusieurs villes vont ensuite imiter la Capitale comme Orléans, Meaux, Bourges, Saumur, Angers, Lyon, Troyes, Rouen, Toulouse, Bordeaux…

Quelles sont les conséquences du massacre de la Saint-Barthélemy ?

Face à la pression et à l'influence croissante des catholiques intransigeants sur la monarchie, l'édit de Saint-Germain, qui a mis fin à la troisième guerre de religion, est aboli. La quatrième guerre de religion est déclenchée par ce massacre. Le protestantisme est interdit dans le royaume, tandis que les huguenots sont persécutés par le pouvoir, exécutés ou contraints de se convertir au catholicisme. C'est le cas d'Henri de Navarre, futur Henri IV, qui doit abjurer le protestantisme. En tant que beau-frère du roi, il a été protégé et les huguenots voient en lui un nouveau chef. Ce massacre fait aussi naître les prémices d'une réflexion sur la radicalité de la monarchie absolue, et développe chez beaucoup d'intellectuels du XVIe siècle une fibre contestataire contre l'omnipotence du monarque. Catholiques et protestants s'allient contre leur souverain lors du complot des Malcontents (1574) pour notamment faire évader Henri de Navarre de la cour de France, où il est retenu. Le roi de Navarre parvient finalement à quitter Paris en 1576 pour renouer avec la foi protestante. Après la mort de Charles IX en 1574, puis de son frère Henri III en 1589, Henri de Navarre est désigné pour monter sur le trône de France.

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