Guerre du Golfe : première guerre contre l'Irak de 1990 à 1991

Guerre du Golfe : première guerre contre l'Irak de 1990 à 1991 De 1990 à 1991, les USA et leurs alliés se lancent dans une guerre contre l'Irak de Saddam Hussein pour libérer le Koweït. Avec le succès de l'opération "Tempête du Désert", Saddam Hussein doit battre en retraite, mais il reste toujours au pouvoir en Irak.

Résumé de la première guerre du Golfe - Moins de deux ans après sa guerre meurtrière contre l'Iran qui s'est terminée en échec, le 2 août 1990, le président Saddam Hussein ordonne l'invasion par surprise du Koweït, un autre pays voisin riche en ressources. Revendiquant des droits sur ce territoire, hérités de l'ancien Empire ottoman, l'Irak y voit surtout un moyen de ne pas rembourser ses dettes auprès de ce petit état, de gagner un accès à la mer et de s'approprier de grandes réserves pétrolières. Cette annexion est vivement condamnée par la communauté internationale. Sous l'égide de l'ONU, les États-Unis organisent une riposte dès le 8 août 1990 avec une large coalition de 35 pays qui envoient des troupes dans le golfe persique dans le cadre d'une double opération : "Bouclier du désert" pour protéger l'Arabie saoudite et "Tempête du désert" pour libérer le Koweït. Les forces internationales repoussent rapidement l'armée irakienne, forçant Saddam Hussein à un cessez-le-feu le 28 février 1991. Bien que bref, ce conflit aura de lourdes conséquences par la suite.

Qui a combattu lors de la guerre du Golfe ?

Plus de 500 000 soldats irakiens participent à la guerre du Golfe, aussi appelée "Première guerre du golfe Persique", "Guerre du Koweït", ou encore "Guerre d'Irak" dans d'autres contrées. En face, la coalition réunit un grand nombre de participants (35 États en tout), dont les États-Unis qui déploient des forces importantes : plus de 500 000 soldats, 80 navires, 6 porte-avions, des milliers d'avions, d'hélicoptères et de chars d'assaut. Les autres grands contingents sont constitués des forces armées de l'Arabie saoudite (115 000 soldats), de la Turquie (95 000 soldats), des Émirats (40 000 soldats), du Royaume-Uni et de l'Égypte (avec 35 000 soldats chacun). Tous pays réunis, la coalition rassemble près d'un million de combattants. Isolé sur la scène internationale, l'Irak ne recevra l'aide d'aucune nation.

Quel a été le rôle de la France dans la guerre du Golfe ?

La France participe activement à ce conflit et à la coalition internationale contre l'Irak. Tout d'abord, sous la forme de l'opération "Salamandre" du 13 août au 5 octobre 1990, soit l'équivalent français de "Bouclier du désert", pour éviter l'invasion de l'Arabie saoudite qui était perçue comme la prochaine cible de Saddam Hussein. Ensuite, avec l'opération "Daguet" du 23 septembre 1990 jusqu'au 28 février 1991, ayant pour but de libérer le Koweït et correspondant à "Tempête du désert". En tout, la France mobilise près de 20 000 soldats, le porte-avions Clemenceau, une quinzaine de navires, 120 hélicoptères, 60 avions, plus 40 chars d'assaut et 100 chars légers. Sur le plan diplomatique, la France participe également aux sanctions économiques contre le régime de Saddam Hussein, et à l'embargo contre l'Irak. De même, au sein de l'ONU, la France vote en faveur de l'ensemble des résolutions condamnant l'invasion du Koweït.

Quels étaient les enjeux du pétrole dans la guerre du Golfe ?

Puits de pétrole de la guerre du Golfe
Les puits de pétrole du Koweit incendiés par les soldats iraquiens © DAVID LONGSTREATH/AP/SIPA

Le pétrole et le contrôle des réserves de la région sont au cœur du conflit. Afin de financer sa guerre contre l'Iran, l'Irak de Saddam Hussein s'est endetté massivement auprès du Koweït et de l'Arabie saoudite, dans les années 1980. Par ailleurs, la guerre Iran-Irak a eu pour conséquence une destruction des installations pétrolières dans ces deux pays, profitant par ricochet au Koweït et à l'Arabie saoudite, qui saisirent cette opportunité pour renforcer leurs positions dans les exportations de pétrole. Accusant les monarchies de s'être indûment enrichies et de dépasser les quotas de production de pétrole fixés par l'OPEP, l'Irak exige l'annulation de ses dettes et menace de représailles en cas de refus. À ce contexte s'ajoute un conflit territorial avec le Koweït autrefois rattaché au vilayet de Bassora sous l'Empire ottoman, une province de nos jours irakienne. Une fois cet empire effondré, l'Irak et le Koweït sont passés sous influence britannique, le Royaume-Uni fixant de façon arbitraire leur frontière mutuelle et faisant perdre au passage à l'Irak l'accès à la mer et aux réserves de pétrole découvertes plus tard. Du point de vue irakien, l'annexion du Koweït est donc présentée comme légitime sur le plan historique. Mais il s'agissait surtout de se débarrasser de lourdes dettes, de gagner des ports maritimes stratégiques dans le golfe persique, et de mettre la main sur les réserves de pétrole du Koweït.

Qui a gagné la guerre du Golfe ?

L'opération "Tempête du désert", soit la phase de combats actifs du conflit, est remportée aisément par la coalition internationale, en raison de sa suprématie navale et aérienne. Le 17 janvier 1991, les bombardements contre les positions de l'armée irakienne commencent. Plus de 2 000 avions alliés sont mobilisés pour détruire les infrastructures militaires et civiles de l'Irak. L'opération terrestre de la coalition démarre le 23 février et dure 100 heures environ : les blindés alliés neutralisent rapidement les chars irakiens grâce à l'emploi du GPS qui permet une localisation plus précise des positions de l'ennemi. Le 26 février, les forces irakiennes entament leur retrait du Koweït en pratiquant une politique de terre brûlée avec l'incendie des puits de pétrole. Les colonnes de l'armée régulière et de la garde républicaine irakienne en repli sont attaquées et détruites par des avions alliés, le long de la fameuse "Autoroute de la mort". Puis le 28 février, le président américain George H. W. Bush annonce le cessez-le-feu, ce qui met fin à l'opération. Sous la pression des pays arabes, la guerre s'arrête avant la destruction totale de l'armée irakienne. Le régime baasiste de Saddam Hussein reste en place, mais est sérieusement ébranlé.

Les dates clés de la guerre du Golfe

2 août 1990 - Début de la guerre du Golfe
Saddam Hussein essaie une invasion surprise du Koweït. Les forces koweïtiennes tentent de combattre l'armée irakienne, mais elles sont en nombre très inférieur. Le pays tombe en seulement quelques heures, les dernières poches de résistance étant éliminées le 4 août. L'émir Jaber al-Ahmad al-Sabah, leader du Koweït, parvient toutefois à s'enfuir dans le désert saoudien. Un gouvernement fantoche est mis en place par Saddam Hussein, et le Koweït devient officiellement la 19e province d'Irak lors de son annexion formelle le 28 août 1990. L'occupation du Koweït, qui est dénoncée par la communauté internationale, va durer en tout 7 mois.
29 janvier 1991 - Guerre du Golfe : Chevènement claque la porte
Douze jours après le début de l'offensive alliée contre l'Irak, le ministre de la Défense remet sa démission au président de la République François Mitterrand. Jean-Pierre Chevènement est hostile à la guerre du Golfe et à l'engagement français au côté des Etats-Unis. Chevènement, adepte du principe "un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne", est remplacé par Pierre Joxe.
26 février 1991 - Koweït-City libérée
Après le vote en novembre 1990 de la résolution 678 par les Nations Unies, autorisant le recours à la force contre le régime irakien, la phase active de la guerre du Golfe débute à la mi-janvier 1991 lorsque le tout dernier ultimatum de la coalition reste lettre morte. Suite à une intense campagne de bombardements aériens, les chars alliés entrent à leur tour au Koweït le 23 février. Les forces irakiennes, mises en déroute, commencent à se replier rapidement. La capitale Koweït-City est libérée au bout de seulement trois jours.
28 février 1991 - Fin de la guerre du Golfe
Le 28 février 1991, le président américain George Bush ordonne le cessez-le-feu. L'armistice entre les forces alliées et irakiennes est signé en avril 1991, suivi du retour au Koweït de l'émir Jaber al-Ahmad al-Sabah peu de temps après. La majorité des troupes de la coalition se retire les mois suivants.
10 novembre 1994 - L'Irak reconnaît le Koweït
Trois ans plus tard, en octobre 1994, Saddam Hussein menace de nouveau le Koweït en massant des forces armées à la frontière. Les États-Unis envoient aussitôt des soldats sur place et forcent l'Irak à retirer ses hommes. Finalement, à la suite d'une médiation russe, l'Irak reconnaît via un vote parlementaire la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance du Koweït le 10 novembre 1994.

XXe siècle