Boris Vian : biographie courte de l'auteur de "L'Écume des jours"

Boris Vian : biographie courte de l'auteur de "L'Écume des jours" BIOGRAPHIE DE BORIS VIAN - Écrivain, parolier et musicien français, Boris Vian est un touche-à-tout littéraire, passionné de jazz. Il a écrit sous de nombreux pseudonymes, et est l'auteur de la chanson polémique "Le Déserteur".

Biographie courte de Boris Vian - Boris Vian naît le 20 mars 1920 à Ville-d'Avray, dans les Hauts-de-Seine. Il grandit dans l'opulence, dans le confort d'une villa avec gardien, jardinier, et professeur à domicile, au sein d'une fratrie de quatre enfants. Le krach de 1929 ruine le père de Boris, Paul Vian, et la famille doit laisser la villa, mise en location, pour déménager à deux pas, dans la maison du gardien. Alors âgé de 12 ans, Boris est victime d'une angine infectieuse, qui déclenche des rhumatismes articulaires aigus, à l'origine de problèmes cardiaques majeurs. Dès lors couvé par sa mère, c'est des suites de cette maladie qu'il décède, quelques décennies plus tard. Boris Vian poursuit ses études, malgré sa santé fragile, et obtient son baccalauréat. Alors qu'il suit des classes préparatoires, il forme avec ses frères son premier groupe de jazz, Accord Jazz. Il entre à l'École centrale à la fin de l'année 1939. Boris rencontre Michelle Léglise l'année suivante, et une fois installés sur Paris, ils se marient à l'été 1941. Parallèlement à ses études, Boris Vian met en pratique son amour de la musique et sa passion pour le jazz, et apprend à jouer de la trompette. Remède à son ennui à l'école, la musique lui permet de s'exprimer librement.

Premières œuvres du touche-à-tout Boris Vian

Boris Vian sort de l'École centrale et devient ingénieur en 1942. Embauché à l'Association française de normalisation, il y découvre la vie de bureau. Blasant, ce travail lui laisse cependant assez de temps libre pour s'adonner au jazz et à la littérature. Il y écrit son premier recueil de poèmes, Cent sonnets, et ses premières œuvres, écrites comme des contes : Conte de fées à l'usage des moyennes personnes. Il fréquente aussi les soirées swing, où l'on croise de nombreux zazous. Inspiré par ces soirées folles, il écrit l'un de ses premiers romans, Vercoquin et le Plancton. En 1944, il écrit son premier scénario, Histoire naturelle, et fait son apparition dans la revue Jazz Hot. Il y signe sa publication du nom de Bison Ravi, anagramme de Boris Vian, l'un des très nombreux pseudonymes qu'il utilise au cours de sa carrière. Transmis à Raymond Queneau, alors secrétaire général des éditions Gallimard, le manuscrit de Vercoquin et le Plancton permet à Boris Vian de signer son premier contrat d'auteur, le 18 juillet 1945.

Le fiasco commercial des livres de Boris Vian

Boris Vian quitte l'ANFOR pour un nouveau poste, mieux payé, et disposant d'encore plus de temps libre. En à peine quelques mois, il écrit L’Écume des jours, qui est prêt à l'été 1946 pour concourir au prix de la Pléiade. Son roman n'est pas élu, et Vian en est dégoûté. Il s'essaie ensuite à la peinture. Vian est influencé par le mouvement existentialiste, auquel il contribue dans sa Chronique du menteur, au sein de la revue fondée par Jean-Paul Sartre, Les Temps modernes. Certaines de ses œuvres font également de lui un écrivain surréaliste. C'est le cas du roman noir J'irai cracher sur vos tombes. Particulièrement cru, sombre et violent, le roman fait scandale et est interdit. Il est signé Vernon Sullivan, un pseudonyme que Vian emprunte. En introduction du roman, Boris Vian se présente comme le traducteur du roman, ayant reçu le manuscrit des mains de Vernon Sullivan en personne. Cette farce provoque de nombreux problèmes judiciaires à Boris Vian. Adapté au théâtre, J'irai cracher sur vos tombes est un fiasco, et Boris Vian, condamné à une amende, est endetté. Ses romans suivants, L'Herbe Rouge et L’Arrache-cœur, ne rencontrent aucun succès. Boris Vian et sa femme Michelle se séparent. L'écrivain, au fond du trou, renonce à la littérature.

Les chansons et les titres salvateurs de Boris Vian

En parallèle de sa carrière infructueuse d'écrivain, Boris Vian trouve du réconfort dans sa carrière musicale. Son salut vient d'ailleurs de la musique, quelque temps plus tard. Passionné de jazz, il y trouve son refuge, et passe le plus clair de son temps dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés. Il s'y fait connaître comme trompettiste, devient critique et journaliste dans plusieurs journaux de jazz dont Jazz Hot. Il anime même des émissions radio dédiées au jazz. En 1952, après des années difficiles, il renoue avec le succès grâce à sa pièce Cinémassacre, une succession de sketchs. En 1952, il fait son entrée au Collège de 'Pataphysique et est nommé satrape en mai 1953. La même année, il compose des chansons avec Jimmi Walter, et rencontre Jacques Canetti, à qui il fait découvrir ses textes. C'est le début d'une période de productivité intense. Enregistré à la SACEM à partir de février 1954, Boris Vian écrit plusieurs centaines de chansons, comme Le Déserteur en 1954 ou encore La Complainte du progrès en 1955. Il les interprète ou bien les propose à des chanteurs tels que Henri Salvador ou Juliette Gréco. En 1955, sort sa chanson culte Je bois. En fin d'année, Canetti lui propose de s'occuper du catalogue jazz pour les disques Philips. Boris Vian accepte, et très rapidement, il est nommé directeur artistique adjoint, en janvier 1957.

La mort de Boris Vian

En juillet 1956, Boris Vian est victime d'un œdème pulmonaire, due au surmenage et à la maladie qui le ronge depuis son adolescence. Sa deuxième femme, Ursula Kübler, une danseuse suisse, est à son chevet. Une fois rétabli, il accepte un petit rôle dans le film Notre-Dame de Paris, de Jean Delannoy. Il quitte son poste chez Philips, et publie en septembre 1958 En avant la zizique… et par ici les gros sous, livre traitant des coulisses du monde de la musique. En 1959, après avoir bataillé avec la société de production qui a racheté les droits de J'irai cracher sur vos tombes, il se rend à contrecœur à la première projection du film qu'il a complètement désavoué, voulant faire enlever son nom du générique. Le matin du 23 juin 1959, et alors que tous ses amis sont dans la salle, Boris Vian s'écroule, quelques minutes seulement après le début du film. Victime d'un arrêt cardiaque, il décède à l'âge de 39 ans. Il est enterré au cimetière de Ville-d'Avray, dans une tombe sobre, sans aucune inscription. Auteur sur-productif, véritable touche-à-tout, Boris Vian, l'homme aux innombrables métiers, n'aura jamais connu le succès littéraire de son vivant. Passée à la postérité, son œuvre a fait de ce maître de l'absurde l'une des figures les plus brillantes du XXe siècle.

Boris Vian : dates clés

10 mars 1920 : Naissance de Boris Vian
Boris Vian naît en 1920 à Ville-d'Avray, au sein d'une famille fortunée. Malgré une formation d'ingénieur centralien, il exerce de nombreux métiers artistiques au cours de sa vie, et touche à toutes les formes littéraires.
6 novembre 1939 : Entrée à l'École centrale
Après avoir obtenu son bac et passé ses cours préparatoires, Boris Vian est reçu à l'École centrale. Il rejoint l'École, alors repliée à Angoulême, le 6 novembre 1939. Il en ressort diplômé en 1942.
3 juillet 1941 : Mariage avec Michelle Léglise
Quand Boris vient demander la main de Michelle Léglise, qu'il a rencontré l'année précédente, la famille Léglise est loin d'être enthousiaste. Pourtant, les fiançailles ont tout de même lieu le 12 juin 1941, jour de la majorité de Michelle, à 21 ans. Le mariage civil se déroule le 3 juillet, et le 5 juillet 1941 à l'église. La cérémonie est célébrée à l'église Saint-Vincent-de-Paul de Paris.
12 avril 1942 : Naissance de son premier enfant, Patrick
Patrick, le fils de Boris Vian et de Michelle Léglise-Vian, naît en avril 1942. Ils l'emmènent parfois dans les soirées swing des zazous, dans les cafés du quartier latin ou dans les caves.
24 juillet 1942 : Premier poste à l'ANFOR
Boris Vian est embauché dans la section verrerie de l'Association française de normalisation (AFNOR). Il passe quatre années à s'ennuyer de la vie de bureau. Mais ce travail à l'avantage de lui laisser du temps pour s'adonner à ses deux passions : le jazz et la littérature. C'est à cette période qu'il écrit ses premières œuvres, comme Cent sonnets et Conte de fées à l'usage des moyennes personnes.
22-23 novembre 1944 : Le père de Boris Vian est assassiné
Paul Vian, le père de Boris, est assassiné dans sa maison dans la nuit du 22 au 23 novembre 1944, par deux intrus. Faute de suspect, le dossier est déclaré clos deux mois plus tard.
18 juillet 1945 : Boris Vian signe son premier contrat d'auteur
Transmis à Raymond Queneau, alors secrétaire général des éditions Gallimard, le manuscrit de Vercoquin et le Plancton permet à Boris Vian de signer son premier contrat d'auteur, le 18 juillet 1945. À partir de ce jour, Vian et Queneau (que l'on retrouve ensuite dans tous les caveaux de Saint-Germain-des-Prés), deviennent des amis très proches.
1947 : Boris Vian publie son chef d'œuvre surréaliste "L'Écume des jours"
Dans son roman le plus connu, Boris Vian dépeint l'histoire d'amour tragique entre Colin et Chloé. Le bonheur initial des deux amoureux est interrompu par la maladie de Chloé qui voit un nénuphar se développer dans sa poitrine en lui écrasant les poumons. Cette métaphore de la maladie cardiaque qui touche l'auteur depuis ses 15 ans est le point de rupture de cette œuvre imagée qui devient de plus en plus noire au fil des pages. L'Écume des jours rate le prix de la Pléiade l'année de sa sortie, et ne rencontre pas le succès escompté. N'obtenant aucun succès du vivant de Boris Vian, ce roman est une véritable déception pour l'auteur. L'Écume des jours n'est reconnu par son public qu'à la fin des années 1960, avant de devenir un classique de la littérature française. Ironie du sort, le roman est entré à La Pléiade en 2010.
8 juin 1952 : Boris Vian rejoint le Collège de Pataphysique
Boris Vian rejoint son ami Raymond Queneau au sein du Collège de Pataphysique. Il laisse libre cours à son imagination, et invente des concepts comme le Pianocktail. Il est nommé satrape le 11 mai 1953.
8 février 1954 : Boris Vian épouse Ursula Kübler
Boris Vian se marie avec sa seconde épouse, Ursula Kübler, une danseuse suisse. Ils prennent tous deux des cours de chant après que Boris se soit mis à la chanson. Elle l'accompagne jusqu'à la fin, alors qu'il est de plus en plus affaibli par la maladie qui lui ronge le cœur.
avril 1955 : Boris Vian enregistre Le Déserteur
Écrite en février 1954, Boris Vian enregistre la chanson Le Déserteur au mois d'avril de l'année suivante, après avoir retouché les dernières lignes de paroles. La chanson, créée en pleine guerre d'Indochine, fait polémique. Elle est même censurée, pour cause d'antipatriotisme. Quelques années plus tard, elle est même interdite. L'interdiction de diffusion et de vente de la chanson n'est levée qu'en 1962, après la guerre d'Algérie.
23 juin 1959 : Décès de Boris Vian
Boris Vian décède quelques minutes seulement après le début de la projection de l'adaptation cinématographique de son roman J'irai cracher sur vos tombes, foudroyé par une crise cardiaque. À 39 ans, la maladie qui le rongeait depuis ses 15 ans a eu raison de lui. N'ayant pas connu le succès de son vivant, Boris Vian reste l'une des figures majeures du XXe siècle, de par sa productivité impressionnante.

Contemporain

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