Edit de Nantes : signature, révocation, dates de l'édit de tolérance

Edit de Nantes : signature, révocation, dates de l'édit de tolérance L'édit de Nantes est signé en 1598 par Henri IV dans le but de mettre un terme aux guerres de religion qui opposent les catholiques aux protestants. En 1685, Louis XIV décide la révocation de cet édit à des fins politiques.

Histoire de l'édit de Nantes - Les guerres de religion déchirent le royaume de France depuis des décennies quand Henri IV signe l'édit de Nantes en 1598. Henri IV était protestant avant de se convertir au catholicisme en 1593. Le roi souhaite ardemment instaurer la paix religieuse dans son pays d'autant qu'il a échappé de peu au massacre de la Saint-Barthélemy. Il connaît les ravages de ces meurtrières querelles de clocher. L'édit comporte des articles qui doivent permettre aux communautés catholiques et protestantes de s'entendre. La liberté de culte est ainsi accordée aux protestants. Ces derniers vivent dans des places fortes et assurent leur sécurité. Son petit-fils, Louis XIV va défaire ce que son ancêtre avait eu tant de peine à mettre en place. Catholique dans l'âme, le roi Soleil révoque l'édit de Nantes en 1685 pour l'édit de Fontainebleau qui contraint les Réformés à fuir massivement la France.

Quand a eu lieu la signature de l'édit de Nantes ?

Le 13 avril 1598, le roi Henri IV signe l'édit de Nantes. Cet acte de souveraineté doit pacifier les relations entre catholiques et protestants. Les deux religions s'affrontent depuis 1562. Au total, huit guerres civiles meurtrières ont déchiré le pays, incluant l'épisode de la Saint-Barthélemy. L'édit royal comporte 92 articles. Il est l'aboutissement de plusieurs années de négociations pour parvenir à assurer la stabilité intérieure du royaume. À sa promulgation, l'édit est mal perçu par les deux communautés. Des négociations s'engagent et aboutissent en 1599.

L'édit de Nantes est-il un édit de tolérance ?

Cet écrit gère surtout les relations entre les deux communautés religieuses. La notion de tolérance est donc traduite ici dans l'idée de coexistence. L'édit édicte un certain nombre de règles à suivre. Toutefois, la lecture de ces règles permet de constater que l'édit favorise la religion catholique. Certes, la liberté de culte, ainsi que des droits civils et politiques sont accordés aux protestants, mais ces dispositions ne s'appliquent pas à l'ensemble du territoire. Par ailleurs, les protestants sont désormais redevables d'un impôt spécifique.

Quelles conséquences l'édit de Nantes a-t-il pour les protestants ?

À l'issue de la mise en place de l'édit, la situation des protestants est disparate. Dans certaines villes progressistes, comme Bordeaux, ils sont jugés par des tribunaux au sein desquels des magistrats de la même confession les représentent. Dans d'autres villes à l'image de Lyon ou Toulouse, leur culte est interdit. Au total, ils disposent de 150 lieux de refuge avec des places fortes, places de mariage, et places de noblesse. Ces lieux de sûreté peuvent être défendus par des garnisons, ils peuvent abriter des académies pour la formation des pasteurs.

Quand a eu lieu la révocation de l'édit de Nantes ?

Les dragonnades
Les protestants français sont persécutés par les dragonnades. © MARY EVANS/SIPA

Depuis 1681, Louis XIV utilisent les dragonnades pour convertir de force les Huguenots français. L'édit de Fontainebleau met fin à l'édit de Nantes le 18 octobre 1685. Ce nouveau document signé par le roi Louis XIV interdit l'exercice du culte protestant. Le roi est un fervent catholique et il s'emploie depuis plusieurs années à se débarrasser de cette religion. Pour lui, les protestants ne sont plus qu'une poignée qui sympathise beaucoup trop avec les pays d'Europe du Nord et l'Angleterre. À l'annonce de la promulgation de l'édit de Fontainebleau, les protestants, qu'on appelle aussi les Réformés, continuent d'émigrer massivement vers des pays amis comme l'Allemagne et les Pays-Bas. 200 000 d'entre eux auraient quitté la France entre 1679 et 1700. Il leur est pourtant interdit de quitter le pays à partir de 1685. Ils doivent se convertir au catholicisme. En 1686, il reste "officiellement" seulement 45 protestants en France. Les fausses conversions ne peuvent pas être comptabilisées.